Obozil/Taoussara, quand le triathlon croise le taekwondo

A 17 ans, Jérémy Obozil, triathlète originaire de Saône et Loire, licencié depuis seulement trois ans au club d'Autun, va vivre avec les JOJ sa première compétition mondiale. Celle-ci représente l'achèvement d'une saison fabuleuse : champion de France cadets d'aquathlon, 3e aux championnats de France de triathlon... et une qualification olympique acquise à Mar Menor (Espagne) grâce à sa victoire dans la course européenne décisive à laquelle il participait avec cinq autres jeunes triathlètes français.

Faïza Taoussara, taekwondoiste issue du quartier du Val de Croze à Montpellier, est déjà une habituée des podiums continentaux et internationaux, y compris chez les seniors. A 17 ans, elle vient par ailleurs d'obtenir son baccalauréat technologique sciences et technologies de la gestion avec mention. Charme, puissance et intelligence donc, pour un espoir de la discipline promis à un grand avenir, d'ores et déjà olympique.
Deux parcours, deux disciplines aux antipodes et une rencontre inédite...
Comment avez-vous découvert votre discipline ?
Jérémy Obozil : J’étais nageur à l’origine. Je pratiquais cependant la course à pied et le cyclisme, en particulier du VTT, en parallèle, pour le plaisir. Et j’ai découvert que mon club faisait du triathlon. J’ai essayé et j’y ai pris goût. J’ai décidé de prendre une licence et de m’investir dans ce sport.
Faïza Taoussara : Je viens d’un quartier, Val de Croze à Montpellier, où le taekwondo était la seule activité réellement proposée. En gros, 90% des jeunes de ce quartier faisaient du taekwondo. J’ai suivi mon frère, et je suis resté dedans, ça fait maintenant 10 ans.
Que représente pour vous cette participation à la 1ère édition des JOJ ?
JO : C’est un grand plaisir, une immense joie. J’ai participé à ma première compétition européenne pour me qualifier à ces JOJ, à… En Espagne. Il fallait terminer dans les neuf premiers et j’ai gagné la course. En plus d’être ma première compétition multisports, ces JOJ sont donc ma première compétition internationale.
FT : C’est un honneur. On est les premiers à ouvrir cette compétition. Si on arrive à faire quelque chose, on se souviendra de nous, on entrera dans les annales. Pour ma part, j’ai déjà connu des expériences internationales. Outre ma qualification obtenue en tournoi à Mexico [Faiza avait remporté le tournoi], j’ai déjà fait des championnats d’Europe, du monde, des Open avec les seniors.

Quels sont vos objectifs sportifs pour ces JOJ ?
JO : Le podium. Je connais un peu mes adversaires, j’ai regardé leurs résultats, ils sont à peu près de mon niveau. Il y a un Tchèque avec lequel je m’étais battu jusqu’à l’arrivée lors de la course qualificative en Espagne et que j’ai également rencontré le mois dernier sur une Coupe d’Europe. Il y aussi un Sud-africain qui a un niveau intéressant, mais après, il peut y avoir des surprises et mon ambition c’est déjà d’atteindre le podium.
FT : Le titre uniquement. J’y vais pour la médaille d’or, pas pour faire deuxième ou troisième, ça ne sert à rien. Je pars sur ces JOJ pour être première, championne olympique. On travaille pour ça toute l’année. J’ai envie de dire, quand on en a la possibilité, pourquoi se contenter d’une deuxième place ? Je connais un peu mes adversaires, j’en ai notamment rencontré cinq en tournoi de qualifications. Les plus dangereuses viennent de Chine, du Mexique, des USA, de Russie. Je me sens bien, je sais que j’ai les moyens, après, on verra le jour J… si on se donne les moyens, on peut.
Dans l’équipe, nous avons toutes l’ambition de l’or. On s’entraine pour ça, on a un objectif commun, on se le répète sans arrêt les unes aux autres.
La suite, au-delà des JOJ, vous la voyez comment ?
JO : Il y a beaucoup de travail à faire pour continuer à m’améliorer. Le niveau international est très élevé, ça court très vite. C’est pour ça que j’ai intégré le CREPS de Boulouris. C’est un pôle triathlon, je vais me mettre à fond dedans.
FT : Je vais continuer en pôle à Aix. Je passe en senior l’année prochaine, je vais essayer de continuer sur la lancée de mes performances en junior pour tenter de percer et prétendre à l’INSEP dans deux ans, puis aux Jeux Olympiques… pour 2016 j’espère, 2012 étant un peu proche.

Connaissez-vous la discipline de l’autre et quelle image en avez-vous ?
FT : Je connais un peu le triathlon, par les JO notamment, et je trouve que c'est un sport difficile. Déjà, courir je n’aime pas, nager, je n’aime pas, faire du vélo, je n’aime pas, alors faire les trois… mais bon, chacun son truc. Je trouve que c’est difficile et personnellement
JO : Je n’ai jamais vraiment regardé. C’est un sport qui a l’air assez technique. Je pense que c’est plutôt difficile de faire preuve de résistance tout en gardant la technicité.
Jérémy, pour finir, tu seras le seul triathlète de la délégation, tu pars sans coach, cela ne te fait pas un peu peur ?
Je serai effectivement le seul triathlète français aux JOJ. Ca peut être un peu plus compliqué, notamment pour la logistique, les transports, mais je compte sur le staff du CNOSF et sur mon père qui va être là-bas pour me voir. Pour la compétition en elle-même, cela ne m’inquiète pas, je sais ce que j’ai à faire et comment me préparer.


