Comité national olympique et sportif français

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Séoul 1988

 

La fiche

Jeux de la XXIVe Olympiade


Date d'ouverture : 17 septembre 1988
Date de clôture : 2 octobre 1988
Pays de la ville hôte : Corée du Sud
Villes candidates : Nagoya (JPN)

Participation :
159 CNO (Nations)
8 465 athlètes (2 186 femmes, 6 279 hommes)
237 épreuves
27 221 volontaires
11 331 médias (4 978 presse écrite, 6 353 diffuseurs)


Ouverture officielle des Jeux: Le Président Roh Tae-Woo
Allumage de la vasque olympique : Chung Sun-Man, Kim Won-Tak, Sohn Mi-Chung (athlétisme)
Serment olympique : Hur Jae (basketball)
Serment officiel : Lee Hak-Rae (judo)



Sports au programme :
Natation - Tir à l'arc - Athlétisme - Baseball - Basketball - Boxe - Canoë / Kayak - Cyclisme - Sports équestres - Football - Escrime - Gymnastique - Handball - Hockey - Judo - Pentathlon moderne - Aviron - Voile - Tir - Tennis - Taekwondo - Tennis de table - Volleyball - Haltérophilie - Lutte

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Contexte

L’ère de la diplomatie

Les Jeux de Séoul, menacés un temps par un changement de majorité au Parlement puis par des protestations étudiantes, connurent finalement un taux de participation historique et restent dans l’histoire olympique comme ceux de l’apaisement et de la diplomatie. Ils sont régulièrement qualifiés de Jeux de l’harmonie. Après la succession de boycotts des dernières Olympiades, et même si sept nations refusèrent l’invitation aux Jeux de Séoul, le contexte était alors à la pacification de l’évènement olympique.


Parmi les Nations absentes, la Corée du Nord avait demandé à co-organiser les Jeux. Insatisfaits des propositions formulées par le Comité d’organisation, Pyongyang décida de ne pas honorer l’invitation olympique.


Hodori

Par ces Jeux, la Corée du Sud entérine l’isolement de la Corée du Nord et avance vers la reconnaissance diplomatique progressive par l’ensemble de la famille socialiste, la Chine fermant la marche en 1992…
Fortement soutenus par les Américains, ces Jeux olympiques d’été comptent également parmi les rares à s’être tenus dans un pays émergent, ce qui n’était pas arrivé depuis 1968 et les Jeux de Mexico. Il s’agit par ailleurs d’un retour en Asie, 24 ans après l’édition japonaise tenue à Tokyo en 1964.

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Les Jeux


De grands noms s’illustrèrent dans ces Jeux où pour la première fois depuis 12 ans s’affrontaient des athlètes des deux blocs (et, pour la première fois depuis 16 ans, des deux blocs et de l’Afrique communément). Celui qui reste le plus grand perchiste de l’histoire, Sergeï Bubka (U.R.S.S.) s’impose au saut à la perche et établit un record olympique à 5m90. Malgré sa domination outrancière (dix fois champion du monde dont 4 fois indoor, détenteur du record du monde avec 6m14 et 6m15 en indoor), le futur membre du CIO ne remportera plus d’autre titre olympique.


Naim Suleimanoglu

L’ex-Bulgare naturalisé Turc, Naim Suleimanoglu (ex-Sulemanov), remporte la médaille d’or de sa catégorie en haltérophilie bat six records au cours de la même soirée. Du haut de ses 1m47, Suleimanoglu était capable, dès l’âge de 16 ans de soulever trois fois son poids. A Séoul, il établit un double record du monde des poids plumes à l'arraché et à l'épaulé-jeté, remportant le titre olympique avec 30 kg de plus que le médaillé d'argent. Son total combiné dépassait même celui du champion olympique de la catégorie supérieure. Premier haltérophile à obtenir l’or dans trois éditions olympiques consécutives (de 1988 à 1996), il compte 16 titres mondiaux, et 50 records du monde.


Kristin Otto

Les athlètes d’Allemagne de l’Est brillent également, à l’exemple de Kristin Otto qui remporte six médailles d’or en natation (elle est la première femme à remporter des titres dans trois nages différentes) ou Christa Luding-Rothenburger, qui remporte l’argent en cyclisme (vitesse individuelle). Egalement patineuse de vitesse, Luding-Rothenburger avait déjà obtenu l’argent sur 500m et l’or sur 1000m à Calgary en 1988. A Séoul, elle devient donc la seule athlète de l'histoire à remporter, la même année, une médaille aux Jeux d'hiver et aux Jeux d'été.


Greg Louganis

Côté américain, Greg Louganis, double champion olympique de plongeon en 1984 à Los Angeles, réédite son exploit à Séoul après avoir heurté violemment le plongeoir lors des qualifications. Séropositif, sa blessure à la tête s’accompagne d’un abondant saignement qui restera une image forte de ces Jeux. Déjà médaillé d’argent à l’âge de 16 ans à Montréal en 1976 et absent des Jeux de Moscou pour cause de boycott, Louganis est sans doute le plus grand plongeur de tous les temps.


Florence Griffith-Joyner

Autre star des Jeux, Florence Griffith-Joyner et ses interminables ongles peinturlurés gagne le 100 m et le 200 m (record du monde en 21’34). Revêtue d'une combinaison extravagante, elle remporte également l’or du 4x100m et l’argent du 4x400m. Ses records (elle établit également cette même année le record du monde du 100m en 10’49), toujours sur les tablettes, font désormais l’objet de suspicions. Ces dernières sont notamment alimentées par son décès précoce. Florence Griffith-Joyner est décédée en 1998 à l’âge de 37 ans.


