Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

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Saint-Moritz 1928

 

La fiche

Dates : 11-19 février
Nations : 25
Sports : 8
Sports de démonstration : 2 (patrouille militaire, skikjoering - le skieur est tiré par un cheval)
Epreuves : 14
Autres villes candidates : Davos (Sui), Engelberg (Sui)

Participants : 464 (438 hommes, 26 femmes)
Participants français : 44 (42 hommes et 2 femmes)
Médailles distribuées : 44 (3 ex aequo en patinage de vitesse, 500 m messieurs)
Palmarès français : 1 médaille (or en patinage artistique pour le couple Andrée Joly - Pierre Brunet)
Président du CIO : Comte Henri de Baillet-Latour (Bel)
Ouverture des Jeux : Proclamée par Edmond Schultess, président de la Confédération Helvétique.
Serment Olympique : Prêté par Hans Eidenbenz (combiné nordique)

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Les repères

Finale : Grâce à sa victoire dans l'édition précédente, l'équipe du Canada a été admise directement en phase finale du tournoi de hockey. Trois succès sans appel face à la Suède, la Grande-Bretagne et la Suisse lui ont permis de gagner le titre olympique.

Triplé : Le Suédois Gillis Grafstroem remporte sa 3e médaille d'or olympique en patinage artistique. Il est toujours le seul à avoir réussi une telle passe de trois aux JO dans l'épreuve masculine individuelle.

Cinq : L'épreuve de bobsleigh à 4 a été disputée avec... 5 concurrents par équipage.

Première : Le skeleton (la luge tête la première) fait son apparition aux JO. Il y reviendra en 1948, toujours à Saint-Moritz, avant d'effectuer son grand retour, à Salt Lake City, en 2002.

Cheval : Parmi les sports de démonstration, les spectateurs découvrent le skijoering, un sport inventé en Laponie, où le skieur de fond est tiré par des chevaux. Après l'expérience de Saint-Moritz, ce sport ne figurera plus au programme olympique.

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Le résumé

25 degrés un 14 février
Alors que les 2es jeux Olympiques d'hiver sont organisés en Suisse, à Saint-Moritz, pour garantir la présence de froid et de neige, les organisateurs doivent composer avec des conditions météorologiques inhabituelles pour la saison. La station suisse, située à 1856 m d'altitude, et réputée pour accueillir les grands de ce monde, est victime du foehn, ce vent du sud qui entraîne une montée du mercure. Il provoquera de nombreux reports d'épreuves pendant les 9 jours de compétition.

Le 14 février, le 50 km de ski de fond se déroule par une température de 25 degrés, quand, dans la matinée, elle avoisinait 3 degrés. Ces données météorologiques bouleversent les conditions de neige et de fartage de ce que certains appellent le "marathon des neiges", qui a duré une heure de plus en raison des problèmes de glisse.
En patinage de vitesse, le 10.000 m masculin est annulé. Le dégel ayant transformé la patinoire en une grande flaque d'eau, certains concurrents n'ont pas pu courir.
Pire. Le lendemain, aucune épreuve ne peut se disputer en raison du fort redoux et de la... pluie. Heureusement, la neige et le froid viennent au secours des organisateurs, qui doivent cependant réduire de 4 à 2 courses le bob à 4.

Le "cygne" Sonja Henie
Alors que dans le monde on danse le charleston, Sonja Henie, une jeune Norvégienne, décroche le titre olympique en patinage artistique, avec une version classique du "Lac du cygne". La performance de la "fée de la glace", qui n'a pas 16 ans, est au diapason de celle de l'équipe de Norvège qui rafle plus du tiers des médailles (15 sur 41) décernées pendant ces JO. Parmi ces médailles norvégiennes, celles d'or de Johan Groettumsbraeten (photo), qui s'impose au 18 km de ski de fond et... au combiné nordique.

