Comité national olympique et sportif français

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Nagano 1998

 

La fiche

Dates : 7 - 22 février
Nations : 72
Sports : 14 (le snowboard et le curling font leur apparition)
Sports de démonstration : Néant
Epreuves : 68
Mascotte : Les Snowlets, nées, pour l'occasion, d'une chouette
Autres villes candidates : Oestersund (Suè), Anchorage (USA), Sofia
Participants : 2304 (1489 hommes et 815 femmes)
Participants français : 108 (76 hommes - 32 femmes)
Médailles distribuées : 205 (2 médailles de bronze ex aequo en bob à 4)
Palmarès français : 8 médailles (2 or pour Jean-Luc Crétier en ski alpin et Karine Ruby en snowboard, 1 argent, 5 bronze)
Ouverture des Jeux : Proclamée par l'empereur du Japon Akihito
Serment Olympique : Prêté par Kenji Ogiwara, spécialiste du combiné nordique
Flamme Olympique : Allumée par la patineuse artistique Midori Ito
Président du CIO : Juan Antonio Samaranch (Esp)
Droits TV : 3,078 milliards de francs (2,250 mds de F pour les USA - CBS -, 432 MF pour l'Europe - UER - et 225 MF pour un consortium japonais)

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Les repères

Première
L'Australienne Zali Steggall donne à son pays sa première médaille de ski alpin. Le bronze du slalom derrière l'Allemande Hilde Gerg et l'Italienne Deborah Compagnoni.

Est-Ouest
Sur les 22 médailles remportées par les Allemandes - l'Allemagne en a conquis 29 -, 16 sont le fruit de sportives nées dans l'ex-RDA.

Gastronome
Bien que respectant un régime strict pour réaliser ses performances, Bjoern Daehlie anime, en compagnie de son coéquipier Vegard Ulvang et d'un grand chef norvégien, une émission télévisée sur l'art culinaire.

Infranchissable
Le gardien tchèque Dominik Hasek est un mur infranchissable face au Canada et à la Russie. En demi-finale, face aux hockeyeurs canadiens, il s'offre le luxe d'arrêter 5 tirs au but.

Bredouille
Déception pour l'Italie. Alberto Tomba repart bredouille du Japon. Disqualifié dans le géant, il ne prend pas le départ du slalom, son épreuve de prédilection.

Professionnels
Pour la première fois, le tournoi olympique de hockey sur glace accueille des professionnels, au premier rang desquels le légendaire Canadien Wayne Gretzky.

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Le résumé

Nagano réussit les derniers Jeux du siècle


cérémonie de clôture

Lors de la cérémonie de clôture, Juan Antonio Samaranch déclenche une ovation en déclarant avoir connu à Nagano "la meilleure organisation des jeux Olympiques d'hiver". Même s'il s'agit là d'une formule convenue que le président du CIO prononce rituellement tous les quatre ans, personne n'aura le mauvais goût de le contredire.

Il est vrai que les derniers Jeux d'hiver du XXe siècle se sont sortis sans encombre des difficultés qui se dessinaient à leur ouverture : tension américano-irakienne, caprices du temps, programme des compétitions de ski alpin remanié, site de la descente contesté par les écologistes. Sans oublier la peur d'un attentat après l'attaque à la roquette de l'aéroport de Tokyo peu avant le début des JO.

Avec un chiffre record de 2304 athlètes venant de 72 nations, le dernier rendez-vous platénaire hivernal voit le triomphe de l'Allemagne et surtout le succès de ses sportives.

A l'image de Katja Seizinger (photo 2), qui cumule l'or de la descente et du combiné, les Allemandes récoltent une importante moisson olympique en enlevant 21 des 29 médailles conquises par leur pays ; leurs coéquipiers ne sauvent l'honneur qu'en bobsleigh, luge ou saut à skis.

Derrière l'Allemagne qui retrouve son lustre d'antan, la Norvège et la Russie sont toujours aux avant-postes.


