L'équipe de France Olympique à Cargèse
- 1 . Au revoir Cargèse, Rendez-vous à Vancouver!
- 2 . Le Président Masseglia et l'équipe de France avec Annecy 2018
- 3 . Glace : tour d'horizon avec Eric Le Chanony
- 4 . Julien Lizeroux joue collectif
- 5 . Sandrine Aubert et le déclic de Val d'Isère
- 6 . Magique Cargèse, Magie des Jeux
- 7 . Le défi olympique d'Ophélie David
- 8 . Lesa Mayes-Stringer, la renaissance du bob français
- 9 . Antoine Dénériaz sur tous les fronts
- 10 . Première journée à Cargese
- 11 . Cargèse sur la route de Vancouver
Au revoir Cargèse, Rendez-vous à Vancouver!

Le stage olympique de Cargèse s’est achevé samedi 30 mai. Plus de 100 athlètes se sont regroupés durant quatre jours pour créer l'esprit de l’équipe de France olympique des Jeux de Vancouver 2010. Rendez-vous dans huit mois!
Les athlètes sont unanimes à l’issue du stage qui s’est achevé le samedi par un « défi multisports ». Entre les activités sportives dans un cadre de rêve et les réunions destinées à préparer la prochaine saison et à présenter le concept des prochains Jeux, offrant une multitude d’informations pratiques, tous n’ont eu que le mot «génial !» à la bouche.
Sport par sport, Cargèse marquait la fin de la « coupure » après la saison 2008-2009 et le début de la préparation de celle qui mènera à Vancouver. Ainsi, des réunions techniques ont eu lieu, impliquant cadres et athlètes discipline par discipline, et du travail physique spécifique a pu être effectué.

Sous le soleil de l’île de beauté, ces sportifs qui n’ont jamais l’occasion de se croiser durant l’hiver ont pu échanger, confronter leurs expériences et devenir une seule équipe, l’équipe de France olympique qui vibrera aux résultats de chacun durant la quinzaine olympique.
Au milieu de tout ce bonheur, la terrible nouvelle apprise vendredi après-midi, le décès de l’immense championne Karine Ruby, a jeté un voile de tristesse sur l’équipe de France qui s’est recueillie et soudée dans le deuil. « Pour elle, nous gagnerons plein de médailles au Canada » resteront les mots forts prononcés à la fin de ce stage.
Le Président Masseglia et l'équipe de France avec Annecy 2018

Histoire d'une photo
Denis Masseglia, président du CNOSF et Jean-Luc Rigaut, maire d'Annecy, les deux co-présidents du comité de candiature des Jeux Olympiques d'hiver 2018, sont venus le 28 mai à Cargèse saluer tous les athlètes de l'équipe de France olympique. Une photo a été prise avec eux, accompagnés aussi par Antoine Dénériaz, le champion olympique de descente en titre, jeune retraité qui participe au projet Annecy 2018 et sera candidat lors de l'élection à la commission des athlètes du CIO à Vancouver en février prochain.
Denis Masseglia : « J'ai souhaité que cette visite aux athlètes de l'équipe de France olympique soit conjointe avec Jean-Luc Rigaut, pour témoigner que nous sommes là pour les soutenir et que nous sommes engagés dans un challenge commun, obtenir le graal des Jeux Olympiques. Nous ne pourrons gagner en 2018 que si le mouvement sportif remplit son rôle aux côtés de la ville candidate, et non pas derrière elle. L'organisation que nous allons mettre en place impliquera les sportifs au coeur de cette candidature et c'est ce que nous voulons montrer au CIO. Ce sont les athlètes qui feront gagner Annecy ».
Jean-Luc Rigaut : « Je suis venu car Denis Masseglia m'a sollicité, et il me semblait important d'arriver ici avec lui pour voir l'équipe de France qui disputera les Jeux Olympiques de Vancouver. Il est important de leur dire que c'est leur candidature, portée par eux et pour eux. Cette photo, pour moi, souligne l'ambiance solide et soudée, tout le monde est là et ça en dit long sur la manière dont les choses se présentent. Un moment comme celui là, détendu mais avec un objectif commun démontre l'énergie que l'on peut puiser dans le mouvement Olympique »
Glace : tour d'horizon avec Eric Le Chanony

