Comité national olympique et sportif français

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Tokyo 1964

 

La fiche

Jeux de la XVIIIe Olympiade

Date d'ouverture : 10 octobre 1964
Date de clôture : 24 octobre 1964
Pays de la ville hôte : Japon
Villes candidates : Détroit (USA), Vienne (AUT)
et Bruxelles (BEL)

Participation :
93 CNO
5 140 athlètes (683 femmes, 4 457 hommes)
163 épreuves

Ouverture officielle des Jeux : L'Empereur Hirohito
Allumage de la vasque olympique: Yoshinori Sakaï, un étudiant, né le 6 août 1945, jour de l'explosion de la bombe atomique à Hiroshima
Serment olympique : Takashi Ono (gymnastique)


Sports au programme : Natation - Athlétisme - Basketball - Boxe - Canoë / Kayak - Cyclisme - Sports équestres - Football - Escrime - Gymnastique - Hockey - Judo - Pentathlon moderne - Aviron - Voile - Tir - Volleyball - Haltérophilie - Lutte

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Contexte

Médaille d’Orient

L’Olympisme se pose en Orient avec ces premiers Jeux olympiques d’Asie. Pour le Japon, l’enjeu est de taille : il s’agit de faire preuve de leur reconstruction post-Seconde Guerre Mondiale et d’inscrire l’Olympisme dans le processus de démocratisation qui a suivi. Symbole de paix parmi d’autres, le dernier porteur de la flamme, Yoshinori Sakai, est né à Hiroshima le jour même où la ville fut détruite par la première bombe atomique de l’Histoire, nommée justement « Little boy ». Par ailleurs, une nouvelle étape est franchie en terme audiovisuels, avec la première couverture satellite des Jeux. Ces derniers se mondialisent progressivement. Ainsi, la présence africaine s’étoffe avec de nombreux pays nouvellement décolonisés, mais l’Afrique du Sud se voit exclue pour cause d’Apartheid. Elle ne réintégrera les Jeux qu’en 1992 à Barcelone.
En 1963, la Chine (qui avait quitté le CIO en 1958 en raison du maintien de la reconnaissance du Comité olympique de Taïwan) et l’Indonésie (elle aussi en rupture avec le CIO) avaient organisé les premiers GANEFO, Jeux des Nouvelles Forces Emergentes, à destination des pays du Tiers-monde. Ces derniers étaient en effet devenus une priorité pour Soekarno, le dirigeant indonésien qui venait d’organiser la conférence des « non-alignés » à Bandoeng (1961) et pour Pékin, qui, après sa rupture avec l’URSS, se retrouvait très isolée sur le plan international. Soekarno était d’ailleurs clair : il comptait réorganiser le sport mondial. Pour Avery Brundage, président du CIO, le péril était sérieux : « Les GANEFO qui sont entièrement politiques, présentent un défi pour tout le sport organisé ». Certains athlètes furent d’ailleurs sanctionnés pour leur participation aux GANEFO, mais le CIO adopta une position conciliante et proposa tout de même à l’Indonésie de participer aux Jeux olympiques. Refusant les sanctions du CIO, Indonésiens et Nord-Coréens déclinèrent l’invitation. Ces Jeux olympiques devaient toutefois être parfaits pour ne pas laisser de failles exploitables par la concurrence des GANEFO. Finalement, en ce début de Détente, cette édition nippone reste l’une des plus réussie de l’histoire olympique, par l’esprit, la fête et les performances.

