Comité national olympique et sportif français

Comité national olympique et sportif français

Ancien site, retrouvez le nouveau : cnosf.franceolympique.com


 

Chamonix 1924

 

La fiche

Dates : 25 janvier - 4 février
Nations : 16 (dont la Lettonie)
Sports : 7
Sports de démonstration : 2 (patrouille militaire, curling)
Epreuves : 14 Participants : 258 (245 hommes, 13 femmes)

Participants français : 46 (45 hommes et 1 femme)
Médailles distribuées : 43 (2 ex aequo en patinage de vitesse, 500 m messieurs)
Palmarès français : 1 médaille (bronze)
Ouverture des Jeux : Proclamée par Gaston Vidal, sous-secrétaire d'Etat à l'Enseignement technique français.
Serment Olympique : Prêté par le chasseur alpin Camille Mandrillon
Président du CIO : Pierre de Coubertin (Fra)

Haut de page 

Les repères

Concurrence : Les pays scandinaves redoutaient la concurrence des jeux Olympiques d'hiver pour leurs Jeux Nordiques, organisés depuis 1901. Ils avaient raison. La dernière édition de ces Jeux eut lieu en 1926, 2 ans après les premiers JO d'hiver.
Femmes : En 1902, Madge Sayers fut vice-championne du monde derrière Ulrich Salchow. Inadmissible ! Les responsables du patinage artistique organisèrent donc des championnats séparés pour les femmes. Et l'Américaine gagna l'épreuve féminine des JO (d'été) de 1908.
Dernière : Le Finlandais Clas Thunberg enleva 3 médailles d'or en patinage de vitesse (1500 m, 5000 m et combiné). Alors qu'un titre "toutes distances" est décerné aux Championnats du monde, le combiné, comme on l'appelait en 1924, ne figura plus jamais au programme des JO d'hiver.
Patrouille : Il y eut 2 sports de démonstration à Chamonix : la patrouille militaire, sport précurseur du biathlon, et le curling. Si le curling figura au programme officiel des JO à Nagano en 1998, la patrouille militaire, de nouveau présente en 1928 et 1948, ne passa jamais le stade de sport de démonstration.

Haut de page 

Le résumé

Des débuts réussis
Quand Gaston Vidal, sous-secrétaire d'Etat à l'Enseignement Technique, ouvre "la Semaine Internationale des Sports d'Hiver de Chamonix", le jeudi 24 février 1924, il prend bien garde de ne pas prononcer le mot "olympique". Sous la pression des pays scandinaves, soucieux de protéger leurs Jeux Nordiques, il lui a été demandé de ne pas parler de "jeux Olympiques".

Après un défilé bon enfant où les joueurs de curling se taillent un beau succès en arborant leurs balais, un chasseur alpin, l'adjudant Camille Mandrillon, concurrent de l'épreuve de patrouille olympique, prononce le serment des athlètes lors de la cérémonie d'ouverture. La fête peut commencer.

Le lendemain, les premiers des 194 concurrents de 16 pays engagés dans les 7 sports au programme entrent en lice. Il faudra encore attendre 24 heures pour que le patineur de vitesse américain Charles Jewtraw (photo) enlève la première médaille d'or des JO d'hiver en gagnant le 500 m devant les spécialistes nordiques, à la surprise générale.

Jewtraw le premier
Il faut toutefois rappeler que les premiers champions olympiques des sports d'hiver avaient été les gagnants des 3 épreuves de patinage artistique des Jeux d'été de Londres en 1908. Absent des JO de Stockholm en 1912 (protection des Jeux Nordiques oblige), le patinage était revenu à ceux d'Anvers en 1920, rejoint par le hockey sur glace.

Outre Jewtraw, les héros de ces premiers Jeux sont le Norvégien Thorleif Haug et le Finlandais Clas Thunberg. Le premier enlève 3 médailles d'or, 2 en ski de fond, l'autre en combiné nordique. Le Finlandais en décroche 5, dont 3 en or, en patinage de vitesse.

Quand Pierre de Coubertin délivre publiquement un satisfecit lors de la cérémonie de clôture, le 25 février, les organisateurs ont de quoi se réjouir. Ces premiers jeux Olympiques d'hiver qui n'osaient pas encore dire leur nom ont été un succès. Ils ont été suivis par plus de 10.000 spectateurs payants, un chiffre très encourageant.

C'est donc fort logiquement que la Semaine Internationale des Sports d'Hiver de Chamonix recevra, l'année suivante, le label mérité de premiers jeux Olympiques d'hiver de l'Histoire.

