Questions/Réponses : Jean-Louis Boujon

JEAN-LOUIS BOUJON présente un programme « la France Sportive » qui s’appuie sur le symbole de l’olympisme : les 5 anneaux. Il appelle à la création d’un Parlement du Sport Français, véritable espace d’expression de toutes les Fédérations pour renforcer les décisions de l’Exécutif. Il envisage ensuite de satisfaire les besoins du Sport Français avec quatre chantiers prioritaires : l’encadrement, les équipements, les clubs, les pratiques.
Pour cela, les moyens nécessaires appellent de nouvelles recettes et une optimisation de la redistribution de ces dernières. Demandant dans le cadre de la libéralisation des jeux et paris que le montant perçu sur les sommes prélevées aux revenus de la Française des Jeux s’élève à 2% au lieu d’1%, il souhaite que des incitations fiscales favorisent le mécénat. Annonçant la création d’une commission de suivi permanent des financements, il souhaite par ailleurs relancer l’Observatoire du sport français et des pratiques sportives et définir une cohérence territoriale en liaison avec les CROS et les CDOS.
Désireux de développer une continuité entre sport scolaire et universitaire vers le sport fédéral avec de nouvelles conventions, Jean-Louis Boujon appelle à la mise en place de Jeux de la France sportive réservés aux 13/14 ans, permettant ainsi de développer l’Olympisme pour tous et pour toujours. Il appelle par ailleurs à la création de districts olympiques et à la mise en place d’une unité permanente de suivi de candidature aux Jeux olympiques, aux grands évènements et à la représentativité internationale, mais aussi d’une cellule de soutien aux sportifs post-compétition. Inscrivant son engagement dans le rassemblement, « Avec toute la famille du Sport Français », Jean-Louis Boujon estime nécessaire l’adoption d’une Charte de l’éthique des dirigeants.
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Isabelle Sévérino (Commission des athlètes de haut niveau) : quid des retraites et du statut de l’athlète ?
A un moment donné, il faut capitaliser sur ce que vous avez obtenu. Les différences sont parfois importantes entre athlètes. Ma solution consistera à chercher l’équité pour ne pas faire de différence entre ceux qui ont eu beaucoup durant leur carrière et les autres. Cette question mérite d’être étudiée très attentivement pour imaginer le dispositif réglementaire qui sera appliqué.
Concernant la participation aux instances internationales… ?
A l’international, il faut vite évacuer le problème de l’arrogance dont on nous affuble rapidement. Notre plus grand bonheur, c’est d’entendre les autres parler de la France avant que nous en parlions. Il faut redonner au sport français l’identité à laquelle j’aspire pour que toute prise de responsabilité à l’échelon international soit une plus value pour le mouvement sportif français et le CNOSF, avec une répercussion à l’échelle internationale. Je compte beaucoup sur les athlètes de haut niveau pour diffuser une autre image du sport français, en France et à l’international. Il est temps de travailler côté à côte pour gagner les batailles de demain.
Marcel Retailleau (Conseil National des CROS et des CDOS) : quelle est votre position sur le rapport Balladur (disparition clause de compétence générale, réaménagement du territoire, politique des chefs de file pour les collectivités…) ?
Il ne faut pas confondre les lois de décentralisation avec la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui se met en place pour créer un pôle de coordination avec un certain nombre de restructurations. Ce que propose Monsieur le Premier ministre Balladur, est une somme d’hypothèses pour répondre à une commande politique. Pour l’heure, il n’y a pas de démarche formelle pour dire « ça se passera comme ça ».
Cette question m’amène par ailleurs à préciser ce que je souhaite : le CNOSF doit avoir, sur tous sujets, élaboré un corps de doctrine, point d‘appui pour le Conseil d’administration et le Bureau exécutif, qui puisse défendre la volonté générale, et pas celle d’un groupe restreint. Tous ont le droit de se faire entendre. Il faut donner au CNOSF une direction pour agir dans l’intérêt général.
Gérard Perreau-Bezouille (Coprésident de la Fédération Française des Clubs Omnisports) : qu’envisagez-vous pour que la dimension omnisports se retrouve dans la modification de la gouvernance du sport ?
Si je suis élu et si le Parlement du sport français se met en place, une place vous sera naturellement réservée. J’appartiens moi-même à une Fédération nationale omnisports, dans un schéma qui rejoint celui des clubs omnisports et je comprends cette sensibilité.
Thérèse Salvadore (Fédération des Internationaux du Sport Français) : quid de la présence des femmes au sein des instances dirigeantes ?
J’ai la volonté d’intégrer les femmes dans le dispositif associatif. Je suis convaincu de la nécessité de faire participer les femmes. Ainsi à la Fédération Internationale du Sport Scolaire j’ai désigné une première vice-présidente autrichienne.
Mais le chantier ne se limite pas aux dirigeants : est-ce que les rencontres féminines sont toutes arbitrées par des femmes ?
Aujourd’hui, il y a une prise de conscience de tout le mouvement sportif sur cette participation des femmes aux instances de décision. Le constater sans rien faire, ce n’est pas grand chose. Il faut travailler à l’échelle des jeunes pour que cela porte des fruits dans l’avenir.
Il faut répéter sans cesse que quand il y a de la place et des compétences, il ne faut pas hésiter, le dire et valoriser une participation féminine. Nous irons au bout de cette logique.
Texte de l'intervention de Jean-Louis Boujon