Eric Le Chanony
Eric Le Chanony, DTN adjoint de la Fédération Française des Sports de Glace, fait le point sport par sport à huit mois des Jeux de Vancouver. Il voit également plus loin, dans une stratégie de développement tous azimuts, de chantiers à mener à bien dans la perspective de Sotchi 2014, voir de l’édition 2018 dont tout le mouvement sportif français espère qu’ils auront lieu à Annecy.
« Pour Vancouver, nous poursuivons deux objectifs » explique Eric Le Chanony, qui fut médaillé de bronze à Nagano 1998 puis champion du monde à Cortina d’Ampezzo en 1999, dans le bob à quatre de Bruno Mingeon. « Tout d’abord, amener nos sportifs de haut niveau dans les meilleures conditions à Vancouver, afin qu’ils y obtiennent de bons résultats. Nous mettons en place des groupes de « médaillables » avec un suivi particulier. Des médaillés dans les grands championnats pour le premier groupe, des finalistes mondiaux et européens dans le 2e, des sélectionnables olympiques dans le 3e, des espoirs pour Sotchi 2014 dans le 4e. Nous ciblons actuellement tous ceux que nous voulons suivre.
Le second objectif est de structurer plusieurs disciplines actuellement peu développées. De relancer une dynamique de projets, ce qui passe par les cadres et les clubs. Nous essayons de recréer du lien et d’augmenter le « réservoir » d’athlètes pour Sotchi, voir pour 2018. Il faut commencer maintenant ! ».
Discipline par discipline, Eric Le Chanony fait le point
Patinage de vitesse grande piste
« C’est un vaste chantier. Nous n’avons pas de référent, pas de piste en France. Il y a un projet d’anneau dans la candidature Annecy 2018. Tout est à faire ».

Stéphanie Bouvier
Short track
« C’est un très bon groupe. Cette année, nous avons mis en place une structure à Albertville avec l’ancien champion Bruno Loscos, qui se charge du « groupe Vancouver », jeune, dynamique et performant. Les leaders sont Stéphanie Bouvier et Thibaut Fauconnet, mais Maxime Chataignier a un gros potentiel. Il relève de blessure. Il y a aussi le relais. Tout est sur de bons rails, avec un planning qui tient la route, dans une excellente ambiance ».
Curling
« C’est l’équipe de Chamonix qui est qualifiée pour les Jeux de Vancouver. Ils sont très autonomes, ils se débrouillent. Je trouve remarquable que l’on réussisse à obtenir de bons résultats en étant esseulés, mais maintenant, la Fédération est derrière eux, elle met les moyens. C’est un bon groupe. Ils ont fait une petite erreur stratégique lors des récents championnats du monde, mais il valait mieux qu’ils la fassent là, et pas dans huit mois !»
Patinage Artistique
« Nous avons un leader chez les hommes, Brian Joubert, qui est préservé pour les sélections olympiques. Autrement dit, il ne rentre pas dans le « chemin de sélection » qui s’applique à tous les autres. Derrière lui, ils sont trois pour une place : Alban Préaubert, Yannick Ponséro et Florent Amodio. Ca va être une belle bagarre ! J’aime ça ! Du côté des filles, il y a les deux Didier, ambitieuses, qui ont des profils opposés. Candice, c’est la classe, Gwendoline est volontaires, mais elles ne devraient pas être en mesure d’aller chercher les médailles.

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat
En danse sur glace, nous avions la médaille quasiment assurée avec Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder, mais Isabelle attend maintenant un heureux évènement. Elle veut cependant être prête pour les Jeux et s’entraîne tous les jours. On ignore toutefois comment se passera sa maternité. Si tout va normalement, ils seront prêts. Dans la démarche d’aller chercher l’or à Vancouver. Derrière eux, il y a le jeune couple Nathalie Péchalat/Fabian Bourzat, ils sont très performants et cela peut jouer avec eux, également. Enfin, en couples, Vanessa James (d’orrigine anglaise) et Yannick Bonheur nous permettent de franchir un cap en ce moment. Ils ont un beau potentiel. Vanessa a la classe et c’est une excellente patineuse. Le couple a de l’allure ».
Bobsleigh, luge, skeleton (BLS)

