Dimanche 15 août: Du bronze pour débuter les JOJ
Une première médaille obtenue en équipe
Et d’une ! Dans la foulée des magnifiques performances de l’équipe de France de natation senior lors du championnat d’Europe de Budapest, les jeunes Olympiens français Anna Santamans, Mathilde Cini, Mehdy Metella, et Jordan Coelho, ont donné le relais à la délégation française de ces JOJ en ramenant la première médaille : du bronze sur 4x100m nage libre mixte.
Cette épreuve, une nouveauté dans le programme olympique mêlait nageurs et nageuses du même pays dans des formules libres, laissées à l’appréciation des entraîneurs. Aux cours des qualifications, ceux-ci ont appliqué des stratégies différentes (alternance garçon/fille; un garçon, puis deux filles et au autre garçon pour finir...), donnant ainsi la possibilité aux femmes de se confronter à des hommes. « Nous n’avons pas l’habitude de courir avec et contre des hommes. C’est très bon quand vous voyez que vous pouvez battre des hommes » a témoigné Anna Santamans après la course.
Celle-ci a été débutée par Mehdy Metella, sous les yeux de sa maman. Après un deuxième 50m superbe tout en puissance, Mehdy donnait le relais en seconde position à Mathilde Cini. Le frère de Malia, médaillée d’argent aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004 sur 50m nage libre, a exprimé par la suite « l’émotion forte ressentie dans la nage. Je pensais à elle, aux émotions ressenties à l’époque, devant la télévision et cela m’a transcendé. C’était sublime ».

Le relais 4x100 mixte
Après le relais de Mathilde Cini et d’Anna Santamans, la France pointait en cinquième place, à la lutte avec trois autres relais pour la médaille de bronze. Devant, en effet, la Chine et l’Australie étaient détachées et arriveront dans cet ordre. Le dernier relais, assuré par Jordan Coelho, a été de toute beauté. Jordan, étincelant, réglait ses adversaires avec une facilité apparente et offrait sa première médaille à la France.
Une première prometteuse, tant les garçons comme les filles ont semblé disposer de ressources. Mehdy Metella, faisant référence à la médaille d’argent de sa sœur exprimait ainsi son vœu de faire mieux encore : « Je suis ravi d’avoir fait ce relais et je vais tout faire pour monter sur la première marche du podium et ramener l’or ».
Ces perspectives dorées, Marie Jugnet (qualifiée pour la finale en 100m dos), Thomas Rabeisen (en finale du 100m brasse) sont les prochains à pouvoir y prétendre, dès demain lundi. Egalement engagé ce jour, Ganesh Pedurand a échoué à la porte de la finale du 400m nage libre, terminant neuvième des séries. Une performance qui ne le déçoit guère : « ce n’est pas ma spécialité, ce n’est pas trop grave et devant, ça nage vite, très vite, donc pas de regret. Demain, avec le 200m 4 nages, j’espère pouvoir réaliser quelque chose ».
Ces jeunes qui, a minima, se connaissent depuis 3 ou 4 ans (Mehdy et Ganesh se côtoient même depuis qu’ils ont 8 ans) forment une équipe soudée, agréable à voir évoluer et passionnante à suivre dans l’eau… la relève est déjà là.

Noémie Kober se qualifie pour la finale
En aviron, William Choppy et Benoît Demey (Deux sans barreur), et Noémie Kober (Skiff) ont obtenu leur ticket pour les demi-finales. Les premiers ont pris la troisième place de leur série en 3'16"92 (1'34"87 au premiers 500m). Quant à Noémie, elle a dominé ses adversaires du jour et s'est imposée en 3'50"09 (1'51"42 aux premiers 500m), reléguant à plus de 6 secondes sa dauphine du jour. Cette performance leur permet à tous les trois d'éviter le session de repêchage, prévue lundi 16 août et de bénéficier ainsi d'un jour de repos supplémentaire, les demies se déroulant mardi 17.
A noter par ailleurs que la Japonaise Yuka Sato restera dans l'Histoire olympique comme étant la première médaillée d'or des Jeux Olympiques de la Jeunesse, après sa victoire sur le triathlon inaugural.
Escrime : Zatko était si proche

