Basket : les Bleus en quête
Basket : les Bleus en quête

Plus équilibrée qu’elle n’a pu le paraître ces dernières années, l’équipe de France 2011 engagée dans un Euro décisif en vue de la qualification olympique, présente un profil résolument NBA.
Joakim Noah, qui a fait sa première apparition officielle en compétition internationale sous le maillot bleu contre la Lettonie en ouverture de cet Euro, Tony Parker, toujours à la recherche d’une consécration en équipe nationale, Boris Diaw, fidèle parmi les fidèles à cette équipe de France, Kévin Séraphin, la jeune pousse NBA de Washington, et Nicolas Batum, la valeur sûre de Portland, portent tous la tunique bleue pour cet Euro… et encore, l’équipe de France a perdu deux « américains » au cours de la préparation : Mickaël Pietrus (Phoenix Suns, genou) et Ronny Turiaf (New-York Knicks, main), tous deux sur blessure.
Avec également les forfaits de Yannick Bokolo (raisons personnelles) et Antoine Diot (dos), le staff de l’équipe de France a dû réagir vite pour repenser le collectif. Ali Traoré et Steed Tchicamboud ont finalement été (r)appelés en renfort par Vincent Collet tandis que Kevin Séraphin, Charles Lombahe-Kahudi et Andrew Albivcy, initialement remplaçants ont intégré la liste officielle inscrite à l’Euro.

Pour nombre de ces joueurs français de la NBA, la saison fut particulièrement chargée. Outre les 82 matches de saison régulière, les playoffs ont également entamé les corps. Ce fut le cas notamment pour Joakim Noah qui s’est vu obliger de revenir aux Etats-Unis en cours de préparation pour raisons médicales. « Cette année fut longue », avait-il déclaré lors de la présentation de l’équipe à la presse, mi-juillet à l’INSEP. « On a bien travaillé à Chicago même si perdre face à Miami fut un moment difficile à vivre. Aujourd’hui, je suis heureux d’être avec l’équipe de France. C’est un challenge excitant, car on a beaucoup de bons joueurs dont un grand nombre évoluent en NBA. On a beaucoup de travail à faire car on va prendre des équipes expérimentées, les joueurs jouent ensemble depuis longtemps. Il n’y a pas une équipe en particulier à redouter mais il faut se méfier de tout le monde. A ce niveau-là, si tu n’arrives pas prêt, tu perds. Même si t’es le meilleur, même si tu as le plus de joueurs NBA, même si tu as plus de talents. Et c’est ça, la beauté du sport. N’importe qui peut gagner, à n’importe quel moment. Finalement, il faut garder la tête froide et rester concentré sur chaque étape. »
« Cela reste du basket »
Rester concentrer… et s’adapter. De fait, les différences de règlements entre basket américain et européen sont réelles. Cela ne semble toutefois pas effrayer outre mesure nos joueurs NBA. « Les règles d’arbitrages sont un peu différentes, le jeu aussi mais cela reste du basket ! » déclarait ainsi Joakim Noah. « Cela va être différent mais je n’ai pas peur. Je ne serais pas la si on n’avait pas une chance de pouvoir gagner. Nous avons un bon groupe avec de belles personnalités. Il n’y a pas de leader à proprement parler ».

