Tournoi de Paris-Ile-de-France : la grand-messe du judo mondial !

Retour à Bercy pour les héros des championnats du monde 2011
Tournoi de Paris-Ile-de-France : la grand-messe du judo mondial !
Le Palais Omnisport de Paris-Bercy va vibrer au rythme des ippons les 4 et 5 février à l’occasion du Tournoi de Paris-Ile de France. A six mois des Jeux Olympiques de Londres, le gratin du judo mondial s’est donné rendez-vous sur les tatamis parisiens.
450 athlètes, représentant 80 nations seront présents sur les tatamis de Bercy. Emmenée par ses leaders charismatiques Teddy Riner et Lucie Décosse, mais sans Gévrise Emane (convalescente) et Frédérique Jossinet (blessée), l’équipe de France aura à cœur de briller comme elle l’avait fait lors des championnats du monde cet été.

Rencontre avec René Rambier, directeur technique du haut niveau...
Quels seront les objectifs de l’équipe de France sur ce Tournoi de Paris ?
Les membres de l’équipe de France doivent avoir un super comportement ponctué par des médailles. Mais, restons clairs, le TIVP n’est pas un objectif en soi mais un objectif intermédiaire. Il va permettre notamment de marquer des points pour la ranking list olympique.
Notre but reste les Jeux Olympiques. Le temps de la performance est demandé à ce moment là. Il faudra être prêt le jour J.
Avez-vous préparé ce tournoi de manière particulière ?
Non, car le calendrier est de plus en plus dense. De fait, les athlètes enchaînent les compétitions au rythme d’une à deux par mois. Il n’y a pas eu de préparation de fond. Aujourd’hui, avouons-le, nos athlètes ne sont pas au top de leur forme. De fait, une seule médaille obtenue lors du Masters en janvier dernier, c’est un peu maigre comme bilan… J’ai toutefois entièrement confiance dans mes athlètes et dans mon encadrement. Je pense que nous savons faire une bonne préparation. Nos athlètes seront prêts pour Londres. Ce n’est pas le cas en ce moment, soit parce qu’ils sont fatigués, soit parce que la coupure pendant les fêtes de Noël a été trop longue.

René Rambier (en rouge à droite), aux côté de Teddy Riner et du staff français lors des championnats du monde de judo 2011
Où en êtes-vous au niveau des sélections olympiques ?
Actuellement toutes les catégories sont sélectionnées. Nos judokas sont bien classés dans la ranking list. Il serait évidemment préférable qu’il y ait 14 athlètes sélectionnés, mais s’il n'y en a que 12 ou 13, ce ne sera pas dramatique. Ne nous trompons pas de combat. L’important, c’est le nombre de médailles olympiques et surtout le nombre de champions ! On a des athlètes brillants et déjà multi-médaillés, comme Teddy Riner, Lucie Décosse ou Gévrise Emane. Derrière, nous avons des athlètes tout autant capables de ramener des médailles olympiques. Comme à chaque Jeux, il peut y avoir de grosses surprises….
Quand allez-vous annoncer la liste des sélectionnés olympiques ?
Il n’y a pas de date arrêtée mais la sélection devrait être annoncée début mai (entre le 8 et le 10), à la suite des championnats d’Europe, où nous pouvons engager deux athlètes par catégorie. Dans certaines catégories, la sélection pourra donc se finaliser sur ce championnat.
Ugo Legrand : " J’ai l’impression d’être né pour ça..."

Champion du monde et d’Europe junior en 2008 (- 66kg), champion d’Europe des moins de 23 ans en 2009 (-73kg), 3e des championnats d’Europe seniors 2010 et médaillé de bronze aux Mondiaux 2011, Ugo Legrand éclabousse la planète judo par son talent et son panache. A seulement 22 ans, il est un sérieux prétendant à la médaille olympique.

Vous revenez sur les lieux des championnats du monde, quelles sensations cela vous procure-t-il ?
Cela va avoir une saveur particulière… Je suis pressé d’y être et de retrouver le public qui m’a poussé et encouragé pendant les Mondiaux. Je suppose que les supporters vont avoir envie de revivre des émotions, alors je vais essayer de leur redonner ça… Moi, j’y vais vraiment pour gagner car j’adore cette salle, j’adore le public... on n'en retrouve nulle part ailleurs.
Vous ressentez une certaine excitation avant ce tournoi ?
Oui, particulièrement parce que j’ai effectué un début de saison difficile. Je n’ai pas obtenu de très bons résultats. J’ai vraiment envie de tourner la page et de revenir motivé sur cet événement. Je veux oublier mes trois dernières compétitions.

