Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

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Melbourne 1956

 

La Fiche

Jeux de la XVIe Olympiade

Date d'ouverture : 22 novembre 1956
Date de clôture : 8 décembre 1956
Pays de la ville hôte : Australie
Villes candidates : Buenos Aires (ARG),
Los Angeles (USA),Détroit (USA), Mexico (MEX),Chicago (USA),
Minneapolis (USA), Philadelphie (USA) et San Francisco (USA)

Participation :
67 CNO (Nations)
3 184 athlètes (371 femmes, 2 813 hommes)
145 épreuves

Ouverture officielle des Jeux : S.A.R. le duc d'Edimbourg
Allumage de la vasque olympique : Ron Clarke (athlétisme)
Serment olympique : John Landy (athlétisme)


Sports au programme : Natation - Athlétisme - Basketball - Boxe - Canoë / Kayak - Cyclisme - Sports équestres - Football - Escrime - Gymnastique - Hockey - Pentathlon moderne - Aviron - Voile - Tir - Haltérophilie - Lutte

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Contexte

Cap au Sud

Les Argentins en rêvaient, mais ce fut Melbourne qui, pour une voix, obtint des Jeux olympiques derrière lesquels l’Amérique du Sud court toujours cinquante ans plus tard. Pour la première fois néanmoins, les Jeux se tiennent dans l’hémisphère sud, et la plupart des concurrents voyagent en avion jusqu’à Melbourne. Du fait d’une législation de quarantaine équine trop sévère, les épreuves équestres se sont tenues préalablement, en juin à Stockholm, rompant la traditionnelle unité de lieu des Jeux olympiques.
Autre première, le village olympique devient mixte. 67 nations y sont présentes, mais la Chine populaire quitte le village et donc les Jeux en raison de la présence de la Chine nationaliste. La crise de Suez, débutée le 26 juillet de cette même année, motive par ailleurs l’absence de l'Égypte, de l'Irak et du Liban. Autre évènement international majeur, qui aura d’ailleurs des implications dans le déroulé des épreuves olympiques : l’invasion de la Hongrie par l’URSS. En signe de protestation, les Pays-Bas, la Suisse et l'Espagne décident de ne pas envoyer de délégation en Australie. Avery Brundage, alors président du CIO, dénonce fermement ces prises de position politiques contraires à l’idéal olympique, mais ne peut rien faire contre ces boycotts qui seront suivis par bien d’autres.
Alors qu’en Afrique du nord, la violence se déchaine, ces Jeux de Melbourne apportent une nouvelle innovation dans le rituel olympique : avant 1956, lors de la cérémonie de clôture, les athlètes défilaient par pays comme pour la cérémonie d'ouverture. Le 8 décembre 1956, sur la suggestion d'un jeune Australien nommé John Ian Wang, les athlètes entrèrent tous ensemble dans le stade, toutes nations mélangées, en un symbole d'unité mondiale.

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Les Jeux

Le Hongrois Laszlo Papp devient le premier boxeur (poids moyens) à remporter trois médailles d'or. Seul Felix Savon (Cuba) l’égalera par la suite (troisième titre en 2000).
Comme elle l'avait déjà fait en 1952, l'Américaine Pat McCormick gagne les deux compétitions de plongeon,.
En gymnastique, chez les hommes, l'Ukrainien Viktor Chukarin s'attribue cinq médailles, dont trois d'or, ce qui porte son palmarès à onze médailles dont sept d'or. Avec quatre nouvelles médailles d'or et deux d'argent, la Hongroise Ágnes Keleti amène son palmarès olympique total à dix médailles.
Ancêtre de la Dream Team, l'équipe américaine de basket-ball conduite par Bill Russell et KC Jones réussit la plus éminente performance de l'histoire olympique, en marquant en moyenne deux fois plus de points que ses adversaires avec un minimum de trente points d'avance (50,3 pts d’écart de moyenne). Bill Russell et KC Jones, qui venaient de réaliser le doublé en championnat NCAA avec l’Université de San Francisco, avaient été draftés quelques mois plus tôt par les Celtics de Boston avec lesquels ils dominèrent la NBA.
La natation australienne obtient 5 titres chez les hommes et trois chez les femmes. Elle rafle par ailleurs tous les titres en nage libre. Deux vedettes à l'orée de leur carrière éclaboussent les compétitions de toute leur classe. Murray Rose, 17 ans, est médaille d'or des 400 m, 1500m et 4x200m libre. Quatre ans plus tard, à Rome, il prendra l’or sur 400m, l’argent sur 1500 et le bronze au relais 4x200m. Dawn Fraser, 19 ans, emporte le 4 x 100 m libre et le 100 m libre, un titre qu’elle conservera à Rome puis à Tokyo ! Les Australiens ne sont pas en reste en athlétisme, puisque Betty Cuthbert devient une véritable héroïne nationale en gagnant trois médailles d'or sur 100m, 200m et 4x100m. En 1964 à Tokyo elle remportera sa quatrième médaille d’or… sur 400m !
Autre triplé, celui de l'Américain Bobby Joe Morrow qui imite Betty Cuthbert sur les mêmes distances.
Le football australien est olympique, comme sport de démonstration.
Aux épreuves d'équitation de Stockholm, notons la performance du Suédois Henri Saint-Cyr qui conserve ses titres en dressage individuel et par équipes. La Suède se classe d’ailleurs première nation équestre avec trois médailles d’or, devant la Grande-Bretagne, 6 médailles, mais seulement deux d’or.
Avec deux titres sur 5000m et 10 000m, le Soviétique Vladimir Kuts réalise un beau doublé. Sans égaler la classe de Paavo Nurmi, il apporte sa contribution au total des médailles de l’URSS. Cette dernière, quatre ans seulement après son admission aux Jeux olympiques, prend déjà la première place au tableau des médailles.

