Lundi 23 août : une journée tricolore !
Deux médailles d'or, sur 400m haies F (Aurélie Chaboudez) et au lancer de marteau (Alexia Sedykh), une d'argent en triple saut (Sokhna Gallé) et une de bronze en tennis de table (Simon Gauzy). Quatre médailles ont été décrochées par les Français ce lundi 23 août, avec, en prime, deux records de France, sur 400m haies F pour Aurélie, et sur 2000 steeple F (6'51''05) pour Nina Habold qui remporte la finale B et remplit avec ce record le contrat qu'elle s'était fixé. Retour sur une folle journée.
La porte-drapeau médaillée

Sokhna sur le podium
Etre porte-drapeau est une responsabillité qui focalise sur soi les attentes et les regards. Sokhna Gallé, première porte-drapeau d'une délégation française lors de Jeux Olympiques de la Jeunesse a parfaitement su gérer ce rôle. C'est sur son deuxième essai que Sokhna va chercher la médaille. Un saut de 13m04 lui donne la tête du concours. Ce leadership, Khadijatou Sagnia, la Suédoise, ne lui en a pas laissé longtemps la saveur. Quelques secondes plus tard, avec 13m56, la bête noire de Sokhna depuis les qualifications aux JOJ a en effet battu son record personnel et fait une différence que Sokhna ne rattrapera pas par la suite.

Sokhna tout sourire après son podium
Déçue, la jeune Sokhna ne parvenait alors pas à apprécier sa médaille : « Je voulais faire mieux, mais je n’ai pas réussi, c’est comme ça. Je suis dégoutée. Cela ne sert à rien de venir à Singapour pour faire des sauts que je fais toutes les semaines » a-t-elle déclaré à sa sortie. certes, Sokhna s'était jurée de ne plus subir la loi de la Suédoise, mais les occasions se représenteront de bousculer cette hiérarchie. A défaut d'un mental infaillible, Sokhna possède un moral de feu. D'un point de vue moral en effet, le sourire de la jeune porte-drapeau après les performances de ses copines de l'équipe de France, laissait croire que la tristesse ne durerait pas.
Un 400m haies en or

Aurélie avec le drapeau tricolore
De fait, la suite de la journée, débutée dans une chaleur étouffante et sous un soleil de plomb pour s'achever par un déluge, n'apportait que des satisfactions à l'équipe de France d'athlétisme de ces JOJ. Peu après Sokhn en effet, c'était au tour d'Aurélie Chaboudez de s'élancer pour sa finale du 400m haies. Partie ligne n°5, Aurélie a produit une course proche de celle réalisée en demi-finale, avec un départ très rapide visuellement constatable dans la ligne opposée, un ralentissement dans le deuxième virage, son point faible, sans pour autant être distancée, et une dernière ligne droite de toute beauté. Anne-Marie Vansteene, entraîneur de l'équipe de France, explique qu'Aurélie a parfaitement suivi les consignes : « elle a fait exactement ce que l’on avait prévu de faire avant dans la navette qui la menait du stade d’échauffement à la piste : partir vite et ainsi mener la danse pour déstabiliser ses adversaires.

Avec un temps de 58''41, nouveau record de France, Aurélie devient championne de ces JOJ et marque l'histoire. « Aurélie a fait une course techniquement très propre, elle a été très solide. On savait qu’elle avait les qualités pour le faire, il fallait juste qu’elle se lâche » complète Anne-Marie Vansteene. Son temps, très prometteur, laisse présager un avenir brillant pour Aurélie, pour peu que son développement n'en soit pas à son apogée. Tous les espoirs sont là cependant, tant sa fraicheur et son envie de gagner sont perceptibles. « Je n’ai rien vu venir, j’étais dans la course. En arrivant à Singapour je ne pensais pas réaliser de telles choses. J’avais pour objectif la finale A. Verdict : deux records de France et un titre Olympique. C’est énorme il n’y a pas d’autres mots. Ce n’était pas mon objectif mais un rêve. Maintenant j’attends le retour chez les miens à Belfort où ça va très certainement être la fête » a commenté Aurélie après sa course.
La belle histoire des Sedykh

La fête se fera également dans la maison Sedykh. Alexia, fille des deux détenteurs actuels des records du monde du lancer de marteau (Yuriy Sedykh) et du poids féminin (Natalya Lisovskaya), a en effet ramené l'or olympique, dans des conditions climatiques particulièrement difficiles. La finale du concours s'est en effet tenue en fin de journée, sous une pluie battante. Incapable de réaliser ses deux premiers essais, Alexia connaissant un grand moment de doute, les larmes montaient témoignait ainsi sa maman, qui assistait au concours derrière les grilles du stade, en compagnie de son époux. Alexia témoigne ainsi : « le plateau était très glissant et j’ai rencontré des difficultés dès le départ. Les juges essayaient d’essuyer, mais ça ne marchait pas. Au troisième essai, j’ai essuyé du mieux que je pouvais. J’avais attendu et préparé ce rendez-vous depuis trop longtemps, il fallait au moins lancer quelque chose de valable. » 59m09 ! S'il ne constitue pas son record personnel, ce lancer assure à Alexia la première place du concours.

