Comité national olympique et sportif français

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2009, l'année Morgane Ribout

 

A 21 ans, la judoka Morgane Ribout a frappé un grand coup sur la scène internationale en devenant championne du monde des -57kg fin août à Rotterdam. En une saison, la sociétaire du Lagardère Racing est arrivée au sommet de sa catégorie, d’abord au plan national, puis au niveau planétaire. Sa marge de progression reste importante à trois ans des Jeux de Londres. Entretien.

Une image restera dans tous les esprits. Sur la route de son titre mondial en -57kg, le 27 août dernier à Rotterdam, Morgane Ribout affronte la japonaise Kaori Matsumoto en demi-finale. Le combat va durer moins d’une minute. Sen o sen (attaque dans l’attaque), ogoshi-araï goshi : la jeune française envoie son adversaire dans les airs et la retourne sur le tatami. Ippon. «Tout le monde m’en parle encore ! » dit-elle un mois plus tard, «c’est une technique que j’employais déjà en cadettes. C’était donc ici un mélange entre les acquis et l’instinct».

Morgane est arrivée à Rotterdam dans un état d’esprit idéal. « Je me sentais bien. Je viens du Nord, j’avais l’impression d’être comme chez moi. J’avais mes repères. Et puis physiquement, pas de problème, j’étais descendue au poids tranquillement, bien aidée par l’encadrement ». Au cours de cette journée en or, elle sera soutenue de bout en bout par l’entraîneur national et ancienne championne olympique Cathy Fleury. «Nous avons réussi à nous retrouver en parfaite osmose, dans un état de concentration idéal. Durant mes combats, je n’entendais plus rien. Il n’y avait que moi, mon adversaire et Cathy ». Une fois connu son tableau, elle reçoit un appel de Thierry Rey, président de son club, le Lagardère Racing : « Tu vas disputer une finale à chaque combat ! Tu vas te battre ! ».

Une question d’attitude
« Je ne pensais pas au combat d’après. Les choses ont basculé en ma faveur car j’avais faim, car j’étais déterminée et agressive. J’ai aussi eu la chance que le programme de ma catégorie commence tard, à 11h30. Tout s’est donc enchaîné, il n’y a pas eu de pause, j’ai pu rester concentrée, rester dedans sans me mettre trop de pression. Tout était en place ».

Morgane expédie donc ses adversaires une à une jusqu’à ce somptueux mouvement en demi-finale. « J’aborde ensuite la finale très déterminée face à la Portugaise Telma Monteiro. Elle m’avait battue aux championnats d’Europe. Je m’étais laissée prendre à son jeu des pénalités ». La finale des Mondiaux 2009 sera principalement une question d’attitude. « Avancer, constamment avancer, rester debout, ne pas se jeter, garder une attitude agressive sans prendre de risques, ne pas faire d’erreurs ». C’est la championne d’Europe en titre qui va les commettre, à force de plonger dans les jambes de sa rivale française sans prendre son kimono. Deux pénalités scellent l’issue du match. « Je ne savais plus où regarder. J’avais envie de voir mes proches. J’ai ensuite passé une semaine très intense émotionnellement, je me suis bien amusée, j’ai beaucoup appris au contact des médias : à bien répondre, à bien remercier… J’ai essayé de prendre le maximum… afin de faire encore mieux la prochaine fois ».

Battre les garçons
Le Judo, Morgane Ribout le pratique depuis son plus jeune âge. Née à Lille le 11 janvier 1988, elle se retrouve sur les tatamis à Haubourdin (Nord), dès 4 ans ½, 5 ans. « Mon grand frère pratiquait un sport de combat et j’ai voulu faire comme lui. J’aimais déjà la compétition, les défis et surtout, battre les garçons. Nous avons déménagé, j’ai changé de club toujours dans le Nord, puis je suis partie en internat, en sport-études. Mes entraîneurs m’ont montré mon potentiel. A 14 ans, au pôle d’Amiens, j’ai fait la connaissance de Cathy Fleury et Patrice Rognon, ils se sont occupés de moi dans les bons et les mauvais moments, ils m’ont beaucoup appris et moi, j’y ai toujours cru. A 17 ans, championne de France cadette, j’ai intégré l’INSEP et j’y suis toujours aujourd’hui ». Mais depuis 2008, Morgane Ribout n’est plus interne, et a rejoint le Lagardère Paris Racing.

2009, l’année Morgane Ribout
Dans ce parcours linéaire vers le plus haut niveau, quel a été le véritable déclic ? « Le parcours qualificatif vers les Jeux de Pékin. Barbara Harel avait décroché le quota et j’étais réserve. Je l’ai suivie sur les grands tournois et j’ai pu acquérir l’expérience internationale. Cela m’a permis de connaitre plus naturellement le contexte ».
Tout va s’enchaîner en 2009. Morgane Ribout bat deux fois Barbara Harel dans les évènements qui comptent : les championnats de France, et le tournoi de Paris, en ½ finales. Elle se retrouve titularisée pour les championnats d’Europe en avril à Tbilissi et ramène une médaille de bronze. « J’ai prouvé là que j’étais capable de briller au plus haut niveau ». Brillante Confirmation à Rotterdam….

Rendez-vous à Londres ?
Jeune femme pleine d’énergie, avide de découvertes, gastronome, fan de shopping, de musique (« surtout le ragga don pour danser ! »), Morgane Ribout peut maintenant porter son regard vers Londres. « J’ai encore beaucoup de choses à apprendre et à prouver. Les Jeux, je ne voulais pas en parler. C’était trop loin. Mais maintenant, je sais que je suis capable d’être la meilleure. Cela dit, sur les 3 ans qui viennent, je ne maitrise que le travail que je peux fournir. Je n’ai aucune idée de ce qui va se passer et je n’aime pas être sûre de moi ». En attendant, « Grâce à ce titre, je vais sans doute pouvoir travailler de façon plus individuelle. Mon judo est plutôt offensif, c’est une qualité et un défaut. Je peux m’améliorer dans presque tous les domaines. Pas tant le physique que les aspects tactiques et techniques. Par exemple, le ne-waza (travail au sol) n’est pas naturel pour moi. J’aime ben rester debout. J’ai beaucoup de travail à fournir de ce côté-là. Et dans la précision, dans le fait de canaliser ma fougue. Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Trois semaines de break après les Mondiaux, c’est suffisant. Je repars au boulot ! ».

La championne du monde 2009 devra d’abord chercher la régularité, en commençant par rester titulaire de sa catégorie en équipe de France. S’imposer sur un plan domestique tout en brillant à l’international. « Prouver que c’est ma place. Ca se fait avec le temps. Et ça ne dépend que de moi ».



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Jeux Olympiques de la XXXIe Olympiade
Rio de Janeiro (Brésil)
5-21 août 2016