Comité national olympique et sportif français

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Meet the role model

 


Dans le cadre des séances « Meet the role model » du Programme Culture et Education des JOJ, une session en français était proposée avec Vincent Defrasne, double champion du monde et champion olympique de biathlon à Turin, et Stéphane Lambiel, également double champion du monde de patinage artistique et médaillé d'argent à ces mêmes JO. Edgar Grospiron s'y est rendu accompagné de 11 athlètes : Thomas Chamballand, Richard Jouve, Timofeï Novakin, Léa Lemare, Arthur Royer, Alison Perrillar-Amade, Constance Vulliet, Morgane Rihet, Thibault Colombin, Tom Balland, Yoann Martinez.

Les deux « athletes role models » ont pu partager leur expérience unique avec les jeunes athlètes francophones et les autres, puisqu’une traduction instantanée était proposée. Conquis par le concept de ces JOJ, ils sont tut d’abord recommandé aux athlètes de se concentrer sur ses épreuves, mais aussi d’apprendre du Programme Culture et Education et d’obtenir des conseils pour leur carrière. Se donner à fond pour vivre l’expérience pleinement, tel est d’ailleurs le premier conseil que les deux champions ont transmis à leur assistance.

Évoquant leur propre parcours, Vincent Defrasne et Stéphane Lambiel ont témoigné de la manière dont un athlète doit savoir écouter son entourage et construire son réseau. Faire confiance à ses proches contribue fortement à la réussite selon eux.

Extraits des échanges…

Au même âge que les athlètes participant aux JOJ, comment gériez-vous votre temps, entre les études et les entraînements ?

Stéphane Lambiel : je construisais un emploi du temps en fonction de mes contraintes horaires. Je m’entraînais uniquement le soir, sauf les lundi et mercredi après-midi où je pouvais me consacrer aussi au patinage. L’important c’est de bien programmer ses activités.
Vincent Defrasne : Je n’arrive pas à bien faire deux choses en même temps, alors je me focalisais sur une seule chose : soit le sport, généralement pendant les quelques mois d’hiver, soit les cours, les mois restant de l’année, pour récupérer le retard pris en hiver.

A quel moment avez-vous senti que vous passiez d’un niveau national à un niveau international ?

VD : Le processus s’est plutôt effectué par échelons. C’est en perfectionnant des détails, des petites choses qui ont tout de même de l’importance (le réglage de la carabine, la ponctualité,…) que j’ai pu franchir un cap.
SL : En ce qui me concerne, c’était une évolution en escalier avec des phases de stagnation. Le suivi d’une grille d’entraînement à contribuer à ma réussite mais j’ai surtout senti une différence lorsque j’ai intégré le suivi de ma condition physique en dehors de mes entraînements, j’ai tout de suite perçu une différence.
VD : Nous sommes amener à faire des choix pour atteindre le meilleur niveau, j’ai ensuite réussi à intégrer les meilleurs en préférant continuer à m’investir dans le biathlon , plutôt que dans le ski de fond. Ce choix pour le biathlon m’a amené à rencontrer Jean-Pierre Amat, champion olympique de tir. Il a réussi à transmettre sa passion pour le tir et il m’a donné davantage d’intérêt. Ce fut le déclic pour rivaliser avec les plus sérieux concurrents.

N’est-il pas frustrant de se contenter d’une 2ème place lorsqu’on vise la victoire, voire de manquer le podium et de se retrouver 4ème ?
SL : Je trouve que c’est fantastique d’être médaillé, même si je n’étais pas totalement satisfait de ma prestation, un médaille olympique c’est ce dont rêve tous les sportifs. Obtenir une médaille d’argent, c’est exceptionnel. Derrière, j’ai terminé ma carrière sur une 4ème place et je le vis bien !
VD : Il me semble que j’ai fait treize 4ème places. Je me suis toujours dit que c’est toujours mieux que 5ème et que je suis plus près de l’objectif que je m’étais fixé. Et c’est finalement ce qui m’a peut-être aidé à devenir champion olympique.

Comment digérer une blessure ?
SL : J’avais été blessé deux ans avant Vancouver. Il a fallu du temps pour guérir et revenir. Finalement j’ai obtenu ma qualification pour les Jeux Olympiques. J’étais prêt dans ma tête. Certes j’ai terminé 4ème, mais j’ai pu patiner en compétition… Et aujourd’hui je pense que si je n’avais pas fait Vancouver, je n’aurais pas pu continuer à patiner, faire des spectacles, etc.
VD : Pour ma part, je n’ai pas subi beaucoup de blessures. La plus grande période de convalescence devait être 3 semaines, donc rien. Je me dis parfois que j’ai été épargné grâce à ma bonne hygiène de vie.

Comment arrivez-vous à patiner ou à skier sans aucun objectif ?
SL : C’est vrai qu’on se sent un peu perdu, mais on est tellement plus libre. Je continue à m’entraîner tous les jours. Le patinage fait partie de ma vie. Je ne me vois pas arrêter, en tout cas, je continuerais jusqu’à ce que mes genoux flanchent.
VD : Parfois je mets les skis et je ne sais pas si je vais parcourir 10 km ou 20 km. Une fois, je suis revenu d’une séance de 12 km et j’étais satisfait alors que par le passé, je me serais dit : « dis donc, tu ne t’es pas foulé aujourd’hui ! ». Mais le naturel revient vite. Si je me fais doubler ça ne me plait pas. Lors de la Transjurassienne j’étais parti calmement mais on me passait devant. Je me suis mis à fond… Mais je n’ai tenu qu’une heure.

En biathlon vous avez l’opportunité de concourir en individuel et par équipe, avez-vous une approche différente de la compétition ?
VD : Non, il y ajuste deux motivations différentes. Je me souviens particulièrement des JO Salt Lake City où la préparation avait été énorme en équipe.


Comment avez-vous abordé votre 1ère coupe du monde ?

VD : C’était à Oberhof et c’était pour un relais. J’étais stressé et n’avais rien mangé le matin. Finalement, l’épreuve s’est très bien déroulée. J’avais tout de même eu une double pression : débuter en coupe du monde et commencer le relais pour l’équipe.

L’échange s’est finalement terminé en chanson grâce au sens du spectacle de Stéphane Lambiel.





 

 

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