Les autres vedettes de ces JO, auxquels participent 464 concurrents de 25 pays, sont le patineur suédois Gillis Grafstroem et l'équipe canadienne de hockey sur glace, qui écrase ses adversaires. Un sport fait son apparition au menu olympique : le skeleton, une variante de la luge, où les athlètes descendent les pentes, tête en avant.

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Le fait

Le 10.000 m fantôme
Le 14 février 1928, ils sont 10 à briguer la médaille d'or du 10.000 m olympique, la plus longue des courses de patinage de vitesse. Mais à Saint-Moritz, le temps est doux, très doux même, pour cause de foehn, ce vent du sud synonyme de chaleur, ennemi redouté des organisateurs de compétitions de sports d'hiver.

Le départ est pourtant donné et les premiers concurrents s'élancent deux par deux, comme le veut le règlement. Mais un 10.000 m se court à l'époque dans des temps oscillant entre 17 et 20 minutes.

Au fur et à mesure du passage des premières séries, la température s'élève encore. Bientôt, les organisateurs doivent arrêter la compétition, l'anneau de vitesse étant devenu une gigantesque flaque d'eau. Trois concurrents n'ont pas pu prendre le départ. Le jury décide alors que les temps réussis par ceux qui ont pu courir sont annulés et que la compétition est repoussée au lendemain.

Mais la décision a tardé à venir et les Norvégiens sont déjà rentrés chez eux, estimant que l'Américain Irving Jaffee, auteur du meilleur temps dès la première série en devançant au sprint le Norvégien Bernt Evensen, était le champion. En raison de cette absence, le 10.000 m ne sera pas recouru et les historiens du sport considèreront qu'il ne doit pas figurer au palmarès de ces JO de 1928.

Jaffee devra attendre 4 ans pour enlever l'or olympique, aux JO de Lake Placid, où il réussira le doublé 5000-10.000 m.

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L'exploit

La fée Sonja Henie

Tandis que le temps fait des siennes, avec un redoux dû au foehn, un vent du sud, et perturbe les compétitions olympiques, la jeune Norvégienne Sonja Henie enchante la patinoire.

Agée d'à peine 15 ans, cette fille d'un riche fourreur d'Oslo arrive à ses... 2es jeux Olympiques, après une 8e et dernière place de l'épreuve dames de la "Semaine Internationale des Sports d'Hiver" (photo 1), première édition des JO d'hiver qui ne disaient pas encore leur nom.

Elle est auréolée d'un titre mondial obtenu à Oslo dans des conditions litigieuses. Trois des cinq juges chargés d'arbitrer la compétition sont Norvégiens et déclarent Henie vainqueur. Les deux autres lui préfèrent l'Autrichienne Herma Planck-Szabo, la championne olympique de Chamonix.

A Saint-Moritz, pas de doute. Associant grâce et technique, vitesse d'exécution et variété de sauts, la poupée norvégienne est intouchable. Ainsi, six des sept juges placent Henie, qui exhibe mini-jupes et bas de soie, en tête du classement devant l'Autrichienne Fritzi Burger.

Sa carrière n'en est qu'à son début. Dix titres mondiaux, trois sacres olympiques (photo 2) et six championnats d'Europe s'accumulent dans le palmarès de Sonja Henie qui arrêtera la compétition en 1936 (photo 3).

Pourtant sa célébrité ne lui évite pas les reproches de ses compatriotes : les Norvégiens n'ont pas admis qu'elle salue le chancelier Hitler lors d'une compétition en Allemagne. En 1937, elle s'installe aux Etats-Unis où elle obtiendra la nationalité en 1941 avant de réussir dans le cinéma (photo 4).

Mais la fée devenue vedette est atteinte de leucémie et meurt en 1969 après un voyage à Paris où elle se faisait soigner.

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Les anecdotes

Zéro

Les hockeyeurs du Canada, tous membres de l'équipe de l'université de Toronto, défendent victorieusement leur titre en réalisant la gageure de n'encaisser aucun but dans tout le tournoi olympique. Aux JO précédents, les hockeyeurs canadiens, qui appartenaient à l'équipe des Toronto Granites, avaient encaissé 3 buts pour 110 marqués.

