Comité national olympique et sportif français

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Flamme olympique

 

Introduction


La flamme des Jeux d'Athènes en 2004

La flamme olympique est un symbole fondamental du mouvement olympique puisqu’elle s’inscrit dans un ensemble de cérémonies, de rites et de principes qui confèrent aux Jeux un caractère sacré les différenciant de toute autre compétition mondiale.

Elle est, avec l’appellation même d’olympique, le principal trait d’union entre l’Antiquité et l’ère moderne, un symbole qui fait appel aux représentations culturelles, et le plus souvent mystiques, de l’élément feu.

La difficulté à obtenir et à conserver cette source du progrès et de la destruction contribue à expliquer qu’il fut l’objet d’une adoration mêlée d'un respect superstitieux.

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La flamme de l’Olympisme antique

Le mythe de Prométhée

Alors bien sûr, selon les civilisations, le feu ne renvoie pas aux mêmes mythes, mais il est impossible de ne pas évoquer Prométhée, héros grec, fils du titan Japet et de l’océanide Clymène, et frère notamment du Titan Atlas. Prométhée (Prévoyant en ancien grec) et un autre de ses frères, Épiméthée, se virent confier par Zeus la mission de créer l'humanité et de doter humains et animaux des dons nécessaires à leur survie. Prométhée aurait ainsi permit à l’homme de marcher debout. Mais Zeus avait interdit aux hommes l’usage du feu qui, avec la foudre, était l’attribut principal de sa puissance. Prométhée, désireux de parfaire l’humanité et sans doute échaudé par le conflit entre Zeus et les Titans, profita d’une invitation d’Athéna pour monter aux cieux et y dérober le feu. Il le dissimula dans la tige d'une férule - plante dont le nom vient justement du grec Fero (porter) et qui, dans l’Antiquité, servait à la fois au transport du feu et à la correction des enfants – et ramena donc le feu aux hommes. Il paya cependant cher son dévouement aux hommes puisque Zeus le fit attacher à un rocher du Caucase où un aigle venait chaque jour lui ronger le foie, organe qui se régénérait toutes les nuits. Il sera finalement libéré par Hercule à l’occasion de sa mission au Jardin des Hespérides.

En apportant le feu aux hommes, en leur inculquant les principes de toutes les sciences, arts et techniques, ce conquérant est devenu le symbole du progrès. Victime de son ambition, celui à qui l’humanité est redevable du feu se voit condamné à de perpétuelles souffrances en une parabole que l’on pourrait ainsi résumer : le progrès s’acquiert et s’expie par la douleur. Et quel athlète de haut niveau pourra nier les souffrances qui lui ont permis de réaliser ses performances ?
Mais le mythe de Prométhée, c’est aussi la victoire de l’humanisme sur l’autoritarisme, et voici donc renforcée la portée symbolique du porteur de la flamme, véritable Prométhée moderne relayant l’espoir et participant à établir un lien entre le site antique des Jeux et la ville organisatrice des Jeux, entre les Anciens et les Modernes.

Les courses aux flambeaux

Dans la Grèce antique, le flambeau eut de nombreux usages, variables selon les époques, mais celui qui nous importe plus est cultuel, puisque le flambeau était fréquemment utilisé dans les cérémonies religieuses, en particulier lors de rites de passage - cérémonies initiatiques, funéraires… - et de processions nocturnes.
En ces occasions, les Grecs honoraient les dieux par des lampadédromies, courses aux flambeaux consistant à l’origine en un simple relais depuis un feu sacré jusqu’à un autel. A Athènes, les Panathénées voyaient ainsi s’affronter cinq équipes d’une quarantaine de relayeurs, courant chacun près de 30 mètres. L’équipe arrivée la première avec un flambeau toujours enflammé avait l’honneur d’allumer l’autel de Prométhée et était récompensée.

Les Jeux, olympiques et suivants - pythiques (Delphes, en ~ 591), isthmiques (Corinthe, en ~ 582) et néméens (en Argolide, en ~ 573) - compétitions panhelléniques ouvertes à tous les Grecs, étaient également des occasions de célébrer les dieux dans lesquelles le feu occupait une place majeure. Ainsi, au sanctuaire d’Olympie brûlait un feu perpétuel sur l’autel de la déesse Hestia situé dans le Prytanée (bâtiment utilisé pour les grands banquets offerts aux athlètes à la fin des Jeux). D’autres feux illuminaient par ailleurs les temples de Zeus et d’Héra.

