Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

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Albertville 1992

 

La fiche

Dates : 8 - 23 février
Nations : 64 (dont la CEI et l'Allemagne unifiée)
Sports : 12
Sports de démonstration : 3 (freestyle, curling, kilomètre lancé)
Epreuves : 57
Mascotte : "Magique", un lutin
Autres villes candidates : Sofia, Falun (Suè), Lillehammer (Nor), Cortina d'Ampezzo (Ita), Anchorage (USA), Berchtesgaden (All)
Participants : 1801 (1313 hommes et 488 femmes)
Participants français : 129 (96 hommes - 33 femmes)
Médailles distribuées : 171
Palmarès français : 9 médailles (3 d'or pour le relais féminin de biathlon, Edgar Grospiron en bosses et Fabrice Guy en combiné nordique)
Ouverture des Jeux : Proclamée par François Mitterrand, président de la République française
Serment Olympique : Prêté par la patineuse artistique Surya Bonaly
Flamme Olympique : Allumée par le footballeur Michel Platini et François Cyril Grange, un enfant de 9 ans
Président du CIO : Juan Antonio Samaranch (Esp) Droits TV : 1,48 milliard de francs (1,215 md de F pour les USA - CBS -, 90 MF pour l'Europe - UER)

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Les repères

Croissance
64 pays, 57 médailles d'or, 1801 athlètes (presque 400 de plus qu'à Calgary). Les Jeux d'hiver poursuivent leur croissance.

Footballeur
C'est Michel Platini, le plus prestigieux des footballeurs français, qui est le dernier relayeur de la flamme.

Serment
Pour la première fois aux Jeux d'hiver, une athlète noire prononce le serment olympique aux JO d'hiver : la patineuse Surya Bonaly.

Démonstration
Kilomètre lancé, curling (pour la 4e fois), ski acrobatique (saut et ballet) sont les trois sports de démonstration à Albertville.

Benjamin
Vainqueur du grand tremplin en saut à skis, le Finlandais Toni Nieminen devient le plus jeune médaillé d'or des Jeux d'hiver. Il est âgé de 16 ans et 261 jours.

Fin de série
L'Allemagne gagne le 4 x 7,5 km de biathlon. Jusqu'ici, l'URSS était invaincue depuis l'apparition du relais aux Jeux, en 1968 à Grenoble.

Quadruple
Le patineur tchécoslovaque Petr Barna est le premier à réussir un quadruple saut aux JO. Un exploit qui lui vaut la médaille de bronze.

Japon
3e du 1500 m de patinage de vitesse, Seiko Hashimoto est la 1re Japonaise médaillée aux Jeux d'hiver.

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Le résumé

Toute une région mobilisée
Paris battue par Barcelone pour l'organisation des Jeux d'été de 1992, la France se console quand les JO d'hiver sont confiés à Albertville. A la Savoie, plus exactement, car c'est toute une région qui se mobilise pour ces 16es Jeux d'hiver, répartis sur treize sites.

Ces troisièmes JO d'hiver "made in France" sont nés de la volonté de deux hommes, Michel Barnier, député de la Savoie, et Jean-Claude Killy, triple champion olympique de Grenoble, devenu homme d'affaires à succès.

Le 17 octobre 1986 à Lausanne, quand Albertville est choisie. Barnier et Killy rayonnent.

29 janvier 1987. Avis de tempête sur Albertville : Killy démissionne de son poste de président du COJO, le comité d'organisation. Voulant revoir l'attribution des sites et retirer notamment le ski alpin aux Ménuires, il provoque un tel tollé qu'il jette l'éponge, écoeuré. Mais le 10 mars 1988, il revient comme coprésident du COJO avec M. Barnier, à la satisfaction de tous, Savoyards, président du CIO et autorités politiques françaises.

La vallée de la Tarentaise a été désenclavée par d'importants travaux routiers qui permettent un peu d'oublier l'éclatement des sites, parfois distants d'une centaine de kilomètres. La neige est au rendez-vous. Les Jeux peuvent commencer.

Lors de la cérémonie d'ouverture avant-gardiste, mise en scène par Philippe Découfflé, de nouvelles nations défilent devant le président François Mitterrand. En effet, depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, l'Europe a beaucoup changé, avec l'éclatement de l'URSS et de la Yougoslavie.

C'est parti pour Daehlie
Une seule Allemagne défile, unifiée, mais aussi, pour la première fois, une équipe de Croatie et de Slovénie. Une partie des républiques de l'ex-URSS devenue CEI est regroupée sous le nom d'Equipe Unifiée. Estonie, Lettonie et Lituanie alignent des équipes indépendantes.


