Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

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Rome 1960

 

La Fiche

Jeux de la XVIIe Olympiade

Date d'ouverture : 25 août 1960
Date de clôture : 11 septembre 1960
Villes candidates : Lausanne (SUI), Détroit (USA), Budapest (HUN),
Bruxelles (BEL), Mexico (MEX) et Tokyo (JPN)

Participation :
83 CNO 5 348 athlètes (610 femmes, 4 738 hommes)
150 épreuves

Ouverture officielle des Jeux : Le Président Giovanni Gronchi
Allumage de la vasque olympique : Giancarlo Peris (athlétisme)
Serment olympique : Adolfo Consolini (athlétisme)

Sports au programme :
Natation - Athlétisme - Basketball - Boxe - Canoë / Kayak - Cyclisme - Sports équestres - Football – Escrime - Gymnastique - Hockey - Pentathlon moderne - Aviron - Voile - Tir - Haltérophilie - Lutte

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Contexte

Alea jacta est

Eloge de la Rome antique, les Jeux de la XVIIème olympiade se déroulent dans des cadres majestueux, sans doute parmi les plus beaux jamais utilisées au cours de Jeux olympiques. Les compétitions de lutte sont tenues dans les ruines de la basilique de Maxence, qui avait déjà accueilli des concours de lutte deux mille ans auparavant. Les thermes de Caracalla servent à la gymnastique et l’arc de Constantin est prévu pour l’arrivée du marathon.
De l’Antiquité à la modernité, c’est ainsi à l’occasion de ces Jeux de Rome que l’U.R.S.S. décide de relier son réseau de télévision à celui de l’Eurovision. Ces jeux seront les premiers retransmis en direct à l’échelle continentale (18 pays européens) et en différé d’à peine quelques heures avec les Etats-Unis, le Canada, le Japon.
La Chine a quitté le Mouvement olympique en 1958 et laisse donc Taiwan seule sur le terrain olympique. Las, celle-ci se voit obligée de modifier son appellation de « République de Chine » en « Formose ». Après la menace d’un boycott qui n’aurait pas été très productif, la Chine nationaliste envoie finalement une équipe à Rome. Mais lors de la cérémonie d’ouverture, alors que les athlètes défilaient sous la pancarte « Formose », le chef de délégation sortit un grand placard sur lequel était écrit « UNDER PROTEST ». Pour la première fois dans l’histoire des Jeux, une délégation profitait du défilé pour faire ouvertement de la politique.
Notons également que, dans la foulée des Jeux olympiques, Rome accueille les premiers véritables Jeux paralympiques.

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Les Jeux

De ces Jeux superbes, restent pêle-mêle quelques images fortes : un 400m de feu où l'Américain Otis Davis et l'Allemand Carl Kaufmann sont les premiers à descendre sous les 45 secondes ; l'Allemand Armin Hary, le premier homme à courir le 100m en 10 secondes juste, qui l'emporte en 10 sec 2/10, grâce à une mise en action hors du commun ; le maillot noir du Néo-Zélandais Peter Snell en train de dépasser à la corde le Belge Roger Moens qui surveillait l'extérieur ; une gazelle noire du nom de Wilma Rudolph, fine, féline, divine qui aligne 100 m, 200 m et 4 x 100 m ;
La Yougoslavie, se qualifie pour la demi-finale de football par tirage au sort. Elle remporte finalement le tournoi après avoir échoué en finale à trois reprises. L’Italien Sante Gaiardoni devient le seul cycliste de l’histoire olympique à s’attribuer les épreuves contre la montre et les sprints. Souffrant de contusions et d’une fracture de la clavicule à la suite d’une chute dans le concours complet, Bill Roycroft quitta son lit d’hôpital pour participer à l’épreuve de saut et assurer ainsi la médaille d’or à l’Australie.
Dans la série des carrières au long cours, notons d’abord le Danois Paul Elvstrom qui décroche la médaille d’or en voile sur Finn pour la quatrième fois consécutive. L’escrimeur hongrois Aladár Gerevich s’attribue pour sa part sa sixième médaille d’or consécutive dans la compétition de sabre par équipe, de même que le Suédois Gert Fredricksson en canoë. Quant à Al Oerter (USA), après son titre à Melbourne, il gagne à nouveau le lancer du disque… il récidivera en 1964 et 1968.
Les Jeux de Rome feront par ailleurs éclore un futur géant de l’histoire du sport : un Noir Américain qui s'appelle encore Cassius Clay, boxeur mi-lourd sautillant et narquois. En finale face à un Polonais, Zbigniew Pietrzykowski, il observe pendant deux rounds, les bras ballants, avant finalement de faire subir l’enfer à son adversaire. A 18 ans, Cassius Clay, décroche la médaille d'or des mi-lourds aux points. De retour au pays, Cassius Clay devient professionnel et adopte la religion musulmane. Subissant dès lors l’influence d’Elijah Muhammad, leader des Frères Musulmans, le désormais Mohammed Ali s’investit pleinement dans la cause des Noirs américains. Se heurtant à l’administration américaine, il ira jusqu’à jeter sa médaille olympique en guise de protestation contre le traitement subi par la communauté afro-américaine. Dernier relayeur de la flamme olympique à Atlanta, Mohammed Ali s’y fera à nouveau remettre par le CIO sa médaille d’or justement conquise à Rome.
En décrochant l’argent en boxe dans la catégorie poids super-léger, le Ghanéen Ike Quartey devient le premier Noir africain à remporter une médaille olympique. Il sera suivi par Abebe Bikila… le premier champion olympique Noir africain.

