Samedi 21 août : un jour de qualifications
Trajectoires croisées au tennis de table
Sous les yeux de Jean-Philippe Gatien, athlète modèle du CIO, et de sa famille, le tournoi de tennis de table de ces premiers JOJ a débuté ce samedi 21 août avec l’entrée en lice pour les Français de Simon Gauzy et Céline Pang. Film de la journée et réactions...

Simon Gauzy au service
Gauzy gazouille
Après un premier match gagné aisément face au Brésilien Jouti (3/0 : 15-13; 11-2; 11-4), Simon a enchainé avec intelligence : « Il fait un très bon premier match. Puis il a connu un petit coup de moins bien », relate Jacques Mommessin, l'entraîneur de l'équipe de France. « Il a cependant géré face au petit Hollandais qui l’a joué très intelligemment. Il est important de savoir gagner en jouant moins bien. On ne peut pas toujours bien jouer et c’est plutôt intéressant de connaître un bon petit coup de semonce comme celui-ci ». C’est au cours de cette rencontre contre le Batave Hageraats que Simon a perdu son seul set de la journée (3/1 : 11-9; 14-12; 5-11; 11-7).
Son troisième engagement, face à l’Ouzbek Holikov, Simon, déjà qualifié, l’a entamé avec la volonté de finir en tête de sa poule, un atout pour la suite de la compétition. Le match fut expédié (3/0 : 11-4; 11-1; 11-5), ouvrant sereinement la porte de la seconde phase à Simon. Son dernier match, Simon le jouait en fin d’après-midi face au Polonais Pulka. Intense mais maîtrisé, il est remporté 3-0 et permet à Simon de prendre la première place de la 2ème phase de qualification (4 groupes de 4 joueurs). Il lui suffira de remporter un seul de ses matches de dimanche pour pouvoir accéder aux quarts de finale.
Pour Jacques Mommessin, l'entraîneur de l'équipe de France : « Ce n'est pas une compétition facile. Simon n'a pas déployé aujourd'hui un niveau de jeu exceptionnel. Dans chaque match, il est l'homme à battre et dans des matches en trois sets gagnants, il faut être vigilant. J'ai confiance en lui : il a les armes techniques et la capacité, dans les moments serrés, à être très concentré et à joué juste. Il reste sur une victoire sur le Hongkongais qu'il affronte demain matin, c'est une référence positive. Mais ce soir je pense surtout à la récupération. On s'est levés tôt ce matin, on était pressés de venir jouer. Il a besoin de se reposer et demain il sera encore mieux à la table ». (source : FFT)

Céline Pang, attentive
Pang sur le bec
Céline Pang a connu une saison difficile, compliquée par les blessures. Troisième du ranking de sa poule, Céline ambitionnait de passer en deuxième phase de poule, soit dans les 16 premières du classement. Malheureusement, il n’en sera pas ainsi. Pourtant, la matinée semblait augurer une belle journée : « Ce matin, j’avais de belles sensations. Pas excellentes, mais pas mauvaises non plus. Mon premier match était très dur, j’affrontais la première de la poule, j’ai fait un bon match, j’ai poussé à la belle, mais ce n’est pas passé ».
Son deuxième match la mettait aux prises avec la n° 4. Une rencontre sans grand suspens remportée 3/0 (11-3, 11-9, 11-2) contre la Congolaise Mafuta Ivoso. « Elle n’est pas très bonne, ce n’était pas très intéressant », explique Céline. Le troisième match était décisif : « J’ai joué le dernier, contre une Moldave, Blignet, qui est une défenseuse. Comme je suis blessée, cela fait longtemps que je n’en avais pas joué à haut niveau ». Et Céline subit la loi de la Moldavie : 5-11; 7-11; 4-11.
« C’est décevant analyse son entraîneur Jacques Momessin. « C’est décevant. Ce match opposait deux styles de jeu. La Moldave est une défenseuse en mesure d’attaquer de manière très correcte, tandis que Céline a un jeu plus offensif. Mais Céline a manqué d’agressivité en début de match, elle a été trop timide sur l’entame et elle a manqué de variations. Cela a mis la Moldave en confiance. Céline ne sera pas dans les 16 premières. Il faut maintenant essayer de faire une bonne deuxième partie de tournoi et profiter pour prendre de l’expérience. Après, il faudra se remettre à l’entraînement pour rattraper ce que les blessures ont fait perdre. Je reste tout de même très satisfait de ce qu’elle a montré contre la Coréenne. Le potentiel est là, à elle d’en prendre conscience ».
Lors de son dernier match de la journée, Céline s'est défaite de la Guyanaise Roshevuel 3 sets à 0 (11-5; 11-4; 11-6). Elle est donc toujours en course pour finir 17ème.
Le canoë-kayak se chauffe