Arthur Zatko termine 5ème du tournoi de sabre
Arthur Zatko y était presque. Malgré quelques points perdus au classement lors de la phase préliminaire du tournoi de sabre, au cours de laquelle il avait remporté 4 de ses 6 combats en cinq touches, Arthur avait fait le plein de confiance. Il avait notamment battu le champion du monde en titre, l’Allemand Richard Hubers, futur médaillé de bronze.
Malgré ses deux défaites face aux concurrents roumain et biélorusse, Arthur, parti 8ème du classement initial, sortait 4ème à l’issue des poules.
Un match de huitième de finales abordable l’attendait alors face au Nigérian Kondo, qu’il avait déjà battu en poule. Ce « match de chauffe » pour reprendre Franck Berthier, son entraineur, Arthur le remportait aisément, 15 touches à 4, le huitième le plus rapide du tournoi. La suite s’avéra cependant moins réjouissante.
En quart de finales, Arthur Zatko rencontrait un Coréen, Song, relativement méconnu : « Les Coréens ne sortent jamais » explique Franck Berthier. De surcroît, « ils ont un jeu que nous n’avons pas l’habitude de pratiquer », et qui fut fatal. « Arthur n’a pas tiré sur ce match, il n’a pas su éclaircir le jeu. Au lieu de jouer sur sa technicité, il a voulu jouer sur sa vitesse, mais le Coréen est aussi rapide que lui. Le jeu d’Arthur n’était pas assez aéré, il n’a pas su utiliser la longueur ». Une erreur de jeunesse, une impatience ? « Je mets ça sur le compte de la pression de l’événement, mais Arthur peut avoir des regrets ».
Quatrième Européen, Arthur pourra toujours tenter d’accrocher une médaille dans le tournoi par équipes continentales. Cette formule, innovante, « part d’un bon sentiment » explique Franck Berthier (qui aurait cependant préféré qu’un pays représente un continent) et permettra peut-être à Arthur de se consoler de cette élimination.
Basket-ball : « Bienvenue aux Jeux ! »

Onayssa Sbahi en pleine action
« Bienvenue aux Jeux ! », tel fut le commentaire laconique de Julien Egloff après la défaite 26 à 11 de l’équipe de France pour son premier match face à l’Italie.
Dépassée dans le jeu par des transalpines particulièrement agressives sur la balle, les Bleues, trop approximatives, dans les passes comme dans les dribbles, ont été étouffées par des Italiennes créatives et rapides, un atout essentiel dans ce format de compétition à 3 contre 3.
Evidemment, la tâche était difficile. Les Italiennes, menées par les jumelles Dotto, viennent tout juste d’être sacrées championnes d’Europe. En face, nos jeunes Olympiennes, qui n’ont visiblement pas encore acquis les réflexes du 3*3, était par ailleurs handicapées par les blessures (élongations) de deux joueuses, Onayssa Sbahi et Justine Barthélémy. Cette dernière en particulier était encore incapable de courir il y a deux jours selon les dires du kiné de la délégation, Yves Lelièvre.
Les deux premiers points du match étaient pourtant à porter au bénéfice des Françaises, après une pénétration de Lou Mataly. Celle-ci enchainait toutefois immédiatement par une faute, sanctionnée par deux lancers francs (un réussi) suivis d’une interception et d’un trois points. De fait, contrairement aux Françaises, les Italiennes montraient une adresse redoutable.
Peu à peu, le trou se faisait. Menées 14 à 4 à la mi-temps (5 minutes), les Françaises perdaient patience. Après quelques secondes de jeu dans la seconde partie du match, Mataly, trop souvent sifflée par les arbitres retournait sur le banc et était remplacée par Barthélémy. Le jeu français se stabilisait quelque peu de par sa présence défensive, mais la frustration restait perceptible et l’écart était irrémédiable.
Dans l’enceinte extérieure du *Space, couverte pour l’occasion, et dans une ambiance musicale tonitruante, la France s’inclinait finalement 26 à 11. Le tournoi n’en est cependant qu’à ses débuts. Les Françaises disputeront en effet trois autres rencontres cette semaine, face au Japon, à l’Australie et au Chili. Allez les filles !
Badminton : l’espoir subsiste

