Comité national olympique et sportif français

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Innsbruck 1976

 

La fiche

Dates : 4 - 15 février
Nations : 37 (dont Andorre et Saint-Marin)
Sports : 10
Sports de démonstration : Aucun
Epreuves : 37
Mascotte : Un petit bonhomme de neige
Autres villes candidates : 1er scrutin, Denver (USA), Sion (Sui), Tampere (Fin), Vancouver (Can) - 2e scrutin, Lake Placid (USA), Mont-Blanc (Fra), Tampere (Fin)
Participants : 1123 (892 hommes et 231 femmes)
Sélectionnés français : 38 (32 hommes - 6 femmes)
Médailles distribuées : 111
Palmarès français : 1 médaille (bronze)
Ouverture des Jeux : Proclamée par le Dr Rudolf Kirchschlaeger, président de la République d'Autriche
Serment Olympique : Prêté par le bobbeur Werner Delle Karth
Flamme Olympique : Allumée par le lugeur Josef Feistmantl - une 2e flamme symbolisant les Jeux de 1964 est allumée par la skieuse Christl Haas
Président du CIO : Lord Michael Killanin (Irl)
Droits TV : 58 millions de francs (50 pour les USA - ABC - 8 pour l'Europe - UER)

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Les repères

A Sapporo, Danièle Debernard, (17 ans et demi) était la benjamine de I équipe de France. Sa médaille d'argent avait été accueillie comme une délivrance - une espérance aussi - par une équipe de France de ski désabusée, voire meurtrie au physique comme au moral.

Durant l'olympiade écoulée, une blessure a privé la championne d'Aime-la-Plagne de l'intégralité de ses moyens lors des Championnats du monde 1974, à Saint-Moritz, où elle aurait enjolivé un peu plus la performance collective (quatre médailles) d'une équipe nationale féminine très inspirée sur les traces de Fabienne Serrat, lauréate du slalom géant.

Danièle Debernard, qui a le sport dans la peau, a toujours su rebondir dans l'adversité. Elle est solide, sa souplesse favorise ses facultés de glisseuse et son talent s'exprime sans calcul dans les trois spécialités. D'aucuns apprécient la compagnie de cette championne aux joues rondes, toujours rieuse et la blague aux lèvres.
Skieuse plurivalente à la joie de vivre communicative, elle possède plusieurs points communs avec Rosi Mittermaier. Ce vendredi 13, l'Allemande n'a plus qu'une troisième médaille d'or à conquérir - dans un slalom géant encore disputé en une manche - pour rejoindre dans la légende l'Autrichien Toni Sailer et Jean-Claude Killy.
Elle a déjà triomphé en descente - 18 jours après s'être classée 54ème et... dernière de la course de vitesse de Badgastein ! - et en slalom. Las, pour douze centièmes de seconde en faveur de la Canadienne Kathy Kreiner, elle se contente de la médaille d'argent.
Celle de bronze échoit à Danièle Debernard qui sauve in extremis le ski français du "capot" et se montre encore la meilleure française. Comme en descente (5ème) et en slalom (4ème).
Dans ce dernier exercice, qui se révèle très meurtrier - 50 % de chutes et de disqualifications -, elle se souvient de Barbara Cochran au terme des deux manches. A Sapporo, l'Américaine lui avait ravi le titre olympique pour deux centièmes de seconde. Ici, sur le stade de la Lizum, c'est la Liechtensteinoise Hanny Wenzel qui lui souffle la médaille de bronze pour quatre centièmes de seconde.
Encore un écart infinitésimal en sa défaveur... Danièle Debernard, malgré sa nature optimiste, se croit persécutée par le chronomètre.

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Le résumé

Innsbruck au pied levé
Innsbruck remplace Denver
Quand les membres du CIO attribuent les Jeux d'hiver de 1976 à Denver, en mai 1970, Innsbruck n'est pas candidate, ayant déjà organisé ceux de 1964. Mais lorsque la capitale du Colorado se retire sous la pression de ses habitants, en novembre 1972, la ville autrichienne se relance dans la course. Elle est choisie de préférence à Lake Placid, à Tampere et au Mont Blanc.