Couleurs

Bien que la tenue des fondeurs suédois soit bleue, Per Erik Hedlund impose ses couleurs, une combinaison blanche et un bonnet rouge. En souvenir de sa victoire dans le 50 km, les skieurs suédois porteront ces deux couleurs jusqu'aux JO de 1972.

Juges

Ebranlés par la controverse des Mondiaux de 1927 où, sur les 5 juges chargés de noter les patineuses, 3 étaient Norvégiens et avaient attribué la victoire à leur compatriote Sonja Henie, l'ISU décide que, désormais, 1 seul juge par pays sera retenu. A Saint-Moritz, Henie rassemble les suffrages de 6 des 7 membres du jury.

Inconnus

Dans le bobsleigh américain victorieux du bob à 4 (en fait disputée à 5), figuraient 3 inconnus. Nion Tucker, Geoffrey Mason et Richard Parke n'avaient jamais vu un bobsleigh avant de répondre à une annonce de l'édition parisienne du New York Herald Tribune. Leur pilote, Billy Fiske, était plus expérimenté, malgré ses 16 ans.

Révolution

Avec ses jupes courtes et ses bas de soie, la Norvégienne Sonja Henie provoque une véritable révolution vestimentaire dans un monde habitué à des tenues plus classiques. Ses entraînements se déroulent sous les applaudissements de nombreux spectateurs.

De cette deuxième édition des J0, les témoins garderont deux souvenirs : des conditions climatiques exécrables - les organisateurs envisagent un instant d'annuler purement et simplement les Jeux - et la confirmation d'un talent.

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Les Français aux Jeux

Sonja Henie, la "petite princesse" de Chamonix, a grandi et progressé. Elle est âgée maintenant de 15 ans et demi. Sa grâce et sa hardiesse séduisent le jury et le public. La "fée de la glace", ainsi qu'on la surnomme, remporte sa première médaille d'or olympique. Deux autres suivront en 1932 et en 1936.

Dans la station huppée des Grisons, les épreuves de patinage artistique captent la plupart des regards. La France n'est pas absente de ces rendez-vous de la virtuosité et de la beauté. Andrée Joly, qui porte bien son nom, et Pierre Brunet, quelque peu fâché avec les "imposées" se classent respectivement 11 ème et 7ème dans la compétition individuelle. Mais en couple, ils font merveille.

La charmante Andrée Joly et le vigoureux Pierre Brunet, tout en noir, accomplissent sans faute un programme préparé avec minutie qui élimine les acrobaties scabreuses. Ils patinent à la fois avec légèreté et sûreté.

Quand ils stoppent leur élan, dressés sur la pointe de leurs patins, le public admiratif leur réserve une vibrante ovation.
Les Autrichiens Lily Scholtz-Otto Kaiser, qui leur succèdent sur la glace, prennent des risques pour tenter d'inverser la tendance favorable à nos compatriotes mais ils commettent quelques bévues. Andrée Joly et Pierre Brunet offrent à la France son premier titre olympique "hivernal".
Les autres Français sont plutôt à la peine. Le 50 km fond tourne au calvaire: 0° au départ et 25 sous le soleil une heure plus tard ! Les rescapés, fartés pour la neige froide, reculent dans les montées... Les Vosgiens Medy et Milan, le Briançonnais Prat et le Chamoniard Tournier, épuisés à faire glisser leurs lattes dans un véritable cloaque, abandonnent. Ils ne sont pas les seuls...

L'infatigable et éclectique patineur Léon Quaglia, déjà présent à Chamonix, termine loin sur 500 m (26ème) et 5.000 m (l8ème). II est vrai qu'il participe à ces deux courses les jambes lourdes. Auparavant, il a prêté son concours aux... hockeyeurs, marquant même un des deux buts de l'équipe de France contre celle de Hongrie.

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Les médailles françaises

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