Le français, langue olympique
Français ou francophones ont joué un rôle de premier plan dans l’organisation et le développement du sport, avec notamment une nombreuse représentation au sommet des Fédérations Internationales. Ils ont assuré à la langue française, dès le renouveau du sport à la fin du XIXème siècle, une place prépondérante et durable au sein du mouvement sportif international.
Fondé à l’initiative d’un Français, Pierre de Coubertin, le CIO a bien entendu été fortement imprégné d’une tradition francophone. De même, à l’instar de Jules Rimet ou de Frantz Reichel nombreux furent les Français qui s’investirent dans la création et l’animation de la société fédérale internationale ainsi que dans l’apparition des grandes compétitions. Le français, première langue officielle et historique du CIO bénéficiait donc d’une prééminence au sein des langues du sport. L’anglais se positionnait bien évidemment à ses côtés, la contribution historique des anglo-saxons au sport étant fondamentale, par la création de disciplines notamment.
Plus que la plupart des institutions internationales, le Mouvement olympique reste attaché à la langue de Molière.
La Charte olympique en son article 24 relatif aux langues précise notamment :
1. Les langues officielles du Comité International Olympique sont le français et l’anglais.
2. À toutes les Sessions, une interprétation simultanée doit être fournie en français, anglais, allemand, espagnol, russe et arabe.
3. En cas de divergence entre le texte français et le texte anglais de la Charte olympique et de tout autre document du CIO, le texte français fera foi sauf disposition expresse écrite contraire
Après la mort du baron de Coubertin, le français est resté la langue officielle du CIO. De même après la Seconde Guerre mondiale. Siegfried Edström président du CIO d’Après-guerre, n’envisageait pas de transiger sur le français. Ainsi, en novembre 1948, écrivait-il au membre du CIO britannique Lord Aberdare (à propos d’une demande d’Avery Brundage, alors président du CNO américain, qui critiquait une version anglaise de la Charte olympique mal rédigée et en proposait une réécriture) : « Même si la traduction anglaise est mauvaise, nous devons avoir le texte original et pas essayer de concocter un quelconque nouveau texte que le Français n’aurait en aucun cas accepté » et de préciser que le texte de référence resterait la version française…
Sous la présidence d'Avery Brundage, le CIO a donné une place croissante à l'anglais. En 1954, aux lendemains de l’élection de Brundage, la Session décidait ainsi « qu’à l’avenir les membres du CIO nouvellement nommés devront avoir une connaissance suffisante de la langue française ou anglaise, ou des deux ». Son successeur, également anglophone, Lord Killanin, n'a pas entravé le mouvement pragmatique engagé. En 1972, l’anglais rejoignait le français dans les langues officielles précisées par l’article 27 de la Charte olympique.
Parallèlement, depuis l’arrivée « massive » de membres francophones au CIO sous l’ère Brundage – conséquence notamment de la décolonisation – le pourcentage de francophones parmi les nouveaux membres cooptés n’a fait que décroitre. Mondialisation, évolution des logiques géopolitiques, reflet d’un repositionnement de la France sur la scène internationale, illustration des difficultés de la francophonie, mais également d’un enseignement moindre du français parmi les élites étrangères, sont autant de facteurs et d’explications à ce phénomène. Les membres du CIO sont pourtant polyglottes, et de plus en plus.
L’Institut national de l'éducation physique et du sport (INSEP) réalise, pour chaque Jeux olympiques, un travail de lexicologie présentant les termes sportifs en français, en anglais et dans la langue du pays hôte.
Consultez les lexiques des termes olympiques édités par l’INSEP à l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de Turin 2006 et d’été de Pékin 2008