Tara Lipinski


Ilia Kulik

La Russie brille en patinage artistique : ses représentants laissent juste échapper le titre féminin, décerné à la petite Américaine Tara Lipinski. Ilia Kulik, Kazakova-Dmitriev (couples) et Gritchuk-Platov (danse) gagnent l'or.

En ski de fond, une mère de famille, Larissa Lazutina, enlève cinq médailles dont trois d'or.


Larissa Lazutina

Daehlie roi du XXe siècle

En fond, les regards convergent vers Bjoern Daehlie. Le grand Norvégien, dont le but avoué est de devenir le premier sportif avec 8 titres olympiques, est ponctuel au rendez-vous de l'histoire olympique. Après l'or du 10 km classique et du relais, il trouve les ressources nécessaires pour gagner celui du 50 km (photo 1). Et réaliser son rêve. Son palmarès olympique est unique : 8 médailles d'or, 4 d'argent.

Pays-hôte, le Japon vibre aux exploits de ses sportifs. Ils sont des milliers à se regrouper au pied du tremplin de saut à skis où excelle Kazuyoshi Funaki (photo 2), qui empoche l'or du grand tremplin et de l'épreuve par équipes, ainsi que l'argent du tremplin normal.

Les Nippons accueillent dans la ferveur les médailles d'or de Tae Satoya en ski artistique mais plus encore celle du tonique Hiroysasu Shimizu (photo 3) dans le 500 m messieurs en patinage de vitesse.

Sur l'anneau de vitesse, les Pays-Bas brillent, grâce notamment à Gianni Romme et Marianne Timmer (photo 4), qui gagnent deux médailles d'or chacun. En revanche, les Etats-Unis y connaissent un échec retentissant.

Cette déconvenue ajoutée à l'élimination prématurée de leur équipe dans le tournoi de hockey sur glace provoque une désaffection des téléspectateurs d'outre-Atlantique. La chaîne CBS, qui a payé 375 millions de dollars (2,4 milliards de francs) de droits télévisés, enregistre une baisse de 30 % de son audience. Il est vrai qu'avec seulement 13 médailles, dont 6 d'or, les Américains n'ont pas été à la hauteur.

Au contraire du skieur Hermann Maier. L'Autrichien, bien que victime d'une spectaculaire chute lors de la descente, réussit une belle performance en gagnant l'or du super-G et du géant, faisant de lui un des héros de ces Jeux.

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Le fait

Rebagliati disqualifié puis réhabilité
Nagano. Dimanche 8 février. Le Canadien Ross Rebagliati entre dans l'Histoire des JO en devenant le premier médaillé d'or du snowboard, un sport qui fait son apparition dans le programme olympique.

Pour deux centièmes de seconde, il gagne le slalom géant (photo 1) devant l'Italien Thomas Prugger, grâce à une seconde manche exceptionnelle. Cela après avoir pris le huitième temps de la première.

Pour ce blond célibataire de 26 ans, c'est la consécration.

Emouvant, il dédie sa victoire à un ami mort dans une avalanche une quinzaine de jours avant son exploit. Exubérant, le Canadien, qui possède son fan-club au Japon, savoure sa victoire acquise sur la piste fortement enneigée et dans la brume de Shiga Kogen. Sur le podium officiel de la grand place de Nagano, il confie qu'il va "fêter cela toute sa vie".

Mais trois jours plus tard, la fête tourne court : contrôlé positif à la marijuana, il est disqualifié. C'est le premier cas de dopage des derniers JO d'hiver du siècle. Après le cas du sprinteur Ben Johnson en 1988, le Canada est sous le choc. Mais la délégation du Canada, par la voix de Carol Ann Letheren (photo 2), qui était chef de la mission, interjette appel auprès du Tribunal Arbitral du Sport (TAS).

Entendu par la police
L'usage de la drogue, y compris la marijuana, étant un délit majeur au Japon, Ross Rebagliati est même entendu par des policiers nippons.

Au sein du CIO, des divergences de vue s'élèvent. Après un débat très vif entre les membres de la commission médicale, celle-ci se prononce à une courte majorité pour la disqualification du Canadien. De même au sein de la commission exécutive, où la position du membre japonais est déterminante.

