3 questions à... Yohann Diniz (1ère partie)

“Après Daegu, j’avais l’impression de ne plus savoir marcher”
Le meilleur marcheur français a vécu comme une injustice sa disqualification sur 50 km l’an passé aux championnats du monde. Il met aujourd’hui tout en place pour se protéger d’une nouvelle désillusion à Londres.
Comment avez-vous digéré votre élimination aux Mondiaux de Daegu ?
Yohann Diniz : J’ai eu beaucoup de mal à reprendre du plaisir à l’entraînement. C’est revenu au mois de janvier. Jusque-là, c’était vraiment mécanique. Juste après Daegu, j’avais l’impression que je ne savais plus marcher. Un an auparavant, aux championnats d'Europe à Barcelone, je ne fais pas une faute et là je suis disqualifié. Le plus dur, c’est d’avoir travaillé une saison et de se faire arrêter au bout de 15 km alors que le titre me tend les bras. Pour moi, il n’y a pas eu de lutte avec mes adversaires. Je suis passé par une remise en question totale aux plans technique et psychologique.
Justement, que s’est-il passé dans votre tête après la course ?
Tant que j’étais à Daegu, je me suis forcé à rester concentré par respect pour l’équipe. A mon retour en France, ce sont les proches qui ont pris ! La particularité de la marche, c’est qu’on est jugé sur une seule compétition dans l’année. Il faut l’accepter mais c’est difficile. Je travaille énormément, et je travaille seul. Quand le travail n’est pas validé, ça fait mal. Heureusement, il y avait eu le record du monde du 50 km en mars qui était un bel événement.
Quels changements avez-vous apporté à votre marche ?
Je sais que je suis atypique dans ma technique. Avec Pascal (Chirat, son entraîneur), nous avons bossé pour que je marche un peu plus comme les Russes, c’est-à-dire d’être plus sur une ligne. Nous avons insisté sur l’engagement du bassin et la souplesse de hanche. Je n’ai pas de souci réglementaire, c’est dans le style que je dois rentrer dans un moule. Après tout, ça fait seulement dix ans que je marche, je peux encore progresser !





.jpg)








