Comité national olympique et sportif français

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Oslo 1952

 

La fiche

Ville : Oslo
Dates : 14 - 25 février
Nations : 30 (retour du Japon et de la RFA)
Sports : 8
Sport de démonstration : 1 (bandy - sorte de hockey-sur-glace)
Epreuves : 22
Autres villes candidates : Cortina d'Ampezzo (Ita), Lake Placid (USA)
Participants : 694 (585 hommes, 109 femmes)
Participants français : 26 (19 hommes - 7 femmes)
Médailles distribuées : 67 (2 places de 3e ex aequo au 500 m patinage de vitesse M)
Palmarès français : 1 médaille (bronze)
Ouverture des Jeux : Proclamée par Ragnhild, princesse de Norvège
Serment olympique : Prêté par le sauteur à skis Torbjoern Falkenger
Flamme olympique : Allumée par Egil Nansen, petit-fils du célèbre explorateur Fridtjof Nansen
Président du CIO : Sigrid Edstroem (Suè)

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Les repères

Lever de rideau
Le slalom géant dames et les deux premières manches du bob à 2 eurent lieu la veille de la cérémonie d'ouverture.

Débuts
Deux pays firent leurs débuts aux Jeux d'hiver à Oslo : le Portugal et la Nouvelle-Zélande.

Première
Stein Eriksen fut le premier champion olympique du slalom géant, ainsi que le premier Scandinave médaillé en ski alpin.

Démonstration
Seul sport de démonstration aux JO d'Oslo, le bandy est une sorte de hockey sur glace disputé par 2 équipes de 11 joueurs munis de crosses proches de celles du hockey sur gazon.

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Le résumé

28 ans d'attente des pays nordiques

Vingt-huit ans. Il aura fallu attendre 28 ans pour que les Jeux d'hiver soient enfin organisés dans un pays nordique. Oslo ayant été préférée à Cortina d'Ampezzo et Lake Placid, c'est la Norvège qui a l'honneur d'accueillir ces 6es JO d'hiver.

Oubliées les réticences des pays scandinaves naguère soucieux de protéger leurs Jeux Nordiques. Les Jeux d'hiver se sont définitivement imposés et ce n'est que justice qu'ils fassent enfin étape dans le pays qui fut à l'origine du ski de compétition.

Cette paternité, les organisateurs norvégiens la revendiquent haut et fort, multipliant les symboles. La flamme olympique est allumée, non en Grèce comme pour les JO d'été, mais à Morgedal, le village natal de Sondre Nordheim, considéré comme le premier grand skieur de l'histoire, au XIXe siècle.

Pendant deux jours et demi, 94 skieurs se relaient sur plus de 200 km pour porter la flamme jusqu'au stade du Bislett à Oslo, où la vasque olympique est allumée par Egil Nansen, petit-fils de Fridtjof Nansen, célèbre explorateur qui réussit la traversée du Groenland à skis 70 ans plus tôt.

Dick Button encore
Trente pays, dont l'Allemagne et le Japon de retour après leur absence forcée de 1948, 694 participants dont 109 femmes : ces Jeux battent tous les records de participation.


Hjalmar Andersen

Comme chaque fois depuis le début des Jeux (sauf à Lake Placid en 1932 où les Américains brillèrent devant leur public) la Norvège domine les compétitions, enlevant 16 médailles dont 7 d'or, loin devant les Etats-Unis (11 dont 4 d'or).

Le héros des Jeux est logiquement un Norvégien, Hjalmar Andersen, triple médaillé d'or sur 1500, 5000 et 10.000 m en patinage de vitesse.


Dick Button

En ski alpin, l'Italien Zeno Colo est un beau vainqueur de la descente, discipline qui revient chez les dames à l'Autrichienne Trude Jochum-Beiser, la vice-championne olympique de 1948. L'Américaine Andrea Mead-Lawrence signe un doublé en or en gagnant le slalom et le géant, celui-ci faisant son apparition aux JO en lieu et place du combiné.

Pour la deuxième fois, le patinage artistique sourit à Dick Button. L'intouchable Américain est le dernier patineur à avoir réussi la passe de deux aux JO, réussissant en outre à Oslo le premier triple saut de l'histoire en compétition.

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Le fait

Les Jeux et la Norvège en fête

En confiant, en 1947, l'organisation des Jeux d'hiver de 1952 à Oslo, les membres du CIO ne s'étaient pas trompés. Les sports de neige et de glace ne pouvaient pas se sentir plus chez eux qu'en Norvège, le pays où le ski de fond est roi, le patinage de vitesse un sport national.


