Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

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Munich 1972

 

La fiche

Jeux de la XXe Olympiade

Date d'ouverture : 26 août 1972
Date de clôture : 11 septembre 1972
Pays de la ville hôte : Allemagne
Villes candidates : Détroit (USA), Madrid (ESP)
et Montréal (CAN)

Participation :
121 CNO (Nations)
7 123 athlètes (1 058 femmes, 6 065 hommes)
195 épreuves

Ouverture officielle des Jeux : Gustave Heinemann (Président de la République Fédérale d’Allemagne)
Allumage de la vasque olympique : Günter Zahn (athlétisme, champion junior du 1 500m)
Serment olympique : Heidi Schüller (athlétisme)
Serment officiel (premier de l’histoire olympique) : Heinz Pollay (sports équestres)

Sports au programme :
Natation - Tir à l'arc - Athlétisme - Badminton - Basketball - Boxe - Canoë / Kayak - Cyclisme - Sports équestres - Football - Escrime - Gymnastique - Handball - Hockey - Judo - Pentathlon moderne - Aviron - Voile
Tir - Volleyball - Haltérophilie - Lutte - Ski nautique

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Contexte

En rouge et noir

Pour l’Allemagne, organiser les Jeux olympiques en 1972 avait une signification toute particulière. Premiers Jeux tenus sur le territoire allemand depuis ceux de Berlin en 1936, cette édition olympique était symbolique d’une nouvelle Allemagne réinsérée dans l’ordre mondial et épurée des dérives criminelles nazies. Tout était prêt pour en faire une réussite : concentration des sites, installations fonctionnelles, stade futuriste, important relais télévisuel... et première une mascotte portant un nom : Waldi, le teckel.
Célébration de la paix, ces Jeux virent au drame le 5 septembre 1972, au onzième jour des Jeux. Ce jour-là reste le plus dramatique de l’histoire olympique. A quatre heures du matin, huit hommes armés s'infiltrent dans le village olympique et gagnent le bloc 31 où est hébergée la délégation israélienne. Pénétrant de force dans la chambrée des haltérophiles, ils tuent deux membres de l’équipe et en prennent onze autres en otage. Deux parviendront à s’enfuir. Les négociations aboutissent à une décision de transfert vers l’Egypte. C’est dans la nuit suivante, à l’aéroport de Fürstenfeldbrück que la seconde phase du drame se produit. Alors que les athlètes ont été installés dans deux hélicoptères, la police munichoise, pas préparée pour ce genre d’intervention, lance l’assaut sur le groupe terroriste. Trois sur huit sont immédiatement abattus. Les autres jettent une grenade dans le premier hélicoptère et tirent dans le second. Au terme de la fusillade qui s’ensuit, le bilan est lourd : les neuf otages, cinq terroristes et un policier ont été tués. Les Jeux Olympiques sont suspendus. Mais par défi devant le terrorisme, le CIO ordonne la poursuite des compétitions après une pause de 34 heures. Une cérémonie est alors organisée dans le stade olympique au cours de laquelle Jesse Owens, Daniel Robin et tant d’autres, en larmes, rendent hommage à Mark Slavin, Elizer Halfin, David Berger, Zeev Friedman, Yaacov Springer, Yossef Gootfreund, Kehat Shoor, André Spiter, Amitzour Shapiro, Moshe Weinberg et Yossef Romano.
Cette violation inédite du sanctuaire olympique révèle au monde les revendications des Palestiniens en exil. Le groupe terroriste auteur de l’attentat se veut en effet défenseur du peuple Palestinien et son action va constituer une véritable affirmation de l’existence de l’identité palestinienne. Les terroristes se réclament du groupe Septembre Noir, en référence au massacre de sections armées palestiniennes perpétrés sur ordre du roi Hussein de Jordanie en septembre 1970. Deux jours plus tard, le gouvernement israélien de Golda Meïr ordonne des représailles contre des bases palestiniennes en Syrie et au Liban qui font 70 morts. Le 29 octobre 1972, un Boeing 727 de la Lufthansa est détourné par trois membres de Septembre Noir après son décollage de Beyrouth. Les terroristes exigent une rançon et la libération des prisonniers de Munich qui seront dès lors traqués par les services secrets israéliens.
« The games must go on », comme l’exprima alors Avery Brundage, président du CIO pour la dernière année. Et les Jeux continuèrent...