Grégory Saint-Geniès
« En skeleton, notre leader est Grégory Saint-Geniès. Il évolue dans une approche de très haut niveau. Il a tout ce qu’il faut pour que cela marche. Greg est dans la bonne direction. En luge, nous avons Thomas Girod. Nous lui avons acheté du bon matériel, un aspect vraiment important. Il a muri, et est maintenant prêt à performer. Il est suivi par l’équipe d’Autriche. La Fédération Internationale de Luge (FIL) est très bien structurée, elle offre des bourses et aide les athlètes esseulés à aller s’entraîner avec les meilleures équipes. Enfin, en bobsleigh, la pilote canadienne de très haut niveau mondial Lesa Mayes-Stringer nous a rejoint avec son matériel, et nous misons sur elle pour créer une belle surprise à Vancouver, dans un bob à deux où il reste à sélectionner la « pousseuse » et qui va pour la première fois dans l’histoire, disputer la Coupe du Monde sous les couleurs françaises l’hiver prochain ».
« En résumé, nous avons peu de marge. Tout est fragile, mais nous voulons faire le maximum. Le souyenir du zéro de Turin est présent, nous ne sommes pas en position confortable, mais c’est le sport ! A la FFSG, la configuration président-DTN avec Didier Gailhaguet et Charles Dumont, venu de la Préparation Olympique et Paralympique (POP) fonctionne très bien. Il n’y a pas d’opposition, mais une véritable synergie. »
Julien Lizeroux joue collectif

Julien Lizeroux, bientôt 30 ans, a connu un hiver 2009 royal, avec ses deux premières victoires en Coupe du monde de slalom et ses deux médailles d’argent aux championnats du monde de Val d’Isère. Comme il le dit, le slalomeur de La Plagne a enfin trouvé « le bon truc », et « tout s’est enchaîné ». Il compte aujourd’hui avec son pote Jean-Baptiste Grange parmi les favoris à chaque départ entre les piquets !
« Ju » a pris beaucoup de plaisir lors de ce stage à Cargèse. « Rien que du bonheur », explique-t-il, ajoutant : « pour que ce soit réussi, il faut que les conditions soient réunies : le soleil, le vent, le site et tout le monde relax, détendu. Ca a été le cas ici. J’adore le sport, alors j’ai pris part à toutes les activités, la voile, la plongée, le jet-ski. Des trucs auxquels je ne suis pas habitué. Et puis c’est rare de côtoyer les autres sportifs, cela permet aussi d’échanger sur l’hiver qui vient de s’achever. Je me suis épanoui, je me suis éclaté ! »

Les skieurs reviennent à peine de la coupure qui a suivi leur hiver intense, ponctué par les Mondiaux « à domicile » en février. « Ici, nous avons repris contact. Nous avons pu au cours de plusieurs réunions, préparer les changements nécessaires, nous caler pour devenir plus efficaces. C’est ce qui peut faire la différence. S’adapter, transformer les difficultés en atouts, savoir faire des petits compromis… »
Six podiums à partir de janvier
Cet hiver, Julien Lizeroux a obtenu ses plus beaux résultats dans des ambiances de feu. Pression maximale à Kitzbühel en janvier pour le premier succès de sa carrière, 40.000 personnes en bas de la Face de Bellevarde en février pour sa 2e médaille d’argent après celle du combiné, un succès sur les terres d’Ivica Kostelic à Kranjska Gora en mars.
Motivé par la foule ? « Non, j’accorde peu d’importance aux regards extérieurs. Au départ, on est tout seul. J’aime la pression, cela donne envie de se bouger mais il faut savoir la canaliser et ce n’est pas facile. Ca s’apprend. J’ai trouvé cet hiver le bon truc et tout s’est enchainé : six podiums à partir du mois de janvier ! »
Des idées ? Viser le globe de cristal de la spécialité la saison prochaine ? « Je ne parle jamais au conditionnel. La particularité de notre sport, c’est que nous nous adaptons constamment en fonction des résultats. Je ne me fixe donc aucun objectif, il s’ajustera au fur et à mesure. Le seul objectif au départ, c’est d’être à 100%, d’envoyer du gros et d’être le meilleur. »
Le partage, ça décuple les sentiments

Toujours est-il que Julien Lizeroux a changé de dimension en 2009. Il a vu la différence mais se félicite du niveau général atteint par l’équipe de France. « Le fait que nous soyons plusieurs au plus haut niveau constitue une aide, on peut confronter, cela permet d’aller plus loin et cela répartit les attentes et les sollicitations. Faire la différence, c’est savoir gérer son énergie et son temps. En 2008 à Kitzbühel, j’avais terminé 4e et j’étais rentré seul à mon hôtel à 14h. L’année suivante, j’ai gagné et je n’ai plus touché terre jusqu’à 20h30. Il n’y a pourtant que trois places de différence ! Il faut avoir vécu ça, ça apporte beaucoup d’expérience ».
« Kitz » où Julien est monté sur le podium avec Jean-Baptiste Grange pour un superbe doublé tricolore. « Magique ! A Val d’Isère, j’aurais préféré finir en bronze et que nous soyons deux sur la « boite » avec « JB ». Le partage, ça décuple les sentiments ! ».

