3 questions à... Coline Mattel

« J’ai trouvé ma place parmi les grandes »
La petite merveille du saut à skis français vient de fêter ses 16 ans. Mais elle vise un podium au classement général de la première Coupe du Monde féminine.
Dans un pays sans réelle tradition de saut à skis comme la France, comment êtes-vous devenue l’une des meilleures spécialistes mondiales ?
Coline Mattel : J’ai grandi à la montagne, mais j’ai commencé par le ski alpin. En été, notre entraîneur de club nous emmenait essayer d’autres disciplines. A 7 ans, j’ai essayé le saut, sur un tremplin en plastique. A 11 ans, j’ai décidé de laisser tomber l’alpin et le fond pour me consacrer au saut à skis. J’aimais les sensations, l’impression de voler. Je suis rapidement partie sur des compétitions internationales. Et là, j’ai découvert l’ambiance du circuit, les liens d’amitié et de solidarité avec les filles des autres pays. Je crois que cet aspect de ma discipline me tient au moins autant à cœur que le seul fait de sauter à skis.
Le saut à skis féminin a franchi une étape décisive, cette saison, avec la création de la première Coupe du Monde de l’histoire. Pour vous, les choses ont-elles beaucoup changé ?
Cette reconnaissance me pousse à m’entraîner encore plus, à être plus assidue et plus rigoureuse. Nous voulons, je crois, montrer par cette attitude notre fierté d’avoir été reconnues. Du coup, le niveau monte. La concurrence est plus forte. Lors des deux dernières compétitions cette saison, les 15 premières ont dépassé le point K. Et les écarts sont de plus en plus réduits. Nous avons aussi plus de moyens. Rien de comparable avec les garçons, mais en équipe de France nous bénéficions depuis cette saison d’un entraîneur adjoint. En contrepartie, l’ambiance change un peu sur le circuit. Certaines filles s’isolent, restent parfois à l’écart, dans leur truc, dans leur concentration.
Qu’attendez-vous de cette première année de Coupe du Monde ?
J’ai commencé la saison par une deuxième place en Coupe du Monde, à Lillehammer. J’aimerais continuer sur le même rythme, pour au moins monter sur le podium au classement général final. Je n’ai que 16 ans, certaines de mes rivales ont dix ans de plus que moi, voire plus. Mais j’ai trouvé ma place, je ne suis plus la petite Française que les filles regardaient avec amusement à mes début sur le circuit. Cette saison, je vais aussi essayer de défendre mon titre mondial junior, décroché l’an dernier.





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