Quant à Kévin Séraphin, il est d’autant plus serein qu’il sort tout juste de son année de rookie (première année en NBA) : « Je ne pense pas avoir de mal à m’adapter, je vais simplement jouer. Il ne faut pas oublier que j’ai été formé en Europe, et que je n’ai joué qu’un an en NBA. Là-bas, j’y ai appris la patience. Je me suis renforcé mentalement. Au début, je ne parlais pas la langue et j’étais blessé donc je ne jouais pas. Ça m’a forgé le caractère, j’ai appris à être patient. Il faut attendre ton tour et ne pas laisser passer ta chance. Moi, je l’ai prise au bon moment, malgré ma blessure. Et même si cette saison, j’étais un peu en surpoids, cela m’a permis de développer mon jeu technique. Le fait marquant en NBA, c’est qu’il n’y a pas de mauvais joueurs. Evidemment, il y a des mauvaises équipes mais tous les joueurs peuvent s’emballer, « prendre feu » et te marquer 40 points. Je trouve ça impressionnant ».
« Représenter son pays est un rêve »
Kévin Séraphin l’affirme : « Mon but est de rester le plus longtemps en NBA, de progresser, et de jouer en équipe de France. Je suis fier aujourd’hui de faire parti de cette équipe. Représenter son pays est un rêve pour beaucoup de joueurs. Je suis très content d’être là avec en ligne de mire les Jeux Olympiques, un événement énorme auquel j’aimerais participer.»
Un amour du maillot bleu qu’exprime également Noah : « Je ne suis pas un leader mais je vais mouiller le maillot et en être digne. Le maillot de l’équipe de France représente, pour moi, ma grand-mère, ma tante, mon père, ma famille que je ne vois pas beaucoup pendant l’année. Cela leur donne une chance de pouvoir me voir jouer. La pression médiatique ne me touche pas car la seule chose qui m’intéresse, c’est que ma famille soit fière de moi ».
« Le but est de gagner ce tournoi et se qualifier aux Jeux Olympiques »
Ainsi résumé par Noah, l’enjeu de cet Euro est évident, et trouve son but ultime dans le billet pour Londres. Les discours sont unanimes : le maillot bleu doit être présent dans le prochain tournoi olympique. Leader incontesté de l’équipe, Tony Parker, a montré un réel appétit de victoire, tant dans le discours que sur le terrain, à l’image de la première rencontre de cet Euro qu’il termine avec 31 points et 7 passes décisives, meilleur Français de la rencontre dans ces deux exercices. « Cette année, comme chaque année, je suis très content d’être avec l’équipe de France » a déclaré Tony Parker, annonçant avoir « beaucoup d’envie ».

Souvent déçu dans ses quêtes en Bleu, Tony pourrait enfin voir sa génération s’envoler durant cet Euro… comme connaître son chant du cygne. « Ma motivation reste toujours la même. J’ai envie de faire quelque chose de grand avec cette équipe. On a plein de choses à prouver car on a encore rien gagné. Je pense que toute l’équipe est motivée pour repartir et essayer de faire quelque chose de grand. En 2009, on avait montré de belles choses mais notre quart de finale fut difficile. Maintenant avec l’expérience, on continue à apprendre en espérant que la roue tourne. Mais un championnat d’Europe, c’est toujours relevé. Tout le monde en connait le niveau. C’est le championnat le plus dur pour se qualifier pour les Jeux Olympiques. Il y a beaucoup de bonnes équipes, une dizaine peuvent se sélectionner. On fait parti de ces dix équipes. A nous, donc, de bien jouer ensemble, de continuer à progresser ».
Et Tony ne le cache pas, son objectif se situe au top : « Personnellement, je rêve d’une médaille d’or avec la France. C’est une médaille qui manque à ma carrière. Mais je suis conscient que c’est difficile. »
Arrivé avec le même état d’esprit, Joakim Noah confirme tant l’état d’esprit de son meneur, que l’approche solidaire de ce groupe : « Tony Parker est une personne d’expérience, qui veut tout le temps gagner. Il a tout gagné en NBA. Depuis des années, il me dit de venir jouer en équipe de France. C’est un très bon gars hors du terrain et sur les terrains, le meilleur Français qui n’ait jamais joué. Cela va être un vrai plaisir de pouvoir jouer avec lui. Mais le basket est un sport collectif, alors je vais prendre plaisir à jouer avec tout le monde. Le 13ème homme compte autant dans l’équipe que le meneur. Il doit être à fond. Tout le monde compte pour être champion. On doit garder cette mentalité, d’être tout ensemble dans les moments dur comme dans les bons moments. C’est ça qui fait une bonne équipe. »
Les adversaires

