Lutte - Un seul quota aux championnats du monde !

Les championnats du monde de lutte se sont déroulé du 12 au 18 septembre à Istanbul (Turquie).

Didier Païs - Photo : FF Lutte
L’enjeu était double sur ce championnat et l’équipe de France, emmenée par les frères Guénot, avait à cœur de remplir ces objectifs. Las, les Mondiaux d’Istanbul (12 au 18 septembre 2011) n’auront pas souri aux Français qui reviennent bredouilles... une première depuis 2006. Des quatorze sélectionnés (lutte gréco-romaine, lutte libre, lutte féminine), seul Didier Païs (-60kg en lutte libre) tire son épingle du jeu. Il échoue au pied du podium (5ème), mais décroche surtout le sésame olympique de sa catégorie pour les Jeux Olympiques de Londres 2012. Ses co-équipiers devront passer par la case rattrapage pour espérer qualifier leur catégorie. Trois tournois de qualifications sont au programme : la Bulgarie (Sofia, 18-22 avril), la Chine (Taiyuan, 25-29 avril), la Finlande (Helsinki, 2-6 mai).
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Trois jours avant l'ouverture des Mondiaux, vendredi 9 septembre, se tenait à Paris la conférence de presse de présentation de l'équipe de France et de la compétition.
A cette occasion, Dominique Latterrade, DTN de la lutte, avait affiché les objectifs des Bleus pour ce mondial : « Cette compétition est l’objectif majeur de la saison. Il s’agit de qualifier un maximum de lutteurs dans tous les styles de lutte (libre, gréco-romaine, et féminine) pour les Jeux Olympiques de Londres. Les 6 meilleurs du tournoi dans chaque catégorie olympique repartiront avec un billet pour Londres. Nous souhaitons donc mobiliser tout le monde pour les JO. Ces Mondes représentent le point de départ des qualifications. Bien sûr, nous souhaitons remporter le plus de médailles possibles mais nous sommes conscients du niveau mondial de la lutte, d’autant qu’il ne cesse de progresser chaque année. C’est pourquoi nous espérons qualifier dans un premier temps trois lutteurs. A terme, nous souhaiterions amener à Londres la plus large équipe possible, soit 11 lutteurs (5 en gréco-romaine, 2 en libre, et 4 féminines) aux Jeux Olympiques ».
Ils ont déclaré
Tarik Belmadani (-60kg), champion de France 2009, 2010 : « Lors des compétitions officielles, je suis souvent passé juste à côté de la médaille alors j’ai envie de faire un beau championnat du monde. J’ai fait une bonne descente au poids, et quand ça va bien dans son corps, ça va bien dans sa tête. Je n’ai perdu qu’un seul combat cette année, ce qui me rassure quant à mon niveau. Je suis hyper motivé et j’ai « faim ». Évidemment, cela ne va pas être facile, mais je vais donner le meilleur de moi-même. Les Mondes lancent vraiment la saison car l’étape ultime reste les Jeux Olympiques. Et moi, j’aimerais vraiment devenir champion olympique. »

Christophe Guénot (-74kg) : « Je suis blessé au coude depuis cinq semaines mais cela va mieux. J’ai effectué mon premier entraînement de lutte hier. J’avais l’envie, la motivation et je voulais partir dans tous les sens. Ce qui est bon signe. Je garde l’influx pour le jour de la compétition. Avec l’adrénaline, l’envie, et un bon strapping, je pense que cela va le faire. J’aurais mal le lendemain, mais c’est rien ! Pendant ma convalescence, j’ai fait beaucoup de travail cardiaque (vélo, piscine…), je sens donc que je suis prêt physiquement. Je me sens bien, je suis en forme. Le poids descend régulièrement. J’ai envie de défendre ma médaille de bronze des championnats d’Europe. Je fais partie des meilleurs de la catégorie, et je ne lâche rien. J’ai encore faim. J’y vais pour faire une médaille et pourquoi pas le titre ! L’enjeu du quota rajoute une pression supplémentaire sur ce championnat mais c’est aussi ce qui est excitant ! ».
Mélonin Noumonvi (-84kg), vice-champion du monde 2009 : « Ma saison a été perturbée par de nombreuses blessures (épaule, poignet) mais aujourd’hui cela va mieux. J’ai été bien pris en charge par les médecins. Je me suis rendue dans un centre en Espagne pour me faire soigner, ce qui m’a permis de bien récupérer, même si je ressens encore quelques douleurs. De toutes façons, le jour de la compétition, cela sera oublié ! Il faudra occulter la douleur pour être serein lors des matchs. Ce championnat a un enjeu double avec le quota olympique, mais je n’ai pas plus de pression. Je suis vraiment motivé. Je connais les deux phases de sélection pour les avoir vécues toutes les deux, c’est-à-dire la sélection directe (en 2004) et le passage par les tournois de qualif’ (en 2008), donc je sais que je peux y arriver quoi qu’il arrive. Je suis impatient d’être à mardi, et d’en découdre. Il va falloir gérer avec le public, car la lutte est le sport roi en Turquie. »

Steeve Guénot (-66kg), champion olympique en 2008 : « Mon premier combat, c’est le poids. Je ne pense qu’à ça, cela m’obsède. Du coup, je ressens moins de pression. Je pense moins à la compétition et aux enjeux qui en découlent. Aujourd’hui, il me reste 2,5kg à perdre, je suis affûté et je me sens bien, même si les derniers kilos sont compliqués à perdre. Je dois tirer sur l’eau. Heureusement, je ne combats que le lendemain de la pesée. Je vais devoir bien me réhydrater, bien m’alimenter sans faire n’importe quoi. Néanmoins, je suis conscient que ce rendez-vous est très important. Il est primordial pour moi de me qualifier pour les Jeux Olympiques dès les Mondiaux pour éviter les tournois de qualification et les difficiles descentes aux poids. Je pars avec l’objectif de faire une médaille. Pour me rassurer tout d’abord, mais aussi pour mettre la pression sur mes concurrents. Etre médaillé l’année avant les Jeux te donne un avantage psychologique face à tes adversaires, c’est important. Je me positionne en tant que challenger plutôt qu’en leader car cela fait deux ans que le russe Ambako Vachadze gagne tout dans ma catégorie. C’est plutôt lui l’homme à abattre en ce moment ! Mais je suis bien et impatient de combattre ».
Yannick Szczepaniak (-120kg), 5ème JO pékin 2008 : « Je suis confiant à l’approche de ce championnat, même si je suis conscient que la concurrence est rude. Ma préparation s’est bien déroulée, je n’ai pas de soucis de santé alors tout va bien. J’espère obtenir le quota olympique dès les championnats du monde, comme je l’avais fait à Créteil en 2003 et à Baku en 2008, car je serais plus serein pour la suite de la saison. C’est important pour préparer la suite sans pression supplémentaire. »
Audrey Prieto (-63kg), championne du monde 2007 : « j’aborde sereinement ce championnat car j’ai fait une bonne préparation, avec notamment des matchs remportés face à des étrangères « références » de la catégorie. Psychologiquement, cela m’a rassurée mais je sais qu’il faut rester méfiante. Tout va très vite dans notre sport, il faut être présente le jour J. Je pars dans l’optique de faire une médaille, et pourquoi pas le titre comme je l’avais fait en 2007, et surtout obtenir le fameux quota olympique. Je vais faire mes matchs les uns après les autres, sans me mettre de pression. Lorsque j’ai trop de pression, je perds mes moyens ! Je vais donc m’appliquer pour faire ma lutte en espérant finir la journée avec une médaille autour du cou. »








