Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

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Barcelone 1992

 

La fiche


Jeux de la XXVème Olympiade

Date d'ouverture : 25 juillet 1992
Date de clôture : 9 août 1992
Pays de la ville hôte : Espagne
Villes candidates : Amsterdam (NED), Belgrade (YUG),
Birmingham (GBR), Brisbane (AUS) et Paris (FRA)

Participation :
169 CNO
9 367 athlètes (2 708 femmes, 6 659 hommes)
257 épreuves
34 548 volontaires
13 082 médias (5 131 presse écrite, 7 951 diffuseurs)

Ouverture officielle des Jeux par : Sa Majesté le Roi Juan Carlos I
Allumage de la vasque olympique par : Antonio Rebollo (archer paralympique)
Serment olympique par : Luis Doreste Blanco (voile)
Serment officiel par : Eugeni Asensio (football)



Sports au programme :
Natation - Tir à l'arc - Athlétisme - Baseball - Badminton - Basketball - Boxe - Canoë / Kayak - Cyclisme - Sports équestres - Football - Escrime - Gymnastique - Handball - Hockey - Judo - Pentathlon moderne - Pelote basque - Rink-Hockey - Aviron - Voile - Tir - Tennis - Taekwondo - Tennis de table - Volleyball – Haltérophilie - Lutte

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Contexte

Des nouveaux Jeux pour un nouveau monde

Sous l’impulsion de Juan Antonio Samaranch, la capitale catalane connait une véritable révolution urbaine, illustrée par la régénération de la colline de Montjuic. Dans un processus accéléré de modernisation, Barcelone s’affirma à l’occasion face à Madrid et donna une nouvelle dimension aux Jeux olympiques, désormais prétextes à grands travaux extra-sportifs.


Avec la chute du mur de Berlin, les réunifications allemande et yéménite, et l’effondrement du bloc socialiste, le monde de 1992 diffère considérablement de celui des précédents Jeux de Séoul, et l’édition olympique de Barcelone le reflète bien. Alors que le CIO lance pour la première fois un appel au respect de la Trêve Olympique, tous les pays ayant un Comité National Olympique sont présents aux Jeux de Barcelone, ce qui n’était pas arrivé depuis 20 ans. Plus de boycott de masse ou isolé, une première depuis 1972. Reviennent ainsi la Corée du Nord, Cuba, l’Ethiopie ou encore l’Albanie. Plus d’exclusion non plus, avec le grand retour de l’Afrique du Sud, absente des Jeux depuis 1960 à cause d’un régime d’Apartheid… finalement aboli.


Cobi, la mascotte des Jeux de Barcelone dessinée par l'artiste valencien Javier Mariscal

Les équipes indépendantes de l'Estonie et de la Lettonie font leur première apparition depuis 1936. Quant à la Lituanie, elle était absente depuis 1928. Défilant également sur le stade, les athlètes de la CEI, Communauté des Etats Indépendants réunissait les autres ex-républiques soviétiques dans une équipe « unifiée » éphémère qui n’empêchait pas que soit hissé le drapeau de chaque République lors des cérémonies de remise des médailles. Seul sujet réellement sensible, la Yougoslavie, qui faisait l'objet de sanctions de la part des Nations Unies. Finalement, exclus des sports d'équipe, les athlètes yougoslaves purent concourir individuellement comme « athlètes olympiques indépendants ». De leur côté, la Croatie, la Slovénie et la Bosnie-Herzégovine envoyaient pour la première fois des équipes distinctes.

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Les Jeux


Linford Christie, la fusée britannique


En athlétisme, Carl Lewis, au saut en longueur, enrichit son palmarès d'une septième médaille d'or qui sera suivie d’une huitième avec le relais 4x100m. Il se venge au passage de son compatriote et grand rival Mike Powell qui l’avait défait l’année précédente lors des championnats du monde de Tokyo au cours d’un duel de haut vol conclu par un nouveau record du monde (8m95).
Il est toutefois absent du 100 m, remporté par le "vieux" Britannique Linford Christie (32 ans) en 9’96. Chez les femmes, Gail Devers (USA) gagne son premier titre olympique du 100m (elle doublera la mise à Atlanta où elle remportera également le 4x100m).

Les nageurs américains laissent échapper tous les titres individuels en nage libre. Ceux-ci vont à la CEI par Alexandre Popov (50 et 100 m) et Evgueni Sadovyi (200 et 400 m) et à l'Australie grâce à Kieren Perkins (1.500 m). Les Chinoises se signalent dans la piscine avec trois médailles d'or. La Hongrie en totalise cinq grâce à deux champions d'exception, Tamas Darnyi (200 et 400m 4 nages) et Krisztina Egerszegi (100 et 200m dos, 400m 4 nages).

