Juges-arbitres français à Singapour
Ils sont une bonne dizaine, Français, jeunes ou retraités, anciens pratiquants de haut-niveau ou depuis longtemps partie du rouage réglementaire des compétitions, qui ont été retenus par leur Fédération Internationale pour être juge-arbitre officiel de ces premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse. Leur sélection a répondu à des préoccupations différentes répondant aux besoins propres à leur discipline. Rencontre avec quatre d'entre eux.
De ces témoignages ressortent notamment des stratégies très différentes de la part des Fédérations Internationales (FI).

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Au pentathlon, il semble que la FI, dans une logique de fluidité des compétition, soit dans une phase de constitution d'un cercle d'arbitres internationaux, très réduit et reconnu de tous. "Je suis juge internationale sur les 5 épreuves du pentathlon. J’avais déjà été retenue pour les Jeux Olympiques de Pékin et sur les championnats du monde juniors. A Singapour, nous sommes 6 juges internationaux, auxquels s’ajoutent 3 juges nationaux singapouriens et deux délégués", explique Corinne Bouzou. "Notre point commun pour les juges internationaux, est d’avoir participé aux Jeux Olympiques de Pékin. La Fédération cherche à constituer un pool de juges internationaux. Il est nécessaire d’avoir des juges aguerris pour pouvoir aller vite dans les rotations. Cela répond à un souci d’efficacité tant dans le jugement que dans les rotations, chez les seniors en particuliers. Pour les jeunes, la préoccupation est moins liée au timing qu’à la qualité du jugement."
Ainsi, la FI de canoë-kayak a sollicité directement les fédérations nationales pour obtenir des noms de jeunes officiels, femmes de préférence. Rajeunissement, féminisation, formation... Myriam Pierron, 25 ans, illustre ce choix : "C’est une volonté de la Fédération Internationale comme de la Fédération Française que de féminiser et de rajeunir la famille de l’aviron, tant dans la pratique que dans le jugement. Pour ma part, je suis toute jeune officielle internationale. Cela fait 10 ans que je suis juge, d’abord au niveau régional et j’ai passé l’an dernier le test international, au bénéfice d’une dérogation puisqu’il faut normalement avoir 25 ans. Je suis par ailleurs juge responsable du corps arbitral au niveau national pour le slalom".
D'un autre côté, la FI de Taekwwondo, sport de jugement qui connaît une pratique importante chez les jeunes et les femmes, a organisé une sélection de grande ampleur avec pour objectif de présenter un corps arbitral resserré, le plus incontestable possible... et également de faire la revue d'effectif d'un corps arbitral international très large et disparate. "La sélection s’est opérée sur plusieurs compétitions dans l’année", explique Serge Sembona, retenu pour ces JOJ. "Elle a commencé sur la coupe du monde en Azerbaïdjan, nous étions une centaine. Il y a ensuite eu les championnats du monde de Copenhague où près de 200 juges étaient présents. Puis, lors de la dernière coupe du monde, une pré-sélection de 70 a été réunie en Chine. Enfin, la dernière partie de ce long parcours de sélection s’est opérée au Mexique, à Tijuana lors du tournoi qualificatif aux JOJ".
Le tir enfin, semble avoir privilégié des officiels reconnus de longue date, dans un esprit de famille, de compétence et de confiance avec les entraineurs notamment. Ghislaine Briez, juge internationale depuis 1993 et responsable nationale de l’arbitrage en France, estime ainsi avoir sans doute obtenu son "billet d’entée" du fait d’être élue de l’ISSF. "Il y a de fait 8 officiels, 4 Asiatiques et 4 Européens et tous sont membres de l’ISSF. Cela dit, au sein de la Fédération, je suis déjà impliquée dans les compétitions de jeunes, comme directeur des compétitions des matchs par équipe pour la Région Ouest et directeur sur toute l’Europe. J’officie cependant autant des jeunes que des seniors".
Quant aux spécificités de l'arbitrage des jeunes, "moins maîtres d'eux-mêmes" (Corinne Bouzou), plus lents et moins précis (Myriam Pierron), il semble que la vigilance le sens de la communication soit l'élément le plus sensible et commun à toutes ces disciplines et à tous ces juges. "Le langage est un peu différent entre les âges, mais le sourire est toujours une entrée pour communiquer", estime ainsi Ghislaine Briez. "Les faits sanctionnés sont globalement les mêmes, avec une particularité au niveau du coaching. Les jeunes ont un peu besoin d’une maman et se tournent un peu trop vers le coach. Mais dans ce cas, c’est le coach qui est sanctionné. Il s’agit d’être pédagogue, et c’est par lui que cela passe d’abord. Il y a sans doute plus de femmes que d’ordinaire parmi les jurys, sans doute faut-il d’ailleurs y voir un lien avec cette gestion de jeunes athlètes, plus accessibles pour des femmes".