L’origine même des Jeux olympiques est sujette à de nombreuses interprétations, dont la plus mystique met en scène les dieux de l’Olympe eux-mêmes. Selon Philostrate, les premières courses des Jeux olympiques auraient justement été celles qui, sur la longueur d’un stade (environ 200 m) déterminaient celui des pèlerins qui allumerait l’autel des sacrifices aux dieux. En – 776, date de la naissance officielle des Jeux olympiques, ce fut Coroibos qui remporta cette unique épreuve. Ce ne fut qu’un demi-siècle plus tard que d’autres épreuves vinrent étoffer un programme qui s’étendit sur cinq jours (le double stade, la longue course, la lutte, le pentathle, le pugilat, la course de chars, la course de chevaux et le pancrace aux 33èmes). Les Jeux connurent en effet bien des développements durant leurs onze siècles de déroulement (en 393, derniers Jeux, Théodose Ier les interdit avant que Théodose II ne les abolisse et fasse détruire le site) au rythme quadriennal adopté également de nos jours.

Ces Jeux ne se concevaient, que dans un monde en paix afin que pèlerins et athlètes puissent atteindre et revenir d’Olympie sans péril. Les théores chargés d'annoncer les Jeux partaient environ six mois à l'avance pour prévenir de la date précise à laquelle se tiendraient les Jeux (durant la première lune après le solstice d’été), et proclamer l’ekeicheira, la trêve sacrée.

Le solstice d’été se révèle d’ailleurs être commun à de nombreuses croyances qui fêtent à cette date le soleil et le feu : des feux catholiques de la Saint-Jean au culte d’Oris en Egypte ancienne, chez les turcs, les incas, les chinois, les druides anglo-saxons (culte de Baal-Moloch) et les prêtres vaudous nombreux sont les évènements d’essence religieuse et liés au feu qui, à travers les civilisations, tombèrent à la date du solstice d'été.

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La flamme ravivée

La rénovation des Jeux olympiques

Le baron de Coubertin, de son vrai nom Pierre Fredy, soucieux d’établir le mouvement olympique dans une symbolique forte, étudia attentivement l’ensemble des cérémonies susceptibles d’être organisées lors des Jeux olympiques avec comme préoccupation première de créer un écho universel autour du phénomène olympique. Où l’on retrouve le feu, puisque dès 1894, des courses relais aux flambeaux furent organisées à l’occasion du “Congrès International Athlétique” réunit par Pierre de Coubertin à La Sorbonne et qui se transforma sous son influence en “Congrès pour le rétablissement des Jeux Olympiques”

Coubertin n’était pas le premier à avoir pris une telle initiative. Ainsi, en 1859, le grec et richissime Zappas tenta ce qui semble être la première tentative d’envergure qui échoua comme celle de ses quelques successeurs, jusqu’à ce jour du 23 juin 1894 où Coubertin fit adopter par les participants (2000 personnes, mais seulement 20 délégués étrangers venus de 8 pays) la rénovation des Jeux olympiques et la création d’un Comité International Olympique pour les organiser. Ce fut cependant le Grec Demetrios Vikelas qui en prit la présidence : le règlement rédigé par Pierre de Coubertin et qui fut par la suite rectifié, stipulait alors que le président du CIO devrait être choisi dans le pays où auraient lieu les prochains Jeux.

Quatre principes primaient dans cette rénovation :

1 – l’adoption stricte de la cadence quadriennale antique
2 – le renouveau du caractère sacré des Jeux ; de religieuse, la flamme devenait cependant sportive… et patriotique
3 – Internationalisme, tant pour les participants que pour la ville organisatrice
4 – le choix du sport moderne
5 – L'amateurisme

Coubertin était à la fois un rénovateur et un créateur. S’il s’appuyait sur un fait historique, il ne voulait pas en donner une réplique. Il voulait du nouveau. C’est le sport moderne, avec sa dimension pédagogique, qui devait trouver sa consécration dans ces Jeux. Aussi le programme devait pouvoir s’adapter à l’évolution du sport et du monde, tout en conservant un caractère sacré. Il l’habilla donc au fil du temps de nombreux symboles au premier rang desquels se situe bien sûr le drapeau

Malgré la présence du feu en 1894, ce ne fut qu’en 1928, à Amsterdam que les organisateurs, en référence à l’autel d’Hestia, décidèrent d’allumer la première vasque olympique de l’ère moderne. Mais l’allumage se fit sur place, et il en fut de même à Los Angeles. Le transport de la flamme depuis Olympie et le cérémonial qui l’accompagne fut en réalité d’inspiration allemande, proposé par Théodore Lewald, président du Comité d’organisation des Jeux et mis en place par Carl Diem, secrétaire général de ce même Comité (également psychologue, et fondateur de l’Ecole supérieure des sports de Cologne en 1946) avec l’accord et l’assistance de Jean Ketseas, à l’époque secrétaire général du Comité grec et qui fondera plus tard l’Académie Internationale Olympique. La proposition fut validée par le CIO le 18 mai 1934, à Athènes.

