Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

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Lake Placid 1980

 

La fiche

Dates : 13-24 février
Nations : 37 (la Chine populaire fait son apparition)
Sports : 10
Sports de démonstration : Aucun
Epreuves : 38
Mascotte : "Roni Raccoon", un raton-laveur
Participants : 1072 (839 hommes et 233 femmes)
Participants français : 24 (18 hommes - 6 femmes)
Médailles distribuées : 115 (2 médailles de bronze au 1000 m messieurs de patinage de vitesse)
Palmarès français : 1 médaille (bronze)
Ouverture des Jeux : Proclamée par Walter Mondale, vice-président
des Etats-Unis
Serment Olympique : Prêté par le patineur de vitesse Eric Heiden
Flamme Olympique : Allumée par le Dr Charles Morgan Kerr, délégué par l'ensemble des porteurs de torches
Président du CIO : Lord Michael Killanin (GBR)
Droits TV : 105,5 millions de francs (79,1 pour les USA - ABC -, 13,3 pour l'Europe - UER)

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Les repères

Mère-championne
Un an avant d'enlever sa 3e médaille d'or, avec son époux et partenaire Alexandre Zaitsev, Irina Rodnina avait donné naissance à un fils.

Bavaroise
La première championne olympique du Liechtenstein, Hanni Wenzel, est née en Bavière.

Serment
C'est Eric Heiden, le futur quintuple médaillé d'or en patinage de vitesse, qui prononce le serment des athlètes.

Record
Double médaillé d'or à Lake Placid, Ingemar Stenmark est le recordman des victoires en Coupe du monde avec 86 succès, 36 de mieux que son dauphin, Alberto Tomba.

Débuts
C'est à Lake Placid que le 10 km fait son entrée au programme du biathlon. Premier vainqueur : l'Allemand de l'Est Frank Ullrich.

Première
Pour la première fois, le slalom géant féminin se court en deux manches.

Centième
En ski de fond, le 15 km se joue à un centième. C'est par cette marge infime que le Suédois Thomas Wassberg devance le Finlandais Juha Mieto.

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Le résumé

Heiden 5 fois en or

Huit ans après la dérobade de Denver, les Jeux d'hiver reviennent aux Etats-Unis, à Lake Placid, qui les avait déjà accueillis en 1932. Réussis sur le plan sportif, avec notamment les cinq médailles d'or d'Eric Heiden (photo 1) en patinage de vitesse, ces Jeux ne resteront pas dans les mémoires comme un modèle d'organisation.

La station des Appalaches accueille les 13es Jeux d'hiver (photo 2) dans une atmosphère lourde des tensions diplomatiques entre Moscou et Washington. Pour répondre à l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques en décembre 1979, les Etats-Unis appellent en effet au boycottage des JO d'été de Moscou.

Malgré cette tension politique, les pays de l'Est sont présents à Lake Placid : l'URSS sera même première au classement des nations avec 22 médailles dont 10 d'or. La RDA en obtiendra 23, mais 9 d'or seulement.

Devenue membre du CIO en avril 1979, la Chine communiste dispute ses premiers jeux Olympiques. Taïwan, ayant refusé de concourir sous le nom de Chine Taïpei, de changer hymne et drapeau, refuse de participer. A ce jour, ce boycottage reste le seul de l'histoire des JO d'hiver.

En 1932, il avait fallu transporter la neige par trains entiers. Cette fois, les organisateurs ont prévu des canons à neige. La neige artificielle fait ses grands débuts olympiques sur les pentes de Whiteface Mountain.

Transports chaotiques, communications déficientes, billetterie fantaisiste, la petite station américaine est dépassée. Quant aux athlètes, ils seront logés dans un futur centre de redressement.

Moser-Proell et Stenmark enfin

Heureusement, ces Jeux sont excellents sur le plan sportif. L'Américain Eric Heiden réussit un exploit inégalé à ce jour en remportant les cinq courses au programme du patinage de vitesse.

