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Christophe Rouffet et la montée en puissance du canoë-kayak en ligne français

 

Christophe Rouffet, directeur de l’équipe de France de canoë-kayak en ligne, peut regarder l’avenir avec sérénité. Sa discipline est en plein renouveau, et démontre, à travers les six médailles remportées aux championnats du monde de Dartmouth (Canada) en août, que les « bleus » de la course en ligne peuvent désormais rêver aux mêmes exploits que ceux du slalom….


photo: A.Brogniart/FFCK

« Nous construisons au fur et à mesure » dit Christophe Rouffet, « mais rien n’est encore acquis après nos bons résultats à Dartmouth ». Mathieu Goubel en argent sur C1 1000m et en bronze sur C1 500m, Philippe Colin/Vincent Lecrubier/Sébastien Jouve/Guillaume Burger vice-champions du monde du K4 1000m, Anne-Laure Viard 3e du K1 200m femmes, et enfin, dans les épreuves non-olympiques mais courses officielles des mondiaux 2009, les relais canoë 4x200m (Mathieu Goubel, Thomas Simart, William Tchamba, Betrand Hémonic) et kayak 4x200m (Guillaume Burger, Arnaud Hybois, Sébastien Jouve, Jean-Baptiste Lutz) médaillés de bronze.

« Nous obtenons par conséquent trois médailles sur l’ancien programme olympique, et trois sur le nouveau ». Il faut savoir que pour les Jeux de Londres, les épreuves sur 500m sont remplacées par le 200m, en canoë comme en kayak, d’où la prise en compte par Christophe Rouffet des résultats des relayeurs sur cette nouvelle distance. « Nous nous étions inscrits avec les anciennes références, et les résultats des Mondiaux nous ouvrent de nouvelles pistes. C’est bien de disposer désormais de plusieurs cartouches ! En commençant par nous préparer spécifiquement, ce que nous n’avions pas fait jusqu’ici ».

« Nous sommes démasqués ! »


Mathieu Goubel

Le canoë-kayak en ligne français monte en puissance. « Notre objectif était auparavant d’aller en finale. Mais il a changé. Aujourd’hui, tous les bateaux français sont capables d’aller chercher l’or. Ca se joue sur l’envie, la détermination et le petit grain de folie. Maintenant, un bateau bleu-blanc-rouge sur la ligne de départ, cela signifie quelque chose pour les autres nations. Nous sommes démasqués ! Il faut assumer, mais c’est ce que nous voulions ».

Christophe Rouffet retrace les étapes qui ont mené à la réussite actuelle. « Depuis 1996, la valeur travail a été mise à l’honneur. Une fois que cette culture a été bien intégrée, on a pu y ajouter la combativité, le mental, etc... Depuis cinq ans, nous avons les mêmes méthodes de préparation. Les athlètes jouent le jeu de la préparation collective avec envie et enthousiasme. La mentalité a beaucoup évolué. Maintenant, un petit jeune comme Guillaume Burger peut disputer ses premiers Mondiaux et revenir médaillé d’argent. L’expérience des plus anciens profite aux plus jeunes, nous sommes dans une dynamique expérience-fraîcheur-jeunesse ».

Il poursuit : « A partir de 2005, nous nous sommes dit « nous devons passer par un niveau individuel performant ». Nous avons dû faire des choix drastiques. Par exemple, en kayak dames, nous n’avions emmené qu’Anne-Laure Viard aux Mondiaux cette année là. La sélection en équipe de France, c’est important, il faut que cela ait du sens, on ne vient plus pour participer. Le bateau phare, c’est le K4. Jusque là, nous étions un peu tendres. Et puis nos avons mis nos quatre meilleurs pagayeurs dedans. Cela paraît simple, mais qu’ils acceptent tous de monter dans cette embarcation, qu’ils le fassent avec enthousiasme, qu’ils s’engagent.. et qu’ils gagnent une médaille d’argent mondiale, c’est historique ! Maintenant, tout le monde veut monter dans ce bateau ».

« Se regrouper à l’INSEP »

Le kayak en ligne regarde-t-il avec envie vers le slalom, et sa permanence au plus haut niveau mondial depuis plus d’une décennie ? « Nous profitons de leur réussite et de leur savoir faire » dit Christophe Rouffet, qui évolue comme son homologue Bertrand Daille sous la responsabilité du DTN Philippe Graille. «Le contexte international évolue, nous devons nous serrer les coudes, avancer de concert. Le slalom doit rester leader mondial, et la ligne doit le devenir. Tony Estanguet, c’est un capital et du savoir-faire. Nous cherchons à faire comme lui, c'est-à-dire à savoir concrétiser le Jour J ».
Quelles sont les clés de la réussite ? « Continuer à travailler collectivement et apprendre à gagner. Nos n’avons pas remporté l’or aux derniers mondiaux. Il faut gagner en confiance et en détermination ».

S’il y a un premier objectif à se fixer avant les Jeux de Londres, ce sont les championnats du monde… en France, à Vichy, en 2011. « Ils distribueront aussi les premiers quotas pour les Jeux. C’est un bel évènement, un gros enjeu, il y aura l’enthousiasme et le soutien populaire ».

Pour construire cet avenir, Christophe Rouffet exprime une volonté, au moment où le haut niveau tricolore est éparpillé sur quatre pôles distincts (Rennes, Toulouse, Nancy et l’INSEP) : « Nous incitons nos meilleurs éléments à venir à l’INSEP, avec comme base aquatique, le bassin de Vaires sur Marne. Ce serait bien d’y regrouper encadrement et athlètes pour améliorer le travail au quotidien et l’émulation. Un groupe renforcé est créatif. La feuille de route est alléchante. Nous avons de l’ambition et nous voulons entrer dans les cinq meilleures nations mondiales. La performance est au centre de notre réflexion et la culture de la gagne anime toute l’équipe d’encadrement ».

 

 

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