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Ghani Yalouz : « Nos athlètes n'ont pas fini de nous surprendre »

 

Ghani Yalouz, DTN de l’athlétisme, revient sur la réussite des athlètes français aux championnats d’Europe de Barcelone. Le record historique de 18 médailles dont 8 en or doit beaucoup au fonctionnement qu’il a mis en place depuis sa prise de fonction en mars 2009, et qu’il détaille ici. Concrétisation attendue au stade olympique de Londres en août 2012 !

Des Français sur les podiums quasiment tous les jours, huit médailles d’or, un record historique de 18 podiums… les championnats d’Europe de Barcelone ont été une vrai fête pour l’athlétisme tricolore. Comment Ghani Yalouz analyse-t-il cette réussite ? « Juste le fait de savoir travailler pour l’intérêt général » explique-t-il, « tout le monde, président, élus, cadres techniques, athlètes, tirant dans le même sens. Avec l’athlète et son environnement au centre du projet. Mon message depuis deux ans n’a jamais varié, il tient en trois mots : Humilité, partage, respect ».


L'équipe de France réunie à Barcelone

Une fois les athlètes à « potentiel Olympique » et à « fort potentiel olympique » identifiés, la mission que s’est fixé le DTN venu de la lutte a été « qu’ils puissent s’exprimer. Qu’ils dédramatisent, car cela n’est que du sport… ». Ghani Yalouz insiste par ailleurs : « Je voulais que tout le monde voie notre esprit collectif et solidaire. Je voulais que cette équipe ne doute pas de son niveau. J’ai été voir partout, dans tous les sports « où ça marche », le handball, l’escrime, le judo, le foot du début des années 2000, en essayant de prendre le meilleur. On s’enrichit toujours ainsi, et c’est mon mode de fonctionnement. Je me considère comme un maillon, celui d’une politique du très haut niveau insufflée depuis de nombreuses années dans le sport français. J’agis en rassembleur, en facilitateur pour déclencher les énergies »

Ghani Yalouz s’est donc attaché à retrouver « l’ADN » de l’équipe de France, celle qui, toujours « mouille le maillot » en étant consciente d’être l’héritière d’un passé, d’une culture du très haut niveau et en s’entourant de « gens de référence, d’anciens DTN ou entraîneurs capables de rassembler les énergies, dans une philosophie de culture de la performance et de l’excellence ».

« Ne jamais négliger l’aspect humain »

Ghani Yalouz a été nommé DTN de l’athlétisme en mars 2009, alors qu’il occupait jusque là le même poste auprès de la Fédération Française de Lutte, son sport d’origine (médaillé d’argent olympique en gréco-romaine à Atlanta en 1996), fort des succès obtenus à Pékin en 2008 avec, notamment, la médaille d’or de Steeve Guénot.


Avec le président de la FFA Bernard Amsalem à Berlin en août 2009

La route qui mène au Stade Olympique de Londres en 2012 a commencé pour lui avec les Mondiaux de Berlin en août 2009. « Je n’y ai emmené que des jeunes, pour qu’ils emmagasinent de la performance », en exposant son mode de fonctionnement : « Il ne faut jamais négliger l’aspect humain. On doit toujours dire la vérité à l’athlète, ne jamais le bercer d’illusions, et il faut rester à ses côtés, dans les bons comme dans les mauvais moments. Le sport a un gros avantage : il y a un résultat au bout. Et le maillot de l’équipe de France se mérite. A Berlin, nous avons fait mieux qu’à Osaka en 2007 et aux Jeux de Pékin 2008, avec 15 finalistes ».


Ghani Yalouz félicite Renaud Lavillenie, champion d'Europe à la perche

Un an plus tard, c’est le festival bleu sur la colline de Montjuic, dans le stade Olympique de Barcelone. « C’est une source de motivation historique, mais l’objectif majeur reste Londres 2012. Tous les athlètes à fort potentiel ont atteint leurs objectifs en Catalogne. Le collectif a très bien fonctionné, ils se sont enrichis les uns les autres. Les jeunes de 18-19 ans, les anciens, plus expérimentés, ils se sont tous encouragés. Tout le monde a tiré dans le même sens, et je retiens ces huit médailles d’or pour la culture de la gagne, tout comme la dynamique créée, qui est une des clés de la réussite ». Le DTN a passé cet Euro aux premières loges, toujours proche des athlètes, présent auprès de chacun pour encourager et féliciter.

« Nos athlètes n’ont pas fini de nous surprendre »


Martial Mbandjock et Christophe Lemaître

Quand on lui dit que le niveau européen est loin du niveau mondial, et que la plupart des médaillés continentaux risquent d’avoir du mal à exister dans le contexte planétaire des Jeux Olympiques, Ghani Yalouz répond : « Le sport est tout sauf une science exacte. Il est fait d’incertitudes. Le jour des Jeux, tout le monde est prêt. Ce n’est qu’une guerre psychologique. Dans tous les domaines, le ½ fond, le saut, le sprint, nous nous investissons. Christophe Lemaître, par exemple, a deux années devant lui pour progresser. Rien n’est écrit à l’avance. Les athlètes devront être bien préparés pour qu’ils puissent s’exprimer le jour J.

Nous nous appuyons sur une organisation solide, où tout le monde va dans la même direction, où les notions d’audace et de plaisir priment, comme le fait de donner un rôle central à l’athlète et à l’entraîneur. Mon rôle est de fédérer, de dépassionner, de dédramatiser. Et notre but, c’est que les athlètes se sentent bien au sein de l’équipe de France. Croyez- moi, ils n’ont pas fini de nous surprendre ! ».


 

 

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