A cette époque, le drame des Jeux d'été de Munich hante encore toutes les mémoires. Les organisateurs ont conscience qu'ils vont être les premiers à accueillir la famille olympique, après la prise d'otages sanglante par le commando palestinien Septembre Noir, dans laquelle onze membres de l'équipe israélienne ont trouvé la mort.

Les Jeux de 1976 ne pourront donc pas être la copie conforme de ceux de 1964, sur le plan de la sécurité du moins.

Le grand mérite d'Innsbruck sera d'assurer la sécurité grâce à une forte présence policière, sans que celle-ci représente une gêne pour le public ou les athlètes. La chaleur de l'accueil des Autrichiens saura faire accepter les nombreux contrôles et fouilles auxquels chacun devra se soumettre près des lieux de compétition ou du Village Olympique placé sous haute surveillance (photo).

Klammer domine Russi
Le président Brundage parti, le CIO a évolué. Sous la direction de l'Irlandais Lord Killanin (photo 1), son nouveau président, l'article 26 de la charte olympique, sur l'amateurisme, fatal à Karl Schranz quatre ans plus tôt, a été réaménagé pour tenir compte des réalités de l'époque. Les skieurs sont donc tous là, sauf les meilleurs Français, radiés à la suite d'un différend avec leur encadrement.

La reine des Jeux est Rosi Mittermaier (photo 2). L'Allemande de l'Ouest réalise le doublé descente-slalom. La Canadienne Kathy Kreiner la prive du triplé en gagnant le géant avec 12 centièmes d'avance.

A la grande joie du public autrichien, Franz Klammer (photo 3, à gauche) prend tous les risques et empêche le Suisse Bernhard Russi (photo 3, à droite) de réussir le doublé en descente. Quant à Gustavo Thoeni et Ingemar Stenmark, ils sont battus.

En patinage artistique, le Britannique John Curry (photo 4) fait admirer son sens artistique et grincer des dents les tenants d'un patinage athlétique. Tandis qu'Irina Rodnina remporte sa deuxième médaille d'or en couples, avec Alexandre Zaitsev cette fois, deux autres Soviétiques, Ludmilla Pakhomova et Alexandre Gorschkov, enlèvent le premier titre olympique de danse sur glace.

Ces Jeux "simples", comme le souhaitaient les organisateurs, réuniront au total un million et demi de spectateurs. Seules fausses notes : les exclusions de la fondeuse soviétique Galina Koulakova (photo 5), 3e du 5 km, et du hockeyeur tchécoslovaque Frantisek Pospisil, pour contrôles antidopage positifs, respectivement à l'éphédrine et à la codéine.

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Le fait

Rosi Mittermaier si près du Grand chelem

Quand Rosi Mittermaier se présente dans le portillon de départ de la descente olympique d'Innsbruck, ce 8 février 1976, elle ne compte aucun succès dans cette discipline en une dizaine d'années de carrière. A 25 ans, la skieuse ouest-allemande en est à ses troisièmes jeux Olympiques, et son meilleur résultat est une sixième place en descente, en 1972 à Sapporo.

Annemarie Proell ayant mis sa carrière entre parenthèses après son mariage, les trois courses du ski alpin féminin s'annoncent très ouvertes. Rosi Mittermaier (photo 1) saisit sa chance et devance l'Autrichienne Brigitte Totschnig de plus d'une demi-seconde.

Trois jours plus tard, la voici au départ du slalom (photo 2), la seule spécialité dans laquelle elle ait gagné des courses de Coupe du monde.

Deuxième de la première manche, elle prend tous les risques dans la seconde. Elle en est récompensée par une deuxième médaille d'or, qu'elle enlève avec 33 centièmes de seconde d'avance sur l'Italienne Claudia Giordani.