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Les Jeux

Le tir à l’arc fut réintroduit dans le programme olympique après cinquante deux ans d’absence et le handball après trente-six ans. Le slalom en canoë fait son apparition.
Le barbu finlandais Lasse Viren chute à mi-parcours dans la finale du 10 000m. Il se reprend et bat le record du monde gagnant ainsi la première des quatre médailles d’or de sa carrière. Il réalise en effet le doublé en emportant le 5.000 et récidivera en 1976 sur les mêmes distances. La Finlande n'avait plus gagné une course olympique depuis 36 ans. Toujours en fond, Kip Keino remporte l’or en 3000m steeple et l’argent sur 1500m, portant son total à quatre médailles, tout comme le Tunisien Gammoudi qui obtient l’argent du 5000m. Quant à l’Ethiopien Wolde, il prend le bronze du marathon, sa troisième médaille. Une génération s’en va.

Liselott Linsenhoff, participe à la compétition de dressage et devient la première cavalière à remporter une médaille d’or dans une épreuve individuelle. L'Allemande de l'Ouest Ulrike Meyfarth, franchit 1,92 m au saut en hauteur et devient quant à elle la plus jeune (16 ans) championne olympique d’athlétisme.
Sensation en sprint. En sprint, un Soviétique, Valeri Borzov, bat les Américains et réussit le doublé 100m - 200m. II épousera la Caucasienne Ludmilla Touritcheva, médaille d'or du concours général de gymnastique de ces mêmes Jeux, et deviendra bien plus tard président du Comité olympique d'Ukraine et membre du CIO.
L’Américain Franck Shorter, favori et futur vainqueur du marathon connaît une déconvenue de taille lors de son entrée dans le stade olympique. Le public l’applaudit bien, mais ne semble pas lui réserver l’accueil digne de la performance d’endurance qu’il vient de réaliser. De fait, un peu avant lui, un adolescent de 16 ans, Norbert Südhaus, membre de la délégation allemande du Camp olympique de la jeunesse, était entré dans le stade les bras levés et avait reçu les acclamations des 80 000 spectateurs persuadés d’assister au triomphe de Shorter.

Si l’Américain Mark Spitz reste le nageur de ces Jeux, la nageuse star est australienne : Shane Gould remporte le 200m, le 400m nage libre puis le 200m quatre nages, en battant à chaque fois le record du monde, et s’octroie l'argent du 800m et le bronze du 100m nage libre.

Battus ! Volés ? Pour la première fois dans l’histoire olympique, l’équipe de basket-ball US laisse échapper le titre qui revient … à l’URSS ! Mais cette défaite contre le grand rival communiste est lourdement controversée. Dominés durant toute la partie, les Américains reviennent dans les ultimes instants du match. Menés d’un point à 6 secondes de la fin, ils bénéficient de deux lancers-francs transformés par Doug Collins. 50/49. La sirène finale retentit… alors qu’une seconde restait. Wladimir Kondraschin, entraineur de l’URSS demande et obtient alors une prolongation de trois secondes. Remise en jeu longue, la tentative de réception échoue et rebondit sur le panneau. Immédiatement, le banc américain explose de joie et envahit le terrain, suivi par les journalistes et caméramans. Mais la confusion continue : l’arbitre avait remis la balle en jeu avant que ne soit réinitialisé le chronomètre officiel et, de surcroît, les Américains, en pénétrant sur le terrain n’avaient pas permis que soit joué un éventuel rebond. Les arbitres demandent que soit évacué le terrain et, à la demande de R. William Jones, secrétaire général de la Fédération Internationale de Basket-ball, accordent 3 nouvelles secondes. La longue remise en jeu d’Edeshko est captée par Aleksandr Belov sous le panneau américain. Le panier victorieux est inscrit, le buzzer sonne et ce sont cette fois les Soviétiques qui exultent, formant une énorme pyramide humaine. Les Américains posent une réclamation, finalement repoussée par un jury de cinq juges, dont un Cubain, un Hongrois et un Polonais. Cette composition ulcère les Américains qui crient au complot communiste et refusent de se rendre à la remise des médailles, laissant la seconde marche du podium vide. En 1973, le CIO confirmait le résultat de la finale olympique.

