La flamme des premiers JOJ à Berlin !
Berlin a accueilli, le samedi 24 juillet 2010, le passage de la flamme des premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), qui se dérouleront du 14 au 26 août 2010 à Singapour. Malgré le temps, la capitale allemande s’est montrée particulièrement chaleureuse. Les festivités, rythmées par le show de danseurs et chanteurs singapouriens ont donné un avant goût de ce que sera cet événement. Parmi les 20 porteurs de la flamme, âgés de 14 à 18 ans, Lucas Claerbout, 17 ans, qualifié pour les JOJ en badminton, représentait la France. Nous l’avons suivi durant cette journée pas comme les autres.

8h45, départ de l’hôtel sous une pluie fine pour Lucas et les autres délégations, direction la célèbre porte de Brandebourg, pour une répétition du passage de la flamme. C’est en effet sous ce monument chargé d’Histoire, coiffé de l’imposant char qui illustre l’affiche des JO de Berlin 1936, que la capitale allemande s’apprête à accueillir la flamme olympique des premiers JOJ. La veille, c'est d'ailleurs la vasque de ces de 1936 que les porteurs de la flamme ont pu admirer dans le magnifique Olympiastadion de Berlin.

Une fois la tenue officielle enfilée, les consignes enregistrées, l’entraînement du passage de la flamme, ou plutôt du parapluie, peut commencer. Petite désillusion pour le jeune Talençais : « Je m’attendais à défiler une centaine de mètres dans la rue avec la flamme, mais nous ne ferons que quelques pas sur un podium », glisse-t-il tout sourire. Le relais, assuré par 23 athlètes venus de 14 pays européens participants aux JOJ, est de fait prévu sur une piste d’une trentaine de mètres…

Celle-ci mène cependant à une grande scène, véritable plateau TV en plein air animé par deux stars de la télévision allemande. Cernée de deux écrans géants, la scène accueille, en son centre, la vasque destinée à être allumée par les derniers relayeurs. Elle est dominée par une tribune officielle – dans laquelle se trouve notamment Isabelle Génard, membre du Conseil d’administration du CNOSF, mais aussi les membres du CIO Patrick Hickey (également président des Comités Olympiques Européens) et Gunilla Lundberg, par ailleurs secrétaire générale de l'Association des CNO – et ouvre sur l’esplanade Unter den Liden transformée en véritable place du sport. Démonstrations (Lacrosse, basket-ball, tir à l’arc, tyroliennes…) et initiations pour les jeunes sont au programme.

Thomas Bach, Tan Eng Liang, Lyo et Merly
Les derniers réglages achevés, la cérémonie officielle, retransmise en direct, démarre. Thomas Bach, vice-président du Comité International Olympique et président du CNO allemand et de Tan Eng Liang, vice-président du CNO de Singapour, franchissent les premiers la porte de Brandebourg, en compagnie des deux mascottes officielles Lyo et Merly. Un mot d’accueil de Thomas Bach, puis des films présentent au nombreux public le concept des JOJ et le parcours de la flamme depuis son allumage, la veille à Olympie, jusqu’à Singapour (étapes à Dakar, Mexico, Auckland et Séoul).
Mais en coulisse, Lucas attend avec impatience l’arrivée, prévue à 13h30, de la torche… pour de vrai cette fois. A l’heure du déjeuner, il n’a pas faim. Est-ce le stress qui lui coupe l’appétit ? « Pas du tout », se presse-t-il de répondre, mais ses yeux bleus trahissent « l’excitation et le plaisir de vivre un moment unique ».

En compagnie de Lucas Claerbout et de Dirk Nowtzki
Derniers échanges avec le relayeur luxembourgeois, et terminé le bavardage pour laisser place à la concentration. Alignement et « go ! »… Le relais de la flamme olympique se lance sur le tempo de la musique qui rythme le défilé.
Les drapeaux des pays européens et de l’UE participant à ces premiers JOJ ouvrent, portés par les athlètes de la délégation allemande aux JOJ et par deux guest stars, le basketteur Dirk Nowitski, pivot de l'équipe NBA des Dallas Maverick et le quadruple champion olympique de bobsleigh, Andre Lange.

Enfin, les relayeurs ! Et d’abord l’Albanie. Un court instant on croit assister à un défilé de mode, le pas lent, les visages figés et le geste juste. Un passage réussit pour le Français qui reçoit le flambeau des mains du Finlandais Heikki Niva, gymnaste, et le transmet au jeune relayeur irlandais. Pas de faux départ pour Lucas, qui déclare avoir vécu : « Un court mais grand moment. Quand nous avons reçu le feu vert pour partir et que l’on a la torche entre les mains, bien serrée, c’est tout simplement extraordinaire ».

Le relais terminé, un cercle orange, se forme autour de la vasque, allumée par trois jeunes athlètes allemands, dont un handisport.
« Ex-Tra-Or-Di-N’aire », voilà qui en dit en long sur l’émotion ressentie et partagée avec les spectateurs et ses coéquipiers. « C’est un rêve d’enfant qui se concrétise pour moi. A partir de maintenant, je me sens vraiment concerné par l’évènement et je pense déjà à la cérémonie d’ouverture. Défiler derrière le drapeau français porté par Sokhna Gallé, ça va être grandiose… », confie-t-il émerveillé.
Bientôt Lucas. Très bientôt. En attendant, les regards se tournent vers cette flamme qui illumine la porte de Brandebourg et le visage de tous ces jeunes de rêves Olympique….

Le premier ministre sénégalais Mr. Soulayeman Ndene Ndiaye et le porteur de la flamme Daouda Diagne
Depuis cette étape allemande, la flamme est arrivée à Dakar, au Sénégal, pour l'escale africaine du parcours.
J’ai pour ma part posé mon sac rose au Kenya, à Nairobi, pour couvrir les championnats d’Afrique d’athlétisme. Cette flamme, que je quitte en Europe, je vais donc en quelque sorte la suivre en Afrique, pour finalement la retrouver en Asie, à Singapour. Une ultime rencontre qui se fera dans la célébration du sport et de l’Olympisme.
Elodie Guegan