Un hiver olympique se profile. Une course à la médaille, le 27 février 2010 sur les pentes de Creekside à Whistler. « Je ne me dis pas qu’il faut que je sois champion olympique. Nous aurons huit courses de Coupe du Monde avant, et si je veux être bon à Whistler, il faudra être performant avant. Je n’y pense pas tous les matins. Il faut mettre en place une stratégie. Prévoir un pic de forme, c’est trop difficile. Il faudra accumuler de la confiance, c’est ce qui fera la différence. Cela se traduit par ne pas se poser de questions, rester lucide, être dans le bon timing pour être performant le jour de la compétition » .
Et si ils peuvent être deux à être performants au même moment, c’est encore mieux, n’est-ce pas, Julien Lizeroux ?
Sandrine Aubert et le déclic de Val d'Isère

A quoi tient le tournant d’une carrière ? Une victoire ? Pour la slalomeuse Sandrine Aubert, c’est une chute, dans la 2e manche du slalom des championnats du monde de Val d’Isère, qui a constitué le véritable déclic. Elle raconte les circonstances qui lui ont permis de finir la saison 2009 en boulet de canon, en remportant les deux dernières courses de l’hiver.
« A Val d’Isère, j’ai signé 3e chrono de la première manche du slalom, et j’ai chuté en 2e manche. J’ai beaucoup appris ce jour là, dans la douleur. Je me suis dit, ‘j’ai tout, et pourtant, je n’arrête pas de faire des c…, je touche du doigt le très haut niveau mais je n’arrive pas à concrétiser’. J’ai voulu gommer tout ce qui ne marchait pas. En 2e manche, j’étais soit trop tendue, soit trop relâchée ou encore trop pressée. J’ai tellement perdu ce jour là ! Ce fut si dur ! Je me suis dit ‘plus jamais !’. Il fallait réagir, et j’ai compris ce qu’il fallait faire ».
Au mois de mars, Sandrine est devenue inarrétable, s’imposant coup sur coup à Offterschwang puis à Are lors des finales de Coupe du Monde. « J’ai eu de la chance, mais elle se provoque ! Quand on décide de la faire tourner, elle tourne. Pour ma première victoire, je me suis dit « c’est un coup de bol », tout en pensant « j’en suis capable ». Quand cela marche deux fois, ça n’est plus du bol. Mais ça ne veut pas dire que je vais y arriver à tous les coups ! En tout cas, j’ai gagné en sérénité et en confiance ».

Sandrine sait donc ce qui lui reste à faire. « Retrouver cet état particulier, maintenant que j’ai mes repères. Arriver au départ et savoir ce que je vais faire. En 2009-2010, je devrai tout d’abord réussir la première partie de la saison. Il me faudra trouver une routine pour me présenter aux Jeux dans les meilleures conditions possibles. »
«J’irai à Vancouver pour en profiter», ajoute Sandrine Aubert, «pour m’éclater sur les skis et donner mon meilleur, dans ma bulle, imperméable».
A Cargèse, elle a pu se plonger dans l’ambiance olympique et côtoyer tous les athlètes qu’elle ne voit jamais. « Ca fait briller les yeux ! Je repars d’ici avec des étoiles plein la tête ».
Magique Cargèse, Magie des Jeux
Nouvelle journée de rêve à Cargese, jeudi 29 mai. Balade en jet-ski, voile, canoë-kayak, plongée sous-marine, les athlètes de l’équipe de France Olympique s’en sont donné à cœur joie dans un contexte... sportif!