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Les Jeux

L’Ethiopien Abebe Bikila est toujours là, et, cette fois, porte des chaussures. Cela ne l’empêche pas de gagner à nouveau le marathon moins de six semaines après une appendicectomie… Bikila, pour toujours dans l’histoire de l’Afrique, gagne son second marathon de rang (exploit inédit à l’époque) et bat le record du monde en 2 h 12 mn 11 s, nouveau record du monde. Les héros africains de demain sont déjà là qui découvrent les Jeux : le Tunisien Gammoudi (argent au 10 000m), l’Ethiopien Wolde (4ème de la même épreuve), le Kényan Kip Keino (5ème du 5000m).
Le dieu du stade s’appelle Bob Hayes, un Noir Américain surpuissant de 1,83 m pour 86 kg, qui marche les pieds en dedans mais court plus vite que tout le monde malgré une technique plutôt primaire. En demi-finale, il court en 9’90 avec toutefois un vent trop favorable de 5,28 m/s. En finale, il égale le record du monde en 10 secondes juste et laisse ses suivants à 2 mètres. Après l'or olympique, Hayes découvrira l'argent du football américain où il se couvrira de gloire sous le maillot des Dallas Cowboys.
Dans la piscine, le nageur américain Donald Schollander gagne quatre médailles d’or, tandis que la nageuse australienne Dawn Fraser décroche pour la troisième fois le titre du 100m nage libre. Autres triplés, ceux du rameur soviétique Vyacheslav Ivanov qui ramène sa troisième médaille d’or du simple scull, et de l’Américain Al Oerter au lancer du disque, en dépit d’une vertèbre cervicale démise qui le força à porter une minerve et lui déchira des cartilages au niveau des côtes une semaine avant la compétition.
Mais les collectionneurs toutes catégories s’appellent Dezso Gyarmati et Larysa Latynina. Le premier, joueur de water-polo hongrois obtient à Tokyo sa cinquième médaille consécutive (or en 1952, 1956 et 1964, argent en 1948 et bronze en 1960). Lui qui nageait le 100 mètres en 58,5 secondes deviendra entraîneur et sélectionneur de l'équipe de Hongrie qui enleva un nouveau titre olympique en 1976. Quant à la gymnaste ukrainienne Latynina, elle remporte deux médailles de chaque sorte et amène son palmarès général au nombre incroyable de dix-huit médailles olympiques. Seule gymnaste à avoir remporté des accessits dans toutes les épreuves sur deux olympiades, Latynina détient toujours le record du nombre de médailles olympiques.
Spécialité japonaises, le judo et le volley-ball font leur entrée au programme olympique, comme sports de démonstration. Si le premier titre de volley-ball féminin est remporté par les Japonaises, les Soviétiques et les Tchécoslovaques devancent les Nippons sur le podium masculin. Au judo, les Japonais gagnent tous les titres, sauf un…

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Le Fait

Anton, l’air de la victoire

Créé par Jigoro Kano en 1882, le judo (voie de la souplesse) est, avec le sumo, le sport national japonais par excellence. Le CIO ne pouvait donc pas faire plus beau cadeau aux Nippons que d’intégrer le judo au programme des Jeux. L’issue des combats était largement prévisible : le Japon devait faire le plein de médailles d’or. Une ombre se profilait néanmoins, et de taille, cette d’Anton Geesink. Né le 6 avril 1934 à Utrecht, Geesink est un phénomène de la nature : 118 kilos pour 1m98, et malgré tout suffisamment souple et agile pour la discipline. En 1961 à Paris, il est d’ailleurs le premier judoka à battre un Japonais lors des championnats du monde.
Habitué des stages aux Japon, Geesink ne craint pas ce déplacement olympique. Inscrit en open (« toutes catégories »), Geesink passe sans trop d’encombres les tours jusqu’en finale. Là, dans le Budokan, Geesink affronte Akiro Kaminaga, une étoile au pays du soleil levant qu’il avait néanmoins déjà battu à Paris. Ce dernier, avec ses 102 kilos et une taille moindre que Geesink, est néanmoins porté par tout un peuple et par 15000 spectateurs présents au dojo.
Las, à la neuvième minute de l’affrontement, Geesink conclut le combat par un hon-gesa-gatame, une immobilisation dont le Japonais, après trente secondes d’efforts désespérés ne parviendra pas à se sortir. Le Néerlandais tient une victoire historique en terre nippone. Le dénouement est digne des valeurs de la discipline et des codes de la nation japonaise. Tous les spectateurs se lèvent et applaudissent l’exploit du géant d’Utrecht. Puis se rasseyent et pleurent. De son côté Geesink fait preuve de sa parfaite connaissance de la civilisation du pays hôte et du respect qu’il éprouve à l’égard du peuple japonais : alors qu’en 1961, à Paris, les supporters hollandais avaient envahi les tatamis, Geesink met un point d’honneur à les empêcher de rééditer cette manifestation de joie. La victoire suffit, l’humiliation serait de trop. Pour le Japon, cette défaite fut un affront, pire, un véritable deuil. Elle aura néanmoins un immense mérite : celui de constituer le véritable acte fondateur du judo universel, de crédibiliser l’internationalisation de l’art martial nippon.
Par la suite, et dans la grande tradition japonaise, Anton Geesink, au cours de ses nombreux déplacements au Japon, reçut toujours un accueil digne des plus grands de ce monde. En 1987 Anton Geesink est devenu membre du CNO des Pays-Bas puis du CIO. Il est actuellement le seul 10ème dan vivant non japonais.