Franck Piccard

Déception française en ski alpin. Franck Piccard, champion olympique de super-G à Calgary, est deuxième de la descente derrière l'Autrichien Patrick Ortlieb, pour 5 centièmes de seconde. Devancé en slalom par le Norvégien Finn Christian Jagge, l'Italien Alberto Tomba s'adjuge sa troisième médaille d'or en gagnant le géant. Chez les dames, l'Autrichienne Petra Kronberger signe le doublé slalom-combiné.

La Norvège fait main basse sur le de ski de fond masculin. Bjoern Daehlie, qui entame sa moisson-record, et Vegard Ulvang gagnent tous deux 3 médailles d'or et 1 d'argent. Chez les dames, la Russe Lioubov Egorova fait mieux : 3 d'or et 2 d'argent. Elle est la reine des Jeux.

Bonnie Blair et Gunda Niemann dominent le patinage de vitesse : l'Américaine gagne le 500 et le 1000 m, l'Allemande le 3000 et le 5000 m.

Enfin, on innove à Albertville : les femmes font leurs débuts au biathlon), le short-track et le ski acrobatique font entrer le cirque et le "fun" aux Jeux.

L'Allemagne réunifiée pointe en tête des 64 nations (nouveau record) avec 26 médailles dont 10 d'or, devant la CEI (23 dont 9 d'or).

Ainsi se terminent les derniers Jeux d'hiver à se tenir la même année que ceux d'été. Les prochains, qui auront lieu dès 1994, à Lillehammer, marqueront le début de l'alternance JO d'hiver - JO d'été tous les 2 ans.

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Le fait

Les premiers Jeux après l'éclatement du bloc de l'est

Patinoire de Méribel, 23 février 1992. Andreï Khomutov reçoit sa 3e médaille d'or olympique, après celles de Sarajevo et de Calgary. Mais, contrairement aux deux premières fois, ce sont l'hymne et le drapeau olympiques qui saluent sa victoire et celle de ses coéquipiers dans le tournoi olympique de hockey sur glace.

L'hymne de l'URSS, le drapeau rouge avec faucille et marteau ont été balayés par le vent de l'histoire qui a soufflé en tempête depuis la chute du Mur de Berlin en novembre 1989 (photo 1). Depuis, la carte de l'Europe n'en finit plus de se redessiner.

En décembre 1991, l'Union Soviétique a vécu. Sa dissolution a été proclamée et les trois républiques baltes ont été reconnues par la communauté internationale. Annexées par l'URSS en 1940, Estonie, Lettonie et Lituanie participent donc aux Jeux d'Albertville pour la première fois depuis 1936.

Les autres républiques de ce que l'on appelle désormais l'ex-URSS se sont regroupées pour former la Communauté des Etats Indépendants, la CEI. Aux Jeux d'Albertville et de Barcelone, leurs représentants concourent sous le nom d'Equipe Unifiée (photo 2).

Un mois avant les Jeux, il est décidé, en accord avec le CIO, que l'hymne et le drapeau olympiques accompagneront leurs médailles d'or, que les athlètes défileront derrière la bannière olympique et porteront le même uniforme. Ils pourront cependant arborer sur une manche le drapeau de la république dont ils sont issus.

Première pour la Croatie et la Slovénie
De même, la situation a été plutôt agitée dans les Balkans, où la Yougoslavie a, elle aussi, volé en éclats. Proclamée en juin 1991, l'indépendance de la Croatie n'est reconnue par la communauté internationale qu'en janvier 1992, à quelques semaines des Jeux d'Albertville, en même temps que celle de la Slovénie.

Le CIO accorde donc une reconnaissance provisoire à ces deux nouveaux pays pour permettre à leurs athlètes de s'aligner à Albertville. Elle deviendra définitive une fois que leurs deux comités olympiques rempliront toutes les conditions de la charte olympique. Mais cette mesure permet aux deux ex-républiques yougoslaves de participer aux premiers JO de leur histoire (photo).

La chute du Mur de Berlin, en novembre 1989, a marqué le début du grand chambardement des pays de l'Europe de l'est. Réunifiée officiellement le 3 octobre 1990, l'Allemagne défile donc sous une seule bannière, pour la première fois depuis 1964, avant de dominer les compétitions, raflant 26 médailles dont 10 d'or.

La cohabitation et les affrontements sportifs entre anciens compatriotes ne poseront aucun problème.

Premier événement depuis ces bouleversements, les Jeux d'Albertville auront donc essuyé avec succès les plâtres de la nouvelle donne politique en Europe de l'Est.