L'histoire était déjà belle, elle est devenue émouvante quand Yuriy, retenu par la Fédération Internationale d'Athlétisme pour participer au protocle de remise des médailles, enlaçait sa fille juchée sur la première marche du podium. Yuriy entraîne Alexia. Sa réaction reflète l'émotion de ce moment unique, quand un ancien double champion olympique (1976, 1980) remet lui même sa récompense olympique à sa propre fille. « Avant le concours, je lui ai dit qu’elle savait ce qu’elle devait faire. La pluie, le plateau glissant, tout ça était déstabilisant. Le temps qu’il faisait durant la compétition n’a pas été anticipé comme il fallait par les organisateurs. C’est une chance qu’elle ait pu l’emporter sur un seul essai. Aujourd’hui Alexia est capable de lancer à 62, 63m. Je dis : "Merci les Dieux". C’est un moment très sensible. Je n’avais jamais imaginé que cela arriverait. C’était très émotionnel. Mon pays natal c’est la Russie, mais ça fait 20 ans que je suis en France, que je travaille pour la France. Alexia est née en France et en a pris le meilleur. J’ai la double nationalité, mais durant cette cérémonie, lors des hymnes, je me suis senti comme Français. J’ai donné tout ce que je sais à Alexia pour la France. C’est vraiment un plaisir pour moi. » Plaisir partagé Yuriy.
Simon Gauzy, un Européen chez les Asiatiques

Simon lors de sa demie face au Japonais
Simon Gauzy a été fort. Lundi matin, le jeune pongiste français, âgé de 15 ans et demi et déjà classé dans les 400 meilleurs joueurs mondiaux (seniors compris bien sûr) était engagé dans la demi-finale du tournoi de tennis de table face au numéro 1 mondial de sa catégorie, lle Japonais Kiki Niwa. Le score fut sans appel : 4/0 (7-11; 12-14; 4-11; 8-11). Eliminé, Simon Gauzy ne cachait à la fin de la rencontre, ni sa déception, ni son ambition : « Si je gagne le deuxième set, ce n’est pas le même match. Je fais trop de mauvais choix. J’ai aussi raté mon entame de match. Maintenant il n’y a plus de calcul je vais aller chercher la médaille de bronze ». Tout comme Simon, Jacques Momessin, son entraîneur, était lucide : « perdre aussi sèchement ça fait mal. Simon a eu un petit coup de moins bien. Dans le deuxième set le Japonais sauve deux balles de set, notamment une d’une manière incroyable. Sur ce match, Simon a fait trop de fautes. Je regrette juste que ces deux joueurs ne se soient pas joués en finale ».

Simon le poing serré après sa victoire face au Polonais
La suite, le match pour la médaile de bronze face au Hongrois Lakatos (HUN), Simon la raconte : « Je savais avant le match que j’étais meilleur que lui, j’avais joué trois fois contre lui auparavant et n’avais jamais perdu, mais j’étais très tendu. D’ordinaire, mes chances de victoire face à lui doivent être de l’ordre de 80/20, mais dans ce contexte olympique, plus dur à gérer psychologiquement, cela passait à 55/45 en ma faveur. Après ma défaite face au Japonais, nous avons déjeuné tous ensemble, avec les coachs, Philou (Gatien), le DTN… , ils ont réussi à me faire rire, à me destresser un peu. J’entame bien le match, je mets la pression et je réussis assez bien à jouer, à part sur un set. A partir de là, j’ai eu un peu de mal à gérer les fins de sets, mais je l'emporte et je suis très heureux ». Score final : 4-1 (11-2; 12-10; 9-11; 11-9; 11-8).
Pour Jacques Momessin, ces rencontres au sommet de l'Olympe « ne sont pas des matchs comme les autres. Il y a beau avoir une hiérarchie, il faut la mettre de côté sur ces matchs là.». Atitre personnel, en tant qu’entraîneur, Jacques Momessin retient « une expérience formidable, très riche d’enseignements ». En ce qui concerne Simon, il estime que « cette médaille confirme sa bonne saison... une saison qui donne l’impression qu’elle ne finit jamais puisque son programme est encore chargé d’ici la fin de l’année. Mais bon, c’est son job maintenant, il le sait. Il va falloir gérer et planifier son entrainement pour qu’il grandisse convenablement. Avec ces Jeux, Simon a découvert un environnement qu’il ne connaissait pas. A Rio, il aura 22 ans et il a cette échéance bien en tête». Mais les JOJ ne sont pas finis pour autant, la compétition par équipe reste à jouer, en duo avec Céline Pang : « J’ai très envie de faire une médaille avec elle et pour elle, qui a connu une saison si difficile du fait de ses blessures. Je pense beaucoup aux gars de l’équipe de France qui ne sont pas là. C’est aussi grâce à eux que j’ai obtenu cette médaille ».
Par ailleurs...
Battue par l'Italie 18-26, l'équipe de France féminine de basket-ball termine à la 10ème place du tournoi olympique, « à sa place », selon son etraîneur, Julien Egloff.
Au plongeon 3m, Fanny Buvet prend la 8ème place du concours.
En voile, Maxime Labat est actuellement 5ème, après une disqualification pour départ anticipé sur la première régate du jour et une deuxième place obtenue dans la seconde. Clidane Humeau est pour l'heure 10ème.


