Comité national olympique et sportif français

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Sokhna Gallé, porte-drapeau… et porteuse d'espoirs

 

A 16 ans, Sokhna Gallé (prononcez « Sorna Gallé ») va connaître avec les Jeux Olympiques de la Jeunesse sa première compétition internationale multisports. Une découverte qu’elle effectuera avec un statut particulier, celui de porte-drapeau, une juste récompense pour une jeune athlète en avance, dans ses performances comme dans sa scolarité. Découverte d’une perle bondissante.


Sokhna Gallé sous les couleurs de son club de Dreux

Licenciée au Dreux ACA, Sokhna Gallé ne cesse de surprendre. En longueur comme au triple saut, la jeune Chartraine réalise des performances exceptionnelles et pleines d’espoir pour l’avenir.
A Bercy, en février, lors des championnats de France en salle élite, Sokhna bat le record de France de sa catégorie en triple-saut… et monte sur la troisième marche du podium ! Avec une mesure à 13,27 m, près de 50 cm de plus que son précédent record, cette cadette première année réalise même la meilleure performance mondiale de l’année de sa classe d’âge. L'ancienne marque, 12,92 m, réalisée par Carine Kanda datait de février 1997. A titre de comparaison, la Russe Tatyana Lededeva, médaillée d’argent à Pékin et détentrice du record du monde en salle avec 15,36 m, sautait 13,13 m à 17 ans. A ce même âge, la Bulgare Tereza Marinova, championne olympique en 2000, sautait quant à elle 13,23 m. Autant dire que Sokhna est sur des bases de championne et que les records de France junior (13,34 m en salle par Haoua Kessely et 13,35 m en plein air de Stéphanie Luzieux) sont clairement menacés.

La désignation de Sokhna comme porte-drapeau de l’équipe de France olympique pour les premiers JOJ pouvait déjà trouver sa raison d’être dans ces performances sportives. Mais la jeune athlète ne brille pas seulement par ses bonds. Brillante musicienne, Sokhna, née en avril 1994, passe en Terminale S l’an prochain. Quoi de plus normal pour cette athlète hors norme que de sauter une classe me direz-vous ? En ce sens, son entraîneur, Hervé Bouffinier, est très clair : « il faut trouver un équilibre entre famille, études et entraînement. C’est le triptyque gagnant. Il faut que les trois marchent en même temps. Il ne faut pas négliger les études, car une fois la carrière terminée, il faut travailler. Pour l’instant, Sokhna possède les trois. Elle est bien dans sa tête, elle est intelligente. Elle a toutes les cartes en main pour atteindre le haut niveau ! »

« Je ressens de la fierté ».


Sokhna en répétition à l'entrainement

Les Jeux Olympiques de la Jeunesse alliant sport et culture, la délégation française ne pouvait donc rêver meilleure ambassadrice que Sokhna, qui exprime d’ailleurs clairement l’esprit des JOJ : « Au début de l’année, quand j’ai appris qu’il allait y avoir les JOJ, je pensais que ce serait des JO comme les grands avec du sport, que du sport. Et puis j’ai consulté le site Internet et vu qu’en plus du sport, le programme était aussi axé sur le culturel. On découvrira d’autres choses, apparemment détachées du sport mais qui finalement s’y rattachent. On va pouvoir tisser des liens avec les gens qui vont être avec nous, avec les différentes cultures, les différentes nationalités. J’ai vu que plusieurs pays seraient mélangés au cours des programmes. C’est bien. Même si je garde comme objectif le côté sportif, je pense que cela permettra de développer plus mon esprit et de connaître de nouvelles choses ».

Quant au fait de porter le drapeau français, Sokhna s’en réjouit : « Je ressens de la fierté. Je suis contente, forcément. La personne qui porte le drapeau, c’est un emblème, ce n’est pas rien. Je ne sais pas si j’aurai un rôle particulier, mais je sais que ça va motiver tous les potes de l’athlétisme, et moi aussi. Du côté de l’athlétisme, on y va tous pour faire du mieux possible. Il y a des épreuves qui sont plus européennes, d’autres américaines, donc on ne sait pas trop, nous allons essayer de faire mieux qu’à Moscou lors du meeting de sélection pour les JOJ. Mon ambition personnelle est de battre le record de France de ma catégorie. Si cela me permet d’accéder au podium, tant mieux, sinon, ce n’est pas grave. Derrière je serai aux championnats de France. Ce sont des compétitions de préparation parce qu’après je n’aurai pas trop l’occasion de m’entraîner, ce sont les vacances, donc je prends toutes les compétitions que je peux faire. »


Sokhna sur la 3ème marche du podium des championnats de France en salle à Bercy

Et Sokhna performe, avec la sérénité des grandes. Ainsi, inscrite au championnat de France National tenu à Albi le week-end des 3 et 4 juillet derniers, Sokhna avait annoncé son ambition d’atteindre les 6 m, son record personnel étant de 5,93 m. Avec 6,21 m, et un vent nettement favorable (+3,9 m/s), elle réalise son objectif et se qualifie pour les championnats de France élite (8-10 juillet). Elle enchaînera ensuite par les France jeunes (16-18 juillet), un match international (France-Italie - Slovénie, le 24 juillet) et, donc, les Jeux olympiques de la Jeunesse à Singapour du 17 au 23 août, l’été de Sokhna est, de fait, bien rempli. Rassurez-vous cependant, il lui reste tout de même quatre semaines de vacances. De quoi profiter de ses cinq frères et sœurs. Entre athlétisme, judo et patinage, ces dernières sont également sportives.

Hervé Bouffinier est conscient qu’il entraîne une athlète d’exception, mais il reste lucide et sait qu’il ne faut ni s’emballer, ni faire perdre sa jeunesse à Sokhna : « Généralement, les athlètes qui sont excellents jeunes ne sont pas bons chez les seniors. Regardez, sur les 70 athlètes français qui participent aux championnats d’Europe ou du monde juniors, seuls 10 % feront une carrière au niveau international chez les seniors ». Toute projection serait donc prématurée, les transformations physiques peuvent modifier radicalement la courbe de progression de la jeune cadette. Celle-ci a par ailleurs de réelles ambitions professionnelles, puisque, à l’instar de son père, ingénieur après avoir fait médecine, Sokhna s’oriente sans douter vers le corps médical, chirurgien ou médecin : « Ça fait un peu cliché, mais l’esprit "sauver les gens" est ma motivation principale ». Or, Hervé Bouffinier prévient : « on peut faire deux à trois entraînements hebdomadaires chez les juniors, mais il faut passer à sept chez les seniors, et même à quatorze ou quinze entraînements en demi-fond ». Mais pour Sokhna, « tout est faisable », dont acte.

Et les ambitions sont là, avec en point de mire Rio 2016 : « Londres, ce n’est que dans deux ans donc un peu tôt pour percer. Mais si je suis sélectionnée, pourquoi pas, j’aimerai bien y aller, découvrir un nouveau pays, de nouveaux athlètes…. », explique ainsi Sokhna. Et pas question de s’exiler pour cela : « J’ai déjà fait un stage à l’INSEP, mais pour l’instant ça ne me tente pas plus que ça, j’aime bien mon club, mon entraîneur, j’ai ma famille à Chartres ».

Tous derrière Sokhna Gallé et le drapeau tricolore à Singapour !





 

 

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