Joël Franitch et le snowboard français qui gagne

Joël Franitch est le directeur sportif du snowboard français. Il emmènera à Vancouver une équipe tricolore masculine au très fort potentiel dans les trois disciplines : géant parallèle, half pipe et snowboard-cross, prête à prendre les podiums d'assaut sur le site de Cypress Mountain. Les perspectives sont moins brillantes du côté des filles, et Joël Franitch s'en explique.
« Nous avons une très belle équipe chez les garçons », annonce Joël Franitch , « des valeurs sûres dans les trois disciplines du snowboard, alors que du côté des filles, nous sommes moins réguliers, plus positionnés en outsiders ».

Mathieu Crépel
Illustrer les propos du patron du snowboard français, c’est noter qu’avec des têtes d’affiche comme Mathieu Crépel et Gary Zebrowski (half pipe), Pierre Vaultier, et les frères Xavier et Paul-Henri De Le Rue (snowboard cross), Mathieu Bozzetto et Sylvain Dufour (Géant parallèle) pour citer les champions qui ont brillé au plus haut niveau international ces derniers mois, l’équipe de France peut nourrir de grandes ambitions à Cypress en février prochain. C’est remarquer aussi qu’après le retrait de la génération dorée emmenée par la regrettée Karine Ruby et Isabelle Blanc, personne n’est aujourd’hui en mesure de jouer la gagne du côté des françaises. D’ailleurs, « Nous n’avons inscrit aucune fille en équipe A, puisque nos critères sont "être capable de faire une médaille aux Jeux", alors que sept garçons entrent dans ces critères ».
« La pression sur les équipes étrangères »

Mathieu Bozzetto
« Nous avons beaucoup travaillé, avec la chance de disposer de très bons athlètes et d’une équipe d’encadrement très forte. Un groupe qui évolue dans un excellent état d’esprit, et qui peut jouer dans les trois disciplines » explique Joël Franitch, qui décrit le plan de bataille pour emmener ce groupe jouer son destin olympique dans les montagnes de Colombie Britannique : « On insiste beaucoup sur le physique. Cela permet de se garantir contre les blessures, car nous en avons eu pas mal ces derniers temps. Cela devrait nous permettre de tenir jusqu’au bout. Nous essayons en fait de mettre en place tout ce dont nos « top » athlètes ont besoin. Les freestylers, par exemple ont besoin d’innovations. Nous avons travaillé avec des airbags pour leur permettre de tenter de nouvelles figures. Chez les alpins, la décision de Mathieu Bozzetto de continuer cette saison est une chance fantastique pour Sylvain Dufour. Ils se tirent une bourre terrible, Mathieu a toujours été le modèle de Sylvain et maintenant, ils sont au coude à coude. Avoir plusieurs « top » par discipline, cela met de la pression sur les équipes étrangères ! »

sophie Rodriguez, 3e à Saas Fee le 5 novembre
Pour l’équipe féminine, « On essaye d’avancer. Elles sont toutes encore très jeunes, à part Deborah Anthonioz, et il y a du boulot. Il faut changer les mentalités. En France, rien n’est fait pour emmener les sportifs au plus haut niveau. Les athlètes qui arrivent dans le groupe ne sont pas formatées. Elles ont l’esprit amateur. Sans se poser la question «que vais-je faire aujourd’hui pour améliorer mon niveau et me rapprocher du sommet ? ». Ce sont des disciplines « fun », elles veulent du « fun ». Les garçons ont bien "percuté" cet état d’esprit, qui lie le talent au travail. Mais nous travaillons d’arrache-pied pour faire évoluer les choses. C’est sans doute déjà trop tard pour 2010, ou alors, une fille doit se révéler d’ici à la fin janvier ». Joël Franitch parle bien ici de « potentiel de médailles » , ce qui ne veut pas dire qu’aucune Française ne disputera les Jeux de Vancouver.
« Obligé de se battre en permanence » dans un contexte où, dit-il, « peu de choses sont faites pour le très haut niveau », le snowboard français compte bien apporter une brillante contribution au total des médailles tricolores à Vancouver. « Notre groupe masculin travaille dans la bonne direction, et il gagne ». Pourvu que ça dure !