En gymnastique, le Russe Vitali Chtcherbo remporte six médailles d'or, dont quatre en une seule journée (un record), échouant seulement au sol et à la barre fixe. L’Algérienne Hassiba Boulmerka remporte le 1.500 m. Dans le 10.000 mètres féminin, devenant un modèle d’émancipation pour les femmes arabes. Condamnée par les fondamentalistes islamiques après son titre au championnat du monde de 1991, Boulmerka avait du s'installer en Europe pour s'entraîner. Autre grand symbole des Jeux, venu à nouveau des femmes et du fond : à l’arrivée du 10 000 m, l’Ethiopienne Derartu Tulu et la Sud-Africaine blanche Elena Meyer, tombent dans les bras l’une de l’autre. L’image de cette première championne olympique noire d’Afrique, enlacée avec la descendante des Boers pour un tour d’honneur du Stade de Montjuic reste l’une des plus belles images de l’histoire des Jeux. Devenue CEI le temps de ces Jeux, l'URSS reste première au classement des médailles devant les Etats-Unis et l'Allemagne réunifiée qui trouve son héros en la personne de Dieter Baumann, premier Allemand à remporter un 5000m olympique, devant les Kenyans s’il-vous-plait.

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Le fait : I have a dream… a dream team


Michael "Air" Jordan

En 1988, les hockeyeurs professionnels puis les joueurs de tennis, absents depuis soixante ans avaient fait leur apparition aux Jeux olympiques. En 1992, la Dream Team des millionnaires de la NBA marqua spectaculairement l’admission des professionnels, business et sport-spectacle, compris. Michael Jordan, Magic Johnson, Larry Bird, Karl Malone, John Stockton, Charles Barkley, Patrick Ewing, Scottie Pippen, Chris Mullin, Clyde Drexler, David Robinson, et l’universitaire Christian Laettner. La Dream Team des professionnels américains de la NBA remporte aisément le tournoi de basket. Une équipe de rêve, coachée par Chuck Daly, qui gagne tous ses matchs avec un écart moyen vertigineux : 43,8 points ! Seule la Croatie parviendra à mener l’équipe américaine : 4-0 en début de la finale (score à la fin du 4ème quart temps : 117-85). Cette domination vient remettre la hiérarchie mondiale en place après le cinglant échec américain de Séoul.

Un univers sépare la Dream Team des autres équipes et les stars américaines viennent faire du tourisme en Espagne. Logés dans un hôtel de luxe en dehors du village, ces millionnaires du sport intriguent, subjuguent, fascinent. L’image des basketteurs angolais se photographiant avec les joueurs de la Dream Team sur le bord du terrain après avoir reçu une leçon de basket-ball made in USA (116-48) exprime à elle seule la fascination exercée par les Américains.

Trois hommes sortent néanmoins du lot : Charles Barkley, qui multiplie les actions spectaculaires à chaque match ; Michael Jordan, le plus grand basketteur de tous les temps alors au sommet de son art ; et Earvin "Magic" Johnson, qui, à l'instar de Larry Bird, est sorti de sa retraite pour l'occasion. Passeur de génie, « Magic », avait annoncé sa séropositivité quelques mois plus tôt et vit là des heures supplémentaires délicieuses, une fin de carrière en apothéose dans lesquelles il apparait radieux... un symbole qui contribue à décloisonner les malades du SIDA jusqu'alors trop souvent stigmatisés. Michael Jordan obtient à Barcelone sa seconde médaille d’or olympique après celle de Los Angeles en 1984... professionnel jusqu'au bout, sur le podium, « Air Jordan » utilise le drapeau américain pour cacher la marque d’un équipementier rival du sien.

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L’équipe de France Olympique

Délégation : 340 participants (240 hommes, 100 femmes)
Porte-drapeau : Jean-François Lamour (Escrime)
Bilan : 29 médailles – 8 en or, 5 en argent, 16 en bronze – le record des Jeux de l'après-guerre (Londres) est égalé.
La France, 9ème Nation, totalise en outre dix-huit quatrièmes places prometteuses, comme celle de Stéphane Diagana au 400 m haies.

Marie-J.O.