En soirée, ils se sont regroupés pour tout d’abord visionner un film très parlant sur le retour de leurs congénères « estivaux » des Jeux de Pékin, le 25 août 2008.
Proposé par adidas, ce film retrace de la sortie d’avion à Roissy sous les vivas du public accouru dans le Terminal 2, à la réception à l’Elysée le lendemain par le Président de la République, en passant par une fameuse descente des Champs Elysées en bus, les 24 heures de fête vécues par les médaillés pékinois.
« C’est la magie des Jeux ! » a lancé le Président Masseglia à tous les athlètes. « Je remercie Hanane Baala d’adidas d’avoir réussi à monter une telle opération. Nous pensions que les athlètes méritaient cette consécration publique et cette réception à l’Elysée. J’espère que vous remporterez plein de médailles et que nous pourrons défiler dans le même bus, à Annecy, pour montrer que les athlètes français veulent les Jeux ! »
Après un nouveau « topo » préparé par le CNOSF sur Vancouver, Whistler, les sites et les villages Olympiques, les distances, les logements etc... et une communication sur les droits et devoirs des athlètes dans le contexte des Jeux, notamment concernant leur image, place au show : un défilé adidas où toutes les tenues prévues pour la France pour les prochains Jeux Olympiques d’hiver ont été montrées sur fond de techno et sous les applaudissements…

Le défi olympique d'Ophélie David

Ophélie David est la N°1 mondiale du skicross, nouvelle discipline olympique à Vancouver. A 32 ans, elle a tout gagné : championne du monde (2007), 20 victoires en Coupe du monde, 6 globes de la spécialité, 3 « gros globes » du classement général du ski acrobatique, triple gagnante de la compétition phare de son sport, les X-Games (2007, 2008, 2009). Elle se lance aujourd’hui dans un nouveau défi, remporter l’or sur les pentes de Cypress Mountain en février 2010.
En se retournant sur sa saison, Ophélie est lucide : « Elle fut certes très belle, mais je n’ai pas atteint mes objectifs. Ils étaient au nombre de trois : s’imposer aux championnats du monde à Inawashiro au Japon, briller dans la course préolympique de Cypress Mountain, et conserver mon titre aux X-Games. Je n’en ai réussi qu’un seul ».
« J’ai certes gagné le gros globe en fin de saison et les « X », mais je suis passée au travers dans les Mondiaux et j’ai pris une belle « ratatouille » à Cypress. Cela m’oblige à réfléchir à ce qui n’a pas fonctionné. C’est une source d’inspiration pour la suite, c’est aussi la perspective pour moi de continuer un an de plus, après les Jeux, pour récupérer ma « boulette » des Mondiaux !»

Ophélie est heureuse de pouvoir exprimer son talent dans le contexte olympique. Une forme d’apothéose. « L’arrivée de ma discipline aux Jeux, cela prouve que le CIO a les yeux ouverts sur le sport actuel On a vu la réussite du BMX à Pékin. Le format de nos courses plait, la formule est facile à comprendre, ça frotte, ça « frite » c’est spectaculaire. Ce qu’on admire dans le sport, en général, c’est d’un côté la maitrise du geste, et de l’autre l’instinct, le grain de folie, le côté artistique. Le skicross réunit tout cela, de l’intérieur comme de l’extérieur »
« Je ne cherche pas la reconnaissance »

On se souvient d’Anne-Caroline Chausson remarquant, lorsqu’elle devint championne olympique du BMX à Pékin, « Celle là, je ne la gagne pas dans l’ombre ! ». Ophélie, pour sa part, reconnait que le skicross aux Jeux, c’est une fenêtre médiatique qui s’ouvre en grand, elle se dit ravie pour sa discipline, et ajoute : « J’espère que j’en repartirai sans regrets ! ». Mais elle ne recherche pas particulièrement la reconnaissance. « Ma vie, c’est ma fille, là est l’essentiel. Le « cross », ce sont les couleurs, les sensations, l’adrénaline, le piment, et je suis très chanceuse de vivre ça, je me sens obligée de devoir apprécier chaque seconde qui passe, de tout vivre à fond, et j’aime autant la manière que le résultat »
Rendez-vous aux Jeux de Vancouver, dans huit mois. Que vaut cette piste où le skicross va connaitre son baptême olympique ? « Elle est belle, très aérienne, on est tout le temps en action et ça va vite. Pour ma part, je ne passe pas bien les deux premiers modules (les « wu-tang »), et ça fait un défi à relever. C’est cool. On jouera franc jeu, et on ne sera pas prises en traître ». Bonne chance !
Lesa Mayes-Stringer, la renaissance du bob français
Pour la première fois, la France va aligner un bobsleigh féminin en Coupe du Monde l’hiver prochain, pour aller plus loin, c'est-à-dire obtenir une qualification tout autant historique pour les Jeux de Vancouver.

