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3 questions à... Gwladys Epangue (1ère partie)

 

« Je dois me faire violence pour aller à l’entraînement »

La double championne du monde de taekwondo consacre l’hiver à renforcer son physique. Objectif : gagner en force et en explosivité.

A 170 jours du début des Jeux de Londres, quelles sont actuellement vos priorités ?
Gwladys Epangue : Ma priorité est l’entraînement. Du travail intensif, jour après jour, en insistant sur l’aspect physique. J’ai consacré beaucoup de temps, au mois de janvier, à un cycle de force. Les séances se composaient de circuits trainings, découpés en six ou sept ateliers, où je reste une dizaine de minutes sur chacun. A cela se rajoute un travail de côtes, en forêt, près de l’Insep. Et du fractionné sur la piste extérieure. Je cherche à gagner en explosivité, l’un de mes points forts. En même temps, je dois m’améliorer en résistance à l’effort, par un travail en cardio.

On raconte que vous vous entraînez fréquemment avec les garçons de l’équipe de France…
En réalité, je m’entraîne tout le temps avec les garçons. Uniquement avec eux. Mais cette habitude ne date pas d’hier. Mon entraîneur de club m’y a incité très tôt. Au taekwondo, les hommes tapent plus fort, bougent plus vite et sont plus techniques que les filles. Partager leurs séances au quotidien m’oblige à élever mon niveau de vigilance et mon seuil d’attention. Je suis l’élément le plus faible du groupe, donc ils me tirent vers le haut. Je ne rejoindrai les filles que plus tard dans la saison, pour un travail très spécifique, afin de ne pas perdre le contact avec le taekwondo féminin. Mais ma façon de combattre est plus masculine que féminine.

Vous aimez l’entraînement ?
Non. Pour moi, aller à l’entraînement revient à me rendre au boulot. J’aime mes entraîneurs, mes partenaires, j’aime aussi l’ambiance du groupe. Mais je me prends des coups, je souffre dans mon corps. La douleur est omniprésente. Tous les jours, je dois me faire violence pour y aller, je m’inflige une torture psychologique. Mais je n’ai pas le choix. Et je sais que ça fait aussi ma force. Une fois en compétition, la frustration s’échappe. Je peux alors m’exprimer et tirer profit de ce travail, de cette douleur et de ce combat que je mène jour après jour contre moi-même.


 

 

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