Guillaune Bernis en pleine action
Eliminés lors du dernier repêchage, nos deux kayakistes Guillaume Bernis et Manon Hostens ne sont pas des spécialistes de la course en ligne. Ils ont cependant bien défendu leurs chances lors de cette épreuve originale disputée dans la Marina Bay. Retour sur une journée éprouvante…
« C’est une vraie journée olympique. Quand on doit enchaîner quatre courses dans une journée, il faut avoir de l’endurance, il faut travailler le foncier » explique Marie-Françoise Prigent, l’entraîneur du canoë-kayak. Cette « dure et longue journée » a débuté à 5h30 du matin et s’est terminée à 18h23 après 4 courses chacun qui les mène à la 15ème place tous les deux.
Manon en particulier avoue avoir eu du mal. Sous le regard du président de son club, Jean-Marie Bouillère, venu spécialement représenter l’Aquitaine à Singapour, Manon a connu quelques difficultés : « Ce matin, j’ai eu du mal. Ils ne font pas les départs comme d’habitude. Le ready lance le go. Il n’y a pas de temps pour ponctuer entre les deux. Du coup, j’ai été un peu surprise et après, je n’ai pas été dans la course. Dans la deuxième course, j’ai amélioré mon temps d’une seconde en voulant anticiper un peu le départ, mais j’ai quand même dû aller aux repêchages ».
Ceux-ci ne se sont pas bien passés, ni pour Manon, ni pour Guillaume : « Manon échoue sur la Chinoise Huang, mais elle a tout donné et elle est contente. » Explique Marie-France. « Elle est jeune, elle est très jeune, 16 ans, donc elle a plein d’avenir. Guillaume tombe contre l’Allemand Liebscher qui a des chances de médaille. » Pas de regret donc. D’ailleurs Manon ne semble pas abattue : « Au dernier virage, je sors un peu large, je ne peux pas faire autrement. Mais je suis content de ma course quand même. Je me suis sentie bien. Là il y a un peu plus de vent que ce matin, donc les chronos ne sont plus comparables. Je suis déçue du résultat, mais contente de ma course au final. ». Même son de cloche du côté de Guillaume : « Pour la dernière course, j’étais un peu cuit. J’ai vraiment tout donné, mais la concurrence est très forte et ce n’est vraiment pas ma spécialité. J’ai eu du mal à gérer ces virages ».

Manon Hostens
Une compétition originale, des sélections différentes selon les pays.
De fait, les courses disputées aux JOJ ne sont pas communes. « Ce format unique n’existe que pour les JOJ. Aujourd’hui, c’est une épreuve de sprint course en ligne qui se court sur 450m en huit et pas sur 500m en ligne droite comme d’ordinaire. Cette épreuve sera complétée par un slalom en duel avec départ sur toboggan », explique Marie-France Prigent.
Ce programme original a amené des stratégies différentes selon les nations : « Certains pays ont joué le jeu des spécialités pour prendre des médailles, en amenant soit des spécialistes de course en ligne, soit des spécialistes de bateaux manouvrier, de slalom. Nous avons préféré joué le jeu de deux épreuves, sans spécialistes, dans l’esprit des JOJ. Nous avons fait le choix de faire des sélections et de prendre les meilleurs sur les deux épreuves associées. Guillaume et Manon ne sont pas des spécialistes de course en ligne, du sprint, plutôt de descente et un peu de slalom. On savait donc qu’aujourd’hui ce serait très dur, mais ils ont joué le jeu à bloc. »