Lesa Mayes-Stringer
L’histoire toute neuve du bob féminin français est celle de Lesa Mayes-Stringer, Canadienne d’ascendance française, née dans le Saskatchewan et comptant parmi les meilleures pilotes au monde. Après avoir brillé sous les couleurs de son pays natal, elle s’est installée en France.
Avec son délicieux accent nord-américain, Lesa raconte : « J’avais arrêté la compétition en 2005. J’ai décidé de réfléchir. Au bout de deux ans, j’ai cherché à repartir avec un nouveau bob et j’ai rencontré un entraîneur hollandais qui avait travaillé avec les Français, Arendt Glass, il m’a dit ‘pourquoi ne pas venir dans l’hexagone ?’ et me voilà ». Lesa et son époux, parents de trois enfants, géraient une entreprise de géothermie au Canada, qu'ils implantent désormais de ce côté de l'Atlantique.
« Lesa est venue en France pour créer un bob français » explique Eric Le Chanony, DTN adjoint à la Fédération Française des Sports de Glace, lui-même ancien « bobeur », médaillé de bronze à Nagano en 1998 et champion du monde 1999 en bob à 4 avec Bruno Mingeon.
« Nous la soutenons, nous mettons une structure autour d’elle pour un sport coûteux, qui nécessite beaucoup de déplacements à travers toutes les pistes du monde. Ce soutien n’est pas anodin » . Il fait en fait partie d’un véritable projet dont Lesa Stringer est la rampe de lancemement : La renaissance du bobsleigh en France, son développement. Un nouveau départ.

Le bob de Lesa
Pour ce qui est du matériel, Lesa explique « Une de mes meilleures amies canadiennes m’a proposé son bob. Nous l’avons « retravaillé » dans une « top manufacture » et il est parfaitement bien réglé, performant. Nous avons refait une peinture spéciale, aux couleurs de l’armée de l’air avec ses liserets bleu-blanc rouge ». Eric Le Chanony ajoute « Lesa a acheté son bob, ce qui souligne son investissement personnel ».
Plusieurs filles sur les rangs

Eric Le Chanony, Lesa Stringer, Sophie Michel et Doriane Rémy
Avec qui Lesa Stringer, plusieurs fois sur les podiums mondiaux lors de sa carrière canadienne, va-t-elle s’engager dans le défi olympique français ? Plusieurs filles sont sur les rangs. A Cargèse, les « pousseuses » Sophie Michel et Doriane Rémy sont présentes.
« J’ai vu le film Rasta Rocket quand j’étais petite, et je me suis dit que j’en ferai un jour » explique Sophie, qui pratique également le lancer du disque. Doriane, elle, est une sprinteuse qui court le 100 et le 200m « J’ai essayé le bob avec Laurence Manfredi, la lanceuse de poids, et voilà ! ».
D’autres filles, comme Nadia Vigliano, championne de France de javelot ou la judoka Anne Morlot, sont sur les rangs. On évoque même le nom d’Eunice Barber. « Les qualités de sprinteuses sont essentielles. Nous cherchons des profils explosifs. Nous ferons une série de tests, et nous enverrons les deux meilleures en Coupe du Monde » explique Eric Le Channony.

Grâce à ses résultats en Coupe d’Europe cet hiver, Lesa, le plus souvent poussée par Doriane Remy, a donc gagné sa place en Coupe du Monde. « L’hiver prochain, il y aura deux possibilités pour aller aux Jeux. Soit finir dans les 14 ou 15 meilleures mondiales à l’issue des 8 épreuves de la saison, soit se classer dans le top 10 lors des championnats d'Europe, mais le but, ce n’est pas d’aller à Vancouver, c’est d’y faire un résultat ! » dit Eric Le Chanony. Il faudra encore trouver un entraîneur qui accompagnera les filles sur les pistes du circuit mondial. Le jeu en vaut la chandelle.
« Du Canada à la France pour revenir au Canada disputer les Jeux, c’est un rêve » dit Lesa Stringer qui peut également amener des partenaires commerciaux pour boucler les budgets.
« Nous misons sur elle, nous investissons car nous pensons qu’elle peut obtenir de grands résultats. Ce n’est pas une opération commando, mais une véritable entreprise de développement de tout le secteur bosleigh-luge-skeleton » conclut Eric Le Channony. Et pour cette entreprise, un outil existe : la piste olympique de La Plagne. Allez les bleues !
Antoine Dénériaz sur tous les fronts