Fridtjof Nansen

Quatre ans après Saint-Moritz, ces deuxièmes Jeux d'hiver de l'après-guerre furent ceux de la joie et de la réconciliation, puisque l'Allemagne et le Japon, absents en Suisse, faisaient leur retour dans la famille olympique.

Pour célébrer l'événement, les Norvégiens battirent le rappel de leurs vieilles gloires, de Fridtjof Nansen à Sondre Nordheim. Explorateur et naturaliste, le premier traversa le Groenland à skis à la fin du 19e siècle et obtint le Prix Nobel de la Paix. Ce fut son petit-fils Eigil qui enflamma la vasque olympique.

Public sportif et connaisseur

Fils de paysan, Nordheim fut "l'inventeur" du saut à skis de compétition : il eut le premier l'idée que la réception devrait se faire sur une pente et non sur un terrain plat. Il conçut et réalisa par ailleurs la première fixation. Pour lui rendre hommage, la flamme fut allumée à Morgedal, son village natal, situé dans la province de Telemark, où se tinrent les premières compétitions de ski.

Plus de 500.000 spectateurs connaisseurs et enthousiastes suivirent les compétitions, applaudissant leurs favoris, mais félicitant sportivement les champions des autres pays. Pour que la fête soit complète, il fallait que les Norvégiens gagnent. Ils furent fidèles au rendez-vous des médailles d'or, montant à 7 reprises sur la plus haute marche du podium.


Hjalmar Andersen

A Holmenkollen près d'Oslo, haut lieu du ski nordique, ils furent plus de 150.000 à se presser autour du célèbre tremplin pour acclamer le doublé des sauteurs norvégiens. Pendant trois jours, un Bislett archicomble vibra aux exploits de Hjalmar Andersen (photo), un camionneur, sacré triple champion olympique en patinage de vitesse.

Accueil chaleureux, organisation irréprochable, public de rêve, ces Jeux laissèrent un excellent souvenir aux participants. Préfigurant ceux de Lillehammer, 42 ans plus tard.

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L'exploit

Encore une première pour Dick Button


Dick Button

Certains champions, sûrs de leur talent, se contentent d'assurer pour gagner aux jeux Olympiques. Richard Totten Button n'était assurément pas de ceux-là. Homme de défis, il a remporté deux médailles d'or de suite en réussissant à chaque fois une prouesse technique inédite.

Dick Button n'a pas encore 19 ans quand il aborde ses premiers JO, en 1948 à Saint-Moritz. Deux jours avant le programme libre, ce surdoué du patinage exulte : il vient de réussir un double axel pour la première fois, à l'entraînement.

Aussitôt la question se pose à lui : va-t-il le tenter en compétition ? Premier avant le libre, va-t-il remettre en cause cette médaille d'or à sa portée ? A l'évidence, il ne maîtrise pas encore parfaitement ce nouveau saut. Méticuleux, il n'aime pas la part de risque et d'improvisation que comporterait une telle tentative.

Au tour du triple
D'un autre côté, il ne peut supporter l'idée de passer à ses propres yeux pour un lâche contraint à une reculade pour cause de pression olympique. Il tente donc le double axel. Il le réussit. Le public suisse salue l'exploit en connaisseur. Première médaille d'or.

Quatre ans plus tard, c'est en quadruple champion du monde, invaincu depuis son sacre de Saint-Moritz qu'il se présente aux Jeux d'Oslo. Comme en 1948, Dick Button est tenté d'essayer une difficulté technique jamais réussie en compétition : le triple saut.

L'Américain n'a pas besoin de ce nouvel exploit pour gagner tant il est supérieur à ses rivaux. Au contraire, il a tout à perdre. Mais, pas plus qu'à Saint-Moritz, il ne saura résister à ce nouveau défi.

Comme dans un rêve, il saute. Haut. Très haut. Condition indispensable pour réussir ses trois rotations. La réception est parfaite. Il vient de passer un triple boucle. Jamais patineur n'avait accompli trois révolutions en l'air.

L'étudiant de Harvard vient de faire entrer son sport dans une autre ère. Pour beaucoup de spécialistes, Dick Button reste le plus grand patineur de l'histoire.

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Les anecdotes

Ex aequo
En patinage de vitesse, trois concurrents coururent le 500 m en 44 sec 0, signant le 3e temps de l'épreuve. Pourtant, seuls le Canadien Gordon Audley et le Norvégien Arne Johansen furent médaillés de bronze ex aequo. Le Norvégien Finn Helgesen, qui courait avec Audley, avait été devancé d'un rien par celui-ci, même s'il avait été crédité du même temps. Jugé "moins ex aequo" qu'Audley, Helgesen fut classé 5e.

