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Benjamin Macé : « Je veux être le propre maître de ma performance »

 

Les championnats d’Europe de patinage de vitesse sur glace toutes épreuves (« Allround ») se dérouleront du 6 au 8 janvier 2012 à Budapest, en Hongrie.
A 22 ans, Benjamin Macé représentera la France aux côtés d’Alexis Contin. L’équipe sera complétée par Ewen Fernandez, remplaçant. Né le 16 mai 1989 à Bordeaux, Benjamin a débuté par le roller sport, avant de passer sur la glace avec le short-track.
C'est d’ailleurs dans cette discipline qu’il a participé aux Jeux Olympiques de Vancouver, se classant 5ème en finale du relais. Désormais passé sur longue piste, Benjamin Macé continue à aiguiser ses patins, pour mieux prendre encore l’aspiration d’Alexis.

Comment abordez-vous ces championnats d’Europe ?
Ce ne sont que mes deuxièmes championnats d’Europe. Je suis encore jeune. Devant moi, il y a des ténors de la catégorie qui sont présents sur le circuit depuis de longues années déjà. S’ils vont se battre pour le podium, j’y vais d’abord pour engranger un maximum d’expérience et prendre de l’assurance. Mon objectif est de rentrer dans les 12 premiers pour décrocher un troisième quota pour la France pour l’Euro de l’année prochaine. Cette performance me permettrait également de me qualifier pour les championnats du monde « Allround ».

Cette formule toutes épreuves est particulière…
Effectivement, le cumul de toutes nos courses (500m, 5000m, 10000m et 15000m) donne le résultat final des championnats d’Europe, c’est pour cela qu’on appelle cela le « Allround ». Tout en sachant que la différence et les écarts se font surtout sur le 5000m et le 10000m. C’est un gros week-end avec énormément de courses. Je n’ai pas l’habitude de ce genre de format de compétition. De plus, cette année, je me suis surtout spécialisé sur le 1000 m et 1500m. Ces championnats ne font donc pas partie de mes principaux objectifs du moment, mais je pars avec beaucoup d’envie car le patinage de vitesse est une discipline nouvelle pour moi.

5ème aux Jeux Olympiques de Vancouver en short-track, vous avez effectivement décidé d’abandonner ce sport pour la longue piste... Qu’est-ce qui a motivé votre décision ?
J’ai pris cette décision suite aux Jeux Olympiques en fait. Pour mémoire, lors de la finale de Vancouver, trois Coréens sont en tête dans le dernier virage avant la ligne d’arrivée. Le troisième tente de doubler le deuxième mais il chute et entraîne avec lui son concurrent.
Cette chute met en avant tout le risque de ce sport et le côté parfois trop aléatoire des résultats. Je ne voulais pas me retrouver dans cette configuration pour les Jeux Olympiques de Sotchi. L’été qui a suivi Vancouver, je me suis donc entraîné en short-track dans le but de passer à la longue piste. C’est beaucoup plus stable et je veux être le propre maître de ma performance.

Est-ce la principale différence entre les deux sports ?
C’est une autre dimension. En short-track, on cherche à se confronter directement avec les patineurs. Il faut gérer plus de pression vis-à-vis de ses adversaires. En patinage sur longue piste, le patineur est seul. La concentration est sur soi et sur ce que l’on va faire. D’autre part, mon physique fait la différence. Je suis beaucoup plus grand que la moyenne des short-trackers. Mon gabarit correspond finalement aux patineurs de grande piste.

C’est tout de même un pari osé…
Oui, c’est un peu risqué car je n’avais aucune expérience dans ce sport. Malgré les similitudes que l’on peut observer entre ces deux sports, il existe de grandes différences, tant au niveau technique que physique. Ce n’est pas du tout le même travail, mais j’en avais envie. Il m’a fallu repartir de zéro. Tout remettre en place. Et puis, c’est comme à chaque fois que l’on commence un apprentissage, ce n’est jamais vraiment passionnant au début, mais cette année, je commence à prendre beaucoup de plaisir. Je m’éclate réellement sur la grande piste !

Vous avez changé d’entraîneur et de lieu d’entraînement par conséquent…
Oui, j’ai quitté Font-Romeu et l’équipe de France de short-track. L’an passé, je suis parti à Heerenveen, aux Pays-Bas, où j’ai commencé à travailler avec Tristan Loy, un entraîneur français. Mais les conditions étaient un peu compliquées parce que la piste était surtout réservée aux Hollandais.
Depuis cette année, j’ai intégré la structure d’Inzell, en Allemagne, toujours avec mon Tristan Loy. J’y ai également retrouvé Ewen Fernandes. Inzell, c’est un peu la Mecque pour les petits pays qui n’ont pas de moyens. Une sorte de Creps, où tous les éléments sont réunis pour s’entraîner correctement dans les meilleures conditions. C’est ce qui m’a permis de réaliser les bons résultats de ces derniers mois.


Alexis Contin

Alexis Contin est un peu le chef de file de la délégation. Vous a-t-il inspiré, quelles sont vos relations ?
Alexis est comme un grand frère pour moi. Il m’a énormément aidé l’année dernière. Il m’a fait découvrir le monde de la grande piste tout en me conseillant.
Il a une technique presque parfaite lorsqu’il patine, de ce fait, il m’a aidé à m’améliorer. Notre relation est très saine et basée sur une aide mutuelle.


Auriez-vous un conseil à donner à un novice ?
Il faut être bien penché en avant et trouver la sensation de glisse et le bon rythme du geste. Le patinage, c’est comme de la musique : un patineur doit jouer de la musique avec ses patins. Il faut réussir à tout harmoniser au bon moment.


 

 

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