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L'équipe de France de judo au top à Bercy

 


Lucie Décosse et Teddy Riner, leaders de l'équipe de France de judo




René Rambier, directeur technique du haut niveau à la fédération Française de judo, salue la performance de l’équipe de France lors du Grand Chelem de Bercy le 5 et 6 février, 12 médailles dont cinq en or dans un contexte international particulièrement relevé. Il souligne cependant que rien n’est acquis d’ici aux championnats du monde qui auront lieu dans l’arène de la capitale française au mois d’août et se projette sur les Jeux Olympiques de Londres, l’objectif central des Bleus. Interview.

Êtes-vous satisfait de la prestation de l’équipe de France à Bercy ?
C’est un très bon bilan. Ces 12 médailles dont 5 en or nous mettent au niveau des Japonais sur cette compétition. Je suis vraiment satisfait, car mêmes ceux qui n’ont pas été médaillés se sont montrés combatifs. C’est de bon augure. C’est l’état d’esprit que nous souhaitons.


Gévrise Emane

Et sur un plan individuel ?
Mention particulière à tous nos médaillés, au milieu d’un plateau international particulièrement relevé. Teddy Riner et Lucie Décosse, leaders mondiaux de leurs catégories respectives, ont été éblouissants. La notion « jeunes » contre « anciens » n’est pas un critère en équipe de France. Gévrise Emane est une « ancienne », Automne Pavia et Audrey Tcheuméo sont des « jeunes » et c’est rassurant car elles ont toutes brillamment gagné. Avec notamment Clarisse Agbegnenou, Priscilla Gneto, Pénélope Bonna , nous avons une belle densité chez les filles, mais elles doivent se montrer capables de reproduire leurs performances dans les grands championnats. Chez les hommes, le bilan est positif, car nos meilleurs éléments étaient soit en manque d’entraînement, soit de retour de blessure. Pas d’alerte à ce stade de la saison, nous attendons d’eux qu’ils soient capables de reproduire leurs résultats des championnats du monde de Tokyo (1 or, 1 argent, 3 bronze), voire mieux.


Automne Pavia en action à Bercy

Bercy, répétition générale pour les mondiaux au même endroit en août prochain ?
Non. Ce sont deux événements différents, à une période de la saison différente, avec une charge d’entraînement, une préparation et une pression qui ne sont pas les mêmes. Les Mondiaux sont notre objectif principal de la saison, et il faudra être prêt le jour J. C’est là que réside toute la difficulté.

Avec une sélection qui se dessine déjà ?
Rien n’est acquis pour ceux qui se sont imposés dans ce Grand Chelem, rien n’est perdu pour ceux qui n’y ont pas connu la réussite. Que chacun gagne sa place en équipe de France pour disputer les championnats d’Europe à Istanbul (21-24 avril) et, au-delà, les Mondiaux à Paris. En revanche, les principaux tournois mondiaux comme ce Grand Chelem de Bercy apportent des points pour le classement mondial individuel et il est important de bien y figurer en vue des tirages au sort. On sait qu’aux Mondiaux, les repêchages n’interviennent qu’à partir des quarts de finale, une défaite au premier tour est donc rédhibitoire. Un bon classement permet d’avoir un tirage « protégé »…


Audrey Tcheuméo

Les Mondiaux 2011 s’achèveront avec l’épreuve par équipes…
Oui, et il faudra regarder les athlètes capables d’être motivés jusqu’au dernier jour. C’est un challenge particulier qui nous tient à cœur. Un titre par équipes à Bercy serait vraiment exceptionnel !

Quel est votre objectif prioritaire ?
Les Jeux Olympiques de Londres 2012 ! Nous les préparons, et dans ce cadre, les Mondiaux 2011 constituent un évènement majeur, car ils ont une consonance particulière. Il faut se rappeler qu’il n’y a qu’une place par catégorie pour chaque nation aux JO, contre deux aux championnats du monde. Ils constitueront le dernier grand rendez-vous avec les meilleurs judokas de la planète et nous pourrons faire à leur issue un bilan qui nous servira à aborder la dernière ligne droite.


René Rambier

En attendant, comment allez-vous procéder pour les sélections aux Mondiaux ?
Nous analysons les résultats sportifs bruts (en Grand Prix, en Coupe du monde, en Grand Chelem et aux championnats d’Europe), la qualité de l’opposition rencontrée et le comportement face à cette opposition. Dominer sa catégorie au niveau national n’est donc pas tout…

L’équipe de France semble être sur de bons rails...
Après les championnats du monde, nous allons nous remettre rapidement au travail. Pour ce faire, stimulons le plaisir et l’envie de nos athlètes de s’investir dans l’entrainement, passage obligé pour performer. Tout est fragile, c’est l’essence même de la haute performance : rien n’est jamais écrit. Pour pérenniser nos résultats, entretenons un climat de collaboration entre tous les acteurs et notamment avec les clubs, créons du challenge pour nos combattants et valorisons leurs progrès. Dans « l’ego-système » qui nous entoure, partageons les mêmes exigences de la haute performance et mobilisons nous ensemble afin de nous engager durablement sur la voie du succès. Soyons déterminés.


 

 

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