Lucas peut encore y croire
Léa Palermo et Lucas Claerbout ont entamé, ce dimanche 15 août à 9h00, leur tournoi de badminton olympique. Inscrits sur la première session, les jeunes Français ne sont pas parvenus à remporter leur premier match de la compétition. Respectivement confrontés aux têtes de série n°8 (Milne, GBR) et n°4 (Haseena Sunik Kamar, IND) du tableau olympique de leur catégorie, Léa et Lucas ont tous deux perdu en 2 sets (11/21 et 18/21 pour Léa, 15/21 et 14/21 pour Lucas).
A la sortie de cette première rencontre, Léa ne cachait pas sa frustration : « Je suis très déçue, je n’ai pas bien joué et cela compromet vraiment les chances pour la suite. J’ai eu du mal à rentrer dans ce match et je suis passée à côté du premier set. Je me suis reprise sur le second, mais le réveil a été trop tardif ». Quant à Lucas, « son match a été serré, il a vraiment bien joué, mais l’Indien est très solide. C’est dur pour Lucas, il méritait mieux ».
Cette entrée en matière les met en effet dans une position difficile : obligés pour espérer atteindre les quarts de remporter leurs deux matchs suivants, avec l’espoir que leur premier adversaire connaisse la défaite. Et le challenge est d’ores et déjà engagé. En fin d’après-midi, Léa a ainsi remporté son match face à l'Autrichienne Mathis (21/19, 21/12) et Lucas a facilement défait (21/12, 21/8) le joueur Laotien keophiachan. « Ça s’est très bien passé » a déclaré Cyril Gombrowicz, leur entraineur, « les adversaires étaient un peu moins bon, mais ils ont très bien joué ». Un hic cependant, les deux premiers adversaires du jour ont doublé la mise en remportant leur deuxième match. Reste donc à espérer un faux pas de leur part demain et un nouveau succès pour Léa et Lucas.
Taekwondo : Hajer, une défaite pour grandir

Hajer Mustapha lors de son quart de finale face à la turque Tuncer
En taekwondo, la déception fut grande et les larmes nombreuses. Pas celles d’Hajer Mustapha, non. Pas en public du moins, car les championnes ont leur fierté.
La tristesse la plus marquée fut celle de Samantha Silvestri et de Faïza Taoussara, coéquipières de la jeune taekwondoiste, battue en quarts de finale par la Turque Tuncer, 4-2.
Le combat fut serré jusqu’au bout, mais Hajer a toujours dû courir après la marque face à cette Turque qui, en tour préliminaire, l’avait emporté 11-0 face à l’Iranienne Shir Jahani. Après avoir inscrit son premier point à 12 secondes de la fin de la première manche, Tuncer était rejointe en début de la deuxième manche avant de rééditer une marque à quelques secondes de la fin. La dernière partie du combat fut cependant à l’avantage de la Turque qui reprit l’ascendant définitif au score à 45s. du terme. Hajer ne parvenait pas par la suite à retoucher le plastron, ni à attaquer le casque.
Hajer, qui pratique le taekwondo depuis 8 ans et connait des rendez-vous internationaux depuis 1 an et demi, était profondément marquée. « Elle n’avait pas confiance », explique Mehdi Bensafi, l’entraineur de l’équipe de France, « et dans ces cas là, on a tendance à agrandir la distance d’attaque. Du coup, elle a pas mal tapé dans le vide sans la faire sortir et elle a connu des problèmes de repositionnement. L’autre a joué sur sa technique. Pour être efficace en attaque, il faut être proche, raccourcir ».
Hajer et Mehdi avait pourtant disséqué les vidéos de l’adversaire, mais, comme l’exprime tristement Hajer : « je n’ai pas fait ce que je voulais faire ». De là ressort une énorme déception pour Hajer et de la frustration pour Mehdi qui évoque une année de préparation de ce rendez-vous et de nombreux sacrifices, entre autres de vacances, pour la petite Rhodanienne. S’il est trop tôt pour appréhender les acquis de cette année d’investissements, gageons qu’ils lui auront permis de progresser pour mieux appréhender l’avenir sportif à l’appui de cette expérience et de franchir un cap. Celui de l’Olympisme est déjà franchi. Hajer Mustapha est une Olympienne, à jamais.



