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Saut d'obstacles : au galop vers les Jeux de Londres !

 

Quelle magnifique équipe de France ! Le 6 octobre à Lexington (Kentucky) en finale de l’épreuve par équipe de saut d’obstacles des Jeux équestres Mondiaux, Pénélope Leprévost, Patrice Delaveau, Olivier Guillon et Kévin Staut (par ordre d’apparition) ont remporté la médaille d’argent derrière l’Allemagne, qualifiant par là-même leur discipline pour les Jeux Olympiques de Londres 2012, après avoir manqué ceux de Pékin. Même si la réussite individuelle n’a pas été au rendez-vous par la suite, la mission que s’étaient fixé les vestes bleues est parfaitement remplie. Entretien avec Laurent Elias, l’entraîneur national comblé.


Pénélope Leprévost et "Mylord"

« Notre résultat situe notre niveau : il n’y a pas eu un seul mauvais parcours, pas un de nos cavaliers n’a été en retrait. C’est notamment remarquable pour une jeune pilote comme Pénélope Leprévost et son cheval Mylord Carthago, qui n’avaient jamais participé à un évènement de cette dimension. En 2e manche du concours par équipe, après que Pénélope et Patrice Delaveau aient chacun récolté quatre points synonymes de petites fautes, Olivier Guillon a sonné la charge en réalisant un parcours parfait, et Kévin Staut, notre leader, a terminé le travail.


Kévin Staut et "Silvana"

Avant son passage, nous étions déjà sûrs de finir dans le top 5 et d’avoir la qualification olympique en poche. Nous savions que s’il réalisait le sans-faute, nous étions sur le podium. Il l’a fait, comme la veille en première manche, lorsqu’il avait remis l’équipe sur les bons rails. Kévin a appris à gérer les moments décisifs, cela fait deux ans qu’il évolue au plus haut niveau mondial, il est d’ailleurs l'actuel n° 1 du classement FIE. Il répond présent, il est déterminé et lucide. Pensez qu’il ne monte sa jument , Silvana de Hus, que depuis un an! » raconte Laurent Elias.

Grâce à ce résultat, l’équipe de France vice-championne du monde peut avancer tranquillement vers les Jeux de Londres. Elle n’aura pas à passer par l’étape qualificative des championnats d’Europe 2011, et comme le dit l’entraîneur national, « cela va nous permettre de tester d’autres couples, avec l’idée de constituer la plus forte équipe possible, dans la sérénité ».

Priorité à l’équipe !


Les Bleus avec le DTN Pascal Dubois (à gauche) et Laurent Elias (à droite)

Tout est au beau fixe dans le monde du saut d’obstacles français, notamment au niveau des relations entre la fédération, les techniciens, les athlètes et les propriétaires de chevaux. Un projet commun est largement partagé et les résultats sont là. Pourquoi cette réussite en 2010 après l’échec de 2008 où le CSO des Jeux de Pékin s’était déroulé sans les Bleus ? « J’ai insisté sur le projet d’équipe quand j’ai repris le navire en 2008. Nous avions perdu la culture de l’obligation prioritaire du choix d’équipe ».

En clair, cela signifie que les cavaliers et les chevaux français ne sont pas meilleurs ou moins bons qu’il y a quelques années, mais que les objectifs de chacun s’accordent. Partager les moyens de la réussite collective, c’est notamment arrêter de donner la priorité au circuit rémunérateur du « Global Tour » pour privilégier celui des CSIO qui incluent des épreuves par équipe.

« Nos cavaliers ont accepté de se préparer sur ce format. Nous avons trouvé un équilibre et recentré les objectifs, la façon d’y arriver, les moyens mis en regard et les parcours qui y correspondent ». Ainsi, en 2009 et 2010, c’est la même équipe qui a remporté le classement de la «Meydan Cup», le circuit des Coupes des Nations de saut d’obstacles : la France.


Olivier Guillon et Lord de Theize

A Lexington, après leur exploit collectif, les vestes bleues n’ont pas connu la réussite dans l’épreuve individuelle. Tentative d’explication : « Pour accéder à la finale à quatre, tous les points récoltés sur la totalité des parcours comptaient. Kévin, par exemple, avait laissé huit points lors de la toute première épreuve, la « chasse ». Il les a traînés tout du long. Pour arriver au bout, il ne faut pratiquement pas faire tomber une seule barre, il faut être parfait du début à la fin. Malgré sa très bonne prestation dans les deux derniers tours de qualification (0+4) Olivier Guillon n a pas pu accéder à la finale, handicapé par ses deux premiers parcours ».

Sur la route des Jeux


Laurent Elias

« Londres, c’est à la fois proche et lointain » dit Laurent Elias, « Nous allons essayer de préserver les chevaux pour qu’ils tiennent deux ans, sachant qu’ils ont tous fini Lexington en bonne forme. Ils courront un peu cet hiver et disputeront les épreuves principales. Nous préparerons en même temps d’autres couples, en essayant d’agrandir le noyau, car plus on a une base importante, plus on est confortable ».

La route est belle, les vestes bleues s’avancent en confiance vers l’échéance olympique, avec Lexington comme moment fondateur. « Tout le monde s’est donné pour ce résultat, tout le monde a fait de gros efforts. Cavaliers et staff ont partagé un véritable projet sportif. L’équipe rend plus fort quand ses membres sont soudés, quand ils se remotivent dans la difficulté ». La clé de la réussite.

Crédit photos : FFE/PSV


 

 

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