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L'exploit

Egorova sur tous les podiums

Quand Lioubov Egorova (photo 1) prend le départ du 15 km classique des Jeux d'Albertville, ce 9 février dans la station des Saisies, elle ne compte à son palmarès que deux victoires aux Championnats du monde 1991, sur 30 km et dans le relais 4 x 7,5 km. A bientôt 26 ans, elle a encore beaucoup à prouver.

En ce deuxième jour des Jeux, elle s'impose devant la Finlandaise Marjut Lukkarinen. La fondeuse de Tomsk, en Sibérie, ignore encore que c'est le début d'une abondante moisson.

Quatre jours plus tard, Lukkarinen et Egorova se disputent, sous la neige, le titre du 5 km classique. Cette fois, c'est la Finlandaise qui l'emporte avec 9 dixièmes de seconde d'avance, le plus faible écart jamais enregistré en ski de fond aux Jeux.

Deux jours de répit et Lioubov Egorova (photo 2) se retrouve en piste, pour la poursuite 10 km, qui se court en style libre, en tenant compte du classement du 5 km. Rapidement, Stefania Belmondo se porte en tête. La Russe laisse l'Italienne mener jusqu'aux deux tiers de la course. Bien dans sa tête, elle porte alors son attaque et se détache irrésistiblement. Résultat : 24 secondes d'avance à l'arrivée. Deuxième médaille d'or.

Et de trois

48 heures plus tard, Lioubov Egorova (photo) attaque, plus détendue, sa quatrième course des Jeux : le relais. Avec des coéquipières de la trempe d'Elena Vaelbe, de Raïssa Smetanina et de Larissa Lazutina, elle n'a pas trop de soucis à se faire. Et l'Equipe Unifiée s'impose devant la Norvège.

Et de trois médailles d'or pour Egorova, qui est d'ores et déjà la reine des Jeux d'Albertville. Quant à l'expérimentée Smetanina, elle remporte, à douze jours de son 40e anniversaire, la dixième médaille olympique de sa carrière, ce qui constitue le record féminin aux Jeux d'hiver.

Enfin, à deux jours de la fin des Jeux, Egorova ne peut rien face à une Belmondo revancharde, qui enlève le 30 km libre.

Trois médailles d'or, deux de bronze, en cinq courses. Lioubov Egorova est montée sur tous les podiums à Albertville. Comme sa coéquipière Elena Vaelbe d'ailleurs, qui s'est "contentée" d'un titre et de quatre médailles de bronze.

Deux ans plus tard, aux JO de Lillehammer, Egorova remportera trois nouvelles médailles d'or, portant son total à six, ce qui lui permettra d'égaler le record féminin de titres aux Jeux d'hiver de la patineuse de vitesse soviétique Lydia Skoblikova.

Une ombre ternira sa carrière quand elle sera déclassée aux Mondiaux 1997 disputés à Trondheim, en Norvège, pour avoir refusé de se soumettre à un contrôle antidopage.

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Les anecdotes

Pari
Les Jeux d'Albertville ont coûté 100 dollars à Jean-Claude Killy. Le triple médaillé d'or de Grenoble avait parié cette somme avec Juan Antonio Samaranch, le président du CIO, affirmant qu'il ne reviendrait pas sur sa démission de président du comité d'organisation.


Michel Barnier et Jean-Claude Killy

Petite phrase
"Ce qu'il faudrait, c'est organiser les jeux Olympiques. Tout irait mieux." Cette petite phrase est lancée par Michel Barnier à Jean-Claude Killy, alors que le député de l'Isère et le champion skient ensemble le 5 décembre 1981, en évoquant les difficultés d'accès en Savoie. Plus de dix ans après, Albertville accueille les Jeux.

Médailles
Au lieu d'être en vermeil plaqué d'or, d'argent ou de bronze, les médailles (photo) sont en cristal, serties des trois métaux habituels. En creux au dos de la médaille a été gravé un paysage de montagne et les 5 anneaux olympiques apparaissent au premier plan.

Ola présidentielle


François Mitterrand

Se mettant à l'unisson de la chaude ambiance de la cérémonie d'ouverture, le président François Mitterrand se joint à la ola du public.

Déception


Alberto Tomba

Rêvant d'un second doublé d'affilée pour leur idole Alberto Tomba, les Italiens avaient déjà rebaptisé la station française : "Albertoville". Déception, "Tomba la Bomba" ne gagne "que" le géant (photo).