Haut de page 

Le fait

Une semaine "olympique"
Les premiers jeux Olympiques d'hiver ne furent jamais désignés comme tels dans les textes du Comité International Olympique. Organisée du 25 janvier au 4 février 1924, la Semaine Internationale des Sports d'Hiver de Chamonix ne fut reconnue comme les premiers JO d'hiver que le 27 mai 1925 quand le Congrès du CIO, réuni à Prague, décida d'organiser désormais des Jeux d'hiver tous les quatre ans, les mêmes années que les JO d'été.

La Suisse se porta candidate à l'organisation des 2es JO d'hiver. Une façon implicite de reconnaître que les premiers avaient eu lieu en 1924 à Chamonix.

Cette naissance, 28 ans après les JO d'été, fut difficile. Organisateurs des Jeux Nordiques depuis 1901, les pays scandinaves traînaient les pieds, redoutant cette concurrence. Le baron Pierre de Coubertin, rénovateur des Jeux d'été et président du CIO à l'époque, était réticent lui aussi.

Obstination des Français
Mais l'obstination de deux Français, le comte Justinien de Clary, président du Comité olympique français, et le marquis de Polignac, alliés aux Canadiens et aux Suisses, eut raison de toutes les résistances.

C'est ainsi que, le 24 février 1924, Gaston Vidal, sous-secrétaire d'Etat à l'Enseignement Technique, proclama "l'ouverture de la Semaine Internationale des Sports d'Hiver de Chamonix, donnés à l'occasion de la 8e olympiade de l'ère moderne, sous le haut patronage du Comité International Olympique".

L'adjudant Camille Mandrillon, engagé dans la patrouille olympique, épreuve de démonstration ancêtre du biathlon, prêta le serment des athlètes, le même qu'aux Jeux d'été. Le drapeau olympique en revanche, n'était pas de la fête.

Finalement, Pierre de Coubertin fit amende honorable lors de la cérémonie de clôture, le 5 février, évoquant notamment : "l'admiration et la gratitude que nous inspirent les efforts accomplis en vue d'assurer à ce premier Tournoi olympique de sports d'hiver le plus haut degré de perfection technique". Le baron avait dit "olympique"...

Haut de page 

L'exploit


Les 5 médailles de Thunberg, l'enfant terrible

Premiers Jeux d'hiver, premiers exploits. Le plus médaillé de ce coup d'envoi hivernal est un Finlandais, Clas Thunberg. Il enlève 5 médailles, dont 3 d'or, en 5 épreuves.

Depuis, seul Eric Heiden a raflé le même nombre de médailles aux mêmes JO, en 1980. Le phénoménal Américain a même fait mieux, puisqu'il a gagné les 5 courses. Mais Clas Thunberg n'a pas connu des conditions aussi favorables que celles de l'Américain. Alors que Heiden a réalisé son fabuleux quintuplé en or à 22 ans, le Finlandais en a presque 31 quand il se présente à Chamonix.

Une mère décédée quand il avait 13 ans, de nombreuses soirées passées dans les bars, l'alcool, le tabac, les mauvaises fréquentations : Clas Arnold Thunberg a connu une adolescence agitée.

Forte tête


Le samedi 26 février, première course, première médaille pour Thunberg. De bronze. L'Américain Charles Jewtraw vient de damer le pion à tous les Nordiques. Il est le premier champion olympique de ces premiers Jeux d'hiver. Quelques heures plus tard, Thunberg (photo, à droite) fait admirer sa puissance et gagne le 5000 m avec près de 10 secondes d'avance sur son compatriote Julius Skutnabb (photo, à gauche).

Une bonne nuit de sommeil et le revoici en piste. Nouvelle médaille d'or sur 1500 m. Dans le 10.000, un Thunberg éprouvé se contente de l'argent derrière Skutnabb, pour 3 secondes seulement. Au terme de ces quatre épreuves en deux jours, l'enfant terrible du patinage finlandais remporte la médaille d'or du combiné, qui fait son unique apparition aux JO.

Thunberg n'en a pas fini avec les JO puisqu'il enlèvera encore le 500 et le 1500 m des JO de 1928.

Quand il prend sa retraite sportive, en 1933, Clas Thunberg a remporté 5 médailles d'or olympiques, 5 titres mondiaux et 4 couronnes européennes toutes distances, battant au passage 4 records du monde. Pas mal pour cette forte tête qui multiplia les démêlés avec sa fédération et rata ainsi quelques sélections.

Haut de page 

Les anecdotes

Météo
A un mois des Jeux, pas une once de neige à Chamonix. Inquiétude des organisateurs. Puis en une nuit, il en tombe 1,50 m. On manque de chasse-neige. Panique. Des centaines d'ouvriers se mettent au travail, à la pelle. A une semaine de l'échéance, redoux et pluie : le stade de patinage n'est qu'un vaste lac. Angoisse. Heureusement, un coup de gel opportun sauve la situation. Les premiers Jeux d'hiver peuvent commencer.

