Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

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Helsinki 1952

 

La fiche

Jeux de la XVe Olympiade

Date d'ouverture : 19 juillet 1952
Date de clôture : 3 août 1952
Pays de la ville hôte : Finlande
Villes candidates : Los Angeles (USA), Amsterdam (NED),
Minneapolis (USA), Detroit (USA), Chicago (USA) et Philadelphie (USA)

Participation :
69 CNO (Nations)
4 925 athlètes (518 femmes, 4 407 hommes)
149 épreuves

Ouverture officielle des Jeux : le Président Juho Paasikivi
Allumage de la vasque olympique : Paavo Nurmi et Hannes Kolehmainen (athlétisme)
Serment olympique : Heikki Savolainen (gymnastique)

Sports au programme :
Natation - Athlétisme - Basketball - Boxe - Canoë / Kayak - Cyclisme - Sports équestres - Football - Escrime - Gymnastique - Hockey - Pentathlon moderne - Aviron - Voile - Tir - Haltérophilie - Lutte

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Contexte

Entrée en Guerre Froide

Avec l’entrée des Soviétiques sur le terrain olympique (la Russie était absente depuis 1912 et l’URSS n’avait jamais participé), le retour du Japon, et de l’Allemagne (Est et Ouest ne présentant qu’une seule équipe), les Jeux d’Helsinki devenaient les plus représentatifs de l’histoire olympique.
Il était donc essentiel pour les nouveaux pays d’y participer afin de se faire connaître comme Etat et de prendre leur place dans le concert des nations. Si la représentation aux Jeux suivant immédiatement l’indépendance est aujourd’hui une préoccupation établie, en 1952, ce furent plus particulièrement les revendications olympiques coréennes, allemandes et chinoises qui perturbaient le plus le CIO. Dans ces trois cas, la participation aux Jeux d’Helsinki de 1952 était d’une importance commune aux deux Etats divisés puisqu’elle était l’occasion, soit d’affirmer leur existence, soit de se présenter aux yeux de la communauté sportive, et plus largement mondiale, comme le véritable, et de préférence unique, représentant légitime de la Nation.
Dans ce contexte de début de Guerre Froide, l’armée finlandaise était donc en état d’alerte et les athlètes de l’Est se réunirent dans un village séparé et impénétrable justifié par une volonté d’éviter tout contact superflu. Pour autant, les affrontements Est-Ouest se limitèrent aux terrains sportifs et la fête olympique se déroula sans encombre. De fait, dans leur simplicité, les Jeux d'Helsinki ont été une grande réussite sur le plan sportif et laissent un réel sentiment de fraternité.

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Les Jeux

Ces Jeux olympiques finlandais ont leur lot de belles histoires.
Paralysée sous les genoux, après une poliomyélite déclarée 12 ans plus tôt, la Danoise Lis Hartel est l’une des premières femmes à concourir contre des hommes en dressage équestre. Elle s'attribue une médaille d'argent.
En 1924, Bill Havens avait été choisi pour représenter les Etats-Unis en aviron dans le huit avec barreur, mais avait décliné la sélection afin de demeurer près de son épouse enceinte de leur premier enfant. Vingt-huit ans plus tard, l’enfant en question, Frank Havens, rapporta à son père la médaille d'or obtenue sur 10 000m en canoë monoplace. Quant à Walter Davis (U.S.A.), victime de la poliomyélite à huit ans, il gagne le saut en hauteur (2,04 m, sa taille).
Pour leur première participation, les Soviétiques impressionnent et prennent d’office la seconde place du classement des médailles. Outre leur comportement, cordial et sportif, leurs performances sont incroyables. En gymnastique notamment, les femmes remportent la compétition haut la main, débutant une série de victoires qui devait durer quarante ans, jusqu’à l'éclatement du bloc soviétique. Maria Gorochowskaja s’octroie ainsi deux fois l’or et cinq fois l’argent. Chez les hommes, Victor Tchoukarine remporte pour sa part quatre médailles d'or et deux d'argent. Il est le plus médaillé de cette édition olympique. En natation par contre, la Hongrie et les États-Unis remportent 8 des 11 épreuves au programme, tandis qu’en boxe, les Américains remportent la moitié des médailles d'or disputées.
Trois escrimeurs réalisent le doublé en individuel et par équipe : le Hongrois Pal Kovacs au sabre, le français Christian d'Oriola au fleuret et l'italien Edoardo Mangiarotti à l'épée. Ce dernier portera son total à quatre médailles durant ces jeux.
Lars Hall, charpentier suédois, devint le premier vainqueur non militaire du pentathlon moderne. Notons enfin la formidable victoire du relais 4x400m jamaïquain qui non seulement bat l’équipe américaine, mais, en 3min03’9, leur prend un record du monde établi en 1932 à Los Angeles.
Le tournoi de football, remporté par la Hongrie, connait la rencontre qui reste au final la plus politique de ces Jeux quand la Yougoslavie d’un Tito en rupture avec l’ordre stalinien l’emporte sur l’URSS par 3-1.