Pour 12 centièmes...
Dès lors, le Grand chelem olympique réussi par Toni Sailer et Jean-Claude Killy, mais jamais par une femme, est à sa portée. Il ne lui reste plus qu'à remporter le géant. La tension monte à Innsbruck. Dès la première manche, elle fait parler la poudre : la Française Danièle Debernard est reléguée à 40 centièmes, la Canadienne Kathy Kreiner à 54 centièmes. Le triplé est en vue.

Mais Kreiner (photo 3) se déchaîne dans la seconde manche et signe le meilleur temps. Deux concurrentes passent, puis c'est le tour de Mittermaier. A mi-parcours, elle possède toujours plus d'une demi-seconde d'avance sur la Canadienne. Mais, en vue de l'arrivée, elle commet une légère erreur de trajectoire sur l'une des dernières portes. De précieux dixièmes de seconde s'envolent. Le Grand chelem aussi. Pour 12 centièmes...

Malgré sa déception, Rosi (photo 4) retrouve vite son éclatant sourire et félicite la gagnante. Elle se consolera en gagnant la Coupe du monde à la fin de la saison. Apothéose méritée pour cette skieuse appréciée de tous pour son heureux caractère.

Elle mettra ensuite un terme à sa carrière et épousera le slalomeur Christian Neureuther, cinquième à Innsbruck.

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L'exploit

La reculade de Denver

Mai 1970. Denver fait la fête. La capitale du Colorado vient d'obtenir l'organisation des 12es Jeux d'hiver. Mi-novembre 1972. Denver renonce. Devant l'urgence de la situation, le CIO choisit Innsbruck, qui accepte d'organiser ses deuxièmes Jeux en douze ans.

Comment, en trente mois, la ville américaine en est-elle arrivée à ce revirement ? Alors que les édiles, les hommes d'affaires et la presse locale sont favorables à la tenue des Jeux à Denver, un mouvement de rejet prend naissance et enfle au fil des mois au sein de la population. Plusieurs éléments contribuent à l'entretenir.

Tout d'abord, les informations en provenance de Montréal, ville organisatrice des Jeux d'été de 1976, sont alarmantes. A l'évidence, la capitale du Québec est engagée dans des dépenses énormes, qui vont la laisser exsangue pour les décennies à venir.

Les habitants du Colorado commencent donc à se demander si les Jeux sont une aussi bonne affaire que cela et s'ils ne vont pas leur coûter de l'argent.

Opposition des écologistes
D'autres voix s'élèvent contre les Jeux : celles des écologistes, qui estiment que la construction d'installations sportives risque de défigurer les sites et d'avoir des conséquences graves en termes d'environnement pour toute la région.

Comment oublier enfin la dramatique prise d'otages des Jeux de Munich qui s'est achevée dans un bain de sang ? Depuis l'irruption du commando palestinien Septembre Noir dans le Village Olympique, on sait que les Jeux ne constituent plus un havre de paix, une terre d'asile à l'abri de la violence du monde extérieur.

En novembre 1972, il faut organiser un référendum pour demander aux habitants de voter une subvention de cinq millions de dollars afin d'assurer le financement des Jeux. Le résultat des urnes est sans équivoque : près de 60% des votants répondent par la négative.

La vox populi a tranché : les 12es jeux Olympiques d'hiver n'auront pas lieu à Denver. C'est la première fois que la population d'une ville organisatrice refuse les JO. Le 12 novembre 1972, les responsables de la ville en informent officiellement le CIO.

Il faut trouver rapidement une solution de remplacement : ce sera Innsbruck.

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Les anecdotes

Dopage

Les Norvégiens attirent l'attention du CIO sur l'apparition d'une nouvelle méthode de dopage, la transfusion sanguine (photo), qui sévirait selon eux particulièrement en ski de fond.

Artistes

En patinage artistique, Innsbruck 1976 restera comme les Jeux des artistes. Avec John Curry et Toller Cranston (photo, à gauche et à droite), l'imagination prend le pouvoir. Malgré les juges de l'Est qui trouvent leur patinage trop "féminin", le Britannique et le Canadien se classeront respectivement 1er et 3e.

