Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

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Lake Placid 1932

 

La fiche

Dates : 4-15 février
Nations : 17
Sports : 7 (le skeleton est retiré)
Sports de démonstration : 3 (patinage de vitesse dames, curling, course de chiens de traîneau)
Epreuves : 14
Autres villes candidates : Bear Mountain (USA), Denver (USA), Duluth (USA), Minneapolis (USA), Montréal (Can), Yosemite Valley (USA)

Participants : 252 (231 hommes, 21 femmes)
Participants français : 8 (7 hommes et 1 femme)
Médailles distribuées : 42
Palmarès français : 1 médaille (or en patinage artistique pour le couple Andrée et Pierre Brunet)
Ouverture des Jeux : Proclamé par Franklin Delano Roosevelt, alors gouverneur de l'Etat de New-York, futur président des Etats-Unis
Serment Olympique : Prêté par le patineur de vitesse John A. Shea
Président du CIO : Comte Henri de Baillet-Latour (Bel)

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Les repères

Démonstration : Seuls des Canadiens et des Américains sont engagés dans les 3 sports de démonstration: patinage de vitesse féminin, course de chiens de traîneau et curling.

Nations : 17 nations sont présentes, soit 8 de moins qu'à Saint-Moritz. Aucune nouvelle nation ne fait son apparition. 14 pays européens ont envoyé une délégation.

Ecart : Le patineur suédois Gillis Grafstroem, 39 ans, perd son titre olympique face à l'Autrichien Karl Schaefer, de 16 ans son cadet.

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Le résumé

Météo exécrable et organisation défaillante
Organisés à Lake Placid, ces 3es jeux Olympiques d'hiver se soldent par un bilan globalement négatif : moins de nations, météo exécrable, organisation défaillante ou manoeuvres contestables. Les Scandinaves regrettent leurs Jeux Nordiques.

Se reposant sur une règle stipulant qu'une priorité doit être donnée au pays capable d'organiser Jeux d'été et d'hiver, le CIO attribue les JO d'hiver à la station des Appalaches, au détriment de Montréal, notamment. Pourtant, les Etats-Unis sortent à peine de la Grande dépression de 1929.

Le voyage long et coûteux vers le continent américain fait renoncer certains pays européens à ces JO ouverts par le futur président des USA, Franklin Delano Roosevelt, alors gouverneur de l'état de New-York.

En outre, des athlètes renoncent, comme le quadruple champion olympique finlandais Clas Thunberg, refusant le départ groupé en patinage de vitesse, au lieu des courses par paires. Logiquement, deux Américains sont couronnés : John Shea, qui a prononcé le serment olympique, et Irving Jaffee.

Des trains de neige
Norvégiens, Suédois et Finlandais réalisent un sans-faute en ski de fond, combiné nordique et saut à skis, une épreuve disputée dans des conditions particulières. Comme à Saint-Moritz, la météo fait des siennes.

Le saut à skis se déroule sous un soleil de plomb. On fait venir de la neige par trains entiers en provenance du... Canada, mais elle fond à vue d'oeil. De plus, la pluie fait son apparition et transforme l'aire de réception en une mare et le tremplin en une piste d'envol pour ski... nautique.

Pour la première fois disputées dans une patinoire couverte, les épreuves de patinage artistique voient le nouveau sacre de Sonja Henie. Le couple français Andrée et Pierre Brunet récidive, tandis que Gillis Grafstroem, légèrement blessé à un genou, est battu par l'Autrichien Karl Schaefer.

L'épreuve de bob à 4 est sujette à caution. La piste se révèle techniquement inadaptée et provoque des accidents dont sont victimes les Allemands.

En hockey sur glace, face au faible nombre d'équipes engagées - seules l'Allemagne et la Pologne ont traversé l'Atlantique -, il est décidé que les équipes se rencontreront 2 fois. Bien qu'ayant tremblé face aux Américains, les Canadiens restent champions olympiques.

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Le fait

Patinage western
Spectacle oblige, les épreuves de patinage de vitesse des Jeux de Lake Placid ont tenu plus des Jeux du cirque que du sport.

Les organisateurs américains décidèrent en effet d'appliquer les North American Rules (règles nord-américaines). C'est-à-dire qu'au lieu de courir 2 par 2, contre la montre, les concurrents étaient placés dans des séries qualificatives de 6 ou 7, avec une finale disputée en groupe également. D'où des courses tactiques, lentes et donnant lieu à de nombreuses contestations.