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Le fait

Zatopek a tout pris

Lors de la cérémonie d’ouverture, c’est Paavo Nurmi, 55 ans, qui porte la flamme olympique en haut d’une tour haute de 72,71 m, mesure du record du monde de lancer de javelot établi par le Finlandais Matti Järvinen en 1930. Après avoir grimpé cet escalier qui n’en finit pas, Nurmi laisse à Hannes Kolehmainen, 62 ans, l’autre référence nationale des courses de fond, le soin d’allumer la vasque. Comment ne pas voir dans l’identité des deux derniers relayeurs, le signe annonciateur de la consécration d’un champion d’exception, Emil Zátopek. A l’image de Nurmi, Zatopek est d’ailleurs connu pour être un précurseur en matière d’entrainement, qu’il concevait intense et par intervalles croissants d’intensité.
En 1952, le Tchécoslovaque n’en était pas à ses premiers Jeux. Quatre ans plus tôt, il avait déjà emporté l’or du 10 000m, avec un tour d’avance pris sur tous ses concurrents sauf deux, relégués pour leur part à 300m, et l’argent du 5000m, devancé alors par le Belge Gaston Reiff. Dès 1949, il battait le record du monde du 10 000m distance sur laquelle il fut invaincu 6 ans, soit 38 courses. Sa présence à Helsinki fut toutefois incertaine : révolté par l’exclusion de la délégation de Stanislav Jungwirth dont le père s’oppose au parti communiste, Zátopek met sa participation dans la balance et réussit finalement à faire partir son camarade de course. En Finlande, Zátopek s’impose à nouveau sur 10 000m, avec une avance de 100m. Il réalise le doublé sur 5 000m, après une incroyable accélération à un demi-tour de l’arrivée. Le même jour, son épouse, Dana, remporte l'or au javelot. Mais Zátopek ne s’arrête plus. Il s'inscrit à son premier marathon et le finit avec deux minutes et demie d'avance. Emil Zátopek reste le seul coureur à s'être imposé dans ces trois épreuves du 5 000m, du 10 000m et du marathon au cours d'une même édition des Jeux. Il courra une dernière fois le marathon en 1956 à Melbourne. Affaibli par une hernie opérée six semaines seulement avant les Jeux, il ne finira que sixième d’une course qui fit entrer Alain Mimoun dans la légende. A cette occasion, la "locomotive humaine" qui avait soufflé l’or au Français sur 5 000 m et du 10 000 m, se mit au garde à vous devant son ami et lui fit part du plaisir qu’il éprouvait de le voir victorieux. En 1966, grand seigneur, il offrit une de ses médailles d’or au champion australien Ron Clarke, qui ne parvint jamais à obtenir de titre olympique.
Zátopek, qui fut le premier à passer la barre des 20 kilomètres parcourus dans l’heure, fut nommé colonel au terme de sa carrière sportive. Proche d’Alexander Dubček, défenseur du « socialisme à visage humain », Zátopek se voit ébranlé par le Printemps de Prague en 1968 au cours duquel il appelle les armées d’occupations à respecter une « trêve olympique ». Radié de l’armée et du parti communiste, forcé de faire son autocritique il exerce alors des métiers manuels, notamment éboueur à Prague avant d’être envoyé dans les mines d'uranium de Jáchymov où il resta jusqu’en 1974. Réhabilité, le quadruple champion olympique tchèque s'est éteint à l'âge de 78 ans le 22 novembre 2000.