Marie-Françoise Prigent devant la Marina
Une grande aventure olympique
Quoi qu’il en soit, et quel que soit le résultat de mardi, l’expérience est d’ores et déjà concluante.
Un vrai bonheur, y compris pour l’entraîneur qui y retrouve l'esprit olympique : « Je trouve ces épreuves super, un seul bateau, monotype, c’est bien. Les Tchèques, les Espagnols, les athlètes de Sao Tomé et Principe ont utilisé le même bateau que nous, les groupes d’entraînement étaient mélangés aussi. Cela pose quelques difficultés aux petites nations qui ont du mal à utiliser des bateaux un peu perfectionnés, mais nous leur avons prodigué nos conseils. Le fait d’avoir même bateau, de connaître des soucis de réglages, de partager le même parc à bateaux, nous a vraiment permis d’échanger, de donner des conseils, de partager, c’est un bon esprit olympique. Il y avait 42 pays représentés, 100% des sélectionnés étaient présents, sachant que certains ont trois bateaux. Il n’y a pas eu de désistement, c’est rare. »
Rare également, l’environnement de la compétition : « le site est superbe. Pas du tout sauvage, certes, mais doté d’une vue sur le côté le plus magnifique de la ville avec la Marina, la tour bateau, la grande roue… c’est formidable. C’est une grande aventure pour les jeunes, mais pour moi aussi, c’est les JO mais en mieux, avec les activités culturelles, un stress moindre et le choix de ne pas tout miser sur les compétitions ». Vivent les JOJ donc !
Boxe, pentathlon, basket-ball...
L'équipe de France de ces premiers JOJ était concernée par plusieurs autres événements durant cette journée du 21 août.

Tony Yoka, après son combat face à l'Ukrainien Skoryi
En boxe, Tony Yoka (+91kg) s'est facilement qualifié pour sa demi-finale qui aura lieu demain, dimanche. Face à l'Ukrainien Skoryi (UKR), Tony n'a pas fait dans le détail (9-1 c. arrêt de l'arbitre à la 2ème reprise).
Sans doute motivé par la présence de Jackson Richardson dans les tribunes (à moins que cela ne soit celle des filles du taekwondo...), Tony, qui a commencé la boxe a 6 ans, a débuté sur deux points marqués en moins de 10 secondes. "J'ai décidé de démarrer fort et de mettre beaucoup de pression d'entrée" confirme-t-il. Un plan parfaitement accompli. Menant 6-0 à la fin du premier round, Mehdi provoquait un premier compte (8-0), puis un seconde à la suite d'un enchainement de toute beauté qui faisait chanceler son adversaire. Deux comptes dans le même round, l'arbitre arrêtait le combat.
Tony était confiant face à cet adversaire qu'il avait battu il y a près de trois mois aux championnats d'Europe. Au risque d'un abus de confiance que craignait son entraineur, Medhi Nichane . Cet écueil est toujours possible en demi-finale puisque Tony affrontera un Moldave qu'il a récemment battu en 8ème de finale aux championnats du monde : "Il est moins fort que l'Ukrainien, mais il faut rester vigilant, un combat est différent à chaque fois et le Moldave peut toujours être dangereux et me surprendre".
Réaction de Mehdi Nichane (entraîneur) : "Le premier combat est primordial dans une entrée en compétition. C'est toujours le plus important, celui qui donne le ton.Il fallait simposer d'entrée, prendre le centre du ring et imposer son allonge. Tony a globalement proposé une bonne variété au niveau de ses combinaisons, même si ce n'était pas encore parfait. Nous allons prendre combat après combat, mais après le bronze européen et l'argent mondial, notre ambition affichée est d'aler au bout et d'accrocher l'or.

Nos trois sprinteurs tricolores sont mal en point
En athlétisme, Nicolas Boromé s'est blessé lors de sa finale du 110m haies. Claqué à la cuisse droite, il n'a pu finir sa course. Avec Ken Romain, forfait sur 100m, Guy Anouman, gêné à la cuisse et incertain pour sa finale B du 200m de dimanche, le sprint masculin français de ces JOJ fait grise mine.
En pentathlon moderne, après être un peu passée à côté de l'épreuve d'escrime (14ème - 720 pts), Manon Carpentier s'est légèrement refaite lors de l'épreuve de natation (11ème -1068 pts), mais n'a pas pu rééditer dans l'épreuve combinée tir/course (14ème - 1792 pts). Au terme de cette journée, la Bordelaise, entraînée par Didier Boube - qui est également le coach de cette équipe de France - termine 15ème du général, avec 3580 points. Demain, dimanche 22 avril, ce sera au tour de Valentin Prades de faire son entrée dans l'histoire olympique. Mardi enfin, se déroulera une épreuve mixte originale.
En basket-ball, les filles coachées par Julien Egloff disputaient leur premier match de classement 9/16ème place face à la République Tchèque. Remobilisées, elles se sont imposées 16 à 9 dans l'arène surchauffée du *Space.
Enfin, en voile, les régates n'ont pas pu avoir lieu du fait de conditions météorologiques difficiles. Il s'agit du second report depuis le déut de la compétition pour Clidane Humeau et Maxime Labat.