Un an après avoir arrêté sa carrière au plus haut niveau, Antoine Dénériaz, champion Olympique en titre de descente, est en première ligne. Aussi bien au sein du comité de candidature d’Annecy 2018 que pour son nouvel objectif : intégrer la commission des athlètes du CIO. Le Haut-savoyard se porte en effet candidat pour devenir membre de l’institution internationale, devant les athlètes du monde entier qui voteront lors des Jeux de Vancouver.
A Cargèse, où il est venu accompagner tous les athlètes de l’équipe de France Olympique, Antoine Deneriaz explique : « C’est le CNOSF qui m’a sollicité pour cette candidature et j’ai été fier qu’on pense à moi, je ne m’attendais pas à ce que l’on vienne me chercher pour représenter la France au CIO ! Mais le mouvement Olympique, le sport Olympique, c’est un peu mon histoire personnelle, je m’en sens proche et l’idée d’entrer dans la famille me plait, ce serait ma façon de redonner au sport tout ce qu’il m’a apporté ».
Antoine, bientôt papa, connait tous les athlètes du ski dont beaucoup ont couru avec lui il n’y a pas si longtemps. « C’est vrai, je viens d’arrêter et j’ai encore les idées fraîches sur ce que représente la vie du sportif de haut niveau. J’ai connu la galère, les hauts et les bas, je sais ce que c’est et je pense pouvoir apporter quelque chose. Je veux défendre les intérêts des athlètes d’hiver au CIO. Je les connais encore tous ».

Il faudra donc convaincre au moment du vote, et surtout, faire le plein des voix françaises. « Mais je ne vois pas cela comme une campagne. Cela reste du sport. Au moment voulu, j’essayerai de prêcher la bonne parole et j’espère que mes compatriotes en parleront à leurs copains étrangers ». Antoine s'est adressé aux athlètes de l'Equipe de France olympique jeudi soir, micro en main, pour expliquer ses objectifs. « Pas une de vos voix ne devra manquer!» a précisément ajouté le Président Denis Masseglia.
Pour que la France puisse peser

Devenir membre du CIO, oui, mais dans quelle perspective ? « La commission des athlètes participe beaucoup au programme anti- dopage et je vais essayer de donner ma vision, protéger les athlètes, agir dans la sérénité, calmement, pour qu’ils vivent les contraintes comme une protection et pas comme un harcèlement. Je veux rester au plus proche des athlètes en activité pour connaitre leur ressenti sur le programme olympique, sur les différentes disciplines pour pouvoir apporter des améliorations, et pour que les sports d’hiver soient bien représentés au CIO. Et aussi pour que la France le soit pour qu’elle puisse peser, qu’elle ait son mot à dire ».

Avec Jean-Luc Rigaut
Antoine Dénériaz est également en première ligne avec Annecy 2018. « Le sportifs sont au cœur du projet et c’est ce qui me plait. Notre région a de beaux atouts à faire valoir, et Annecy peut devenir un outil au service de tout le mouvement sportif français, même pour les sports d’été, pour venir s’entraîner à trois heures de Paris en TGV ! Je n’ai pas eu le temps de réfléchir lorsqu’on m’a demandé de participer à cette candidature, le train est passé et j’ai sauté dedans. Si j’étais resté coureur, je n’aurai pas pu, et cela aurait été dommage de rester en dehors ! ».
Un an avant sa victoire à Sestrières, dans la descente Olympique des Jeux de Turin, Antoine Dénériaz s’était gravement blessé et avait annoncé à son entraîneur qu’il allait devenir champion Olympique l’hiver suivant. On lui souhaite de gagner sur tous les fronts, comme il sut si bien le faire en bas de la « Banchetta » par un jour ensoleillé du mois de février 2006.
Première journée à Cargese
Ils sont tous là, athlètes, cadres, entraîneurs, « staff » du CNOSF et de la Préparation Olympique et Paralympique (POP), regroupés pour quatre jours au Club Med de Cargèse (Corse). Près de 200 personnes appelées à se retrouver dans un peu plus de huit mois à Vancouver et à Whistler où se dérouleront les XXIe Jeux Olympiques d’hiver.