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L’équipe de France Olympique

Délégation : 244 participants (213 hommes, 31 femmes)
Porte-drapeau : Ignace Heinrich (Athlétisme)
Bilan : 18 médailles dans 8 sports – 6 en or, 6 en argent, 6 en bronze – une féminine. La France termine 7ème Nation

Un Boiteux plus rapide sur 400m

Bienna Boiteux avait terminé cinquième avec le relais 4 x 100 m aux Jeux de 1924 et de 1928, sous le nom de Mlle Pellegry. Son fils, Jean, dispute à son tour les Jeux olympiques, mais en natation cette fois. A 19 ans, Jean Boiteux réussit là où Jean Taris et Alex Jany avaient échoué en enlevant le 400m nage libre. Il faudra attendre Laure Manaudou, sur la même distance, pour que la natation française retrouve un titre olympique. A la ligne 4, Boiteux vire en 2 min 11 sec 8/10 et, suivant les conseils de Minville, son entraineur, il attaque, lâche le Suédois Per-Olof Ostrand et résiste au retour de l’Hawaïen Ford Konno. Il l'emporte en 4 min 30 sec 7/10 et donne ainsi à la France sa première médaille d'or en natation depuis la victoire de Charles de Vandeville dans l'épreuve sous l'eau des Jeux de Paris en 1900. Anecdote qui faillit lui causer des ennuis avec le CIO : son père, d’accord avec un photographe, saute tout habillé dans la piscine pour partager la victoire de son fils.

Cousins de fil d’or

La récolte débutée à Londres en 1948 avec un titre au fleuret par équipe continue à Helsinki pour un Christian d’Oriola désormais aguerri. Il réalise le doublé par équipe avec Buhan, Rommel, Netter, Noël et Lataste. Maître de son art, d’Oriola s’empare également du titre olympique et devance l’armada italienne menée par Edoardo Mangiarotti et Manlio Di Rosa, argent et bronze.
Au dernier jour des Jeux, son cousin, Pierre Jonquères d'Oriola, est en lice dans un barrage à cinq pour le titre du jumping. Montant "Ali-Baba", il passe le premier, enchaîne les obstacles et réalise un sans-faute que personne n’égale à sa suite.sans-faute. Champion olympique, une famille en or.

Un bilan heureux

En canoë-kayak, Georges Turlier et Jean Laudet gagnent le 10 km (C2) et donnent à la France sa première médaille d'or dans ce sport auquel Louis Gantois apporte pour sa part du bronze (K1 1000m).
L'aviron français attendait une médaille d'or depuis 1900. Raymond Salles, pilote de bombardier pendant la guerre, Gaston Mercier et ses 1m90, et leur barreur et Bernard Malivoire, âgé de 14 ans, gagnent enfin un titre, en deux barré, tandis que le 4 sans barreur (Blondiaux, Bouissou, Guissard, Gautier) complète par l’argent.
En cyclisme, la France se classe troisième de l'épreuve sur route par équipes, grâce notamment à un jeune homme de 18 ans nommé Jacques Anquetil.
Mady Moreau remporte l’argent en plongeon et vient compléter les médailles en natation de Jean Boiteux, mais aussi de Gilbert Bozon (argent sur 100m dos) et du relais 4x200m (bronze pour Bernadon, Eminente, Jany, Boiteux).
En boxe, Joseph Ventaja (plumes) ramène du bronze, de même que le Commandant Jousseaume en dressage. Ces Jeux furent d’ailleurs prolifiques pour l’équitation française qui récupère une troisième médaille, avec l’argent du Lieutenant Lefranc au concours complet. L’escrime, avec les titres obtenus en fleuret repart également avec trois médailles dans l’escarcelle, Lefevre, Laroyenne, Piot, Levavasseur, Morle et Tournon obtenant le bronze en sabre par équipe.
Dix-huit médailles à l’arrivée, un bon bilan, loin de celui de Londres, mais bien plus valorisant que lors des Jeux qui suivront.

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Les médailles françaises

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