Comité national olympique et sportif français

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Valentin Prades : "Je suis addict !"

 


Valentin Prades - ©FF Pentathlon Moderne

A 21 ans seulement, il a remporté la finale de la Coupe du monde de pentathlon moderne, il y a quelques semaines, en Russie. Une telle victoire fuyait le clan tricolore depuis plus d'une décennie. Du 11 au 17 juillet, il sera en Pologne, à Drzonkow, pour disputer les championnats d'Europe de pentathlon moderne avec une énorme envie de médaille. Valentin Prades fait partie de la nouvelle génération de pentathlètes français qui émerge. Enthousiaste, déterminé, ambitieux, il nous parle de lui, de son sport et de ses objectifs...


©SYOGOC-Pool/Liu Jie

Comment es-tu arrivé au pentathlon ?
Par pur hasard en fait ! J’étais nageur de niveau régional et pas mauvais en course à pieds, mais pas inscrit dans un club. C’est finalement ma mère, passionnée d’équitation, qui a vu un reportage télévisé sur le pôle espoir de Font-Romeu et qui m’a convaincu que cela pouvait être une bonne chose pour moi. Après avoir passé des tests en candidat libre, j’ai été accepté, sur la base de mon potentiel je pense. Désormais, je suis addict !

Comment s’articule ton quotidien de pentathlète ?
Etant donné que je suis encore étudiant, actuellement en DUT gestion des entreprises et des administrations par correspondance, je me lève chaque matin vers 7h30 pour travailler sur mes cours. Ensuite, nous avons souvent 2 entraînements le matin, en alternant les disciplines, et encore 2 autres l’après-midi. En plus de cela, j’ai une session escrime en club chaque jeudi soir et 1 à 2 séances d’équitation supplémentaires durant la semaine. Cela nous fait des journées à 4 épreuves minimum. Hebdomadairement, nous avons environ 5 séances de natation, 5 de course, 3 d’escrime, 2 de tir et 2 d’équitation plus 2 leçons.

Tu réalises une excellente saison chez les seniors, avec déjà deux podiums, en bronze à Rio (Brésil) et en or à Nizhny-Novgorod (Russie). Considères-tu avoir franchi un cap cette année ?
Indéniablement… En tout cas, j’ai franchi un cap dans la régularité. J’ai participé à 3 étapes de Coupe du monde cette année. Je termine 8ème lors de la 1ère, avec une très mauvaise équitation alors que j’étais placé pour un podium. Lors de la 2ème étape, je décroche le bronze, et je finis 4ème lors de la 3ème. Je me qualifie pour la finale de Coupe du monde en Russie que je remporte. Dans notre sport, la régularité est essentielle. Avec 5 épreuves aussi différentes, c’est de toute manière impossible de tout gagner tout le temps.

Tu es le premier Français à remporter une victoire sur le circuit Coupe du monde depuis Sébastien Deleigne et son succès à Sydney en 1999. Comment as-tu vécu cela ?
Je crois que je n’ai pas tout à fait réalisé. J’ai fait une bonne compétition que j’ai gagnée. C’était ma 1ère victoire en senior, en plus en finale de Coupe du monde, donc c’était top ! Ensuite seulement on m’a appris que le dernier Français à avoir atteint un tel résultat était Sébastien Deleigne, un double champion du monde... C’était en effet une bonne performance, mais mon entraîneur continue d’axer son discours sur l’importance des grands championnats. Pour être reconnu, d’autant plus dans un sport peu médiatisé comme le nôtre, il est nécessaire d’être bon lors des rendez-vous internationaux, championnats d’Europe, du monde et Jeux Olympiques. Alors gagner la finale de Coupe du monde, devant les 36 meilleurs athlètes de la saison, c’est vraiment super, d’autant que cela me rapporte le même nombre de points que le champion du monde ou olympique et que cela me permet d’être 2ème à la ranking mondiale senior, mais notre objectif reste d’être bon en championnat.


©SYOGOC-Pool/Liu Jie

Avec Valentin Belaud, Jean-Maxence Berrou, Geoffrey Mégi, Christopher Patte, entre autres, et toi bien entendu, une belle génération masculine de pentathlètes tricolores semble être en train de se mettre en place. C’est de bon augure pour l’avenir de l’équipe de France…
C’est de très bon augure en effet ! Nous sommes 3 athlètes différents à être monté sur un podium de Coupe du monde cette saison, avec pas mal de places d’honneur en plus pour l’ensemble du collectif. Le groupe qui s’entraîne à l’INSEP est très performant et les juniors qui suivent viennent d’être champions d’Europe en équipe et en relais. Quelque chose est en train de se construire. Cela commence à payer, mais il ne faut surtout pas croire que c’est déjà gagné. Les médailles en championnat, nous ne les avons pas encore et il faut aller les chercher. Mais nous avons les armes pour faire des résultats.

Quels sont tes objectifs sur les championnats d’Europe de Drzonkow en Pologne ?
Nous y allons chacun avec des ambitions individuelles et une grosse ambition pour l’épreuve par équipe. Ce serait une déception de rentrer sans une médaille en équipe et en relais je pense.
Moi, je vise la médaille en relais avec Valentin Belaud et Geoffrey Mégi, et en individuel, je vise également le podium.

Gardes-tu un bon souvenir de ton expérience des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Singapour en 2010 ?
J’étais, sur le moment, un peu déçu de ma performance individuelle (8ème). Hormis cela, l’expérience en elle-même est grandiose. Je suis d’ailleurs intimement persuadé que cela m’aidera si j’ai la chance de participer un jour aux Jeux Olympiques. Même si les JO ce doit être puissance 10, je me dis que j’ai déjà fait les Jeux en fait. Cela m’a véritablement permis de toucher du doigt l’Olympisme. C’était comme chez les grands mais en plus petit !

Ta médaille de bronze à Rio lors de l’étape de Coupe du monde en mars a sans doute éveillé quelques envies chez toi… Les JO de 2016 sont déjà dans un coin de ta tête ?
Clairement ! Je veux me qualifier et aller faire une médaille à Rio ! Si on me demande de choisir entre 3 titres de champions du monde ou une médaille olympique à Rio, je signe tout de suite pour la 2ème option !



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Jeux Olympiques de la XXXIe Olympiade
Rio de Janeiro (Brésil)
5-21 août 2016