Au premier rang des favoris de l’épreuve, l’Espagne, tenante du titre apparait comme incontournable. Les frères Marc et Pau Gasol, Ibaka, Calderon… les talents sont pléthore dans un effectif habitué à jouer ensemble depuis leur jeune âge. Dominatrice dans les sports collectifs en Europe, l’Espagne dispose d’un effectif particulièrement talentueux et complet.
Derrière les Ibères, la Lituanie se pose comme premier rival. L’étiquette lui convient d’autant mieux que l’équipe lituanienne est la seule à avoir fait plier l’Espagne durant les matchs de préparation de cet été. Battus 90-78 lors d’un premier match en Espagne, le 14 août, les Baltes se sont repris pour dominer les champions d’Europe 76-73, le 19 août à Vilnius. Faut-il y voir un signe, cette victoire est intervenue dans la nouvelle salle du Zalgiris (14 500 places), inaugurée pour l’occasion et qui accueillera les phases finales de l'Euro. Menée par Jasikevicius, l’équipe médaillée de bronze du dernier mondial tiendra à faire bonne figure à domicile.
Si la France l’a dominée pendant ses matchs de préparation, la Serbie, traditionnellement pourvoyeuse de talents et disposant d’un banc de qualité, pourrait également sortir son épingle du jeu. Vice-championne d’Europe 2009, l’équipe de Serbie a terminé 4ème du dernier Mondial et dispose, en la personne de son meneur Teodosic d’un parfait chef d’orchestre pour alimenter des tireurs d’élite particulièrement efficaces. L'Allemagne de Dirk Nowitzki et la Turquie, vice championne du monde certes, mais à domicile, sont indéniablement de sérieux candidats au podium ou aux places qualificatives pour les TQO… A surveiller également, la Russie de Kirilenko ou la Grèce, victorieuse de 10 de ses 12 matches de préparation.
La préparation des Bleus pour l'Euro 2011

En préparation pour l’Euro Basket 2011 (du 31 août au 18 septembre en Lituanie), l’équipe de France a démontré de belles choses. Si l’on excepte cette lourde défaite consentie à Alméria mardi 9 août face aux Espagnols (77 à 53), les Bleus ont fait carton plein. Outre leurs deux premiers et faciles succès obtenus fin juillet aux dépens de Canadiens dépassés (106-44 et 86-69), les Français ont remporté le tournoi de Londres après avoir vaincu l’Australie (71-67), la Chine (76-59), la Grande-Bretagne (82-60), la Croatie (83-60), puis la Serbie (80-77). Les deux dernières rencontres se sont soldées par autant de succès, l’un obtenu face à la Bosnie-Herzégovine (85-60), l’autre obtenu face à une équipe de Belgique diminuée dès la première minute du match par la blessure au ligament croisé du genou gauche du leader de l’équipe, Axel Hervelle (74-44).
Mardi Mardi 26 juillet
FRANCE/CANADA, à Pau : 106-44
Mercredi 27 juillet
FRANCE/CANADA, à Toulouse : 86-69
Mardi 9 août :
ESPAGNE/FRANCE, Almeria (ESP) : 53-77
Samedi 13 août :
GRANDE BRETAGNE/ FRANCE, à Londres (GBR) : 60-82
Dimanche 14 août:
FRANCE/ AUSTRALIE, à Londres (GBR) : 71-67
Lundi 15 août:
FRANCE/CHINE, à Londres (GBR) : 76-59
Mercredi 17 août:
CROATIE/FRANCE, à Londres (GBR) : 60-83
Jeudi 18 août:
FRANCE/SERBIE, à Londres (GBR) : 80-77
Vendredi 26 août:
FRANCE/ BOSNIE-HERZEGOVINE, à Gravelines : 85-60
Samedi 27 août:
FRANCE/BELGIQUE 20h30, à Liévin : 74-44
Et pendant ce temps-là, du côté du handisport...

Qualificatif pour les Jeux Olympiques de Londres, les championnats d’Europe de basket-ball handisport se déroulent en Israël du 8 au 18 septembre 2011.
A mi-championnat, le bilan est plutôt contrasté pour les équipes de France. En effet, les féminines réussissent un parcours aussi inattendu qu’exceptionnel. Qualifiées pour les demi-finales de l’Euro avant même leur dernier match de poule (mercredi 13 septembre face à l’Allemagne), les Bleues ont d’ores et déjà décroché leur quota paralympique.
Grosse déception en revanche pour les hommes, vice-champions du monde en titre, mis en échec dès la phase de poule. Les Français disputent dorénavant les matches de classement allant de la 9e à la 12e place. Pire, ils n’iront pas à Londres.