Comment expliquez-vous ce moment de flottement après votre médaille de bronze ?
Je n’arrive pas vraiment à l’expliquer… Il faudrait analyser ça un peu à froid car je sors à peine du Masters où j’ai perdu dès le premier tour. C’est peut-être une question de motivation, ou d’objectifs. Je sais me concentrer sur les objectifs importants. Les tournois auxquels j’ai participé auparavant n’en étaient pas. Ce n’était que des étapes. Pour 2012, je me suis fixé le Tournoi de Paris, les championnats d'Europe et les Jeux Olympiques. On y arrive, on verra ce que cela donnera. On fera le bilan à ce moment là. Une chose est certaine : je ne peux pas être fort partout et tout le temps!

Cela ne vient-il pas de votre manque d’expérience ? Vous êtes jeune… Ce n’est pas facile de digérer une médaille mondiale lorsque l'on n'a que 22 ans et que l’on devient alors un des leaders de l’équipe de France ?
Je ne pense pas car je ne me mets pas de pression particulière. Au contraire, c’est une position qui devrait me rendre plus fort. Cette médaille ne m’a pas enlevé mes qualités. C’est juste une question de circonstances et de motivations. Je n’ai peut-être pas eu assez de temps pour apprécier, pour digérer cette médaille. On est reparti très vite au combat. Moi, j’ai envie d’être fort à la fin de la saison et pas dès à présent ! Je ne veux surtout pas me tromper d’objectif. Il faut accepter de perdre pour mieux rebondir…
Vous avez les yeux totalement rivés sur Londres...
Tout à fait. La route va être encore longue. On a vu certains étrangers au top de leur forme dès ce début de saison. On est en droit de se demander si c’est le bon schéma... On ne sait pas… on verra. Ce qui est sûr, c’est que moi je me prépare pour être fort cet été et non pas avant…

Quels vont-être vos prochains axes de travail ?
Je vais changer des petits détails, comme la concentration. Je vais essayer d’être plus rigoureux dans ce domaine. Je manque de concentration sur les entraînements, les compétitions mais aussi dans les jours qui précèdent les grands événements. Mon problème débute en amont de la compétition. Tout se joue deux semaines avant ! Si je n’ai pas d’excitation, d’adrénaline dans mon corps, je sais que la compétition ne va pas marcher… Cela va donc dépendre de l’enjeu. Je vis comme ça ! Je vis à l’enjeu et les compétitions de début de saison ne m’excitent pas plus que ça…. Je vais donc essayer d’être plus précis sur la prise de garde, le kumi-kata, et sur les déclenchements d’attaques. Je veux perfectionner ces domaines et régler quelques petits détails pour passer de la 3ème place à la médaille d’or aux Jeux Olympiques.

On a l’impression que cela a été difficile de se relancer...
Effectivement, j’ai pris une grosse claque aux Masters. Cela m’a fait tout drôle. C’est comme un coup de poignard. Je manquais de concentration et mon adversaire en face avait le couteau entre les dents. Finalement, cette défaite aura sans doute été bénéfique pour me rendre compte que rien n’est acquis, qu’il faut vite, très vite se remettre au travail… Cela va me servir. J'adore m'aligner sur les compétitions à enjeux, cela me transcende. J’ai l’impression d’être né pour ça… J’espère donc briller une nouvelle fois à Paris. Dans tous les cas, je vais tout faire pour….
Les sélectionnés et le programme
La sélection féminine
-48kg : Maryne Cebo, Scarlett Gabrielli, Sonia Benabdelouahed, Laëtitia Payet
-52kg : Delphine Delsalle, Amélie Guihur, Elodie Grou, Julia Rosso
-57kg : Sarah Loko, Automne Pavia, Hélène Receveaux, Morgane Ribout
-63kg : Laëtitia Blot, Di Cintio Maëlle, Caroline Peschaud, Margot Pinot
-70kg : Lucie Décosse, Valérienne Etienne, Clarisse Habricot, Marie Pasquet
-78kg : Lucie Louette, Stéphanie Possamaï, Audrey Tcheuméo, Marjorie Ulrich
+78kg : Emilie Andéol, Alice Delplanque, Ketty Mathé, Anne-Sophie Mondière
La sélection masculine
-60kg : Thomas Cadoux-Duc, Victor Leboedec, Sofiane Milous, Issam Nour
-66kg : Dimitri Dragin, Pierre Duprat, Loïc Korval, David Larose
-73kg : Jonathan Allardon, Gilles Bonhomme, Benjamin Darbelet, Ugo Legrand
-81kg : Axel Clerget, Loïc Piétri, Guillaume Riou, Alain Schmitt
-90kg : Nicolas Brisson, Matthieu Dafreville, Ludovic Gobert, Alexandre Iddir
-100kg : Thierry Fabre, Christophe Humbert, Maël Le Normand, Cyrille Maret
+100kg : Teddy Riner, Matthieu Bataille, Jean-Sébastien Bonvoisin, Mathieu Thorel
Le programme
Samedi 4 février
Femmes : -48kg, -52kg, 57kg, -63kg
Hommes : -60kg, -66kg, -73kg
Dimanche 5 février
Femmes : -70g, -78kg, +78kg
Hommes : -81kg, -90kg, -100kg, +100kg





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