Comité national olympique et sportif français

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Bobsleigh : Les jeunes poussent !

 


Le Team Costerg - Photos Rodrigue Mériaux

Du 26 janvier au 2 février 2013, la piste mythique de Saint-Moritz accueille les championnats du monde de bobsleigh. Berceau de la discipline, la cité suisse offre un cadre idéal aux meilleurs bobeurs internationaux avec la dernière piste de glace naturelle au monde mais également la plus ancienne puisque la toute première. Un site de légende au cœur duquel nos Tricolores tenteront de s’illustrer. L'occasion de recueillir les impressions de Loic Costerg, pilote des équipages français, en bobsleigh à 2 et 4. Des équipages de moins de 24 ans de moyenne d'âge...

Pouvez-vous nous décrire les spécificités du rôle de pilote au sein d’un équipage et comment le choisit-on ?
Avant toute chose, comme son nom l’indique, le pilote, c’est celui qui dirige l’engin. C’est généralement un pilote débutant qui est à la base de la formation d’un équipage. Dès qu’il atteint un certain niveau de performance, il part à la recherche de pousseurs. C’est le schéma le plus classique. Pour ma part, cela s’est passé de cette manière.

Vous avez donc toujours été pilote ?
Oui, en effet. J’ai commencé assez tardivement le bobsleigh, à l’âge de 21 ans. De toute façon, à l’époque, la pratique n’était pas autorisée avant 18 ans. Au départ, je m’y suis intéressé avec 3-4 copains. On a eu l’envie d’essayer. Tout simplement. Je n’avais pas du tout à l’esprit de faire de la compétition, c’était vraiment pour s’amuser, dans un but de loisir. Nous nous sommes tous testés au pilotage, mais après environ 2 ans, les dirigeants de mon club, le CBLS de la Plagne, ont considéré que j’avais certaines qualités pour ce poste. C’est comme cela que j’ai commencé à faire des écoles de perfectionnement sur des pistes étrangères et mes premières compétitions internationales.

Quelles sont les différences entre piloter un bobsleigh à 2 et un à 4 ?
C’est très similaire en fait. Pour une pratique loisir, il n’y a même quasiment aucune différence. Dans une optique de performance par contre, des différences significatives existent. Le bobsleigh à 2 est un engin plus maniable et dirigeable, qui réagit beaucoup plus vite, notamment parce qu’il est moins long et lourd. Dans un bobsleigh à 4, a contrario, il faut plus anticiper et la marge d’erreur est réduite. L’engin est plus stable cependant à cause de son poids : 630kg avec l’équipage lors d’une descente, cela amène forcément une certaine stabilité.

Est-ce commun dans le milieu d’être le pilote attitré des 2 équipages de l’équipe nationale ?
La majorité des pilotes fait les deux spécialités. Généralement, on commence par le bobsleigh à 2 et, au fil de l’apprentissage et de l’acquisition de l’expérience, on passe aussi sur le 4. Aujourd’hui, presque 100% des pilotes pratique les deux disciplines.

Un bon pilote est-il forcément un pilote expérimenté, avec de la bouteille ?
A l’heure actuelle, les meilleurs mondiaux ont tous 30 ans. Très peu atteignent leur pic de performance avant cet âge, tout bêtement parce que, à mon sens, la progression passe par l’accumulation des descentes, et cela ne peut se faire que durant l’hiver. Toute la période estivale est, elle, dédiée à l’entraînement physique et non au pilotage. Tout pilote s’améliore grâce à l’expérience et encore plus en bobsleigh à 4.

Vous rentrez des championnats d’Europe, où vous avez obtenu la 10ème place en bobsleigh à 2. Est-ce un résultat à la hauteur de vos espérances ?
C’est très encourageant. Nous nous en savions capable, mais il fallait sortir une belle course. Nous avons réussi à le faire, a fortiori sur une piste pas forcément idéale pour nous mais qui nous sourit plutôt, comme par exemple l’an dernier, quand nous y avions obtenu la 5ème place des championnats du monde junior. Nous avons par contre éprouvé plus de difficultés sur le 4 (19ème), notamment à cause de notre manque d’expérience et de notre nouveau bobsleigh que nous sommes encore en train d’apprivoiser.

Qu’est ce qui fait qu’un bobsleigh est différent d’un autre ?
D’apparence, un bobsleigh est un bobsleigh en effet. Descendre et arriver sur les patins, ce n’est pas difficile en soi. Cependant, pour chercher la performance, il y a énormément de différence d’un engin à un autre, la principale étant la géométrie du châssis qui modifie sensiblement le comportement dans les virages.

Comment se passe la vie quotidienne d’un bobeur français ?
Pilote ou pousseur, aujourd’hui un bobeur français ne vit pas du tout du bobsleigh. C’est même plutôt des sacrifices financiers qu’il doit consentir pour assouvir sa passion : congés payés ou sans solde pour ceux qui travaillent et mises à disposition pour ceux qui sont encore étudiants. En hiver, la pratique est intensive. Nous effectuons plusieurs descentes tous les jours et poursuivons l’entrainement physique. Le reste de l’année, c’est de la préparation foncière, musculation et sprint notamment, pour améliorer l’explosivité, la puissance, la vitesse. Le pilote, lui, doit aussi s’occuper de l’entretien et des réglages de l’engin et éventuellement tester de nouveaux matériels (patins, bob…) en vue d’une amélioration de la performance.

Quel est votre objectif pour les championnats du monde de Saint-Moritz ?
Pour nos premiers Mondiaux, nous visons une place dans le Top 20. Dans un premier temps, cela nous permettra de prendre part à toutes les manches, puisque seuls les 20 premiers équipages se qualifient pour les 4 descentes de la compétition. C’est notre premier objectif. Ensuite, pourquoi ne pas s’approcher du Top 15, notamment en bobsleigh à 2, comme nous l’avons fait aux championnats d’Europe. Quoiqu’il en soit, ce sera très serré. Les écarts sont tellement infimes à ce niveau…

Comment va se passer la qualification pour les Jeux Olympiques de Sotchi ?
Aujourd’hui nous n’avons pas encore les critères de qualification. Ils devraient arriver bientôt et je les attends avec impatience, l’obtention d’un ticket pour les JO étant notre objectif majeur.


La sélection pour les championnats du monde de bobsleigh 2013


Bobsleigh à 2 :
Loïc COSTERG
Romain HEINRICH

Bobsleigh à 4 :
Loïc COSTERG
Romain HEINRICH
Florent RIBET
Jérémie BOUTHERIN



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Rio de Janeiro (Brésil)
5-21 août 2016