Comité national olympique et sportif français

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Vincent Clarico, l'héritier

 

Athlète de haut niveau spécialiste du 110m haies, international durant les années 1990 , Vincent Clarico est aujourd’hui entraîneur national, responsable des relais 4x100m (hommes et femmes) de l’équipe de France. Son but est de leur faire retrouver le chemin d’une tradition d’excellence qui a vu les relais tricolores monter sur de nombreux podiums internationaux depuis près de 50 ans. Interview.

Racontez nous votre parcours…
Je suis resté en équipe de France de 1989... à 2004, j’avais alors 38 ans et j’ai terminé dauphin de Ladji Doucouré aux championnats de France en salle. J’ai disputé les Jeux d’Atlanta en 1996 où j’ai raté la finale du 110m haies d’un rien. Je me suis classé 9e avec un chrono de 13’’43. C’était la génération 110 haies, avec les Philibert, Thibault, entre autres. Le fait d’avoir passé le professorat de sport dès 1996 m’a toujours impliqué dans le milieu. Avant d’entraîner dans un club, je faisais part de mon expérience à quelques athlètes. Mon travail à la DDJS des Hauts de Seine m’a ensuite permis de découvrir le versant institutionnel du sport en France. J’ai été durant quatre ans président de la commission des athlètes de la FFA et je suis également membre de la commission des athlètes de haut niveau du CNOSF. Depuis septembre 2005, j’ai la responsabilité du suivi socioprofessionnel au sein de ma fédération.

Dans quelles circonstances avez-vous pris les relais en mains ?
Après le fiasco des Jeux de Pékin, le DTN Franck Chevallier et son adjoint Bertrand Hoze m’ont proposé le poste. Leurs critères de sélection reposaient sur une bonne connaissance du haut niveau, sur le fait d’être motivé pour s’investir sur le terrain et de ne pas être impliqué personnellement dans l’entraînement individuel d’un des relayeurs. J’ai accepté ce superbe challenge malgré la complexité du dossier. Je ne suis pas parti à l’aventure fleur au fusil. J’ai sollicité la participation de Jo Maisetti, l’homme de tous les succès des relais masculins, ainsi que la mise en place d’une approche des regroupements relais telle que vécue dans les plus belles années de cette discipline en France. Ces conditions ont été acceptées par la DTN.


Ladji Doucouré, Eddy De Lépine, Lueyi Dovi, Ronald Pognon, champions du monde 2005 à Helsinki

Quel est votre projet ?
Pour commencer, un « entraîneur de relais » doit être beaucoup plus coach ou manager que technicien à proprement parler. La tâche est plutôt de dynamiser, motiver une équipe pour un projet accepté de tous. Je n’ai pas la responsabilité de l’entraînement individuel des membres du collectif relais. Les athlètes s’entraînent avec leurs propres entraîneurs. Mon rôle est de leur délivrer un message objectif et pragmatique. Le projet collectif est compatible, voir nécessaire, à la réalisation de leur « ambition » individuelle. La réalité de la concurrence internationale permettra « peut-être » à moins de 10% d’athlètes du collectif relais d’obtenir une médaille individuelle (soit 1 à 2 athlètes hommes et femmes confondus). La plus grande chance pour le sprint français de briller dans les grands évènements internationaux, c’est le relais ! L’histoire le prouve et le prouvera encore. Nous avons un savoir faire, un héritage qui remonte aux années 1960 et à Joseph Maigrot en particulier, plusieurs générations de médaillés ainsi que des titres mondiaux en 2003 pour les filles et en 2005 pour les garçons…

L’avez-vous communiqué à vos athlètes ?
Je leur ai expliqué d’où ils venaient. L’histoire des relais français. Tous ces podiums obtenus aux championnats du monde, d’Europe et aux Jeux Olympiques. La tradition d’excellence, le fait que l’implication dans le relais n’a jamais desservi le projet individuel, au contraire il le bonifie. Cet état d’esprit s’était un peu perdu, les ambitions individuelles primant clairement à Pékin l’an dernier.


Christine Arron, Patricia Girard, Syliviane Félix, Muriel Hurtis, championnes du monde 2003 à Paris

Qu’avez-vous déjà mis en place ?
Jo Maisetti est un entraîneur remarquable et un technicien incontournable. Il a hissé les compétences d’observation technique du relais à un niveau tel, que nous avons des années d’avance sur nos concurrents étrangers. Je suis le modeste héritier de ce savoir faire que joseph Maigrot à largement inspiré dans les années 1960. La reconnaissance des athlètes me permet de recréer un état d’esprit, pour les filles comme pour les garçons. Nos regroupements réguliers nous servent à échanger, à partager, à être ensemble tout simplement pour apprendre à mieux se connaître. Ce sont aussi des moments forts d’échanges techniques qui montrent le potentiel des ces athlètes à être des concurrents redoutables sur la piste. La première étape, même s’il est nécessaire de se remettre en question à tout moment, est sur le point d’être atteinte. Aujourd’hui, il me semble que les athlètes ont conscience de leur potentiel, confiance en eux et dans leur encadrement.


14 août 2005, Helsinki : Lueyi Dovi passe la ligne en vainqueur

Pouvez-vous nous en dire plus ?
Avec Jo, 72 ans, mais aussi motivé qu’un jeune homme, nous leur montrons ce qu’ils peuvent accomplir, l’aspect technique étant déterminant. Par exemple, un bon relais (timing, qualité des transmissions) doit gagner 3 secondes par rapport à l’addition des meilleures performances individuelles. Si ces 3 secondes ont été gagnées, on peut considérer que le relais est « optimisé ». C’est simple, 4 athlètes en 10 secondes, moins trois, ça en fait 37. Le record du monde des Jamaïcains est en 37’’10 ! Ce discours sensibilise nos athlètes. Il faut également un véritable esprit d’équipe, nous essayons de le construire avec différents moyens, un cri de guerre par exemple, comme le font ces équipes de sports collectifs qui se regroupent en cercle avant un match, et un logo que je suis en train de créer avec la participation des collectifs hommes et femmes. Le logo est un signe d’appartenance à un groupe très fort et apporte également une reconnaissance du monde extérieur.

Quels sont les objectifs ?
La situation d’aujourd’hui nous est très favorable. En effet, les athlètes avec qui nous travaillons dès à présent devraient être à Londres en 2012. Le plan est donc à quatre ans avec des objectifs ambitieux. Nous positionner N°1 européens (face aux Anglais chez les hommes, les Belges chez les dames) aux Mondiaux de Berlin l’été prochain. Avant cela, remporter la Coupe d’Europe. Aller chercher l’or à l’Euro 2010. Briller à Londres….



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Jeux Olympiques de la XXXIe Olympiade
Rio de Janeiro (Brésil)
5-21 août 2016