Doués pour le beach volley!
Les athlètes du ski et de la glace, tous potentiels sélectionnables pour les prochains Jeux Olympiques, ont pu, pour leur première journée en Corse, profiter de ce site magnifique. Plongée sous-marine (en piscine pour commencer), balades en « quad », équitation, beach volley, détente. Retrouvailles aussi, puisque la saison d’hiver s’est achevée en mars et a été suivie de vacances méritées.
Les skieurs alpins, par exemple, démarrent ici leur saison 2009-2010 dans la mesure où c’est leur premier regroupement après les exploits de l'hiver. Mais surtout, c’est l’équipe de France Oympique dans son ensemble qui est ici appelée à faire connaissance, sympathiser dans ce cadre convivial, prendre contact avant de défiler de concert derrière son porte-drapeau dans le « BC Center » de Vancouver le 12 février 2010.

une audience attentive
Pour tous, le CNOSF et la POP ont préparé une série de « topos » sur le contexte olympique. Ainsi, en fin d’après-midi, les processus de sélection, la vigilance et la disponibilité permanente à observer contre le dopage (car un futur sélectionné olympique doit savoir qu’il doit être en permanence localisable par trois organismes différents susceptibles de le contrôler à tout moment), les relations avec les médias et les « parcours » des médaillés ont été abordés par différents orateurs devant toute l’équipe de France rassemblée. Adidas propose aussi sa collection pour les prochains Jeux Olympiques, afin que tous puissent essayer les différents habits et donner leur ressenti sur la qualité… comme sur les couleurs.

Julien Lizeroux en action
L’équipe de France de ski s’est également réunie avec ses responsables pour préparer la prochaine saison et là aussi, essayer les vêtements « techniques » que garçons et filles porteront en compétition l’hiver prochain. Le soir, tous ont assisté devant un écran géant à la victoire de Barcelone sur Manchester United en finale de la Ligue des champions de football dans une ambiance de feu.
Le stage « Vancouver 2010 » est lancé, il est essentiel sur la route des prochains Jeux Olympiques. Des plus connus aux plus anonymes, de ceux qui ont gagné cet hiver à ceux qui le feront bientôt, des athlètes qui ont déjà vécu les Jeux à ceux qui vont les découvrir, c’est la prochaine Equipe de France Olympique qui prend ici naissance.
Cargèse sur la route de Vancouver
Le CNOSF organise, du 27 au 30 mai à Cargese (Corse), un stage de l’équipe de France olympique d’hiver avec les participants potentiels aux Jeux de Vancouver 2010 issus des fédérations de ski et des sports de glace.
160 personnes en tout (athlètes et cadres) seront regroupées durant quatre jours au Club Med de Cargese, comme ils le furent à celui d’Opio (Alpes Maritimes) en mai 2005 avant les Jeux de Turin, et dans les mêmes objectifs :

Le Club Med de Cargese
Les athlètes, au sein d’une même fédération, et à fortiori de deux fédérations différentes, n’ont pratiquement jamais l’occasion de se croiser. Dans un cadre sympathique et à travers des activités conviviales, ils vont pouvoir faire connaissance les uns avec les autres, ce qui facilitera la prise de contact lorsqu’ils se retrouveront aux Villages de Vancouver et de Whistler en février 2010. C’est l’esprit « équipe de France olympique » qui sera ici insufflé à ces athlètes seulement regroupés en compétition tous les quatre ans.
Le stage de Cargese est l’occasion d’informer la future délégation olympique française sur les prochains Jeux Olympiques d’hiver. Concept général et organisation canadienne, procédures de sélection françaises, droit et devoirs des athlètes, présentation des tenues et équipements officiels adidas, bref, toute une série d’informations utiles à ceux qui se retrouveront bientôt dans le contexte olympique.
Par ailleurs, c’est aussi l’occasion pour les deux fédérations d’hiver (la nouvelle fédération française de hockey sur glace n’est pas concernée dans la mesure où les deux équipes de France ne se sont pas qualifié pour les Jeux 2010) de regrouper leurs athlètes pour leur permettre de faire du « physique » entre deux saisons. Ainsi, par exemple, des séances de musculation aussi bien que des sorties à vélo sont au programme.
Liste des participants au stage de Cargese




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