Jeunesse


Alain Giletti

Le Français Alain Giletti se classe 7e en patinage artistique pour ses premiers JO. Il n'est âgé que de 12 ans et demi. Il sera champion du monde en 1960.

Proximité
En ski alpin, seules les compétitions de slalom purent se dérouler à proximité d'Oslo, sur le versant de Roedkleiva. Le géant et la descente en revanche eurent lieu à Norefjelll, à près de 120 km de la capitale norvégienne.

Triplé


Annemarie Buchner

Triple bravo pour Annemarie Buchner, médaillée dans les 3 épreuves du ski alpin. L'Allemande décrocha l'argent en descente, et le bronze en géant et en slalom.

Innovation
Pour la première fois, les Jeux d'hiver accueillirent une épreuve de ski de fond féminine. Trois Finlandaises monopolisèrent le podium de cette course disputée sur 10 km.

Météo
La météo eut le bon goût de ne pas perturber ces premiers Jeux d'hiver d'un pays nordique. Le mauvais temps s'abattit sur la Norvège sitôt les Jeux terminés.

Capitale
Oslo est la seule capitale à avoir accueilli les Jeux d'hiver. Quand Sarajevo organisa les JO en 1984, la Bosnie-Herzégovine n'était pas encore indépendante et Sarajevo n'était qu'une des grandes villes yougoslaves.

Mari battu
L'Américaine Andrea Mea-Lawrence fit beaucoup mieux que son mari en gagnant les médailles d'or du slalom et du géant. David, son époux, dut se contenter d'une modeste 35e place en géant.

Surcharge
236 kg pour le bob à 2. 472 pour le bob à 4. Auteurs du doublé, les équipages allemands bénéficiaient d'un tel avantage de poids par rapport à leurs rivaux que la fédération internationale décida de limiter désormais le poids total à 200 kg pour le bob à 2 et à 410 pour le bob à 4 afin de rendre égales les chances des équipages.

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Les Français aux Jeux

En Norvège, terre d'élection du ski nordique, les disciplines alpines continuent leur avancée. Mais sans le renfort des Français. Déchiré par des rivalités internes et affaibli par des blessures, le ski français, 4 ans après l'embellie de Saint-Moritz, est d'une médiocrité désolante. Commence d'ailleurs pour lui une période de disette olympique qui durera jusqu'à Squaw Valley, en 1960.
James Couttet se montre le moins décevant de la sélection : 6ème du slalom, 11ème de la descente, où pour la première fois les coureurs portent un casque de protection en cuir bouilli, et 14ème du slalom géant dont c'est le baptème olympique.

Compte tenu de la supériorité des Finlandais, des Norvégiens et des Suédois dans leurs spécialités nordiques de predilection Benoit Carrara, René Mandrillon, Jean Mermet et Gérard Périer - "braves parmi les braves" du fond - prennent la quatrième place du relais 4 x 10 km. Un exploit, mais toujours pas de médaille...


Jacqueline Du Bieg

Tous les espoirs de la délégation française se portent alors sur la patinoire où l'entraîneur Jacqueline Vaudecrane - dont la réputation deviendra universelle - conseille un Espoir et une patineuse chevronnée.
Le premier s'appelle Alain Giletti : âgé de 12 ans, il a eu bien du mal à brandir à bout de bras le drapeau tricolore lors de la Cérémonie d'ouverture. Calme, rapide et aérien il s'assure une prometteuse septième place. Son séduisant programme libre lui vaut une ovation presque comparable à celle que le public réserve au vainqueur, le bondissant américain Richard "Dick" Button.

La patineuse, elle, s'appelle Jacqueline du Bief. Seizième en 1948, elle a progressé et figure maintenant parmi les candidates au podium. Ses entraînements sont suivis par la presse avec le même intérêt que ceux de "Dick" Button. "Du Bief bat Button par 18 photographes à 14..." titre le journal "L'Equipe".
Jacqueline Vaudecrane, pour décontenancer les rivales de son élève, parle d'une "arme secrète" enfermée dans un placard et annonce finalement une "tenue révolutionnaire à faire pâlir tous les couturiers."

Quatrième après les figures imposées - on apprendra plus tard qu'elle avait participé avec 38"7 de fièvre -, Jacqueline Du Bief porte une robe noire et des chaussures blanches le 20 février. Ce jour-là, elle gagne une place en remportant le programme libre au cours duquel le public et les juges apprécient sa classe, sa fantaisie et sa personnalité.

Bilan : une unique médaille pour la délégation française, celle de bronze de Jacqueline Du Bief !

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Les médailles françaises

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