Ses compatriotes hockeyeurs créent la sensation en gagnant le tournoi olympique après avoir battu l'URSS (photo 1), qui possédait alors la meilleure équipe du monde. Dans le climat de guerre froide de l'époque, cette victoire prend des proportions énormes. Surnommée "miracle sur la glace", elle reste l'un des hauts faits d'armes du sport américain.

En ski alpin, c'est la consécration pour trois grands champions. Hanni Wenzel (photo 2), tout d'abord, donne au Liechtenstein les deux premières médailles d'or de son histoire. Doublé en or également pour le Suédois Ingemar Stenmark (photo 3), qui gagne slalom et géant.

Comme Rosi Mittermaier en 1976, Wenzel manque de peu le triplé. Elle est deuxième derrière Annemarie Moser-Proell (photo 4). Revenue à la compétition après avoir fait l'impasse sur Innsbruck, l'Autrichienne, championne aux 62 victoires en Coupe du monde, enlève enfin son premier - et seul - titre olympique.

Deux immenses champions enlèvent leur 3e médaille d'or d'affilée : l'Allemand de l'Est Ulrich Wehling en combiné nordique (photo 5), et la Soviétique Irina Rodnina (associée à Alexandre Zaitsev) en patinage artistique par couples.

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Le fait

La politique s'invite à Lake Placid
Les Jeux de Lake Placid furent les plus "politiques" de tous les Jeux d'hiver. C'est en effet lors de la Session du CIO qui se tint dans la station des Appalaches, à quelques jours de la cérémonie d'ouverture, que le secrétaire d'Etat américain Cyrus Vance informa officiellement le CIO que les Etats-Unis appelaient au boycottage des Jeux d'été de Moscou.

Le président américain Jimmy Carter entendait ainsi protester contre l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques en décembre 1979.

Quatre ans plus tôt, plusieurs pays africains avaient boycotté les JO de Montréal pour s'élever contre la présence aux Jeux de pays ayant eu des contacts sportifs avec l'Afrique du Sud, où la politique de l'apartheid battait son plein. Un second boycottage se profilait donc à l'horizon.

Curieusement, il ne fut jamais question pour les pays d'Europe de l'est de boycotter ces 13es Jeux d'hiver. Mieux, l'URSS et la RDA s'y montrèrent plus dominatrices que jamais.

Une Chine chasse l'autre
Dans ce contexte de guerre froide, la victoire surprise des hockeyeurs américains sur leurs homologues de l'URSS, grands favoris du tournoi olympique, eut un retentissement considérable. Malgré l'immense déception de la défaite (4-3), les Soviétiques félicitèrent leurs vainqueurs, geste méritoire dans le climat de tension extrême de l'époque.

Pourtant, il y eut des absents : les 28 représentants de Taïwan, retirés des compétitions par les officiels de leur pays. En avril 1979, le CIO avait reconnu le comité olympique chinois de Pékin. Sans exclure celui de Taïwan, il avait demandé officiellement à celui-ci, en novembre 1999, de changer de nom, d'hymne et de drapeau.

Les dirigeants de Taïwan ne pouvaient se plier à ces requêtes. Une action en justice auprès de la Cour d'Appel de New York ayant échoué, ils décidaient de ne pas aligner leurs athlètes (photo).

Ce fut le seul boycottage de l'histoire des Jeux d'hiver.

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L'exploit

Heiden for ever

Eric Heiden a annoncé la couleur : l'or. Or de sa combinaison qui met en valeur sa puissante musculature sur l'anneau de Lake Placid. Or des cinq médailles qu'il entend gagner dans les épreuves olympiques de patinage de vitesse, pour un grand chelem inédit.

A 21 ans, Eric Heiden a le courage de ses ambitions. Il faut dire qu'il a été champion du monde toutes distances les trois années précédentes.