Dans ces conditions, plusieurs patineurs scandinaves, les grands spécialistes de l'époque, refusèrent de faire le déplacement. C'est ainsi que les spectateurs de Lake Placid ne purent admirer le célèbre Clas Thunberg, quintuple champion olympique, qui préféra rester en Finlande plutôt que de participer à ce qu'il considérait comme une farce.

Victoire logique des USA
Logiquement, les Américains, rompus à ce genre de joutes, remportèrent les 4 médailles d'or, par Irving Jaffee, vainqueur sur 5000 et 10.000 m, et John Shea, un jeune patineur de Lake Placid, lauréat des 500 et 1500 m. Seuls les Norvégiens Bernt Evensen et Ivar Ballangrud, médaillés d'argent sur 500 et 10.000 m, empêchèrent les Nord-Américains d'enlever toutes les médailles.

Séries interrompues par le jury et recourues pour cause de lenteur excessive sur 1500 m, disqualifications de concurrents n'ayant pas effectué leur part du travail en prenant le relais dans le 10.000, contrairement à un nouveau règlement édicté pour ces JO, réclamations et série recourue le lendemain, toujours sur 10.000. Courses tactiques d'une lenteur désespérante (à 40 secondes du record du monde pour le 1500 m, à près d'1 min 20 pour le 5000 et de 2 minutes pour le 10.000)... Thunberg avait bien fait de rester chez lui !

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L'exploit

Eagan le polyvalent
Champion olympique de boxe en mi-lourds aux jeux Olympiques d'Anvers en 1920, Francis Edward Eagan a réalisé un exploit jamais égalé : être médaillé d'or aux JO d'été et d'hiver.

Une belle revanche sportive pour ce jeune homme issu d'une famille modeste de Denver, qui a déjà fait preuve de ses qualités intellectuelles en réussissant des études brillantes à Harvard, Yale et Oxford, dont il est diplômé en 1928.

A Anvers, Eagan a décroché l'or en s'imposant aux points face au boxeur norvégien Sverre Soersdal après un combat disputé. Quatre ans plus tard, dans la catégorie des lourds, il s'incline dès le premier tour.

En dehors des rings, Eagan poursuit son ascension sociale en épousant la riche héritière d'un industriel de l'automobile, devient avocat en 1932, année où il abandonne la boxe pour le bobsleigh.


Reconversion réussie

Sélectionné dans l'un des bobsleighs des Etats-Unis, il fait partie d'un équipage piloté par William "Billy" Fiske, déjà sacré champion olympique à Saint-Moritz à l'âge de 16 ans. Ses autres équipiers sont des vétérans de 40 et 48 ans, également médaillés d'or en 1928.

Avec un bob équipé de lames à la place des traditionnels patins, Eagan et les siens l'emportent sans coup férir devant le bob numéro un des USA et l'un de bobs allemands.

Réunis avant les JO, les membres de l'équipage ne courront plus jamais ensemble et Fiske, qui a rejoint la British Air Force, meurt en pleine Seconde Guerre Mondiale. Seul à survivre au conflit mondial, Eagan meurt le 14 juin 1967 et est enterré avec ses deux médailles d'or.

Seul à survivre au conflit mondial, Eagan meurt le 14 juin 1967 et est enterré avec ses deux médailles d'or.

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Les anecdotes

Dynastie
Birger Ruud remporte l'or du saut à skis devant ses compatriotes Hans Beck et Kaare Wahlberg. Son frère aîné Sigmund, 7e, avait décroché l'argent à Saint-Moritz en 1928. Birger récidivera en 1936 à Garmisch-Partenkirchen (photo). Leur jeune frère, Asbjoern, lui, sera champion du monde en 1938.

Démonstration
Les courses de chiens de traîneau et le patinage de vitesse féminin sont sports de démonstration. Comme à Chamonix en 1924, le curling est lui aussi en démonstration. Il ne reviendra officiellement dans le giron olympique qu'à Nagano, 66 ans plus tard.

Prolongation
Trois prolongations ont été disputées lors de la revanche entre les équipes de hockey sur glace des Etats-Unis et du Canada mais aucun vainqueur n'a été proclamé. Score final : 2 - 2. Au premier match, les Canadiens, champions olympiques en titre, l'ont emporté 2 à 1 après prolongation.

Remplaçants
Dessinée par l'Allemand Stanislas Zentytzki et dotée de virages, dont un à 180°, la piste de bob est jugée dangereuse. Champion du monde en bob à 4 en 1931, l'Allemand Werner Zahn se casse le bras à l'entraînement dans la courbe "Zig-Zag", ses coéquipiers sont également blessés. On fait appel à des Allemands résidant à New York pour former un équipage. Un seul de ces bobeurs de fortune a déjà vu un bobsleigh.