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Le fait

Sang et eau

Plus encore que le fait sportif, c’est une crise politique qui, en pleine Guerre Froide, va animer violemment les Jeux olympiques de Melbourne.
Nommé avec la bénédiction de l’URSS, Imre Nagy prend en 1954 la tête de la Hongrie, en lieu et place du stalinien Rakosi. La situation économique désastreuse amène Nagy à adopter des positions plus critiques vis-à-vis du régime imposé par l’URSS. Ecarté au profit de Rakosi dès le début 1955, Nagy revient toutefois sur le devant de la scène au cours d’une année 1956 débutée en février par le fameux XXème Congrès du Parti Communiste de l’Union Soviétique qui fait le procès du stalinisme. Cet évènement se traduit rapidement dans les Républiques socialistes par une vague de libéralisation et de contestation, avec, entre autres, des émeutes à Poznan (Pologne) en juin 1956. Réhabilitations et manifestations se succèdent notamment en Hongrie où la pression populaire en rappelle à Imre Nagy. En Pologne, Gomulka élu à la tête du Parti communiste fait le 20 octobre le procès de la politique économique stalinienne. Le 23, une grande manifestation d’étudiants hongrois réunit 50 000 personnes à Budapest en soutien à Gomulka. Imre Nagy est rappelé au gouvernement, mais, à la déstalinisation a succédé le nationalisme et la remise en cause de la tutelle soviétique. Nagy décide de retirer l’armée hongroise du Pacte de Varsovie et, le 1er novembre, proclame auprès de l’ONU la neutralité de la Hongrie. Le 4 novembre, les troupes soviétiques pénètrent en territoire magyar, la répression fait près de 20 000 morts.
Le 22 novembre, Nagy est arrêté par le KGB et déporté en Roumanie. Le même jour se tient la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Melbourne. Alors que les chenilles des chars soviétiques résonnent toujours à Budapest, c’est un silence de mort qui salue le défilé de la délégation soviétique. Un peu avant, la Hongrie avait pour sa part reçu une immense et chaleureuse ovation…
Le 6 décembre 1956, la demi-finale de water-polo oppose l’URSS à la Hongrie. Le match est tendu et, à la suite d’un coup de tête du Soviétique Valentin Prokopov au Hongrois Ervin Zador, les deux équipes en viennent aux mains. Plusieurs joueurs sont blessés dans cette piscine olympique rougie de sang et, devant l’agressivité d’un public ayant prit fait et cause pour les Hongrois, la police australienne se trouve dans l’obligation d’intervenir afin d’éviter le lynchage de l'équipe soviétique par les spectateurs. La Hongrie est déclarée vainqueur. En finale, les Magyars remportent leur second titre consécutif, l’URSS enlevant pour sa part la petite finale.
A la fin des Jeux olympiques, plus de la moitié de la délégation hongroise refuse de rentrer au pays. En 1958, Nagy est exécuté par pendaison dans la prison de Budapest.

