Comité national olympique et sportif français

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Questions/Réponses : Jean-Luc Rougé

 

JEAN-LUC ROUGÉ estime qu’ « une clarification avec l’Etat s’impose » pour que soit plus efficiente l’organisation du sport et que la contribution de l’Etat soit digne du rôle sociétal du mouvement sportif. Le CNOSF, dont M. Rougé envisage une réforme des statuts, doit être l’organe politique fort du sport au service des fédérations.

Pour construire l’avenir, M. Rougé propose de renouveler les Assises du sport français ainsi que la conférence nationale du sport. Sa philosophie s’ancre dans la mutualisation, considérant qu’il convient de définir un tronc commun et d’affiner les attentes dans leur diversité. Insistant sur la place du sport à l’école, sur la formation professionnelle, M. Rougé tient à conserver la maitrise technique et culturelle du sport.

Il propose un placement négocié avec l’Etat des effectifs des cadres des Direction Départementale Jeunesse et Sports auprès du CNOSF, pour un redéploiement sur les besoins prioritaires. M. Rougé se prononce par ailleurs pour une candidature permanente aux Jeux olympiques, et propose de reconstituer un pool de partenaires inspiré de celui réuni dans le cadre de la candidature de Paris 2012.

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Marcel Retailleau (Conseil National des CROS et des CDOS) : quelle est votre position sur le rapport Balladur (disparition clause de compétence générale, réaménagement du territoire, politique des chefs de file pour les collectivités…) ? Devons-nous attendre les textes ou faire du lobbying en amont ?
Nous connaissons un changement de système. Auparavant, les collectivités disposaient d’une compétence générale. Aujourd’hui, elles bénéficient de plus en plus de compétences spéciales, qui ne prennent pas en compte le sport. Il faudrait qu’une compétence spéciale sport soit proposée au niveau des Conseils généraux et régionaux précisant les missions dévolues à chacun des niveaux.

Isabelle Séverino (Commission des athlètes de haut niveau) : Comment envisagez-vous de travailler avec la Commission des athlètes de haut niveau ?
J’ai moi-même été athlète, et je pense qu’il faut prendre en compte l’engagement de ceux qui se sont investis par le passé, comme pour les bénévoles. Concernant les athlètes en activité, il est important qu’ils puissent s’exprimer sur l’actualité. En particulier, l’accusation permanente de dopage généralisée à tous les athlètes est insupportable. Il faudrait faire signer à tous les journaux et journalistes sportifs une charte qui permette de préserver l’intégrité des athlètes et n’incite pas à la violence, parce que les gros titres qui stigmatisent l’humiliation de telle équipe, affectent à leur tour les supporters et peuvent générer de la violence à terme. Les titreurs ont parfois des titres provocateurs qui ne vont pas dans le sens des valeurs du mouvement sportif. Voilà un des axes de collaboration que je propose avec la CAHN et suis à votre écoute pour toute suggestion complémentaire.

Edmond Seuillard (Comité Français Pierre de Coubertin) : quid de la rémunération des dirigeants, tant au niveau fédéral que pour ce qui concerne le CNOSF ?
Il ne faut pas limiter son action et exclure des compétences pour des raisons financières. Une fédération doit aider tous les dirigeants à remplir leur mandat.

Thérèse Salvadore (Fédération des Internationaux du Sport Français) : quid de la présence des femmes au sein des instances dirigeantes ?
Je suis excessivement favorable à l’ouverture vers une gouvernance mixte du sport français. Je suis pour ma part complètement opposé aux quotas, mais aujourd’hui il semble que nous soyons obligés de passer par là. J’essaierai de féminiser au maximum mes équipes dirigeantes.

Frédéric Pietruska (Fédération Française d’escrime) : concernant le financement privé, comment s’y prendre pour l’obtenir ?
Pour ma part, je ne crois pas trop au mécénat. On ne donne plus gratuitement. Dans ma fédération, je n ‘ai plus un seul partenaire qui donne sans aucune contrepartie. C’est du commerce et du partenariat actif pour les entreprises. Les anneaux ont une valeur symbolique exceptionnelle. Il faut mieux les associer aux partenaires dans le cadre d’une convention passée avec ces derniers. De même, lors des Jeux olympiques, nous pourrions intégrer les partenaires dans un village spécifique où tous pourraient être valorisés. Les partenaires veulent une candidature olympique et seraient favorables à une candidature permanente jusqu’à leur obtention. Les partenaires des fédérations pourraient également être impliqués dans un village que l’on organiserait à Londres pour la première fois.

Claude Azéma (Fédération Internationale de Pétanque) : dans les relations du mouvement sportif avec l’Etat, il me semble qu’il faille exercer un lobbying permanent, par les hautes instances du sport, mais aussi par la base. Qu’en pensez-vous et comment organiser cela ?
Je pense que l’action du mouvement sportif ne doit pas seulement se faire par les instances nationales et ne croit pas à la mobilisation dans la rue. Il convient de mutualiser les actions. Ainsi les députés, doivent, dans leur circonscription, avant même la présentation de leurs projets à Paris, être sensibilisés par les dirigeants régionaux, départementaux, locaux. Le poids de l’électorat sportif local et des médias locaux permettrait d’avoir plus d’impact.

Gérard Perreau-Bezouille (Coprésident de la Fédération Française des Clubs Omnisports) : qu’envisagez-vous pour que la dimension omnisport se retrouve dans la modification de la gouvernance du sport ?
Mutualiser. Il faut mutualiser au niveau des fédérations, mais aussi au niveau de la base. Cela nécessite une vision transversale. Je crois au travail en commun, dans la pratique, à la base, ainsi que dans l’organisation, l’administration et la gestion politique au niveau national.

Didier Gailhaguet (Fédération Française des Sports de glace) : quelle place pour les fédérations de sports d’hiver dans votre organisation du sport français ?
Je trouve que les sports d’hiver ne sont pas suffisamment considérés dans les prises de décisions relatives aux Jeux olympiques d’hiver, nous l’avons vu récemment avec la sélection de la ville requérante pour 2018. Ces fédérations sont les premières concernées, leur avis doit être primordial.

En Italie, il existe une Commission des sports de montagne et d’hiver. C’est une idée, je ne sais pas si elle peut s’appliquer de la sorte en France, mais je compte essayer de regrouper les différents acteurs des sports d’hiver, dont l’importance locale est fondamentale. De ce fait, il convient de concrétiser un partenariat entre les collectivités territoriales et les fédérations de sports d’hiver. Ces fédérations ont des demandes spécifiques, notamment en matière d’équipements. A ce titre, les Jeux olympiques sont de vrais enjeux pour développer le sport.


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