Coupe du monde de rugby : si fiers d'eux...

Photos IRB
Sous le feu des critiques tout au long de la Coupe du monde, l’équipe de France a forcé le respect de l’Ovalie par sa superbe prestation lors de la finale perdue 8 à 7 face à la Nouvelle-Zélande. Dimanche 23 octobre, le XV de France a fait trembler ces All-Blacks, que l’on annonçait invincibles. Le score final est en leur défaveur, mais l’esprit du jeu et l’impression finale de domination sont au crédit des Bleus qui, à force de courage et de volonté, ont purement et simplement étouffé les Blacks et ce, bien avant le coup d’envoi.

A l’impact, c’est en effet l’équipe de France qui s’est imposée dans le choc psychologique qui précède le match, en répondant au haka kapa o pango par un V de la victoire formé par l’ensemble des Bleus, en blanc pour l’occasion. En cours de chorégraphie maorie, ceux-ci se sont ensuite dirigés, sereins mais menaçants, sur le pack néo-zélandais, dépassant même la limite interdite de la ligne médiane (ce qui vaut d’ailleurs une amende de principe de 2880 euros à la fédération française). Le défi était lancé.

Le combat allait être à la hauteur. Parce que, si le score est bas, la finale fut, elle, de haut vol… sauf pour les n°10 présents au coup d’envoi. Morgan Parra fut en effet sorti en deux temps, la tête secouée par les coups de boutoirs des All-Blacks, en particulier de Ma'a Nonu et Mc Caw. Quant à Aaron Cruden, il ne lui « survécut » pas longtemps, son genou ne résistant pas au placage du remplaçant de Morgan Parra, François Trinh-Duc. Ce dernier, contesté ces dernières semaines, a réalisé un match qui eut été parfait si sa tentative de drop en fin de première mi-temps était passée. Menée 5-0 à ce moment-là (essai de Woodcock), puis 8-0 après une pénalité concédée en début de seconde période, la France aurait eu besoin de ces quelques points. La suite montra même qu’ils auraient changé la face de la finale.

De fait, les 40 dernières minutes furent à sens unique, direction la ligne d’en-but néo-zélandaise, avec, pour agent de la circulation, Craig Joubert, l’arbitre sud-africain de la rencontre. Les hommes de Marc Lièvremont trouvèrent la faille à la 47ème minute, le capitaine Thierry Dusautoir, aplatissant sous les poteaux au terme d’une action entamée par une interception de… François Trinh-Duc, définitivement réhabilité auprès des censeurs. Las, malgré la transformation, les Français restaient à un point des Néo-zélandais et ne parvenaient pas à marquer de nouveau. Tout fut pourtant fait durant le dernier quart d’heure pour amener les All-Blacks à la faute, mais rien, ni personne, n'offrit cette délivrance à la France. Une ultime pénalité en faveurs des néo-zélandais et le coup de sifflet final sonnait le glas des espoirs bleus.
Il y a 24 ans, en 1987, l’Eden Park d’Aukland accueillait la première finale de la Coupe du monde, remportée par les All-Blacks au détriment des Français (29-9).
24 ans plus tard, comme un clin d’œil, c’est sur ce score de 8-7, que s’inclinaient de nouveau les Bleus, leur troisième échec en finale.

Désigné homme du match, Thierry Dusautoir a également été élu joueur de l’année de l’International Rugby Board. Il est le deuxième Français à recevoir cet distinction honorifique depuis Fabien Galthié en 2002. Vincent Clerc, et l'Anglais Chris Ashton, passés six fois derrière la ligne d'en-but durant cette Coupe du monde, terminent en tête du classement des marqueurs d'essais. Quand à Marc Lièvremont, il quitte le poste de sélectionneur et sera remplacé par Philippe Saint-André. L’ancien capitaine des Bleus récupère un groupe transformé par une formidable aventure humaine. Cette équipe de France est jeune, elle a l’âme, le talent… et est désormais classée numéro 3 au classement mondial, derrière la Nouvelle-Zélande et l’Australie.





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