Série noire.
John Curry mourra du sida le 15 avril 1994, à l'âge de 44 ans. Le Tchécoslovaque Ondrej Nepela, son prédécesseur au palmarès olympique de patinage artistique, était décédé de la même maladie, cinq ans plus tôt.

Liechtenstein


Hanni Wenzel

Le Liechtenstein remporte ses deux premières médailles olympiques grâce à ses "alpins" Willi Frommelt et Hanni Wenzel, tous deux troisièmes en slalom.

URSS
Avec 27 médailles dont 13 d'or, l'Union Soviétique arrive largement en tête au classement des nations, loin devant la RDA, deuxième avec 19 médailles dont 7 d'or. Les Etats-Unis, troisièmes, sont loin derrière (10 dont 3).

Première/dernière
A Innsbruck, l'Américain Terry Kubicka est le premier patineur à réussir un saut périlleux arrière en compétition. Il est d'ailleurs le seul, cette figure ayant été aussitôt interdite par la fédération internationale.

Doublé
Carlo Fassi est l'entraîneur comblé des deux champions olympiques individuels des Jeux d'Innsbruck, le Britannique John Curry et l'Américaine Dorothy Hamill. Un doublé unique en son genre.

Moisson

Deux médailles d'or (10 km et relais 4x5 km), une d'argent (5 km) : Raïssa Smetanina (photo) commence sa moisson olympique. Elle collectionnera 12 médailles entre 1976 et 1992. Elle est la femme la plus médaillée des Jeux d'hiver.

Eclectique

Médaillée d'or du 500 m à Innsbruck, l'Américaine Sheila Young (photo) avait été championne du monde en patinage de vitesse et en cyclisme, la même année, en 1973.

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Les français aux jeux

A Sapporo, Danièle Debernard, (17 ans et demi) était la benjamine de I équipe de France. Sa médaille d'argent avait été accueillie comme une délivrance - une espérance aussi - par une équipe de France de ski désabusée, voire meurtrie au physique comme au moral.

Durant l'olympiade écoulée, une blessure a privé la championne d'Aime-la-Plagne de l'intégralité de ses moyens lors des Championnats du monde 1974, à Saint-Moritz, où elle aurait enjolivé un peu plus la performance collective (quatre médailles) d'une équipe nationale féminine très inspirée sur les traces de Fabienne Serrat, lauréate du slalom géant.

Danièle Debernard, qui a le sport dans la peau, a toujours su rebondir dans l'adversité. Elle est solide, sa souplesse favorise ses facultés de glisseuse et son talent s'exprime sans calcul dans les trois spécialités. D'aucuns apprécient la compagnie de cette championne aux joues rondes, toujours rieuse et la blague aux lèvres.
Skieuse plurivalente à la joie de vivre communicative, elle possède plusieurs points communs avec Rosi Mittermaier. Ce vendredi 13, l'Allemande n'a plus qu'une troisième médaille d'or à conquérir - dans un slalom géant encore disputé en une manche - pour rejoindre dans la légende l'Autrichien Toni Sailer et Jean-Claude Killy.
Elle a déjà triomphé en descente - 18 jours après s'être classée 54ème et... dernière de la course de vitesse de Badgastein ! - et en slalom. Las, pour douze centièmes de seconde en faveur de la Canadienne Kathy Kreiner, elle se contente de la médaille d'argent.
Celle de bronze échoit à Danièle Debernard qui sauve in extremis le ski français du "capot" et se montre encore la meilleure française. Comme en descente (5ème) et en slalom (4ème).
Dans ce dernier exercice, qui se révèle très meurtrier - 50 % de chutes et de disqualifications -, elle se souvient de Barbara Cochran au terme des deux manches. A Sapporo, l'Américaine lui avait ravi le titre olympique pour deux centièmes de seconde. Ici, sur le stade de la Lizum, c'est la Liechtensteinoise Hanny Wenzel qui lui souffle la médaille de bronze pour quatre centièmes de seconde.
Encore un écart infinitésimal en sa défaveur... Danièle Debernard, malgré sa nature optimiste, se croit persécutée par le chronomètre.

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Les médailles françaises

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