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L’équipe de France Olympique

Délégation : 136 participants dont 7 à Stockholm (118 hommes, 18 femmes - 7 hommes à Stockholm)
Porte-drapeau : Jean Debuf (Haltérophilie)
Bilan : 14 médailles dans 7 sports – 4 en or, 4 en argent, 6 en bronze - une médaille féminine. La France termine 11ème Nation

La légende de d’Artagnan

En escrime, Renée Garilhe en fleuret dames, Mouyal, Nigon, Dagallier, Dreyfus et Queyroux en épée par équipe, rapportent une médaille de bronze. Christian d'Oriola qui n'avait cessé de protester contre l'adoption du fleuret électrique (1954) qu'il jugeait contraire à l'esprit de l'escrime veut prouver qu’il reste malgré tout le maître absolu du fleuret. Le Catalan, surnommé D’Artagnan et futur porte-drapeau de la délégation française aux Jeux de Rome, remporte la médaille d'or individuelle, quatre ans après celle d'Helsinki. Quadruple champion du monde en individuel, quadruple champion du monde par équipe, Christian d’Oriola obtient là ses dernières médailles olympiques. Vice-champion olympique en 1948, il réalise le doublé en individuel après son titre d’Helsinki. Il échoue cependant à obtenir une troisième couronne de lauriers consécutive par équipe après ses titres de 1948 et 1952. Cousin par alliance du futur champion olympique d’équitation, Pierre Jonquière d’Oriola, il reste le maître absolu de l’histoire du fleuret.

Mimoun, histoire de France

Trentième kilomètre du marathon. Depuis la mi-course, un coureur au maillot bleu portant le dossard numéro 13, est seul en tête. Sur Dandenong Road, sa foulée rasante devient soudain heurtée. Sous l'implacable soleil australien, le Yougoslave Franjo Mihalic et le Finlandais Veikko Karvonen se rapprochent. Dans la tête du leader, les pensées s'entrechoquent. La France a gagné le marathon en 1900 avec Michel Theato et en 1928 avec Ahmed El Ouafi. Selon la loi des séries, un Français doit l'emporter ici à Melbourne, 28 ans après. Et puis, il en a assez des médailles d'argent : à trois reprises, il a été battu par un phénomène, Emil Zatopek, sur 10.000 m en 1948, sur 5 000 m et 10 000 m en 1952. Or, ce samedi 1er décembre, la "locomotive humaine" a des ratés et navigue vers la sixième place. Au fond de sa souffrance, Mimoun pense à son enfant, né la veille et qu'il appellera Olympe... Enfin, c'est le tunnel et l'immense ovation du Cricket Ground de Melboume. II met un point d'honneur à terminer au sprint le premier marathon de sa carrière, bouclé en 2h 25 min. Sixième, Zatopek arrive 4min 34 sec plus tard. II retire sa casquette, salue le vainqueur, tout autant rival qu’ami, et l'étreint. Qualifié de coureur moyen à ses débuts, Alain Mimoun Ould Kacha, 35 ans, natif d'EI Telagh près de Sidi Bel Abbès, titulaire de la médaille militaire et de la Croix de Guerre avec quatre citations, blessé à la bataille de Monte Cassino, savoure "sa" Marseillaise.

Un bilan satisfaisant

En cyclisme, la France brille. Michel Rousseau, un titi parisien gouailleur de 20 ans à la puissance phénoménale, gagne la vitesse. Arnaud Geyre, Maurice Moucheraud et Michel Vermeulin remportent la course sur route par équipes. Arnaud Geyre prend une seconde médaille, individuelle cette fois, dans la course sur route. Michel Vermeulin double également. Aussi à l’aise sur route que sur piste, il remporte l’argent de la poursuite par équipe avec ses coéquipiers René Bianchi, Jean Graczyk et Jean-Claude Lecante. Une nouvelle fois le cyclisme français répond présent. A contrario, l’équitation présente un bilan vierge, une première dans l’histoire olympique tricolore.
En boxe, René de Libeer (mouches) et Gilbert Chapron (moyens) ramènent le bronze. Le 4 sans barreur fait de même avec Mercier, Guillabert, Guissart et Delacour, tandis que le C2 de Dransart et Renaud obtiennent l’argent sur 10 000m.
Notons enfin la médaille de bronze obtenue par Jean Debuf. Triple champion d’Europe, Jean Debuf est l’haltérophile français de l’Après-guerre et, avec Daniel Senet, le meilleur représentant de la discipline au cours de la seconde moitié du XXème siècle.

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Les médailles françaises

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