Xavier Sendra, nouveau DTN des sports de glace

Xavier Sendra
Pouvez-vous vous présenter ?
J’ai 38 ans et je suis Conseiller Technique et Pédagogique Supérieur (CTPS). J’ai eu l’occasion d’occuper des postes de CT en fédération et à l’UCPA avant d’occuper un poste de DTN à la Fédération Française d'Etudes et de Sports Sous-Marins (FFESM) entre 2006 et 2009. Mon sport d’origine est plutôt la natation, milieu dans lequel j’ai évolué en temps que sportif puis entraineur avant me tourner vers d’autres pratiques sportives qui m’ont amené à intégrer le Ministère via le concours de professeur de sport en 1999. Une particularité est que j’aime les challenges, même les plus difficiles, raison pour laquelle j'ai souhaité intégrer la FFSG ! Je pense pouvoir y apporter beaucoup et réciproquement car Didier Gailhaguet est une figure incontournable du sport français aux côté duquel il est plaisant et enrichissant de travailler.
Comment envisagez-vous votre tâche ?
Soyons réaliste, la tâche est ardue et demande beaucoup d’investissement personnel et professionnel : la gestion de 10 disciplines dont 8 olympiques est un casse tête permanent. Il faut jongler en permanence entre chacune d’elles. N’étant pas technicien de la discipline, et comment pourrai-je l’être puisque le patinage artistique n’a rien à voir avec le bobsleigh par exemple, je conçois mon action comme manager de la DTN. La DTN est riche de compétences, de technicité et de savoir-faire qu’il convient d’utiliser au mieux pour parvenir à nos objectifs : performer, gagner des médailles et accompagner les élus à rendre opérationnel le projet fédéral pour lequel ils ont été mandatés.

Thibaut Fauconnet, vainqueur en Coupe du Monde de short track sur 1000m à Montréal et à Québec fin octobre
Quel oeil portez vous sur les résultats de ce début de saison ?
Les résultats obtenus en début de saison sont encourageants pour la suite. Ils montrent que la fédération est sur la bonne voie sur ce qu’elle a mis en place. Je reste néanmoins vigilant à ne pas tomber dans une quelconque forme d’euphorie car nous sommes en année post-olympique, il faut donc donc confirmer et durer pour répondre présent aux compétitions de référence, et plus particulièrement à Sotchi en 2014.
Quels sont les secteurs des sports de glace à soutenir et à développer en priorité ?
Nous sommes en situation d’objectifs partagés avec la Secrétariat d’Etat aux Sports. Le bilan des Jeux Olympiques de Vancouver a fait émerger la nécessité de poursuivre dans le patinage artistique et la danse sur glace mais également, et c’est la nouveauté, de soutenir le patinage de vitesse (le short-track et la grande piste) qui constitue un potentiel de médailles importants. Pour ces deux dernières disciplines, il nous faut concilier le besoin immédiat de résultats dès 2014 et construire de manière pérenne pour 2018.

Alexis Contin, fer de lance de la "grande piste" française
Dès lors, comment l’équipe de France peut-elle se développer dans ces secteurs pourvoyeurs de médailles aux Jeux ?
Nous y travaillons avec la création d’un centre national de short track qui a ouvert en septembre à Font Romeu. Pour la grande piste, c’est un peu plus compliqué car la France ne dispose pas d’équipements sportifs. Nos sportifs s’entrainent donc à l’étranger (Pays Bas, Allemagne). Et là, je vous avoue que ce n’est pas simple de devenir une grande nation de la grande piste sans avoir d’équipement pour préparer nos athlètes. Didier Gailhaguet s’attèle à essayer de convaincre les décideurs de construire un équipement, ce qui serait assez logique compte tenu de la volonté de l’Etat de développer cette discipline.

le bob de Bruno Mingeon en 2006 à Turin
Y-a-t-il un plan pour faire renaitre le bobsleigh et la luge en France ?
Pour l’instant nous sommes dans l’expectative des résultats de la désignation de la ville hôte des Jeux Olympiques de 2018. Si Annecy est retenu, ce que nous souhaitons tous, nous devrons être présents et l’Etat nous aidera à être présent et pourquoi pas à performer. C’est en tout cas possible sur le plan humain et technique. Le principal frein reste les moyens financiers dont nous ne disposons pas à ce jour, pour essayer de relancer ces disciplines dont le coût est élevé. Des pistes sont à l’étude pour envisager des perspectives de sponsoring, d’apport de ressources et de technologies. Le problème de l’équipement sportif reste aussi un frein à son développement car la France ne dispose que d’une seule piste à la Plagne.

Comment s’inscrit la candidature d’Annecy aux JO 2018 dans l’action que vous comptez mener ?
Comme je viens de le dire, nous construisons une stratégie avec un plan A et un plan B, ce qui complexifie encore plus la tâche. L’obtention des JO constituerait un formidable élan pour les sports de glace et permettrait de relancer certaines disciplines à travers la construction d’équipements sportifs leur permettant de se développer durablement et offrant un cadre d’entrainement de proximité pour nos athlètes. Nous adapterons nos stratégies de développement et de préparation au vu de la désignation de la ville retenue.

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat
Quels sont pour vous les principaux axes de travail en vue des Jeux de Sotchi ?
La réécriture du Parcours de l’Excellence Sportive arrive au bon moment pour mettre à plat nos pratiques, nos méthodes et l’optimisation de nos moyens. Nous avons des athlètes avec du talent et d’énormes capacité. Nous devons travailler durablement à l’individualisation des parcours pour les mettre dans les meilleures conditions possibles, tout en les poussant à se surpasser, à donner plus pour arriver à Sotchi avec un autre état d’esprit. La culture de la gagne n'est pas un vain mot, c'est ce qui manque souvent à nos athlètes pour gagner. Pour cela, il faut revisiter les sélections, fixer des niveaux d’exigence plus élevés et être plus pointus sur la préparation en allant chercher l’expertise là où elle se trouve, y compris au niveau international. Je souhaite que nous concentrions nos moyens sur les réels potentiels de médaille en construisant avec eux leur réussite de demain.





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