Alexia Sedykh sur les traces de ses parents

Alexia Sedykh représentera la France dans l’épreuve du lancer de marteau aux JOJ de Singapour. Née à Paris en 1993, elle est la fille de deux légendes des concours de lancers, deux champions olympiques, toujours détenteurs des records du monde de leur spécialité : Yuriy Sedykh (marteau) et Natalya Lisovskaya (poids). 20 ans après ses parents qui brillèrent sous l’ère soviétique, la jeune athlète francilienne arrivera dans la ville-état du sud-est asiatique avec le statut de N°1 européenne de sa catégorie d’âge. Rencontre.

Le lancer record de Yuriy Sedykh à Stuttgart en août 1986
Alexia Sedykh a de qui tenir. Sous le maillot de l’URSS, Son père Yuriy (Ukrainien né à Kiev) a régné sur le lancer de marteau pendant près de 20 ans, devenant double champion olympique (1976, 1980), champion du monde (1991), triple champion d’Europe (1978, 1982, 1986) et recordman du monde avec une marque qui figure encore aujourd’hui au sommet des tablettes (86,74m aux championnats d’Europe à Stuttgart, le 30 août 1986). Sa mère, Natalia Lisovskaya est elle aussi toujours détentrice du record du monde de sa spécialité, le lancer du poids (22,63m à Moscou le 7 juin 1987), championne olympique (1988) et du monde (1987).

La famille Sedykh a débarqué à Paris en 1993. « Mon père a été invité à participer à des compétitions pour un club francilien, et c’est là que je suis née. Nous sommes partis à Moscou où je suis allée à l’école jusqu’au CE2, puis nous sommes revenus en région parisienne. Maintenant, mes parents y travaillent (Yuriy est professeur de sport au pôle universitaire Léonard de Vinci à La Défense) et la France est ma patrie » raconte-t-elle. C’est drapée en tricolore, au son de La Marseillaise, qu’elle a fêté sa victoire dans le tournoi européen, qualificatif pour les JOJ de Singapour disputé à… Moscou, le 23 mai dernier.
Entraînée par ses parents

Alexia n’était pas forcément prédisposée à marcher sur les traces de ses illustres géniteurs, puisqu’elle a tout d’abord pratiqué le tennis à un bon niveau, participant même à quelques tournois d’enfants. Elle n’a été rattrapée par son hérédité qu’à treize ans. « A un moment, nous avons déménagé pour nous installer à Conflans dans les Yvelines. J’ai décidé d’essayer l’athlétisme, pour le plaisir. J’ai d’abord tenté le lancer du poids, mais je n’ai rien réussi de bon. Puis j’ai pris le marteau et ça m’a tout de suite plu. Ca m’a semblé naturel. J’ai fait cette découverte toute seule, mon père ne m’a pas mis la moindre pression. Je pense que j’ai ce talent dans mes gênes ».
Alexia est entraînée par ses deux parents. « Mon père est comme tous les autres coaches. Dès fois, il me félicite, des fois c’est le contraire. Ma mère s’est également impliquée au fil des années, et a de mieux en mieux compris ce qu’est le lancer du marteau ». Pour autant, « Je suis fière de ce qu’ils ont réalisé, mais je suis mon propre chemin, et c’est une autre époque ».
Un record à 62,17m

Aujourd’hui âgée de 16 ans (elle fêtera ses 17 ans le 13 septembre prochain), Alexia Sedykh est la N°1 européenne de sa catégorie d’âge. Cette saison, elle a réussi à lancer à plus de 60m dans des circonstances particulières : « J’ai participé aux sélections pour les championnats du monde juniors, j’ai donc lancé avec eux et je les ai battus en réussissant 62,17m ».
Bien évidemment, ces Mondiaux se sont déroulés fin juillet à Moncton (Canada) sans elle. Son été sera ponctué par un autre évènement, avec le maillot « France » sur les épaules. Un évènement Olympique. « C’est important ! Je suis très heureuse d’avoir été sélectionnée pour ces JOJ, ce seront mes premiers pas dans cet univers, ma première sélection internationale à ce niveau. Je serai confrontée aux meilleures mondiales. Je ferai ce dont je suis capable et on verra. Les Chinoises, les Américaines sont très fortes aussi ».
Et après ? « On verra bien ». L’année prochaine, Alexia Sedykh sera en terminale S, et elle ne trace pas de plans sur la comète. Mais elle fait toutefois ses comptes. « Au moment des Jeux de Londres, je n’aurai que 18 ans. Je regarde plutôt vers ceux de Rio en 2016. A 22 ans, je serai proche de la maturité ».