Anthony Nesty

L'Américain Matt Biondi obtient pour sa part 7 médailles, dont cinq titres, les 50 et 100 m libre et les trois relais. Sa compatriote Janet Evans, une "teen-ager" de 17 ans, réussit le triplé 400 m et 800 m libre et 400 m 4 nages.
Notons par ailleurs, que le Surinamien Anthony Nesty, vainqueur du 100 m papillon, est le premier Noir médaillé d'or en natation et que pour la première fois, toutes les médailles du dressage (sports équestres) furent remportées par des femmes.

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Le fait : La trahison

Samedi 24 septembre, 13h30 : départ du 100m le plus attendu sans doute de l’histoire olympique à l’appui de la rivalité, pour ne pas dire de l’antagonisme viscéral, opposant depuis des années le « King » Carl Lewis et le Canadien Ben Johnson, détenteur du record du monde en 9’83 depuis 1987.

13h30 et 9’79 : le doigt levé au ciel, et après avoir braqué un regard noir sur Carl Lewis, Ben Johnson bat son record du monde et laisse l’Américain (9’92) à un mètre cinquante. Le verdict est rendu : Ben Johnson est bien l’homme le plus rapide du monde.

Deux jours plus tard, la Commission médicale du CIO, par la voix de son président, le prince belge Alexandre de Mérode, révèle que le Canadien était dopé au stanozolol, un stéroïde anabolisant.

Déjà surnommé "Benoïde" dans le milieu de l’athlétisme depuis un certain temps, Ben Johnson est désormais banni. Destitué, il quitte Séoul et laisse à son rival la gloire olympique. Commence dès lors la déchéance : records invalidés, sponsors qui se détournent, opprobre publique.

Si le dopage avait commencé à être sanctionné au début des années 70, le cas Ben Johnson reste le premier gros scandale de dopage de l’histoire olympique. Il sera déterminant dans la prise de conscience du CIO et des Fédérations de la nécessité de combattre ce phénomène, facilitant le développement du Tribunal Arbitral du Sport et, un peu plus de dix ans plus tard, la création de l’AMA. Lors de ces mêmes Jeux de Séoul, les haltérophiles bulgares firent d’ailleurs également scandale, deux d’entre eux se voyant obligé de rendre leur médaille d'or.

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L’équipe de France Olympique

Délégation : 267 participants (193 hommes, 74 femmes)
Porte-drapeau : Philippe Riboud (Escrime)
Bilan : 16 médailles – 6 en or, 4 en argent, 6 en bronze - dont deux féminines.
La France termine 9ème Nation

Lamour des Jeux

« A Los Angeles, j'étais le médaillé olympique d'une discipline dont étaient absents les pays de l'Est. Avec eux, je n'aurais certainement pas gagné", écrit Jean-François Lamour dans la préface de Séoul 88. Les grandes heures des 24e JO d'été. Ce vendredi 23 septembre, c'est donc un Lamour hypermotivé qui aborde la finale du sabre face au Polonais Janusz Olech. Très vite, il tue le suspense : 5 touches à 0. II l'emporte 10-5. Ruée des sabreurs français qui le soulèvent et le lancent en l'air. "Jef" tient sa "vraie" médaille d'or.
A l'épée, son complice Philippe Riboud, partenaire attitré de nombreuses parties de cartes au Village olympique, termine sa carrière sur deux médailles, une d'or par équipes, une d'argent individuelle. Troisième à Moscou et à Los Angeles, deuxième ici, Riboud se retire à 31 ans sans la médaille d'or individuelle qu'il méritait.

Or équestre

A Los Angeles, Pierre Durand était tombé. Quatre ans plus tard, toujours avec "Jappeloup" qui va sur ses 17 ans, il remporte, au terme de deux parcours sans faute, la médaille d'or que la France attendait depuis 24 ans et le succès de Pierre Jonquères d'Oriola avec "Lutteur". Avec Hubert Bourdy, Frédéric Cottier et Michel Robert, Durand enlève par ailleurs une médaille de bronze par équipes. Quant à Margit Otto-Crépin, Allemande de naissance devenue Française par son mariage, elle se classe deuxième du dressage.

Au rendez-vous des hommes


Marc Alexandre - Photo FF Judo

Avec 14 médailles sur 16 remportées par des hommes, le bilan français s’affiche résolument masculin.
En judo, Marc Alexandre est un magnifique champion olympique des légers, quatre ans après sa médaille de bronze de Los Angeles. Bruno Carabetta, lui, est déçu de sa médaille de bronze des mi-légers. Il a eu la malchance de tomber contre le futur champion olympique, un Sud-Coréen envers qui les juges se sont montrés particulièrement complaisants.

Comme Marc Alexandre, Thierry Péponnet et Luc Pillot étaient revenus de Los Angeles avec le bronze en 470. Comme lui, ils sont champions olympiques à Séoul. De Pusan, la voile française ramène une seconde médaille d'or avec Jean-Yves Le Déroff et Nicolas Hénard, en Tornado. Le boxeur Laurent Boudouani (super-welters) et le tireur Nicolas Berthelot (carabine à 10 m) se couvrent d'argent. En natation, les deux plus grands champions français du moment, Stephan Caron et Catherine Plewinski, s'adjugent une médaille de bronze, tous deux au 100m libre.

En athlétisme, Bruno Marie-Rose, Daniel Sangouma, Gilles Quénéhervé et Max Morinière terminent troisièmes du relais 4x 100m (38'40).

Tout comme Joël Bettin et Philippe Renaud en C2 500 m. Le canoë-kayak donne par ailleurs lieu au plus retentissant flop français de ces Jeux : Philippe Boccara et Pascal Boucherit, favoris du K2 1000m, se présentent à leur demi-finale alors qu'elle a déjà commencé...

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Les médailles françaises

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