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L'équipe de France Olympique

Délégation : 142 participants (120 hommes, 22 femmes)
Porte-drapeau : Michel Macquet (Athlétisme)
Bilan : 15 médailles dans 8 sports – 1 en or, 8 en argent, 6 en bronze - deux féminines et une mixte. La France termine 21ème Nation

Une équipe complète

Avec des médailles obtenues dans huit disciplines différentes, la France a présenté à Tokyo une équipe au niveau certes moyen, mais complète. Avec dix médailles de plus qu’à Rome, la France revient du Japon avec la satisfaction d’un devoir accompli.
En athlétisme, la Bretonne Maryvonne Dupureur, prend l’argent sur 800 m tandis que le relais 4 x 100 m (Paul Genevay, Bernard Laidebeur, Claude Piquemal et Jocelyn Delecour) s’octroie le bronze. Sur les plans d’eau, les frères Jacques et Georges Morel et Jean-Claude Darouy prennent l’argent en aviron (deux barré), de même que Jean Boudehen et Michel Chapuis en canoë-kayak (C2 1000 m). Le boxeur Joseph Gonzalès en super-welters et l'équipe de jumping (équitation) montent également sur la deuxième marche du podium.
En escrime, Claude Arabo décroche l’argent au sabre et Daniel Revenu le bronze au fleuret, tandis que les équipes de fleuret et d’épée reviennent avec une médaille de bronze. Et au vélodrome, pour la troisième place de la vitesse, Daniel Morelon bat Pierre Trentin, bronzé au kilomètre trois jours plus tôt.

L’argent amer

Christine Caron, la "Parigote" gouailleuse, a battu le record du monde du 100 m dos quatre mois jour pour jour avant sa finale olympique. Qu'importe que l'Américaine Virginia Duenkel l'ait amélioré depuis, en ce mercredi 14 octobre, avec l'audace de ses 16 ans, l'élève de Suzanne Berlioux y croit. A 40 mètres du but, elle possède encore 50 cm d'avance sur Cathy Ferguson. "Kiki" s'incline finalement pour 2/10 de seconde. La France est triste.
En ce mercredi noir, un drame se joue en escrime. Alors que, Jean-Claude Magnan joue l'or contre le Polonais Egon Franke. Deux touches évidentes n'ont pas été comptabilisées en faveur du Français. La lampe ne s'est pas allumée. II perd d'une touche. Héritier du grand Christian d'Oriola, Magnan est trahi par ce fleuret électrique que le Catalan abhorrait.

Deux de chute

Ces Jeux resteront de cruels souvenirs pour le nageur Alain Gottvalès, arrivé à Tokyo en recordman du monde du 100 m nage libre, et qui, victime du trac, n’en repart qu’avec une cinquième place.
Michel Jazy, s’était inscrits sur le 1500 m et le 5 000 m. Las, 52 concurrents s’étant alignés sur 1500m, il est décidé de rajouter un tour de qualification. Craignant de ne pouvoir assumer toute ces séries de course, Jazy renonce au 1500m pour se concentrer sur le 5000m. Dévoré par la peur de décevoir, lui aussi, handicapé par la pluie qu'il exècre, Jazy attaque néanmoins à 350 mètres du but et creuse un écart de 10 mètres. Mais 200 mètres plus loin, il commence à "piocher", ses jambes durcissent, sa tête balance. A 50 mètres du fil, l'Américain Bob Schul le dépasse, il va chercher le premier titre américain sur 5000m. Jazy s’écroule et finit quatrième, ne sera jamais champion olympique. Il déclarera plus tard :"Il a suffi que le trac passe une seconde dans ma tête pour flanquer par terre toute une partie de mes certitudes des jours précédents... ».

Un Soleil tardif

Samedi 24 octobre, dernier jour des Jeux. Dans le camp français on fait ses comptes : huit médailles d'argent, six de bronze. C'est mieux qu'à Rome mais l'absence de médaille d'or laisse un goût d'inachevé. Alors que le ministre Maurice Herzog, dressant un bilan final, a déjà applaudi les quatorze médailles de la délégation, et que les journalistes, en salles de presse, rédigent leurs conclusions, les cavaliers sautent.
Première manche le matin. Pierre Jonquères d'Oriola monte Lutteur B, le cheval qu’il aura le plus aimé de sa carrière. Il commet deux fautes avec un dépassement de temps mais reste néanmoins en course pour le podium. Alors que ses adversaires mangent leur sandwich, il s'offre un bon repas au restaurant. L'après-midi, le cousin de Christian d’Oriola, légende de l’escrime, fait un sans-faute et enlève sa deuxième médaille d'or, douze ans après Helsinki. Et dire que le Catalan, en délicatesse avec la Fédération française d’équitation a failli ne pas venir à Tokyo, certains dirigeants arguant même qu’il était désormais trop vieux avec ses 44 ans. Sans la détermination du colonel Marceau Crespin, Directeur des sports, il n'aurait sans doute pas fait le voyage. Merci, mon colonel !
Quatre ans plus tard, d’Oriola ramènera une nouvelle médaille, l’argent par équipe.

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Les médailles françaises

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Voir aussi

 

 

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