Quand il se met en piste pour le 500 m, le 15 février, Heiden (photo) sait que c'est la course où il est le plus menacé. Il a été désigné pour courir dans la première paire, avec Evgueni Koulikov, détenteur du record du monde.

Le Soviétique part un peu mieux que l'Américain. Lors du sprint final, disputé au coude à coude, Koulikov commet une légère erreur dans le dernier virage. Heiden est champion olympique. Et d'une !

Le lendemain, le patineur du Wisconsin accroche le scalp d'un autre recordman du monde à sa ceinture, celui du Norvégien Kai Arne Stenshjemmet devancé de près d'une seconde. Et de deux !

Trois jours de répit et voici Eric Heiden face à son nouveau défi, le 1000 m. Aucune frayeur pour l'Américain, qui relègue le Canadien Gaétan Boucher à une seconde et demie. Et de trois !

Réveil en catastrophe

C'est en recordman du monde sûr de lui qu'Eric Heiden (photo) se présente au départ du 1500 m, le surlendemain. Vers la mi-course, il connaît la seule frayeur de ces Jeux, quand il évite de peu la chute en raison d'une légère ornière dans la glace. En virtuose, il rétablit la situation et bat de nouveau Stenshjemmet. Et de quatre ! Grand chelem en vue.

Heiden a 48 heures pour récupérer avant le 10.000 m. A lui le repos... Oui mais voilà, Heiden a deux copains hockeyeurs, originaires comme lui de Madison, qui livrent "le" match des Jeux face à l'URSS, la veille de sa dernière course.

Il va au stade, assiste au "miracle sur la glace". Encore sous le coup de la victoire inattendue des Etats-Unis, il a du mal à échapper à l'ambiance de folie qu'elle a suscitée. Dans sa chambre, le sommeil le fuit. A tel point qu'il ne se réveille pas le matin.

Levé à 6h30
"J'étais censé me lever à 6h30, se souvient-il. A 7h40, j'ai été réveillé par des coups à ma porte : tout le monde se demandait où j'étais passé." Il arrive tout de même à temps à l'anneau de vitesse. Patinant dans la deuxième paire, il s'impose facilement en battant le record du monde de plus de 6 secondes.

Eric Heiden (photo) a réussi son invraisemblable pari. Ce jeune homme qui n'attache pas une énorme importance aux médailles ("Quand je serai vieux, je pourrai toujours les vendre si j'ai besoin d'argent") appartient désormais à l'histoire de l'Olympisme. Aucun sportif n'a gagné cinq médailles d'or individuelles aux mêmes JO.

Il faudra attendre le gymnaste du Bélarus Vitali Scherbo et ses cinq titres individuels des JO de Barcelone (plus un par équipes) pour revoir pareil exploit.

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Les anecdotes

Récupération
A la mi-septembre 1979, Ingemar Stenmark est victime d'une grave commotion cérébrale consécutive à une chute lors d'un entraînement de descente dans les Alpes italiennes. Cinq mois plus tard, il sera champion olympique de slalom et de géant.

Bis

Après John Curry quatre ans plus tôt, c'est encore un Anglais, Robin Cousins (photo), qui remporte la compétition masculine de patinage artistique. Aussitôt après les Jeux de Lake Placid, il passera professionnel.

Première

Ingemar Stenmark (photo) donne à la Suède sa première médaille d'or en ski alpin en gagnant le géant. Trois jours après, il double la mise en enlevant le slalom.

Famille

Trois médailles pour Hanni (photo) : or du slalom et du géant, argent de la descente. Une pour son frère Andreas : argent en géant. Grâce à la famille Wenzel, le Liechtenstein (25.000 habitants) est 6e au tableau des médailles.

Renversement
Etonnants vainqueurs de l'URSS (4-3), les hockeyeurs américains avaient été écrasés (10-3) par ces mêmes Soviétiques, trois jours avant le début des Jeux.

