3 questions à... Sébastien Jouve

« Favori, ça me plait »
Triple champion du monde de course en ligne, le kayakiste se présentera aux Jeux, avec son équipier Arnaud Hybois, en position de force au départ du K2. Une situation qui n’est pas pour lui déplaire.
A Londres, vous serez favoris olympiques. L’expression vous excite ou vous angoisse ?
Sébastien Jouve : Favori, ça me plait. Avec Arnaud, nous serons en position de leaders, les hommes à battre. Et c’est normal, car nous n’avons jamais été mis en échec. Pourquoi le serions-nous aux Jeux ? Nous avons confiance en nous et en nos moyens. J’ai toujours été favori au niveau national, ça ne m’a jamais perturbé. Nous allons aborder la course des Jeux en se disant que nos adversaires seront les mêmes que d’habitude. Personne ne sortira du chapeau le matin de l’épreuve olympique.
Cette course olympique, vous la préparez dans les meilleures conditions ?
Oui. Je bénéficie d’un emploi aidé à EDF. Je suis cartographe, je dessine le réseau d’ERDF. Je suis détaché à 80% pour m’entraîner, une situation idéale. Avec Arnaud, notre carrière professionnelle, une fois le canoë-kayak terminé, constitue notre moteur. Nous voulons assurer notre avenir, pour avoir l’esprit tranquille, et surtout pour pouvoir continuer à prendre le sport et la compétition comme un plaisir.
Le canoë-kayak, vous êtes tombé dedans tout petit ?
Complètement, oui. Mon père pratiquait la course en ligne en compétition. Il a été en équipe de France. Mais, à son grand regret, il n’a jamais pu aller aux Jeux olympiques. A Los Angeles, en 1984, il a été le premier des kayakistes non retenus. A ma façon, je le console de cette déception. J’espère maintenant aller au bout et ramener une médaille. A Pékin, en 2008, je m’étais laissé déborder par la pression de l’enjeu. J’avais beaucoup d’ambition, mais je n’ai rien récolté. Je vais essayer de me servir de cette expérience pour inverser le résultat l’été prochain à Londres.





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