Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

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Moscou 1980

 

La fiche

Jeux de la XXIIe Olympiade

Date d'ouverture : 19 juillet 1980
Date de clôture : 3 août 1980
Pays de la ville hôte: Russie
Villes candidates : Los Angeles (USA)

Participation :
80 CNO (Nations)
5 217 athlètes (1 124 femmes, 4 093 hommes)
203 épreuves
5 615 médias (2 685 presse écrite, 2 930 diffuseurs)

Ouverture officielle des Jeux : Le Président du Soviet Suprême Leonid Brejnev
Allumage de la vasque olympique: Sergei Belov (basketball)
Serment olympique : Nikolay Andrianov (gymnastique)
Serment officiel : Aleksandr Medved (lutte)



Sports au programme :
Natation - Tir à l'arc - Athlétisme - Basketball - Boxe - Canoë / Kayak - Cyclisme - Sports équestres - Football - Escrime - Gymnastique - Handball - Hockey - Judo - Pentathlon moderne - Aviron - Voile - Tir - Volleyball - Haltérophilie - Lutte

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Contexte

L’Olympisme face à la politique

Fin 1979, les troupes soviétiques ont envahi l'Afghanistan. En janvier, le président des Etats-Unis Jimmy Carter demande au Comité olympique américain de boycotter les JO de Moscou. Cela ne sera pas simple pour lui de convaincre le mouvement sportif américain… puis international. Au final, vingt-neuf pays, dont les U.S.A. le Canada, la R.F.A, le Japon, la Corée du Sud ou la Norvège décidèrent de ne pas aller aux Jeux Olympiques de Moscou. Mais l’inscription aux Jeux est faite par les Comités Nationaux Olympiques et non par les gouvernements. De fait, certains CNO résisteront à la pression du pouvoir et iront à Moscou sous la bannière olympique. Contre la volonté de Margaret Thatcher, le Comité olympique britannique imite le CNOSF et décide de participer. Il en va de même pour le CNO français. Il n’en reste pas moins qu’avec 80 nations représentées, les Jeux olympiques de Moscou enregistrent la plus faible participation depuis 1956. Plus de la moitié des sports sont pâtissent des absences des Etats-Unis, de la RFA, du Japon, de la Chine ou du Kenya. Pauvres athlètes kenyans, déjà privés du voyage de Montréal...
Certains CNO de l'Ouest ont par ailleurs décidé que les victoires de leurs représentants seraient saluées par l'hymne et le drapeau olympiques.

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Les Jeux

Malgré quelques ratés, l'URSS écrase logiquement ses Jeux en remportant 80 médailles d'or. La RDA est deuxième avec 47. Symbole de cette domination soviétique, le gymnaste Aleksandr Dityakin remporte une médaille dans chacune des épreuves de gymnastique, devenant ainsi le seul athlète à obtenir huit médailles au cours d’une même édition des Jeux. Autre exploit réussi à domicile, le nageur Vladimir Salnikov passe pour la première fois sous la barre des 15 minutes dans le 1 500m nage libre. En natation, l'URSS profite d’ailleurs de l'absence des Américains pour gagner sept médailles d'or chez les messieurs, tandis que la RDA continue de dominer largement les épreuves féminines.
En athlétisme, Sebastian Coe et Steve Ovett se livrent un magnifique duel sur demi-fond. Recordman du monde de la distance, Sebastian Coe se fait néanmoins dépasser par Ovett sur 800m. Mais sur 1500, Coe prend sa revanche et remporte le titre, Ovett n’obtenant que le bronze. Avec 2m36, l’est-allemand Gerd Wessig est le premier athlète à battre le record du monde du saut en hauteur au cours des Jeux Olympiques. L’Italienne Sara Simeoni remporte pour sa part le saut en hauteur. Sa maitrise du Fosbury en fait l’image aérienne de ces Jeux. Le 100 m couronne l'Ecossais Alan Wells, vainqueur en 10’25. Le 200 m voit la consécration de l'Italien Pietro Mennea qui l'emporte en 20’19, bien loin de son record du monde de 19’72, établi en altitude à Mexico dix mois plus tôt. Enfin, après les marathoniens Abebe Bikila et Mamo Wolde, l’Ethiopien Miruts Yifter, un petit homme au front dégarni et à l'âge incertain devient le troisième héros de la patrie d’Hailé Sélassié en réussissant le doublé 5 000 m-10 000 m.
Le super-lourd cubain Téofilo Stevenson devient le premier boxeur à obtenir l’or trois fois de suite dans la même catégorie. Quant à Nadia Comaneci, elle a grandi et la perfection de Montréal n’est plus de mise. Malgré une chute aux barres asymétriques, la Roumaine s’octroie tout de même deux médailles d'or (poutre et sol, le titre qui lui avait échappé à Montréal) et deux d'argent (concours général individuel et épreuve par équipes).