Doublé

Les Allemands de l'Est Hans Rinn et Norbert Hahn (photo) conservent leur titre de luge biplace. C'est le premier doublé de l'histoire de la luge.

Triplé

30 km, 50 km, relais 4x10 km : le fondeur soviétique Nikolaï Zimiatov (photo) signe une magnifique passe de trois. Il gagnera une quatrième médaille d'or (au 30 km), plus une médaille d'argent en relais aux Jeux de Sarajevo.

Revanche
Jutta Mueller n'avait pu conduire sa fille, Gaby Seyfert, qu'à la médaille d'argent aux JO de 1968. Cette fois-ci, c'est la consécration avec le titre olympique d'Anett Poetzsch. Elle deviendra un des entraîneurs les plus célèbres de l'histoire du patinage artistique avec le doublé olympique de Katarina Witt en 1984 et 1988.

Inconnu

Le vainqueur de la descente olympique, Leonhard Stock (photo), n'avait jamais gagné une course de Coupe du monde. A quelques jours de l'épreuve, il n'était encore que remplaçant en équipe d'Autriche. Il ne remportera la première de ses trois victoires de Coupe du monde qu'en 1989.

Irina comme Sonja

Irina Rodnina rejoint Sonja Henie dans la légende du patinage artistique en gagnant sa troisième médaille d'or, par couples, avec Alexandre Zaitsev (photo). En 1978, elle avait déjà rejoint la Norvégienne, avec dix titres mondiaux.

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Les Français aux Jeux

La skieuse Fabienne Serrat porte-drapeau de charme, ouvre la marche à quarante-trois de ses compatriotes lors de la cérémonie d'ouverture. Dirigeants et entraîneurs sont nombreux aux côtés des sportifs...
La délégation française ne compte que vingt-quatre athlètes : huit alpins, six fondeurs, deux sauteurs, six biathlètes, deux patineurs. Une sélection ténue pour répondre à la volonté du ministre des Sports : "Nous n'enverrons pas de gugusses", avait prévenu Jean-Pierre Soisson. Pas de miracle malgré la recommandation ministérielle ! Pour ajouter à cette infériorité numérique, la malchance touche deux des meilleurs spécialistes de la descente. Caroline Attia se déboîte une épaule au départ et Jean-Marc Muffat, blessé à un genou, doit déclarer forfait.
Perrine Pelen - une championne qui a eu la sagesse et la volonté de concilier les études et le sport - mérite l'unique médaille française. La Grenobloise ne trouve pourtant pas à son goût la neige artificielle sur laquelle elle éprouve des difficultés à assurer ses appuis.

En outre, au fil des jours, l'entourage lui répète comme un leitmotiv qu'on compte sur elle et une pression de plus en plus forte s'exerce sur ses épaules ! En slalom géant, elle sauve la médaille de bronze après avoir frôlé la cabriole. La chute, elle ne peut l'éviter en slalom quand un de ses skis ripe sur un piquet de slalom qui glisse dans la pente.

Fabienne Serrat, valeur confirmee de I equipe de France féminine - elle a été championne du monde de slalom géant six ans plus tôt -. est encore plus mal lotie que sa coéquipière derrière laquelle elle se classe quatrieme, à... un centième de seconde de la médaille de bronze.
Si, dans l'ensemble, les résultats des Français ne sont pas franchement réjouissants les biathlètes sont exempts de reproches. Yvon Mougel termine le 20 km au sixième rang. A l'instar de Perrine Pelen, il n'est pas un "gugusse". C'est maintenant un concurrent respecté de ses adversaires dans une discipline totalement méconnue dans son pays. II faudra attendre douze ans et les Jeux d'Albertville pour que la France découvre le biathlon.
Le relais fait encore mieux : Mougel, Denis Sandorra, André Geourjon et Christian Poirot ne ratent aucune cible et se classent cinquièmes, à moins d'une minute de la médaille de bronze.

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Les médailles françaises

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