Avant-garde


Philippe Découfflé

Un jeune chorégraphe de 30 ans, Philippe Découfflé (photo), conçoit et met en scène une cérémonie d'ouverture avant-gardiste mêlant des mobiles humains suspendus à une grue, qui jouent du tambour, des hockeyeurs-échassiers ou encore un skieur assis sur un télésiège qui survole le public. Un spectacle déroutant pour certains mais jugé fascinant par la majorité.

Déception (bis)


Isabelle et Paul Duchesnay

En 1991, Isabelle et Paul Duchesnay avaient été champions du monde de danse sur glace. A Albertville, les Franco-Canadiens sont devancés par les Russes Marina Klimova et Sergueï Ponomarenko. La France connaît sa plus grosse déception des Jeux d'Albertville. Jusqu'au bout, les Duchesnay restent les mal-aimés des juges qui leur font payer leur style révolutionnaire.

Refonte
Du changement en ski de fond. Chez les messieurs, le 10 km classique fait son apparition, de même que la poursuite 15 km, disputée en style libre, pour laquelle les concurrents partent dans l'ordre du classement du 10 km et en respectant les écarts enregistrés dans cette course. Trois innovations chez les dames : la poursuite 10 km, le 15 km classique et le 30 km libre.

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Les Français aux Jeux

Trois jours en or qui cassent une vieille habitude du ski français représenté jusque-là sur la première marche des podiums olympiques par ses seuls skieurs alpins. Trois séquences émotion qui feront date dans les annales des sports de neige de notre pays. Trois séquences révélation pour des disciplines méconnues (combiné nordique, biathlon) ou nouvelle (bosses freestyle). Le public français, ancré dans ses certitudes alpines, découvre par la même occasion des champions rayonnants dont il soupçonnait à peine l'existence. Merci les Jeux d'Albertville !

Mercredi 12 février, à Courchevel. Le combiné nordique ? Une épreuve de saut suivie, le lendemain, d'une course de fond. Une spécialité longtemps compréhensible des seuls initiés, à cause de calculs compliqués (conversion des performances en points). La méthode Gundersen - un ancien champion norvégien - l'a rendue récemment simple, spectaculaire et télégénique.

A Courchevel, Fabrice Guy s'élance en fond en 3ème position avec respectivement 42 sec.7 et 16 sec. de retard sur l'Autrichien Klaus Ofner et le Japonais Reüchi Mikata mais devant un de ses plus dangereux rivaux, l'Autrichien Klaus Sulzenbacher. Le Français comble son double handicap, passe en tête dès le 5ème km et boucle son parcours par une avancée triomphale. II devient le premier Français champion olympique en ski nordique.
Son camarade Sylvain Guillaume, parti treizième, remonte un à un ses adversaires, dépasse même l'"épouvantail" Sulzenbacher dans la dernière boucle et s'octroie une inespérée médaille d'argent. Conclusion euphorique d'un scénario à suspense qui a tenu en haleine le public et des millions de téléspectateurs.
Jeudi 13 février, à Tignes. A l'inverse du combiné nordique, le freestyle - ski artistique et acrobatique - n'appartient pas à la tradition des sports de neige. Venu des Etats-Unis qui organisa les premières courses au début des années 70, officialisé par la Fédération internationale en 1979, il appartient à la théorie des "nouvelles glisses". Son intégration olympique à part entière, du moins celle d'une de ses trois composantes, les Bosses, intervient à Tignes.
Chute de neige et brouillard menaçant sur un stade de bosses cerné par 20.000 spectateurs mis en condition par le charismatique Edgar Grospiron lors de sa reconnaissance de la piste. Grospiron ? Un showman apprécié dans cet exercice tout de modernite avec son rythme, ses couleurs et son ambiance rock and roll.
Cette première olympique propulse des "bosseurs", des artistes, sur le podium, Grospiron en or et Olivier Allamand en argent. Eric Berthon manque le bronze pour trois centièmes de seconde !
Vendredi 14 février. Aux Saisies, le biathlon féminin, lui aussi, effectue son entrée olympique. La discipline n'évoque plus les exercices militaires de naguère. Les séances de tirs à la carabine 22 long rifle, qui remplace le fusil de guerre, réclament une précision qu'une respiration mal contrôlée dans la course de fond peut altérer.
Corinne Niogret, Véronique Claudel et Anne Briand, celle-ci dans un ultime et décisif parcours où la pression du public met à rude épreuve les candidates au podium. maîtrisent parfaitement leurs efforts pour mettre dans le mille et atteindre l'or du relais 3 x 7,5 km.

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Les médailles françaises

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Jeux Olympiques de la XXXIe Olympiade
Rio de Janeiro (Brésil)
5-21 août 2016