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Le fait

Pour l’honneur

A 27 ans, le Polonais Władysław Kozakiewicz ne part pas favori du concours de saut à la perche. Quatre ans plus tôt, une blessure contractée peu avant le début du concours l’avait empêché de postuler à un titre remporté par son compatriote Tadeusz Slusarski. A Moscou, les favoris sont français : Philippe Houvion , Jean-Michel Bellot, Thierry Vigneron. Le principal outsider est Soviétique, Volkov. Avec ses deux titres de champion d'Europe en intérieur obtenus en 1977 et 1979, Kozakiewicz en est un autre.
Le 30 juillet 1980, alors que les Français ont calé, seuls restent en lice Volkov, soutenu par un stade vibrant pour son représentant, vociférant et insultant le Polonais Kozakiewicz, dernier obstacle avant la consécration du perchiste soviétique. Kozakiewicz représente en effet un pays agité depuis plusieurs années et qui se trouve en pleine contestation de l’ordre imposé par Moscou. Sous les sifflets, Kozakiewicz va pourtant passer la barre qui lui permet d’obtenir le titre olympique. A peine atterri, il se relève et adresse un bras d’honneur monumental à tout le stade. "Koza" va plus loin encore et sous les yeux d’un public frustré, il bat le record du monde à 5,78 m.
9 jours plus tard, Lech Walesa fonde le syndicat libre Solidarnosc. Ce dernier instrumentalise, avec son assentiment, le geste et la personnalité de Władysław Kozakiewicz. En 1984, il passe le rideau de fer et obtient la nationalité allemande. Il obtiendra deux titres de champions d'Allemagne, qui s'ajoutent à ses dix titres de champion de Pologne.

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L’équipe de France Olympique

Délégation : 120 participants (90 hommes, 30 femmes)
Porte-drapeau : Angelo Parisi (judo)
Bilan : 14 médailles – 6 en or, 5 en argent, 3 en bronze - dont deux féminines. Trois sports rapportent douze de ces médailles : l’escrime (6), le judo (4) et le cyclisme (2). La France termine 8ème Nation

Jeux d’or

Huit ans après Munich, où il a donné la médaille de bronze des toutes catégories à la Grande-Bretagne, Angelo Parisi (marié entre-temps à une Française et naturalisé) s'impose chez les lourds et devient le premier Français médaillé d'or en judo. II prend également la deuxième place des toutes catégories.
Vendredi 1er août. La finale des super-légers, catégorie qui fait son apparition aux Jeux, est commencée depuis 1 min 40 sec. Le Cubain Jose Rodriguez attaque. Thierry Rey contre son mouvement d'épaule et balaye. Le Cubain est au sol. Koka. Encore 5 min 20. II faut tenir. Thierry maîtrise le combat. II tient. A 21 ans, le titi de Lagny est champion olympique, huit mois après avoir été sacré champion du monde… Et qu'on ne vienne pas lui parler de médaille dévaluée pour cause de boycottage. "Avant les Jeux, j'avais battu tous les Japonais de ma catégorie"; clame-t-il.
Bernard Tchoullouyan complète le tableau de chasse de nos judokas avec la médaille de bronze des mi-moyens.

L’escrime était presque parfaite

L'escrime française vit à Moscou son âge d'or et enlève trois titres par équipes, avec, à chaque fois, un chef de file médaillé individuellement.
En fleuret féminin, c'est le sans-faute : victoire par équipes et sacre de Pascale Trinquet en individuel. Le fleuret masculin prend le titre par équipes et la médaille d'argent individuelle de Pascal Jolyot (qui échoue à une touche de la médaille d'or). A l'épée, succès par équipes et médaille de bronze de Philippe Riboud. Les sabreurs devront encore attendre. Un seul représentant fait ses armes à Moscou : Jean-François Lamour, futur double champion olympique.

Le cyclisme, toujours, le relais pour finir

Le cyclisme nous vaut deux médailles d'argent par Yavé Cahard en vitesse et Alain Bondue en poursuite. Une autre médaille d'argent nous vient du canoë-kayak, grâce à Alain Lebas, en K1 1000 m.
En athlétisme, les perchistes français échouent au pied du podium dans un tir groupé malgré tout honorable : Philippe Houvion (4e), Jean-Michel Bellot (5e), Thierry Vigneron (7e). La délégation frnaçise quittera toutefois le stade avec une médaille de bronze obtenue par les relayeurs du 4x100 m, Antoine Richard, Pascal et Patrick Barré et Hermann Panzo.

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Les médailles françaises

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