Femmes
13 femmes participent aux premiers JO d'hiver. Elles seront près de 1000 à Nagano en 1998. La première médaillée d'or des Jeux d'hiver est l'Autrichienne Herma Planck-Szabo en patinage artistique. Avant elle, 2 autres patineuses, l'Américaine Madge Sayers et la Suédoise Magda Julin-Mauroy ont été championnes olympiques, mais aux JO d'été, à Londres en 1908 et Anvers en 1920.

Impitoyables
Les hockeyeurs canadiens furent une révélation pour leurs homologues européens, impressionnés par leur vitesse de patinage. En 5 rencontres, ils inscrivirent 110 buts, n'en encaissant que 3, et conservant facilement le titre acquis en 1920 aux JO d'été d'Anvers où le hockey sur glace avait fait ses débuts olympiques.

Débutante

Une puce norvégienne de 11 ans se classa 8e et dernière en patinage artistique. Entre deux chutes, elle s'interrompit plusieurs fois pour se rendre au bord de la patinoire demander à son entraîneur qu'il lui rappelle la suite de son programme. Son nom ? Sonja Henie (photo), future triple championne olympique, en 1928, 1932 et 1936.
Eté/hiver

Premier vainqueur olympique de saut à skis, le Norvégien Jacob Thams fut médaillé d'argent de la classe 8 m aux épreuves de voile des Jeux d'été de 1936. Seuls 2 autres athlètes ont eu des médailles aux JO d'été et d'hiver : l'Américain Edward Egan en boxe (or des mi-lourds en 1920) et bob à 4 (or en 1932), et l'Allemande de l'Est Christa Rothenburger (photo) en patinage de vitesse (or du 500 m en 1984 et du 1000 m en 1988, argent du 500 en 1988) et en cyclisme (argent de la vitesse en 1988).
Couple
Les patineurs français André Joly et Pierre Brunet, 3es en couples à Chamonix, remportèrent le premier de leurs 4 titres mondiaux le jour de la Saint-Valentin 1926. Devenus mari et femme en 1929, ils resteront invaincus jusqu'en 1936, enlevant 2 médailles d'or olympiques en 1932 et 1936.

Haut de page 

Les français aux jeux

Vendredi 25 janvier. Le soleil brille sur la patinoire en plein air de Chamonix quand l'adjudant des Chasseurs alpins Camille Mandrillon, déjà porte-drapeau de l'équipe de France, prête le serment au nom de tous les concurrents. La "Semaine internationale des sports d'hiver de Chamonix", organisée malgré une longue reticence des dirigeants nordiques fidèles à leurs traditionnels "Jeux du Nord", peut commencer sous le patronage du Comité international olympique.
Pour les Français, pas question de concurrencer les Norvégiens, les Finlandais et les Suédois, les maîtres du ski nordique.

En revanche, ils croient aux chances de Léon Quaglia, l'as national du patinage de vitesse. Celui-ci se surpasse, améliore tous ses records de France dont celui du 10.000 m de 31 secondes. Sa meilleure place : 7ème sur cette distance. II tempête tandis qu'on congratule comme un héros le patineur
finlandais Clas Thunbert (3 médailles d'or): "Si en France on s'occupait plus des champions, j'aurais pu m'entraïner plus efficacement."

Les bobeurs, eux, ne réclament pas l'aide de l'Etat... Le marquis d'Aulan, un de leurs coéquipiers, est propriétaire d'une marque de champagne et il fournit assez de magnums à l'équipage pour rendre celui-ci euphorique sur le toboggan de glace. A. Berg, H. Alleberg, G. André et J. d'Aulan terminent leurs parcours au pied du podium.
Un podium sur la troisième marche duquel monte le couple de patinage artistique : Andrée
Joly et Pierre Brunet sont lës premiers médaillés français aux Jeux d'Hiver.
Succès sportif et populaire: à l'heure de la Cérémonie de clôture, le dynamique comte de Clary, président du Comité olympique français, et son ami le baron Pierre de Coubertin voient leur ténacité récompensée. Ils avaient pris une part prépondérante dans la reconnaissance par le CIO de ces Jeux d'Hiver.
Extrait du discours de Pierre de Coubertin lors de la Cérémonie de clôture: "Les sports d'hiver sont parmi ceux dont la pureté est la plus grande et c'est pourquoi j'ai pour ma part tant désiré les voir prendre place de façon définitive dans les manifestations olympiques."
Moins d'un an plus tard, le 27 mai 1925, à Prague, le Congrès du CIO accordera aux Jeux d'Hiver leur statut olympique.

Haut de page 

Les médailles françaises

Haut de page 



Retrouvez les sites officiels des Jeux à venir...




Jeux Olympiques de la XXXIe Olympiade
Rio de Janeiro (Brésil)
5-21 août 2016

Voir aussi