Diem mit au point le cérémonial d’allumage de la flamme sur le site archéologique d’Olympie, dans un folklore reconstitué de l’Antiquité. A l’époque des premiers Jeux, les grecs assuraient la pureté du feu par la technique d’allumage : la flamme était obtenue par les rayons du soleil captés au centre d’un récipient appelé skaphia ; de nos jours, la grande prêtresse utilise un procédé similaire, à l’aide d’un miroir parabolique.

Une flamme toujours renouvelée

Eteinte par le souffle des bombes, la flamme s’est rallumée à Londres, ville symbole de la résistance aux nazis. Elle a acquis depuis une force croissante et est désormais l’un des atouts majeurs du mouvement olympique.

Le relais est un support permettant de rendre hommage aux patrimoines naturel et culturel mondial, d’exalter la croyance dans la paix et le progrès de l’Humanité tant dans ses dimensions humaines que technologiques ou sportives … et de promouvoir le mouvement olympique.
Son itinéraire, établi par les Comités d’organisation des Jeux, est souvent l’occasion de faire revivre les grands moments de l’Histoire : mise à l’honneur des hauts lieux des empires grecs et romains (Rome 1960), relais sur le traces de Christophe Colomb (Mexico 1968)…

Symbole de la maîtrise - et du respect - des éléments naturels par l’homme, la flamme est passée sous, sur et dans l’eau (nage – Mexico, Grenoble ; passage le long de la barrière de corail – Sydney ; bateau – Barcelone…), dans les airs (parachute, saut à ski sur tremplin de 120m – Lillehammer ; Concorde – Albertville), et même dans l’espace (transmission par satellite – Montréal) et au cercle polaire (Calgary).

L’identité du dernier relayeur (toujours un ressortissant du pays où se déroulent les Jeux) est tenue secrète jusqu’au dernier moment. Il s’agit souvent d’une légende du sport ou de jeunes, symboles de l’espoir dans l’avenir.
Symboles sportifs (et politiques) : Cathy Freeman (2000) – Muhammad Ali (1996) – Paavo Nurmi (1952)
Symboles humains : Antonio Rebollo (archer paralympique, 1992) – Norma Enriqueta Basilio de Sotelo (première femme, 1968)
Symboles d’espoir et de paix : jeunes athlètes (1972, 1976) – Yoshinori Sakaï, étudiant, né le 6 août 1945, à Hiroshima (1964)

Le premier relais hivernal a eu lieu à l’occasion des Jeux d’Oslo, en 1952. La flamme fut alors allumée dans le foyer du chalet de Sondre Norheim, légende du ski norvégien, habitant au cœur de la vallée de Morgedal en Norvège, considérée comme le berceau de la discipline. Après s’être enflammé devant le capitole de Rome pour les Jeux de Cortina d’Ampezzo, le flambeau des Jeux Olympiques d’hiver fut à nouveau allumé au chalet de Sondre Norheim pour les Jeux de Squaw Valley en 1960. À partir des Jeux d’Innsbruck en 1964, le relais des Jeux d’hiver démarre depuis Olympie. L’allumage s’effectue à peu de détails près selon le même processus que pour l’été.

La flamme des Jeux Olympiques d’Athènes 2004

Le départ du Relais de la Flamme Olympique d’Athènes 2004 a eu lieu le 25 mars 2004 à Olympie, avant de faire un grand tour de la Grèce et de finir son périple hellène au Stade Panathinaïko, qui avait accueilli les Jeux de 1896. La Flamme y est restée jusqu’au 4 juin 2004, date à laquelle la flamme s’est envolée pour l’Australie où Cathy Freeman l’a accueillie pour le premier relais hors de Grèce. A Olympie, le premier relayeur avait été Kostas Gatsioudis, détenteur du record grec du lancer du javelot.

La flamme visita 27 pays et revint à Athènes pour la cérémonie d’ouverture, le 13 août. Elle y fut accueillie par un colossal et extraordinaire flambeau pivotant.
Pour la première fois, la flamme traversa les cinq continents, réalisant une visite inédite de l’Afrique et l’Amérique latine. Elle se rendit dans toutes les villes qui ont accueilli les Jeux, ainsi que dans un certain nombre de villes symboles telles Lausanne (CIO, musée olympique), Bruxelles (clin d’œil à l’Union Européenne) ou Pékin, ville organisatrice des Jeux de 2008.

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