Fonds
Le comité olympique allemand n'ayant aidé financièrement aucun sportif, sauf le patineur Ernst Baier, les sportifs du Reich ont financé eux-mêmes leur déplacement. Les hockeyeurs ont organisé des matches contre des équipes américaines pour récolter quelques fonds.

Magie
Pour faire face à la domination du patineur suédois Gillis Grafstroem, les proches de l'Autrichien Karl Schaefer auraient eu recours à la magie, avec le concours d'un juge. Peu avant la compétition, ce dernier aurait congratulé le Suédois en se lançant du sel au-dessus de l'épaule gauche. Blessé à un genou, Grafstroem tombe, heurte les balustrades et perd son titre.

Lames
Les bobeurs américains ont équipé leurs engins de lames à la place des patins. La détérioration de la piste a entraîné plusieurs accidents dont ceux des Allemands. Après cette compétition, les lames furent interdites.

Millions
Trois millions de dollars ont été investis par les Etats-Unis pour la construction d'un anneau de patinage de vitesse, un stade de saut à skis et d'une patinoire couverte. Le président du comité d'organisation, le Dr Godfrey Dewey, a fait don d'un terrain pour y implanter la piste de bobsleigh.

Tactique
Dans les courses longues de patinage de vitesse, disputées pour la première et seule fois en ligne, la tactique consiste à jouer des coudes au départ puis à patiner lentement afin de se réserver pour le sprint final ponctué d'amples mouvements de bras pour rendre difficiles les dépassements.

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Les Français aux Jeux

Les Européens ne sont pas légion dans la station du nord de l'Etat de New York : ce déplacement lointain coûte très cher et le sport n'est pas encore une affaire d'Etat... La neige fait défaut et il faut la transporter par trains du Canada voisin... Les brusques changements de temps ajoutent aux aléas... Et pour irriter un peu plus les représentants du Vieux-Continent, les organisateurs américains témoignent de désinvolture en jonglant avec les réglements, de manière à favoriser leurs sélectionnés...
Bref, ces Jeux sont un fiasco du point de vue sportif, exception faite des épreuves de patinage artistique qui ont lieu, pour la première fois dans une patinoire couverte. La Norvégienne Sonja Henie est encore là pour incliner au rêve le public et décourager ses rivales.

En couple, Pierre Brunet et la charmante Andrée Joly sont de nouveau en piste pour tenter de mettre dans leur corbeille de mariage, célébré un an plus tôt, une seconde medaille d or. Mission remplie le vendredi 12 au soir dans une patinoire archicomble. A la fin de leur programme, le public se lève pour les ovationner.
Ce même public encourage chaleureusement ses compatriotes Beatrix Longhran et Sherwin Badger. L'excellent couple américain est battu par les Brunet bien que trois juges seulement sur sept aient accordé la première place aux Français.

Andrée et Pierre Brunet n'ont plus rien à prouver avec un palmarès riche de deux titres olympiques et de cinq titres mondiaux. Ils décident de s'installer aux Etats-Unis où, grâce à la construction de très nombreuses patinoires, le patinage artistique se développe. Pierre Brunet renonce à son poste de directeur commercial au sein de la société des projecteurs Marchal pour embrasser.la carrière d'entraîneur. Le couple conduira de nombreux champions au faite de la hiérarchie, notamment Carol Heiss qui sera sacrée championne olympique à Squaw Valley, en 1960.

L'éloignement de Lake Placid, le décalage horaire et les difficultés de transmission de l'époque expliquent le faible intérêt des Français pour ces troisièmes Jeux. Le journal "L'Auto" informe ses lecteurs avec les dépêches des agences de presse et les télégrammes que les... Brunet adressent épisodiquement à leurs amis.
Ces derniers ayant transmis leur nom à la postérité, rendons hommage aux... six autres obscurs sélectionnés français : les fondeurs Leonce Cretin (l9ème), René Secretan (24ème), Paul Magnier (30ème) et Raymond Berthet (36ème) ainsi que Louis Balsan et Armand Delille qui participent à la "première" olympique du bob à 2.

Onziemes, Balsan et Delille partagent l'infortune des autres concurrents ridiculisés par Hubert et Curtis Stevens. Les deux frères, résidents de... Lake Placid, connaissent la piste par coeur. De plus, après une première manche médiocre, ils trouvent une manoeuvre astucieuse pour faciliter le lancement de leur engin : à l'aide d'une lampe à acétylène, ils chauffent les patins de leur bob... Une pratique qui sera bientôt interdite.

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Les médailles françaises

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