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Le Fait

Abebe souris

Il aurait pu devenir berger, comme le voulait la tradition de son village de Jato en Ethiopie, mais pour pourvoir aux besoins de sa famille, Abebe Bikila s’engagea dans la garde impériale d’Hailé Sélassié, le dernier empereur d’Ethiopie. Né le 7 août 1932, le jour même du marathon olympique de Los Angeles, Abebe était prédestiné à prolonger la légende d’un autre guerrier, Philippidès. S’entrainant seul pendant deux ans, Bikila était repéré en 1959 par sa fédération d’athlétisme et Onni Niskanen, membre finlandais de la Croix-Rouge. Passionné d’athlétisme, et notamment, tradition nationale oblige, des courses de fond, Niskanen le prend sous son aile et devient son entraineur.
Sélectionné pour les Jeux de Rome, il va courir le marathon pieds nus, comme pour ses entrainements : il a bien tenté des chaussures, mais celles-ci lui faisaient mal aux pieds. Son épaisse corne lui faisant office de semelle, il reste en tête de course durant plus de quarante kilomètres. Au passage devant l'obélisque d'Axoum, monument ramené d'Ethiopie par les troupes coloniales italiennes, Bikila attaque son compagnon d’échappée, le Marocain. Rhadi Ben Abdesselem. Avec 200 mètres d'avance à l’arrivée, il emporte finalement le marathon à l'endroit même où, un quart de siècle plus tôt, Mussolini avait prononcé le discours lançant l'Italie à l'assaut de son pays.
Il bat le record du monde et devient le premier Noir africain champion olympique. L'Afrique du Sud avait certes déjà remporté des titres olympiques, mais il s'agissait toujours d'athlètes blancs. Héros national, pour ne pas dire continental, Bikila reçoit un appartement et une voiture pour sa victoire.
Il remporte par la suite 12 marathons dont un second olympique, à Tokyo en 1964. Il ne perdra en réalité qu’à Boston en 1963, lors de son quatorzième marathon, en 1967, au cours duquel il se fracture le péroné et l’année suivante, pour son quinzième et dernier, le marathon olympique de Mexico qu’il quitte au 17 km. Victime d'un grave accident de voiture en 1969, il lutte contre la mort pendant huit mois et perd l'usage de ses jambes. Il se met alors à la course en fauteuil et au tir à l'arc. Ovationné au stade olympique de Munich lors des Jeux olympiques de Munich 1972 où il n'est qu'un simple spectateur. Il meurt en 1973, à l'âge de 41 ans, d'une hémorragie cérébrale consécutive de son accident. 65 000 personnes assistèrent à ses obsèques. Le stade national d’Addis-Abeba porte désormais son nom.

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L’équipe de France Olympique

Délégation : 237 participants (209 hommes, 28 femmes)
Porte-drapeau : Christian d’Oriola (Escrime)
Bilan : 5 médailles dans 4 sports – 2 en argent, 3 en bronze - deux féminines et une mixte. La France termine 25ème Nation

Alors que l'escrime est en panne et le cyclisme aux abonnés absents, l'équitation assure le service minimum avec une médaille de bronze au concours complet par équipes. L'aviron, avec le quatre barré, et la lutte gréco-romaine, avec l'Alsacien René Schiermeyer, en mi-moyens versent respectivement leur écot d'argent et de bronze. C'est l'athlétisme qui vaut à la France ses deux plus beaux souvenirs romains. Mardi 6 septembre, 16h15. Départ du 1500 m. Herb Elliott est le grand favori. Depuis 1958, l'Australien détient le record du monde en 3 min 36 sec. Deux enfants du Nord défendent les couleurs françaises. Les deux Michel, Bernard et Jazy, vont réussir une course inoubliable. Michel Bernard, parti sur les bases du record du monde, fait des dégâts. Au 800 mètres, Elliott revient et l'attaque. Superbe, Bernard lutte au coude à coude avant de céder aux 950 mètres. II a tout donné et finira septième. Derrière Elliott, restent le Hongrois Istvan Rozsavolgyi et Jazy, le Français d'Oignies, typographe à L'Equipe, fils d'immigrés polonais dont le père est mort de silicose. Jazy attaque à l'entrée de la dernière ligne droite. II passe le Hongrois, mais ne peut rien contre Eliott. Médaille d'argent et record de France (3 min 38 sec 4/10) pour Jazy. Médaille d'or et record du monde (3 min 35 sec 6) pour Elliott.
Enfin, sur 200m, Abdou Seye, sorti dernier du virage, termine comme une fusée et se classe troisième en 20 sec. 7/10, à 2/10 du vainqueur, Livio Berruti, le sprinteur aux lunettes noires.
Dans "Paris-Presse" du 1er septembre 1960 Jacques Faizant croque le général de Gaulle en survêtement, valise à la main, prêt à partir pour Rome et maugréant : "Dans ce pays, si je ne fais pas tout moi-même..."
Attaché à une certaine (et grande) idée de la France, le Général ne cache de fait pas son irritation devant les piètres résultats de nos représentants. Avec un bilan final qui tient sur les doigts d'une seule main, ce camouflet romain sera l'occasion d'une prise de conscience du fait que le temps de l'improvisation et de l'à-peu-près est révolu. Le sport nécessite des investissements et une planification à long terme : un programme sera mis sur pied afin de permettre à l’élite française de mieux se préparer.

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Les médailles françaises

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