Le 12 février, Ross Rebagliati et la délégation canadienne soufflent. Le TAS casse la décision du CIO. Le classement du slalom géant est entériné (photo 1). La médaille d'or est restituée (photo 2) à celui qui avait déclaré avoir absorbé le produit incriminé de façon passive lors de soirées au Canada, peu avant son départ pour Nagano.

Pourtant des analyses d'urine prélevées sur Rebagliati en novembre et décembre 1997 à Vancouver et Whistler Mountain avaient révélé des taux de métabolites de marijuana de 90 et 120 nanogrammes - largement supérieurs à celui autorisé par la Fédération Internationale de Ski (15 nanogrammes). Et à Nagano, les chiffres enregistrés n'atteignaient que 17,8 nanogrammes.

Une preuve que Ross Rebagliati "n'a pas été qu'un consommateur passif ces derniers mois", souligne le prince Alexandre de Mérode, président de la commission médicale du CIO.

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L'exploit

Hermann Maier le miraculé
Hermann Maier n'a jamais fait les choses comme les autres. Venu au plus haut niveau malgré une maladie dans son adolescence, le skieur de Flachau a une nouvelle fois prouvé à l'occasion des jeux Olympiques de Nagano qu'il était un skieur extrêmement volontaire.

Vendredi 13. Favori de la descente olympique, après un bon résultat dans celle du combiné, Maier s'élance avec le dossard 8 sur la piste d'Hakuba. Quelques minutes et quatre rangs après le Français Jean-Luc Crétier, qui vient d'établir le meilleur temps.

Après une vingtaine de secondes de course, Hermann Maier (photo) "s'envole" sur une bosse. Celui qui lors d'un entraînement avait qualifié la piste de "trop plate" et "trop facile", s'écrase une cinquantaine de mètres plus loin. Dans l'élan, il traverse deux barrières de sécurité et termine sa glissade hors de la piste.

"Herminator", qui dans sa chute a rebondi sur les épaules et la tête, s'en tire avec un mal de tête et de multiples ecchymoses. Si pour certains, il s'agit d'un "miracle", le médecin de l'équipe autrichienne estime que "la musculature exceptionnelle" de l'Autrichien lui a permis de s'en sortir à si bon compte.

Doublé pour "Herminator"
Et Maier, qui renonce au slalom du combiné, décide pourtant de prendre le départ du super-G, programmé seulement deux jours après sa chute spectaculaire.

Tous les regards sont alors fixés sur lui. Personne n'a oublié l'interminable vol plané du colosse autrichien, pantin désarticulé pendant sa chute. Avec son dossard 8, Maier (photo 1) met la barre très haut. Il réussit un temps de 79/100 inférieur à celui de son compatriote Hans Knauss. Seul le Suisse Didier Cuche viendra s'intercaler entre les Autrichiens. Hermann Maier remporte sa première médaille olympique. Elle est en or.

Le 19 février à Shiga Kogen, il réalise le doublé en survolant le géant (photo 2) dont il réalise le meilleur temps des deux manches. En reléguant son compatriote Stefan Eberharter à près d'une seconde, il rejoint l'Allemand Markus Wasmeier, qui avait gagné le géant et le super-G à Lillehammer.

"J'ai skié jusqu'à la dernière limite", reconnaît l'ancien maçon, qui, à force d'abnégation, est devenu le meilleur skieur autrichien (photo 3).

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Les anecdotes

Revanche

Les Norvégiens, qui avaient perdu l'or du 4x10 km messieurs lors du dernier relais à Lillehammer, prennnent leur revanche sur les Italiens. Pour faire face à la combativité de Silvio Fauner, les Norvégiens désignent Thomas Alsgaard (photo, centre) à la place de Bjoern Daehlie, comme dernier relayeur. Battu de 4/10 de seconde par l'Italien à Lillehammer, Daehlie préfère être le troisième homme. Alsgaard l'emportera de 2/10.

