3 questions à... Audrey Labeau

« Le plongeon français fait son chemin »
A 26 ans, la meilleure plongeuse française espère vivre à Londres ses deuxièmes Jeux olympiques. Une participation qui confirmerait les progrès de sa discipline.
Que représente aujourd’hui le plongeon français sur la scène internationale ?
Audrey Labeau : Il progresse. Depuis deux ans, nous avons notre place au niveau européen. Aux derniers championnats d’Europe, nous avons décroché trois médailles, dont une en argent pour Matthieu Rosset et moi-même au « team event ». Sur le plan mondial, nous n’en sommes pas encore là, mais nous avons le potentiel pour accéder aux finales. Ce n’était pas le cas à mon arrivée en équipe de France. Le nombre de plongeurs de niveau était moins important. Cette année, nous serons cinq Français présents à la prochaine Coupe du Monde, sélective pour les Jeux de Londres.
La discipline a-t-elle beaucoup évolué depuis les Jeux de Pékin, où vous avez effectué vos débuts olympiques ?
Elle fait son chemin. Nous restons très peu médiatisés, au moins en France, mais je suis consciente qu’il faudra du temps et des résultats pour gagner en notoriété. Les choses avancent lentement, mais elles avancent. J’ai découvert les Jeux à Pékin, j’espère les revivre à Londres. Tout se jouera à la Coupe du Monde, le mois prochain. Au plongeon à 10 m, j’ai mes chances. En tous cas, j’y crois très fort.
Comment faites-vous pour vivre d’une discipline aussi peu médiatisée ?
Je n’en vis pas. Je suis professeur de sport, détachée à l’Insep sur des missions, dont celle de l’entraînement des jeunes. Je peux consacrer environ 80% de mon temps à ma préparation. Plus, je n’aimerais pas car j’ai besoin de me changer parfois les idées et de ne pas penser au plongeon du matin au soir. En 2008, l’année des Jeux, j’avais dû interrompre mes études pour être disponible à fond. Ce n’était pas l’idéal. Cette fois, je suis libérée des contraintes, mais en même temps je n’ai plus à me préoccuper de mon avenir.




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