Marie-José Pérec ne marchait pas encore quand Colette Besson est devenue championne olympique. Autant le succès de la Bordelaise à Mexico avait constitué une divine surprise, autant celui de la Guadeloupéenne est attendu en ce mercredi 5 août à Barcelone. Championne du monde en titre, Pérec est favorite. Pourtant, à l'entrée de la dernière ligne droite, elle n'a toujours pas fait la décision. Olga Bryzgina, la championne olympique de Séoul, s'accroche. Alors, la Française allonge encore sa superbe foulée. Bryzgina rend les armes. Marie-José Pérec enlève la médaille d'or. La fille de Basse-Terre est au sommet de l'Olympe. Cette surdouée de la course, aux longues jambes et à la foulée magique, est la troisième Française médaillée d'or en athlétisme après Colette Besson (1968) et Micheline Ostermeyer (1948).

Le judo et l’escrime, toujours présents


Philippe Omnès, présent au rendez-vous

Après Los Angeles et Séoul, Jean-François Lamour visait une historique passe de trois. "Jef" quitte finalement la scène olympique avec deux nouvelles médailles, de bronze : une en individuel, l'autre par équipes avec ses copains sabreurs (Guichot, Granger-Veyron, Ducheix, Daurelle). Comme à Los Angeles huit ans plus tôt, les épéistes gagnent l'or, avec Eric Srecki, et le bronze, avec Jean-Michel Henry. A six jours de son 32ème anniversaire, Philippe Omnès remporte le fleuret individuel, 36 ans après le succès de Christian d'Oriola à Melbourne.
Quatorze catégories, sept médailles, le judo français est déchaîné. Pour saluer l'entrée du judo féminin aux J.O., deux Françaises se couvrent d'or : Cathy Fleury (61 kg) et Cécile Nowak (48 kg), qui réussit le grand chelem, après le titre aux championnats d'Europe et du monde. Laetitia Meignan (- 72 kg) et Natalina Lupino (+ 72 kg) prennent le bronze. Bronze également pour Bertrand Damaisin (78 kg) et David Douillet (+ 95 kg), mais argent pour Pascal Tayot (86 kg).

Barjots, mais bronzés !

Les Jeux de Barcelone ont fait émerger de jeunes sportifs français porteurs d’espoirs. Les plus emblématiques d’entre eux furent sans nul doute les « barjots ». Dirigés par Daniel Costantini l’équipe de France de Handball, menée par de fortes personnalités tels Frédéric Volle, Philippe Gardent, Denis Lathoud , Stéphane Stoecklin et l’emblématique Jackson Richardson, conquiert le bronze à Barcelone sa première médaille dans une compétition internationale. L’ère des « barjots » a débuté, qui sera marquée par le premier titre de champion du monde obtenu en 1995, dix ans tout juste après la prise de fonction de Costantini… la France était alors 19ème Nation. Fêtards exubérants, têtes rasées, osant des gestes techniques spectaculaires (du fameux Kung-fu aux nombreuses « roucoulettes »), capables de perdre contre des équipes faibles et de se surpasser face à des Nations jugées inabordables, les handballeurs français héritèrent d’un surnom digne de leur état d'esprit.

Histoires d’eau

La voile ne donne à la France "que" deux médailles, mais celles-ci sont en or ! En "Tornado", Nicolas Hénard conserve son titre, associé cette fois à Yves Loday. II n'y a pas deux ans qu'ils régatent ensemble. En planche à voile, c'est le jeune Franck David, 22 ans, qui l'emporte.
Record de 1984 égalé pour le canoë-kayak avec quatre médailles, une d'argent par Sylvain et Curinier (K1 slalom), trois de bronze par Jacky Avril (C1 slalom), Franck Adisson - Wilfrid Forgues (C2 slalom) et Didier Hoyer - Olivier Boivin (C21000 m, course en ligne). A la piscine enfin, les Français sont bronzés. Troisièmes places et jolies fins de carrières pour Stephan Caron (100 m libre) et Catherine Plewinski (100 m papillon), et lendemains qui chantent pour Franck Esposito (200 m papillon).

Exploits individuels et sauvetages collectifs

72 ans après Julien Brulé, dernier archer français médaillé d'or, Sébastien Flute ramène l’or olympique du tir à l’arc. Ce Breton de 20 ans gagne le tir à l'arc. Flute détrône ainsi les Américains constants vainqueurs depuis 1972, à l’exception bien sûr de 1980 (pour cause de boycott). Autre tireur, mais à la carabine à 10 m, Franck Badiou enlève la médaille d'argent. Superbe vice-champion olympique en tennis de table, Jean-Philippe Gatien se place sur orbite. II sera sacré champion du monde l'année suivante. Nos cyclistes avaient fait du surplace à Séoul. Les voici relancés par les médailles d'argent de Jeannie Longo (course sur route) et de bronze des quatre garçons du 100 km contre-la-montre par équipes. Bronze également pour l'équipe de jumping conduite par Hervé Godignon, qui finit quatrième en individuel.

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Les médailles françaises

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