Mamans
L'équipe de Russie victorieuse du 4x5 km de ski de fond est composée de quatre mères de famille. Larissa Lazutina est la mère d'une petite Alissa, Danilova des jumeaux Simeon et Savilii. Nina Gravriliuk a une fille, Evguenia. Quant à Frans, il est l'enfant d'Elena Vaelbe.

Oubli

En gardant sa casquette pendant l'hymne du pays du soleil levant, la Japonaise Tae Satoya (photo, centre), médaillée d'or en ski artistique et égérie de mangas (bandes dessinées japonaises), provoque un début de scandale.

Retour

En s'emparant de la médaille de bronze de l'épreuve par équipes de combiné nordique, Fabrice Guy (photo, 1er plan) et Sylvain Guillaume (photo, à droite) signent un étonnant retour. Avec leurs jeunes équipiers Nicolas Bal et Ludovic Roux, les médaillés d'or et d'argent de l'épreuve individuelle d'Albertville en 1992, réapparaissent au bon moment, à près de 30 ans.

Surprise

A 31 ans, Jean-Luc Crétier crée une énorme surprise en gagnant la descente (photo). Le Français enregistre à cette occasion le premier succès de sa carrière. Et le premier de la France aux Jeux dans cette discipline après Jean-Claude Killy, en 1968.

Chaussures
Une polémique oppose le lugeur allemand Georg Hackl, triple médaillé d'or, aux délégations américaine et canadienne concernant ses chaussures profilées. Au point qu'un dirigeant de la fédération des USA laisse échapper une malencontreuse remarque concernant la bombe nucléaire. Une référence très mal appréciée au Japon.

Mines

Le Britannique Chris Moon (photo), mutilé dans une opération de désactivation de mines anti-personnels au Mozambique, porte la torche olympique à son entrée dans le stade lors de la cérémonie d'ouverture.

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Les Français aux Jeux

Le premier grand événement de ces Jeux, la descente masculine, programmée le dimanche 8 février, dès le deuxième jour des compétitions, n'aura lieu que le vendredi 13 sur la " Happo One " de Hakuba.
Les reports successifs, la particularité du terrain, les pièges du parcours, il faudra skier avec un sens tactique aiguisé, tout en retenue pour épouser la bonne trajectoire en début de parcours avant d'augmenter progressivement sa vitesse pour arriver à plein régime dans le schuss final. Un skieur, le dossard N°3, va mieux que quiconque appréhender la donne. C'est le Français Jean-Luc Crétier! L'ancien " Top Gun " devient champion olympique de descente 30 ans après Jean Claude Killy, et sera porté en triomphe dans l'aire d'arrivée par ses anciens et glorieux camarades devenus consultants TV, Luc Alphand et Franck Piccard. Pour avoir pris tous les risques sur les premières portes, Hermann Maier sera littéralement éjecté du parcours, effectuant un impressionnant vol plané. Les images de cette terrible cabriole du champion autrichien feront le tour du monde. Pourtant, Maier remportera quelques jours plus tard les titres olympiques du Super-G et du géant!

L'équipe de France collectionne les premières avec Karine Ruby, championne olympique du snowboard (slalom géant) nouvellement inscrit au programme, ou encore le quatuor Mingeon/le Chanony/Hostache/Robert qui se classe 3E de l'épreuve de bob à quatre. Première médaille française dans cette discipline. Le tableau de chasse tricolore est complété par Florence Masnada, médaille de bronze de la descente féminine, Sébastien Foucras, vice-champion olympique en saut acrobatique, ou encore les " combinards " Sylvain Guillaume, Nicolas Bal, Ludovic Roux et Fabrice Guy, qui prennent la 3e place du relais, quatre ans après les exploits individuels d'Albertville. Enfin, habité par le personnage de d'Artagnan, Fabrice Candeloro fait chavirer le cœur des Japonaises, met le feu à la glace de la patinoire de Nagano, et monte de nouveau sur la 3e marche du podium du patinage artistique masculin, tandis que Gwendal Peizerat et Marina Anissina perpétuent une belle tradition en prenant la même place à l'issue de l'épreuve de danse.

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Les médailles françaises

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