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Le Fait

Speedy Spitz

Trop nerveux, trop prétentieux pour certains, Mark Spitz n'avait glané "que" quatre médailles olympiques à Mexico. A 22 ans, avec ses 73 kg et son mètre 80, Spitz revenait aux Jeux avec la ferme intention de rattraper son échec personnel de Mexico et de prouver sa valeur à la fédération américaine. Celle-ci dispose d’un important réservoir de nageurs qui lui permet même d’aligner des équipes de relais différentes en qualification et en finale. Mais à Munich, le roi s’appelle Mark Spitz. Favorisé par la petite forme de Steve Genter, son compatriote qui sort de l’hôpital et par le fait que son autre rival, l’allemand de l’Est Roland Matthes, ait décidé de se concentrer sur les 100 et 200m dos, Spitz et sa fine moustache vont remporter sept médailles d’or ! Le 28 août, il empoche le 200m papillon et le relais 4x100m nage libre. Le lendemain, il récidive avec le 4x400m 4 anges puis le 100m papillon. En sus de ses trois autres médailles, les 100 et 200m nage libre et le 4x200m nage libre, Spitz repart avec autant de records du monde inscrits sur les tablettes ! Il devient l'homme ayant gagné le plus de titres dans les mêmes Jeux : sept courses, sept médailles d'or, sept records du monde. La photo de l'homme à la moustache, ses sept médailles d'or autour du cou, fait le tour du monde.

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L’équipe de France Olympique

Délégation : 225 participants (195 hommes, 30 femmes)
Porte-drapeau : Jean-Claude Magnan (Escrime)
Bilan : 13 médailles – 2 en or, 4 en argent, 7 en bronze - aucune féminine. La France remporte des médailles dans sept sports et termine 17ème Nation

Entre deux ors

Une première Marseillaise est jouée à Munich, le samedi 2 septembre. Elle salue la victoire de Daniel Morelon qui conserve son titre de la vitesse de justesse face à l'Australien John Nicholson. La "photo-finish" départage les deux hommes. En réaction, le président de la République, Georges Pompidou, promet un vélodrome à Paris au sprinteur de Bourg-en-Bresse. Promesse bientôt tenue avec l'anneau construit à l'INSEP.
L'hymne français retentit une seconde fois, mais cette fois à Kiel. Quarante ans après le dernier titre français en voile, remporté par Jacques Lebrun à Los Angeles en 1932, c'est encore le "Finn", l’un des plus petits bateaux de course, qui voit la victoire d'un Français, le Girondin Serge Maury, qui court revêtu de trois chandails gorgés d'eau pour s'alourdir en vue de certaines manœuvres… quand on sait que les régates s’étalent sur 6 jours et durent en moyenne 6 heures....
Les frères Yves et Marc Pajot, eux, sont médaillés d'argent en "Flying Dutchman".
A l’image de Serge Maury, Michel Carréga fait par ailleurs ressurgir un podium du passé en offrant au tir français sa première médaille depuis 1936. A un coup du vainqueur, il finit second de la fosse olympique.

Ouverture des compteurs

« J'aurais accepté et compris que les jeux Olympiques s'arrêtent après le massacre ». Ainsi s’exprime Guy Drut le 7 septembre 1972. Si Guy Drut était prêt à accepter cet arrêt des Jeux, ce dernier l’aurait empêché de devenir vice-champion olympique. Battu d’un dixième de seconde par l’Américain Rodney Jr. Milburn, Guy Drut, 22 ans, ouvre toutefois son compteur personnel de médailles olympiques au 110m haies… la suite à Montréal.
Côté athlétisme français, on abordait d’ailleurs Munich avec circonspection, et de nombreux absents : Jean Wadoux (demi-fond), Roger Bambuck (sprint), Jean-Claude Nallet (400 m), Jack Pani (longueur)... Outre Guy Drut, les sprinteurs français ramèneront une autre médaille, de bronze, au relais 4 x 400m (Gilles Bertould, Daniel Velasquez, Francis Kerbiriou et Jacques Carette). L’essentiel est fait.
Le judo conquiert également ses premières médailles, toutes de bronze, avec Jean-Jacques Mounier (légers). Jean-Paul Coche (moyens) et Jean-Claude Brondani (toutes catégories). Ce dernier finit d’ailleurs troisième exaequo avec un Britannique d’origine italienne nommé Angelo Parisi. Celui-là prendra bientôt la nationalité française.
Notons enfin le bronze de Jean-Louis et Jean-Claude Olry en canoë biplace (slalom), pour la première apparition de la discipline et la contribution habituelle de l'escrime qui rapporte trois médailles : une d'argent (Jacques Ladegaillerie à l'épée), et deux de bronze, au fleuret (Christian Noël et par équipes).

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Les médailles françaises

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